f^r. '^.^ i - *« n» i g ^hi^jifc;. fe BIBLIOTHÈQUE *^ DE fe IL(!>l!îlIS ii(BiiSSIîaa -1 ' îSyi^ 5i;pi^î:aikii^ £ii>vi^ îaii^ ti£>iLS£i ^Ç^ 5i-;£^ >!f,/ Alez. Agassi::. f ibrarg of tlj« Pxiseum OP COMPARATIVE ZOÔLOGY, AT HARVARD COllEGE. CAMBRIBGB, MASS. jFounlirt b» prfbatc suftscrfjtfon, fn 1861. Deposited by Alex. Agassiz from the Library of LOUIS AGASSIZ. .?. ,\^0? . n _ =^ = ;;; " Q kp** t_ •a S! c» > 9^ é .i z ê ^ EA •■^ 'S ^ t- c •!— . • • ^ tA •-» -T^ ^ c rc :z; c Ci. ffo cÀ ci = -^ = o «di s^ o ce — (T? ir» -s t^ o S-» o o ce «H o" Cl ?5 O RECHERCHES SUR LES m^m El \, RECHERCHES SUR LES POISSOI^S FOSSILES, 0OMPRE>ANT Lne inlroduclion à l'étude de ces animaux ; l'analoiuie coi»j)aréedes systèmes organiques qui peuvent contribuer à faciliter la détermination des espèces fossiles ; une nouvelle classification des poissons , exprimant leurs rapports avec la série des formations; l'exposition des loii de leur succession et de leur développement durant toutes les métamorphoses du globe terrestre, accompagnée de considéra- tions géologiques générales; enfin , la description d'environ mille espèces qui n'existent plus et dont on a rétabli les caractères d'après les débris qui sont contenus dans les couches de la terre ; Par louis AGASSIZ , Membre des Académies et Sociétés royales des sciences de Londres, de Paris, de Berlin, d'Edimbourg, de Stockholm, de Turin, des Lyncées de Rome, de l'Académio impériale des curieux de la nature, de la Société philomatique de Paris, des Sociétés géologiques de Londres «l de France , de l'Association britannique pour l'avancement des sciences, de la Société philoso|ihique américaine, de la Société impé- riale des naturali-les de Moscou , des Académies de Philadelphie et ;1q Val-d'Arno, du Lycée de New-York , des Instituts de Bristol et lie Lceds, de la Société helvétique des sciences naturelles, des Sociétés d'histoire naturelle , de physique et de médecine de Berlin, de Vienne, d'Irlande, de Francfort , de Prague, de Florence, de Heidelberg, de Strasbourg, de Silésic, de Halle, du Palatinat , de Fribnurg , de St-Louis ( Etats-lhiis) , de Hambourg , de Northuniberland , de Durhani , de New-Castle , de Genève, de Zurich, de Bàle , etc., etc.: docteur en droit des universités d'Edimbourg et de Dublin; docteur en philosophie , médecine et chirurgie; chevalier de l'aigle rouge de Prusse ; professeur honoraire à l'académie de Lausanne, et professeur d'histoire naturelle à celle de Neuchâtel. Ow^'uia* ooatoime pat- la C^oaete C/coloaiciii* c)(j koai)tet*. ^^jgS^^***"'^ TOME IV, Contenant l'Histoire de l'Ordre des Cténoïdes. NEUCHATEL (Suisse), ae/a>A~a6j ae cefftâiei.-r. IMPRIMERIE DE PETITPIERRE. 1833 — 43. •î; PREFACE, Le grand ouvrage de MM. Cuvier et Valenciennes sur l'histoire naturelle des Poissons contient la description de toutes les espèces vivantes de la plupart des fa- milles dont le présent volume doit renfermer l'histoire. Avec des termes de compa- raison aussi nombreux et aussi importans, j'ai été en état de donner à la partie de mes Recherches sur les espèces fossiles qui y correspond , plus de précision et une fixité d'autant plus grande que , grâce à la libéralité des auteurs de la grande Ichthyo- logie française, j'ai pu étudier en nature les originaux de leurs descriptions, toutes les fois que cela m'a paru nécessaire pour la détermination des fossiles. L'ordre des Cténoïdes, tel que je l'ai établi, ne correspond exactement à aucune des divisions proposées dans les nombreuses classifications des poissons qui ont été publiées jusqu'à ce jour; cependant il se rapproche à plusieurs égards de la division des Acanthoptérygiens , telle que Cuvier l'a délimitée dans son Règne animal. En effet, Cuvier, envisageant la structure des nageoires verticales comme un caractère de première importance chez les poissons osseux, a réuni dans une même grande coupe toutes les familles dont les espèces portent des rayons osseux à la partie anté- rieure du dos, comme c'est le cas de la plupart de mes Cténoïdes, soit que ces rayons constituent une nageoire détachée, soit qu'ils ne forment que la partie antérieure d'une dorsale unique. La trop grande importance attachée par Cuvier à ce caractère, a nécessité de sa part plusieurs rapprochemens fâcheux, et contraires aux affinités naturelles de ces familles, que d'autres principes de classification devront rétablir un jour dans leurs vrais rapports; il est évident du moins, que tous les Acanthoptéry- giens de Cuvier n'ont pas également les caractères de mes Cténoïdes. Il est incontes- VI ■ — table, par exemple, que malgré leurs rayons épineux les Labres, les Muges et les Scombres cadrent mal dans une division qui embrasse également les Percoïdes, les Joues cuirassées et les Chétodontes 5 comme aussi les Pleuronectes , placés à côté des Anguilles et des Gades, se trouvent en dehors de toutes leurs alllinités naturelles. Cédant dès lors à ce sentiment vague qui nous fait associer les êtres vivans d'après l'impression qu'ils font naître chez nous, j'ai cherché à grouper peu-à-peu les fa- milles de cette classe, en général si bien établies par Cuvier (i), d'après la somme de leurs caractères, plutôt que d'apiès tel ou tel caractère particulier, et je suis enfin arrivé à en former quatre ordres, pour lesquels pendant long-temps je n'ai point eu, il est vrai , de caractères généraux , bien qu'ils me parussent réunir de la manière la plus naturelle toutes les familles déjà établies, mais dont la squamation m'a semblé plus tard rappeler, par un caractère uniforme , les rapports d'ailleurs si variés. Ce ré- sultat une fois obtenu, il s'est agi de circonscrire nettement toutes les grandes divi- sions. C'est alors surtout que j'ai eu de nombreuses occasions de reconnaître combien la méthode que j'avais suivie présentait d'avantages, puisque à chaque pas elle tendait à enrichir la science de quelques faits de détails étudiés avec soin. Alors aussi je me suis de plus en plus convaincu de cette vérité qui fait maintenant la base de tous les travaux sur les fossiles, c'est que l'étude d'une partie du corps, d'un organe ou d'un système d'or- ganes d'un animal quelconque, poursuivie dans tous ses détails, fait toujours découvrir des rapports de corrélation de plus en plus intimes avec les autres parties, et une coordination graduée, dans leur ensemble, sans la connaissance desquels il serait impossible, pour les fossiles, de suppléer aux portions du corps qui n'ont point encore été observées. Dès lors j'ai acquis la certitude que le caractère nominatif de mes principales coupes n'était pas un simple caractère extérieur, mais bien le reflet visible de toute l'organisation intérieure. La marche que j'ai suivie pour grouper les familles de mes ordres , n'est point nouvelle dans la science ; son application à l'étude des fossiles fait même le plus grand mérite des Recherches sur les ossemens fossiles : aussi n'en relèverais-je point les avantages, si la valeur des résultats auxquels elle con- (1) La nécessité de transposer plusieurs genres d'une famille dans une autre et la convenance de diviser quelques fa- milles qui sont encore réunies dans le Règne animal, ne sauraient porter atteinte au mérite de l'aperçu général que Cuvier a donné des familles de la classe des poissons. VIT duit n'avait pas été contestée depuis que leur immortel auteur a cesse de s'en servir pour éclairer de son flambeau les progrès de la paléontologie. Ce n'est point à dire que l'on parvienne nécessairement au même résultat, en s'occupant du même sujet 5 mais j'ai la conviction qu'au fur et à mesure que nos travaux de patiente et minu- tieuse investigation se multiplieront, les rapprochemens que nous tentons dans nos systèmes se modifieront successivement jusqu'à se transformer en vérités incontes- tables. Aussi, loin d'envisager les systèmes comme un artifice de notre esprit propre à en faciliter les opérations, je les considère bien plutôt comme l'expression momen- tanée de l'ensemble de nos connaissances dans une partie quelconque de la nature , d'autant plus que nos classifications, subissant incessamment l'influence des progrès de la science, sont plus perfectionnées dans certaines classes que l'on a le plus étudiées, que dans celles qui ont été l'objet de moins de ti'avaux de détails. J'ai même la conviction que les classifications zoologiques se perfectionneront un jour au point d'être en même temps l'expression des rapports d'organisation que les animaux ont entre eux, de leur succession dans l'histoire des changemeus que la terre a subis à différentes époques et de leur répartition à la surface de notre globe. Chaque rappro- chement que l'on peut établir, à ces différens égards, dans nos méthodes de classe- ment me paraît un véritable progrès, un gage d'avenir pour le seul vrai système de la nature, celui qui exprimera un jour l'ensemble des rapports de tous les êtres créés. Déjà j'ai fait entrevoir pour la classe des poissons la possibilité d'en faire coïncider un jour la classification avec l'ordre de succession des familles , des genres et des es- pèces, en signalant les caractères qui séparent les Placoïdes et les Ganoïdes des autres poissons et en démontrant, par la détermination exacte de tous les poissons des ter- rains de transition et de l'époque secondaire , que les représentans de ces deux ordres ont existé seuls jusqu'au commencement de l'époque crétacée, à l'exclusion des Cté- noïdes et des Cycloïdes qui ne remontent pas au-delà de la Craie. D'autres faits, étudiés dans une autre classe, il est vrai, prouvent que l'espoir de mettre les lois de la distribution des espèces à la surface de la terre en rapport avec la classification zoologique de ces mêmes êtres, n'est point illusoire non plus. Je me bornerai à citer comme preuve les habitans de la Nouvelle-Hollande et notamment les Marsupiaux de cette contrée, qui non-seulement lui sont propres, mais qui formaient déjà une grande YIII partie de la population du même sol à une époque antérieure à la nôtre 5 ou bien les Edentés de l'Amérique du Sud qui ont été précédés dans les mêmes contrées par d'autres Edentés, souvent gigantesques, dont on ne retrouve plus maintenant que les os ou la cuirasse. Considérés sous ce point de vue relevé, les fossiles ne sont plus de simples jetons propres à nous faire reconnaître l'âge relatif des couches de l'écorce du globe qui les recèlent; ils gi-andissent au contraire en importance à mesure que nous apprenons par eux à connaître les phases du développement de la vie sur la terre et que nous parvenons à nous convaincre, de plus en plus, que leur existence à une certaine époque antérieure , est intimement liée à l'apparition plus récente de l'homme , en vue duquel nous avons lieu de croire que tous ces phénomènes se sont succédés. Les changemens que j'ai effectués dans la classification des Acanthoptérygiens en réduisant cette division à mes Ctéiioïdes épineux, auxquels je joins une famille des Malacoptérygiens de Cuvier, présentent déjà un acheminement vers le but auquel doi- vent tendre, selon mon opinion, les efforts des naturalistes. En effet mes Gténoïdes renferment des familles qui sont toutes nettement caractérisées par la rudesse de leurs écailles pectinées ; la très-grande majorité, je dirais même la presque totalité des es- pèces habitent les eaux de TOcéan , et sont beaucoup plus abondantes dans les régions tropicales que dans les eaux froides ou glacées des régions boréales j aucune d'elles ne remonte les rivières jusqu'à des hauteurs considérables au-dessus du niveau de la mer. Les premiers représentans de cet ordre ont commencé à exister après la déposition des terrains jurassiques, dans lesquels on n'en trouve encore aucune trace; c'est-à-dire, que leur développement date du commencement de l'époque crétacée. Dès leur pre- mière apparition , les types qui les ont représentés ont ressemblé à ceux de l'époque ac- tuelle, et ont vécu sur les côtes déjà émergées des mêmes continens, ou sur celles de leurs parties qui étaient encore sous les eaux , avec cette seule différence que plusieurs de ces types n'existent plus de nos jours sous les latitudes élevées oii on les trouvait alors. ^B$<@@g^l^BPi DE L'ORDRE DES CTEIVOIDES issî "Sssîîâsa^a.» Avant d'énumérer les caractères généraux de cet ordre et d'en peser la valeur, je crois devoir commencer par indiquer sommairement les familles naturelles que j'y fais rentrer, afin de fixer de prime abord les idées sur l'extension de cette grande et importante division. Les Perches ont été le centre autour duquel j'ai groupé tous les poissons qui en font partie maintenant, et leur affinité plus ou moins intime avec l'espèce commune, si bien décrite par Cuvier dans le premier volume de sa gi'ande Ichthyologie, m'a guidé dans tous les rapprochemens successifs que j'ai faits , jusqu à ce que j'aie senti la nécessité de former d'autres groupes de même valeur pour les types qui ne venaient passe ranger autour de ce premier jalon. C'est ainsi que les Cyprins et les Salmones, qui font partie des Malacoptérygiens de Cuvier, sont devenus pour moi un second centre, pour les poissons osseux, à côté duquel je me su'S bientôt vu forcé de placer plusieurs familles des Acanthoptérygiens de Cuvier, qui me paraissaient avoir plus d'affinité avec eux , qu'avec les^ Perches. Cette marche m'a fait renoncer à la division primaire des poissons osseux en Acanthoptérj giens et en Malacoptérygiens , aussi bien qu'à la division de Linné , basée sur la position des nageoires paires, mais abandonnée depuis long-temps par tous les naturalistes qui ont réellement connu les poissons. En divisant maintenant les poissons osseux en Cténoïdes et en Cycloïcles, j'insiste principalement sur la ToM. IV. »* structure des écailles, caractère qui paraît de peu d'importance au premier abord, mais que j'espère pouvoir faire envisager comme le reflet extérieur de toute l'organi- sation, en montrant les rapports intimes qui existent entre la structure des écailles et celle de certaines parties de la charpente osseuse, en même temps que je ferai voir comment le squelette est l'expression arrêtée des phénomènes de vie qui se sont mani- festés dans la formation des espèces, lorsque leur germe, tendant à se développer, a pris pour la première fois les caractères organiques qui correspondent à leur essence et qui se sont reproduits les mêmes , aussi long-temps qu'elles ont existé , à chaque époque biologique. La certitude que l'on a acquise de la fixité de ces caractères organiques et de la constance de leurs corrélations, certitude que tous les travaux anatomiques et em- bryologiques viennent de jour en jour confirmer d'une manière plus frappante,, est la seule base solide sur laquelle repose la distinction des espèces, et l'unique point de départ pour la détermination des fossiles. Appuyée sur cette grande vérité que tant de siècles ont ignorée ou méconnue, la paléontologie peut maintenant remonter à l'origine des êtres vivans , établir les époques de leur apparition sur la terre, signaler celle de leur disparition, et entrevoir le moment oîi Ton pourra fixer les conditions de leur création successive. De toutes ces études ^ il sortira sans doute un jour une classification génétique du règne animal, c'est-à-dire, que l'on parviendra, j'en ai acquis la conviction, à un arrangement méthodique des animaux, qui sera l'expression réelle de leur développe- ment sur la terre. De toutes les parties de l'histoire naturelle, l'ichthyologie est même celle qui me paraît devoir préparer cette réforme générale de la zoologie, par celte raison si naturelle, que les poissons, par leur organisation, se présentent comme la souche primitive de la série des vertébrés, dont ils sont également le point de départ dans la succession des temps. Aussi j l'étude de cette classe d'animaux nous met-elle plutôt qu'aucune autre, en présence de toutes les grandes questions biologiques. Dès lors, je n'ai pas cru pouvoir me dispenser de les aborder, bien que leur solution paraisse encore éloignée. J'ai dit plus haut que le caractère extérieur le plus général des Ciértoïdes était celui de leurs écailles pectinées: voyons maintenant, avant tout, s'il leur est exclusivement propre. Dans la famille des Perches, que j'ai envisagée comme le centre de cet ordre, tous les genres qui peuvent continuer à en faire partie, ont des écailles formées de lames ajoutées les unes sous les autres, dont le bord postérieur est finement dentelé. Ces lames, généralement aussi larges que longues, mais dont les contours plus ou moins tronqués varient sensiblement suivant la position des écailles , dans les dif- férens genres, se débordant successivement, forment au bord postérieur, qui est or- XI dinairenient arrondi , une sorte de peigne, dont les dents sont imbriquées et disposées en éventail , tandis cpie les côtés supérieur et inférieur sont lisses et le côlé antérieur sinueux. Cependant comme le centre des écailles s'use plus ou moins par l'exfoliation des premières lames qui se sont formées, il en résulte que souvent les dents ne sub- sistent plus que sur le bord même de l'écaillc, tandis que la surface du segment pos- térieur , qui était primitivement complètement couverte de petites pointes , devient lisse au fur et à mesure que les lames superficielles du centre disparaissent ou que leurs pointes s'usent par le frottement. Il ne peut y avoir de doute sur l'étroite affini- té des Sciènes, des Spares et des Ménides avec les Percbes; Cuvier les a même long- temps réunis dans une même famille , que l'on pourrait fractionner en un plus grand nombre de groupes qu'il ne l'a fait dans la seconde édition du règne animal ^ en érigeant aussi en familles sa division des Perches à dorsales réunies, et celles qui ont plus de cinq rayons mous aux ventrales, dont il existe plusieurs genres fos- siles complètement éteints. Les écailles de tous ces poissons présentent les mêmes variétés que celles des Perches proprement dites. 11 n'y a que les Sphyrènes, les Vives et les Uranoscopes rangés par Cuvier parmi les Perches , qui doivent en être complètement éliminés. En effet les Sphyrènes tiennent beaucoup plus des Scombres que des Perches; ce sont même de vrais Scombres sans rayons détachés en arrière de la dorsale et de l'anale. Quant aux Vives (Trachinus) et aux Uranoscopes , ils s'éloignent encore plus des Perches et doivent former une famille à part, à côté des Epinoches (Gasterosteus) et passer également avec ces derniers dans le voisinage des Scombres. Ce premier grand groupe de Cténoïdes comprendra ainsi les familles sui- vantes : les Percoïcles proprement dites, c'est-à-dire , les Perches à deux dorsales de Cuvier, les Serrans, c'est-à-dire, les Perches à dorsales réunies de Cuvier, les Holocentres ou Perches à ventrales larges, les Mulles ou Perches à ventrales abdominales, les Spares, les Ménides ou Spares à mâchoires protractiles , et les Sciènes. Viennent ensuite les Cichles, dont les rapports avec les Sciènes sont si nombreux et si frappans, que l'on est à se demander pourquoi, dans le Règne animal de Cuvier, ils figurent dans la même famille que les Labres j qui sont des Cycloïdes et avec lesquels ils ont à peine quelque ressemblance par la forme de leurs lèvres; tandis que la famille des Cichles a les écailles conformées comme celles des Perches. De même il ne peut y avoir de doutes sur les rapports des Joues cuirassées avec les Cténoïdes ordinaires; cette famille se rattache aux Perches par les Polpièmes , les Trigles et les Cottus. Les écailles varient, il est vrai, davantage dans ce groupe que dans celui des Perches, surtout par leur forme tantôt allongée, tantôt disposée en larges écussons sur le milieu du corps; mais leur structure est au fond la même. Les Echeneis, que l'on a placés à tort parmi les Malacoptérygiens ( parce que l'on a mé- XTI connu la nature du disque qu'ils portent sur la tête et qui est une véritable nageoire épineuse), paraissent au premier abord se rapprocher des Trigles, par la structure des pièces osseuses qui embrassent les courts rayons de leur première dorsale, mais en réalité leurs caractères essentiels les placent dans le voisinage des Centronotes. Le groupe des Cottus nous conduit naturellement à une nouvelle distribution d'une famille qui me paraît avoir été mal limitée: je veux parler des Gobioïdes, tels qu'ils sont compris dans le Règjie animal. Cette division renferme réellement deux types très-différens , celui des vrais Gobioïdes, qui se rattachent aux Cottus, et qui ont, comme les Perches, des écailles pectinées, et celui des Blennioïdes qui ont les écailles lisses et qui se rapprochent des Gades dans l'ordre des Cycloïdes. Les Anabas et les genres voisins (les Ophiocéphales étant reportés près des Clupes , à côté des Ei-ytbri- nus et Amia), sont encore de vrais Cténoïdes, qui se rapprochent plus ou moins des Chétodontes et qui se lient d'un côté aux Acanthures et de l'autre aux Fistulaires par les Centriscus et les Capros. Ces rapprochemens pourront paraître bizarres au premier abord; mais en étudiant comparativement les caractères de toutes ces familles, je crois qu'on finira par les trouver fondés; déjà ils ont été adoptés par le prince de Musignano dans son Tableau systématique des Familles des Poissons, inséré dans le 2" Vol. des Mém. de la Soc. des Se. Nat. de Neuchâtel. Les Capros en effet, n'appartiennent point à la famille des Scombéroïdes; ils doivent être rangés avec les Acanthures, dont ils se rapprochent par les écailles épineuses de leuis flancs , à côté des Centriscus, dont ils ont le rostre allongé. Quant aux Fistulaires, elles sont aux Chétodons et en particu- lier au genre Chelmo, ce que les Enoplosus sont aux Perches, c'est-à-dire, que ce sont des Chétodontes très-effilés , comme les Enoplosus sont des Perches très-larges. Eu assignant aux Acanthures une place dans l'ordre des Cténoïdes, je dois cepen- dant faire remarquer que je n'y joins point les Amphacanthes qui doivent aller se placer près des Scombres, à côté des Stromatées, dans l'ordre des Cycloïdes. Personne ne doute de l'affinité des Chétodontes avec les Perches; ils se rattachent à cette famille, aussi bien par les Sciènes que par les Enoploses , et leurs écailles sont exactement conformées comme celles des Perches , dont elles diffèrent généralement à peine par un peigne hérissé de pointes plus fines et plus nombreuses. Le caractère distinctif de cette famille , d'avoir la dorsale et l'anale plus ou moins écailleuses, n'est pas même exclusivement propre à ce groupe des Cténoïdes; on le retrouve , quoique moins développé, dans certaines Sciènes,, et même chez quelques Percoïdes. Le genre Brama doit en être éliminé pour aller prendre place à côté des Stromatées. Le dernier groupe que je range dans l'ordre des Cténoïdes est celui des Pleuro- nectes. Lorsque l'on cherche à établir les rapports naturels de cette singulière famille — \III — dans la classe des poissons, il est indispensable, avant tout, défaire abstraction du défaut de syniniétrie des deux cotés du corps; car quelque position qu'on lui assigne, cette conformation bizarre restera toujours une anomalie. Les Pleuronecles sont des Malacoptérygiens squammipennes, tantôt subbracbiens, tantôt apodes , auxquels il est impossible de trouver la moindre aflinité avec les autres familles des Malacoplé- rygiens, et que Cuvier a placés entre les Gades et les Discoboles , comme pour pro- tester contre toute espèce de rapprocbement indiquant quelque affinité avec les autres poissons. Cependant en les rapprochant des Acantboptérygiens , on doit être frappé de l'analogie qu'ils ont avec certains Chétodontes, qui ne sont pas tous Acantboptéry- giens bien prononcés, mais qui, comme les Pleuronectes, sont squammipennes, géné- ralement comprimés, ornés de couleurs souvent distribuées d'une manière bizarre, et dont les nageoires verticales, portées par de très-grands osselets interapopbysaires intercalés enti'e des apophyses épineuses très-longues, se confondent ordinairement avec le tronc, comme chez les Pleuronectes, parmi lesquels on trouve aussi plu- sieurs genres apodes. L'os qui borde en arrière la cavité abdominale, courbé en avant à sa partie inférieure, s'avance souvent très-loin le long du bas du ventre, comme chez les Pleuronectes. Enfin les Pleuronectes ont des écailles pectinées, dont les pointes sont même très-effilées, caractère qui ne se retrouve chez aucun autre Malacoptéry- gien et qui, joint à tous ceux que je viens d'indiquer, me paraît concluant pour rap- procher les Pleuronectes des Chétodontes. Si tous ces rapprochemens sont fondés sur les affinités naturelles des poissons que je viens de passer en revue; si dans leur réunion, la grande famille des Perches avec ses démembremens , celle des Spares, des Sciènes, des Cichles, des Cottoïdes ou Joues cuirasséeSj des Gobioïdes, des Anabas, des Acanthures ou Theuties, des Aulostomes ou Fistulaires, des Chétodontes et des Pleuronectes, forment réellement une grande division, dont tous les membres ont plus d'affinité entr 'eux, qu'avec les familles que je range dans mon ordre des Cycloïdes ; s'il est vrai qu'il faille éloigner les Sphyrènes, les Vives et les Uranoscopes des Perches; les Gastérostées des Sciénoïdes-; C^-^^tiH^*^ séparer les Cichles des Labres; distinguer les Gobies des Blennioïdes; retrancher les Ophiocéphales du groupe des Anabas; rapprocher les Acanthures et les Aulostomes des Chétodontes et ranger les Pleuronectes à côté de ces derniers , n'est-il pas bien surprenant que les poissons qui se trouvent ainsi réunis, dans l'ordre des Cténoïdes, aient tous des écailles semblables , et ce fait ne prouve-t-il pas d'une manière bien frappante limportance qu'il faut attacher à la squammation des poissons en général ? — On me dira peut-être qu'il n'est pas étonnant que tous mes Cténoïdes aient des écailles semblables; on affirmera peut-être que cette coïncidence résulte simplement de ce que j'aurai éloigné des Acantboptérygiens tous les poissons qui n'ont pas des XIV écailles pectinées et que j'aurai introduit dans ma division ainsi établie tous ceux qui les ont conformées de cette manière. Mais alors comment se fait-il que ce caractère soit aussi constant dans des familles très-naturelles aux yeux de tout le monde et qui sont établies depuis long-temps? Pourquoi suffit-il d'éloigner des Perches, les Sphy- rènes, que Linné, avec un sentiment très-juste de leur affinité naturelle, rangeait parmi les Esox, la famille de Malacoptérygiens la plus rapprochée desScombres, et les Trachinus et Uranoscopus que Cuvier envisage lui-même déjà comme une divi- sion anomale, pour que la famille des Perches ne renferme plus que des poissons à écailles pectinées? Comment se fait-il que les Spares et les Ménides, les Sciènes, les Chétodontes et les Pleuronectes ne présentent aucune exception à cette conformation, même dans les limites actuelles de ces familles , qui ont été circonscrites d'après des considérations d'une toute autre nature? Comment enfin se fait-il, sans parler des transpositions de quelques genres isolés,, que les familles des Labres et des Gobies se divisent si naturellement chacune en deux sections, l'une Cténoïde et l'autre Cy- cloïde. L'importance des écailles comme caractère significatif des poissons, ressort d'une manière plus évidente encore des rapports que l'on peut signaler entre le squelette dermique, la charpente osseuse et les autres parties de l'organisation. La concor- dance de la structure des écailles et des pièces operculaires est le point le plus frap- - pant de ces rapports. Il est évident en effet que l'opercuk, le subopercule et l'in- teropercule se forment, comme les écailles? de lames superposées les unes aux antres et se débordant successivement, surtout du côté postérieur et inférieur. Leurs bords sont en outre généralement découpés de la même manière que les écailles, c'est-à-dire, que dans les poissons à écailles lisses les pièces operculaires ont habituellement le bord entier^ sans dentelures, ni épines, comme chez tous les Cycloïdes malacoptérygiens, tandis que chez la plupart des Cténoïdes, l'opercule, le subopercule et l'interopercule sont dentelés ou épineux à leur bord libre, comme leurs écailles. Il en est de même du préopercule, (qui a souvent même deux bords dentelés ou épineux parallèles j) avec cette seule différence que cette pièce est traversée d'un canal qui est le prolongement du canal de la' ligne latérale, d'oii il résulte une plus grande analogie du préopercule avec les écailles de la ligne latérale, qu'avec les écailles ordinaires. Certains Labres à préoperculc dentelé font seuls exception à' la règle, relativement à la conformité des pièces operculaires et des écailles; mais je ne connais pas de Cténoïdes épineux à pièces operculaires complètement lisses, car même plusieurs Spares, auxquels on assigne comme caractère d'être dépourvus d'épines et de dents aux opercules, présen- tent des traces d'une fine dentelure le long du bord du préopercule. On remarque en outre des dentelures semblables aux bords de différens os du crâne chez un très-grand XV — nombre de Cténoïdcs, par exemple, aux soiis-obitraires, aux maxillaires supérieurs, à certains os saillans du crâne, chez les Joues cuirassées, surtout aux os de l'épaule et même à l'angle de Ihumérus. Ces particularités, qui sont détaillées dans tous les ou- vrages ichthyologiques, montrent jusqu'à l'évidence qu'il existe une corrélation trcs- intime entre la conformation des écailles et celle du squelette; on observe même des passages insensibles de l'un à l'autre, à la nuque, le long de l'épaule et sur les joues. Ces faits prouvent encore (ce queFobservation directe démontre d'ailleurs également), que les os des poissons osseux en général se forment, comme leurs écailles, par coucbes superposées. L'on pourrait encore voir dans la prédominance des types acantboptéry- giens dans Tordre des Cténoides, une correspondance entre la structure des écailles et le développement des nageoires, d'autant plus que les rayons épineux des Cténoides, ordinairement plus gros et plus détacbés que ceux des Cycloïdes acanthoptérygiens, sont fréquemment dentelés ou épineux à leurs bords. S'il en est ainsi, la dentelure du préopercule des Crénilabres apparaîtra aussi comme corrélatif de la structure épi- neuse de la partie antérieure de la dorsale, dans ces poissons à écailles cycloïdes. Je ne présente pas ces analogies comme constantes dans tous les genres de l'ordre des Cténoides; il me suffit d'avoir fait remarquer leur coïncidence habituelle avec le ca- ractère essentiel des écailles, pour faire ressortir la concordance de l'organisation du squelette osseux et du squelette dermique. Je ne m'étendrai pas sur les rapports de ces parties solides avec les autres sys- tèmes d'organes; je renvoie à cet égard aux généralités du premier volume. Il me suffira d'appeler l'attention sur quelques traits caractéristiques des Cténoïdes en gé- néral. La structure de leurs écailles et les particularités de leur squelette qui y corres- pondent, dénotent, comme cause de leur développement, une action vitale tendant à diviser, à individualiser et à isoler ses produits, au point de leur donner une appa- rence d'excentricité qui se retrouve jusque dans les formes si variées et si hétérogènes d'un grand nombre de genres, surtout dans la famille des Joues cuirassées. Ces na- geoires hérissées de piquans , ces rayons isolés ou filamenteux de certaines nageoires, et leur développement excessif, ces pointes acérées, ces arêtes et ces dentelures dont le crâne est souvent couvei't, ces gibbositésdelatêteetmêmeducorps, ces dents soyeu- ses ou dentelées, ces grosses têtes auxquelles est attaché un petit tronc flanqué de na- geoires disproportionnées (qui se retrouvent bien plus fréquemment chez les Cténoïdes que chez les Cycloïdes, dont les formes sont généralement régulières et gracieuses), sont autant d'indices d'un principe de vie propre, dont toutes ces particularités ne sont qu'une expression extérieure, aussi variée que ses tendances. Si nous remontons dès lors à la nature de ce principe et si nous considérons que l'ensemble de l'organisation n est que la manifestation de la vie propre à chaque être, nous devrons reconnaître XVT qu'un mode de vie qui se caractérise dans les parties solides et dans les formes générales du corps par des particularités bizarres, doit différer du mode de vie qui s'est manifesté dans les Gycloïdes, dont les formes sont en somme beaucoup plus harmoniques, et que, pénétrant le développement de tous les systèmes d'organes, il doit leur imprimer un cachet uniforme dans sa diversité, appréciable jusque dans des détails extérieurs qui paraissent en général peu mériter l'attention, mais qui sont, en réalité, le reflet phéno- ménal de tout ce que le développement de la vie individuelle a de plus intime. Pour compléter cet aperçu général des Glénoïdes et pour rattacher plus directement ce qui vient d'être dit au but spécial de mes recherches, je vais présenter un Tableau sjmoptique des familles, des genres et des espèces fossiles de Tordre des Cténoïdes, d'après les principes de classification que je viens de développer. CHAPITRE r. TABLEAU SYNOPTIQUE DES FAMILLES, DES GENRES ET DES ESPÈCES DE L'ORDRE DES CTÉNOIDES. 5^ ordre. CTÉNOIDES Agass. (Ctenolepidoti Agass. ) Ecailles circulaires, plus ou moins allongées , formées de lames cornées, dentelées à leur bord postérieur : — Les familles des Percoïdes, des Sparoïdes, des Sciénoïdes, des Cottoïdes, des Gobioïdes, des Theuties^ des Aulostomes^ des ChétodonteSj et des Pleuronectes. Les autres familles mentionnées dans les généralités ci-dessus n'ont point de représentans fossiles. X' famille. PERCOÏDES Cuv. Poissons oblongSj à écailles rudes; pièces operculaires fortement dentelées ou épineuses; des dents aux intermaxillaires, aux maxillaires inférieurs, à la partie antérieure du vomer^ et le plus souvent aux palatins. De forts rayons épineux à la partie antérieure du dos^ formant une nageoire distincte des rayons mous ou s'unissant à eux dans la même membrane. Ventrales le plus souvent tlioraciques. A. HoLocENTRES. Plus de scpt rayous brancliiostègues ; ventrales formées d'une épine et de sept rayons mous au moins. Tantôt deux dorsales, tantôt une seulement : SphenocepJialuSj Hoplopteryjc, BeryXj Acanus, PodocySj Acrogaster, Mj-ripristis, Holoceutninij Pristigenys. B. Perches PROPREMEiST DITES. Sept rayons brancliiostègues au plus; ventrales formées d'une épine et de cinq rayons mous au plus. Deux dorsales : Enoplosus, Sinerdis, Perça, LabraXj Apogon, LateSj Cyclopoma. C. Serrans. Sept rayons brancliiostègues au plus ; ventrales formées d'une épine et de cinq rayons mous au plus. Dorsales réunies : DnleSj Pelâtes, Serranus. 2' famille. SPAROÏDES Cuv. Poissons oblongs, à écailles rudes; pièces operculaires lisses ou faiblement dente- lées, jamais épineuses; des dents de formes très-diverses aux intermaxillaires et ToM. IV. 1 _ 2 — aux maxillaires inférieurs j palais inerme. Rayons épineux de la partie antérieure du dos réunis aux rayons mous en une seule nageoire. Ventrales thoraciques. Au plus six rayons branchiostègues. Dentex, Pagellus^ SparnoduSj S argus. 3^ famille. SCIÈNOIDES Cuv. Poissons oblongs , à écailles rudes; pièces operculaires dentelées ou épineuses-, des dents aux intermaxillaires et aux maxillaires inférieurs; vonier et palatins éden- tés. Os du crâne et de la face caverneux, formant un museau bombé. Nageoires ver- ticales plus ou moins écailleuses. Rayons épitieux du dos formant une nageoire détachée, ou réunis aux rayons mous. Ventrales thoraciques. Pristipomcij Odonteiis. 4° famille. COTTOIDES Agass. ( Joues cuirassées Cuv. ) Poissons oblongs anguleux, à écailles rudes, en forme d'écussons, ou simple- ment imbriquées ou immergées dans une peau lâche et frangée. Tête grosse, an- guleuse, hérissée de protubérances ou de plaques osseuses dentelées et épineuses. Sous-orbitaires très - développés , articulés en arrière avec îe préopercule; pièces operculaires dentelées ou épineuses. Rayons épineux du dos très -développés, tantôt distincts, tantôt réunis en une nageoire particulière, ou réunis aux rayons mous. Rayons inférieurs des pectorales souvent simples, quelquefois même distincts des autres rayons. Ventrales thoi'aciques. Pterygocephalus , Callipterjx j Cottus. 5= famille. GOBIOIDES Agass. Poissons allongés, cylindracés, à écailles rudes; pièces operculaires dentelées. Rayons épineux du dos grêles et flexibles. Ventrales thoraciques, réunies. Cinq rayons branchiostègues seulement. Ouverture branchiale petite. Gobius. 6<= famille. THEUTIES Cuv. Poissons ovales, comprimés, à écailles rudes ; bouche petite, armée d'une seule rangée de dents sur les intermaxillaires et les maxillaires inférieurs; palais inerme. Rayons épineux du dos réunis aux rayons mous. Ventrales thoraciques. Acanthiinis , Naseus. 7' famille. AULOSTOMES Cuv. Poissons plus ou moins allongés, cylindracés ou comprimés, à écailles rudes, transformées quelquefois en larges plaques dorsales. Tète allongée en forme de tube composé de l'cthmoïdc , duvomer, des préoperculcs , des interopercules, des ptéry- goïdes et des tj'^mpaniques, et au bout desquels se trouvent les intermaxillaires ^ les maxillaires supérieurs et les maxillaires inférieurs , qui forment une petite bouche. Rayons épineux du dos tantôt isolés ^ tantôt réunis en une petite nageoire adossée aux rayons mous. AmpJiisyle j Aulostoina , Fistulariaj Rhamphosus, Urosphen. 8" famille. ClIÉTODONTES Cuv. Poissons courts, larges, très-comprimés, à écailles très-rudes. Rayons épineux du dos vigoureux, adossés aux ra3'^ons mous, rarement séparés en une nageoire distincte; nageoires verticales écailleuses, dilliciles à distinguer du tronc , à cause des gaines d'écaillés dont elles sont couvertes ; pièces operculaires dentelées ou fortement épi- neuses. Ventrales thoraciques, manquant quelquefois. SemiopJionis , Ephippus , Scaiophagus, Zanclus j 3Iacrostoma _, Holacantltus , PomacanthuSj Platax , Pjgœus, Toxotes. 9'= famille. PLEUROINECTES Cuv. Poissons très-comprimés, plus ou moins larges, quelquefois aussi hauts que longs, à écailles rudes, surtout remarquables par le défaut de symmétrie des deux côtés du corps ; crâne tordu de telle manière que les deux yeux paraissent du môme côté. Ce côté est un peu plus renflé que l'autre, sur lequel le poisson nage, couché sur le flanc. Nageoires verticales formées de rayons mous seulement, qui s'étendent très- avant sur la tête et sous le ventre. Ventrales subbrachiennes , se confondant souvent; pectorales inégales; celle du côté inférieur manque quelquefois. Rhoinbus. i^ famille. PERGOIDES. Le groupe des Holocetitres compte un beaucoup plus grand nombre de représentans fossiles , que les Perches proprement dites et les Serrans ; il y a même plusieurs genres de ce groupe qui sont complètement éteints et qui caractérisent les terrains de craie. __ 4 — jcr genre. Sphenocephalus Agass. Une seule dorsale avec quelques rayons épineux seulement à son bord antérieur; cette nageoire est peu étendue et surpasse à peine les dimensions de l'anale. Tête effilée, I, Sphenocephalus fissicaiidus A^ass. Bord antérieur de la dorsale opposée aux ventrales; caudale fourchue. Craie : Westphalie. 2^ genre. Hoplopteryx Agass. Partie épineuse de la dorsale formée de très-gros rayons et aussi étendue que la partie molle ; cette nageoire se prolonge jusqu'au bout de l'anale. Os de la tête dentelés. I. Hoplopteryx ajitiquus A^ASS. Tête grosse; caudale proportionnellement petite. Craie : Westphalie. 3» genre. Beryx Cuv. Une senle dorsale, avec quelques rayons épineux seulement dans sa partie anté- rieure. Tête grosse et très-obtuse. 1. Beryx ornatus Agass. (^tah. i4«5 i4^j fig- ^ et 2, xUc, fig. i — 6 et il^d. — Zeus lewesiensis Mantell Geol. of Sussexpl. 34, fig- 6, pi. 35 et pi. 36.) Tête très- grosse; nageoires proportionnellement faibles; écailles larges à plusieurs rangées con- centriques de piquans. Craie blanche : Sussex. 2. Beryx radians Agass. (tab. i4 b, fig- 7 et i4c, fig. 7 — 9.) Moins trapu, à écailles plus petites, portant à leur bord postérieur une simple rangée d'épines grêles, divergentes. Craie blanche : Sussex. 3. Beryx microcephalus Agass. (tab. i!\b^ fig. 3 — 6 et i4 c, fig. 10.) Tête petite; ime rangée de très-grosses épines au bord postérieur des écailles. Craie blanche : Sussex. 4. Beryx Zippei Agass. Très-trapu, nuque fortement arquée; épines dorsales mé- ^ diocres. Craie, Plœner : Bohème. 5. Beryx germanus Agass. (tab. il\.e.) Rayons antérieurs de la partie molle de la dorsale très-allongés; écailles granuleuses à la partie postérieure de leur surface. Craie : Westphalie. 4* genre. Acanus Agass. Partie épineuse de la dorsale très-étendue, formée de gros rayons, plus longs même que les rayons mous. Plusieurs forts rayons en avant de l'anale. — t> — 1. Acanus ovalis Agass. (Zeus spinosus de El. Ich. p. i3. Jahrbuch de Leonh. et Bronn. i834-) De forme ovale; dos légèrement arqué. Craie : Glaris. 2. Acaniis Regley. Agass. (Zeus Regleysianus de Bl. Ich. p. 12.) Aussi haut que long; dos très-ari'ondi. Craie : Glaris. 3. Acanus olf Ion giis Ag^ass. (Zeus Platessa de Bl. Ich. pag. 13.) Plus long que large; dos plat. Craie : Glaris. 4. Acanus wmor Agass. De la forme de l'Ac. oblongus, mais plus court. Craie : Glaris. 5" genre. Podocys Agass. Mâchoire inférieure saillante; ventrales très-développées, formées de longs rayons; dorsale s'étendant jusqu'à la nuque. I. Podocys minutus Agass. De la taille du Serranus Hepatus; de forme ovale, al- longée. Craie : Glaris. 6^ genre. Acrogaster Agass. Région abdominale très-développée, saillante; quelques épines seulement à l'avant de la dorsale. Anale aussi étendue que la dorsale qui se prolonge à peine au-delà du milieu du dos. I. Acrogaster pa/vus Agass.. Petit poisson très-bossu, rappelant un peu parmi les llolocentres, le genre Enoplosus du groupe des Perches. Craie : Westphalie. 7° genre. Myriprjstis Cuv. Préopercule hérissé de deux rangs parallèles de dentelures , sans épine à son angle. Tout l'opercule et les os de la face et du crâne sont également dentelés. Deux dorsales à-peu-près égales. 1. Myripristis homopterygius Agass. (Polynemus quinquarius Itt. ver. tab. 36 (les petits individus.) — Perça Itt. ver. tab. 72, iig. 4- ) Anale et dorsale molle égale- ment développées; épines du dos aussi fortes que celles de l'anale. Mte Bolca. 2. M. leptacantJms Agass. (Perça formosa Itt. ver. tab. 17, fîg. 2. — de Blainv. Ich. p. 43. — Bronn It. N" 44-) Epines de la dorsale grêles; anale plus étendue que la dorsale molle. Mte Bolca. 8' genre. Holocentrum Art. Opercule épineux et dentelé; préopercule également dentelé et armé, à son angle, d'une forte épine dirigée en arrière; os du crâne et sous-orbitaires également dente- _ 6 — lés. Deux dorsales, dont la première, qui est forme'e de gros piquans épineux, est plus large que la seconde. 1. Holocentrum pygœuni Agass. (tab. i4- — Holocentrus Sogo Itt. ver, tab. 5i, fig. 2. — Chœtodon Itt. ver. tab. 72, fig. 1 . — Ch. saxatilis Itt. ver. tab. 64, fig. 1 . Holocentrus macrocephalus de Blainv, Ich. p. 45. — Cbaetodon saxalilis deBlainv. Ich. p. 49- — Bronn.It. N° 4i-) ^*^''^^^^ épineuse formée de forts rayons; dorsale molle égalant l'anale , à laquelle elle est opposée. Décrit p. 1 07. Mte Bolca. 2. H. pygmœum Agass. Epines delà dorsale antérieure beaucoup plus grêles que celle du bord antérieur de l'anale. 3Ite Bolca. 9^ genre. Pristigenys Agass. Sous-orbltaires fortement dentelés. Rayons épineux de la dorsale plus longs que les rayons mous et occupant une aussi grande étendue que ceux-ci. I. Pristigeiij-s niacrophthalnius A^slss. (Cbœtodon striatus lit. ver. tab, 20, fig. 2, Cb, substriatus de Blainv. ïcb. p. 48. — 'Bronn. It. ]\° 67.) Petit poisson ovale dont l'orbite est très-grande. Mte Bolca, 10° genre, Enoplosus Lacép. Corps large, comprimé, dorsale antérieure très-baute; ventrales très-grandes. I, Enoplosus pYgopterus Agass. (tab, 9, fig, i. — Scomber ignobilis Itt. ver. tab. 14, fig. I. — de Blainv. Icb, p. !^\. — Bronn. It. N° 53.) Anale à moins de rayons que dans l'espèce vivante. Décrit p. 62. Mte Bolca, , II" genre, Smerdis Agass, Premier sous - orbitaire fortement dentelé; préopercule également dentelé, sans épine à son angle. Opercule terminé en arrière par une saillie arrondie. Deux dor- sales,, également étroites. Caudale fourcbue, 1. Smerdis micracanthus Agass. (tab. 8, fig. iet2. — Holocentrus maculatus Itt. ver. tab. 56, fig. 3, — Amia indica Itt, ver. tab. 35, fig. 4- — deBlainv. Ich. p, 43 et 45.) Dorsales plus basses que dans les autres espèces, surtout l'épineuse. Décrit pag. 33. Mte Bolca. 2. Smerdis pygmœus Agass. (tab. 8, fig, 3 et 4-) 3Ioins trapu que le Sm, micra- canthus; dorsale épineuse mieux détachée de la partie molle de cette nageoire. Décrit p. 53. Mte Bolca. 3. Smerdis minutus Agass. (tab. 8, fig. 5 et 6.) Rayons antérieurs da la dorsale épineuse très-élevés. Décrit p. 54, Tert, : Aix en Provence. ■ — 7 — 4- Snierdis jnacrnnts Agass. (tab. 7.) Pédicule de la queue allongé ^ caudale grande. Décrit p. 07. Tert. : Apt. 5. Smerdis ventralis Agass. (tab. 8, fig. 7. — Cuv. Oss, foss. TomlII, p. 34 Gj pi. 7G, fig. 1/i ; 5""^ poisson des plàtricrcs, Cyprinodon. — Perça de Blainv. Icli. p. 71.) Cavité abdominale plus allongée que dans les autres espèces. Décrit p. 58. Tert. : Gypse de Montmartre. 6. S /nerdis latior A^ass. (tab. 8, fig. 8. ) Proportionellement très-large. Décrit p. 59. Gis. inconnu. i2« genre. Perça L. Cuv. Deux dorsales rapprocbées. Préopercule dentelé, des dents plus grosses à son bord inférieur. Une forte épine à l'angle de Topercule. Bord inférieur de l'interopercule et du subopercule plus ou moins dentelé. Des dentelures aux scapulaires et à l'angle de l'humérus. 1. Perça lepidota Agass. (tab. 10. — Perça fluviatilis Rarg. ) Trapu ; dorsale épineuse formée de très-gros rayons ; écailles grandes. Décrit p. 75. Tert. : Oeningen. 2. Perça a/igusta Agass. (tab. 11. — Côttus Bronn. ) Effilé; dorsale épineuse arrondie. Décrit p. 7g. Tert. : Menât. 3. Perça Beaumonti A^ass. (tab. 11'. ) — Forme du Perça fluviatilis ; dentelures du bord postérieur du préopercule très-fines; celles du bord inférieur distantes, séparées par des écbancrures arrondies. Décrit p. 81. Tert. : Aix en Provence. 1 3"= genre. Labrax Cuv. Opercule armé d'une double pointe; sous-orbitaiies, interopercule et subopercule lisses ; préopercule dentelé , arrondi à son angle et pourvu de dents plus grosses à son bord inférieur ; pièces operculaires écailleuses. 1. Labrax lepidotiis Agass. (tab. i3, fig.i. ) De forme trapue, à grosses écailles. Décrit p. 85. Mte Bolca. 2. L. schizurus Agass. (tab. i3, fig. 2 et 3. ) Queue allongée; caudale très- fourcliue. Décrit p. 89. Mte Bolca. 3. L. major Agass. (tab. 12.) De plus grande taille que les autres espèces. Ventrales grandes; rayons épineux de l'anale très-gros. Décrit p. 87. Tert. : Çalc. grossier de Passy. 14^ genre. Apogon Lacép. Deux dorsales très-distinctes ; un double rebord dentelé au préopercule ; corps court ; écailles grandes. _ 8 _ 1. Apogon spinosus Agass. (tab. 9, fig. 2 — 1\. — ^Holocentrus lanceolatus Itt. ver. tab. 56, fig. 1. — deBlainv. Ich. p. 45.) Semblable, à l'Apogon Rex Mullorum^ mais à rayons épineux plus gros et plus forts à la première dorsale. Décrit p. 6S. Mte Bolca. i5'' genre. Lates Cuv. Préopercule dentelé , avec une forte épine , à son angle , dirigée en arrière ; angle de l'humérus dentelé. Deux dorsales. Caudale arrondie. j . Lates gracîlis Agass. (tab. 3. — Holocentrus calcarifer Itt. ver. tab. 17, fig. 3. Lutjanus Ephippium de Blainv. Icb. p. 440 ^oi'ps allongé, svelte. Décrit p. 25. Mte Bolca. 2. L. gibbiis Agass. (tab. 4- — Lutjanus Ephippium Itt. ver. tab. 56, fig. 4- — de Blainv. Ich. p. 44- — Bronn. It. N°4o.) Trapu j partie antérieure du dos saillante. Décrit p. 27. Mte Bolca. 3. L. notœus Agass. (tab. 5.) Rayons de la dorsale dorsale épineuse très-gros. Décrit p. 29. Mte Bolca. 4. L. macrurus Agass. (tab. 6.) Remarquable par la longueur du pédicule de la queue. Décrit p. 29. Tert. : Cale, gross. de Sèvres. 16'^ genre. Cyclopoma Agass. Opercule terminé par une grosse pointe , très-forte et très-aiguë ^ préopercule forte- ment dentelé j dentelures plus fortes à l'angle de cet os et à son bord inférieur et dirigées en avant 5 angle de l'humérus arrondi. Deux dorsales légèrement réunies à leur base. Caudale arrondie. 1. Cjclopoma Gigas Agass. (tab. 2. — Labrus Turdus Itt. ver. tab. 49- — de Bainv. Ich. p. 46. — Bronn. It. N" 35.) Dentelures du boi'd postérieur du préoper- cule dirigées en arrière ; caudale très-grande. Décrit p. 18. 3Ite Bolca. 2. C. spinosum Agass. (tab. i. — Scorpœna Scrofa Itt. ver. tab, 34- — Scorpœna Itt. ver. tab. 74. — Sceleton Itt. ver. tab. 76. — Labrus? de Blainv. Ich. p. 45.) Dentelures du bord postérieur du préopercule inclinées vers son angle. Décrit p. 20. Mte Bolca. 17" genre. Dules Cuv. Mâchoires garnies de dents en velours 5 opercule épineux ; préopercule dentelé ; six rayons branchiostègues ; dorsales réunies. I. Dules temnopterus Agass. (tab. 21. — Scisena Plumieri Itt. ver. tab. 45, f. 2. — 9 — deBlainv. Icli.p.43. — Bronu. It. N°45.) Corps eflilé j dorsale fortement échancréc entre les rayons épineux et les rayons mous. Décrit p. 91 . Mte Bolca. 2. Diiles médius A^ass. (Tab. i3, fig.4-) Trapu ; la partie épineuse de la dorsale esta peine distincte des rayons mous. Décrit p. qS. Mte Bolca. i8= genre. Pelâtes Cuv. Préopercule dentelé ; opercule terminé par une forte épine , mâchoires garnies de dents en velours. Rayons épineux de la dorsale nombreux ; cette partie de la nageoire se distingue à peine des rayons mous. I . Pelâtes quindecimalis Agass. (Tab. ii.) Quinze rayons épineux à la dorsale. 3Ite Bolca. 19"= genre. Serranus Cuv. Partie épineuse de la dorsale réunie aux rayons mous. Mâchoires armées de dents canines, mêlées à des dents en brosse. Préopercule finement dentelé; opercule ter- miné par deux ou trois épines plates. Sept rayons branchiostègues. Crâne et pièces operculaii'es écailleuses. aj Vrais Serrans. Pas d'écaillés aux mâchoires. 1 . Serraiius microstomiis Agass. (Sparus Brama Itt. ver. tab. 4 5, fig. 3 . — Sparus vulgaris de Blain. Ich. p. 46. — Bronn. Itt. N" Sg.) Large, à apophyses épineuses grêles, couvert de'petites écailles. Décrit p. loo. Mte Bolca. 2. Serramis occipitalis A^SLSS. (Tab. 23.) Plus allongé , écailles proportionnelle- ment plus grandes. Crête occipitale très développée. Décrit p. 102. Mte Bolca. bj Anthias. Des écailles aux deux mâchoires. 3. Serranus ventralis Agass. (Sparus Chromis Itt. ver. tab. 32, fig. i. — Lutjanus Lutjan? de Blainv. Ich. p. 46-) Plus effilé que les espèces vivantes; premiers rayons mous des ventrales atteignant l'insertion de l'anale ; les épineux et les rayons grêles de la dorsale épineuse très-allongés. Décrit p. io4- 2e fara. SPAROIDES Cuv. Les fossiles de ceUe famille sont peu nombreux ; les plus anciens se trouvent à Monte Bolca 5 et parmi eux des espèces d'un genre éteint. 1" genre. Dentex Cuv. Des dents coniques sur les bords des intermaxillaires et des maxillaires inférieurs, les antérieures s'allongent en forme de crochets plus grands que les autres dents; joues écailleuses. ToM. IV. - 2 — 10 — 1. Dentex leptacanthus Agass. (Lutjanus Lutjanus Itt. ver. tab. 54- — Scomber deBaiuv. Ich. p. 440 Très-allongé, tout d'une venue; écailles grandes; rayons épineux de la dorsale très-allongés. Voisin du D. Perronii Mte Bolca. 2. Dentex crassispinus Agass. Allongé; dorsale basse, à rayons épineux épais. Mte Bolca. 3. Dentex brei'iceps Agass. Tête courte; dents effilées; dorsale basse. Mte Bolca. 4. Dentex microdon Agass. Les canines se distinguent peu des autres dents. Mte Bolca. 5. Dentex vent rai is Agass. La plus grande de toutes les espèces que je connaisse; de forme trapue ; canines très-grosses, presque droites. Mte Bolca. 6. Dentex Faujasii Agass. — ( Labrus Julis ? de Blainv. Ich. p. 24. — Corypliœna Chrysurus Lacép. et Fauj. Ann. du Mus. Tom. i, p. 3i3. ) Allongé, fusiforme ; dor- sale très-avancée sur la nuque. Tert., Cal. gross : Nanteire. 2" genre. Pagellus Ciir. Deux rangées de petites dents molaires aux interniaxillaires et aux maxillaires inférieurs, avec de petites dents coniques grêles en avant des mâchoires. 1. Pagellus microdon A^ass. Profil plus droit que dans les espèces vivantes; dents coniques antérieures très-fines et très-petites, sauf une interne en avant des intermaxillaires qui est plus grande. Mte Bolca. 2. P. leptosteus Agass. Tête plus allongée; charpente osseuse généralement grêle, de. même que les rayons épineux des nageoires verticales. Liban, 3« genre. Sparnodus Agass. Une rangée de grosses dents coniques, courtes et obtuses sur le bord des inter- maxillaires et des maxillaires inférieurs. 1. Sparnodus mâcrophthalmus Agass. (Sparus macrophtlialmus Itt. ver. tab. 60, fig. 2. — Cyprinus Itt. ver. tab. 73. — Sparus vulgaris de Blainv. Ich. p. 45 . — Bronn. It. ]N''39,) Très-trapu, orbites très-grandes. Mte Bolca. 2. Sp. ovalis Agass. (Sparus Dentex Itt. ver. tab. i3, fig. i. — Sparus Sargusltt. ver. tab. 17, fig. i.) Ovale; nageoires médiocres. Mte Bolca. 3. Sp. altwelis Agass. (Sparus erythrinus Itt. ver. tab. 60^ fig. 3. — Sparus Vulgaris de Blainv. Ich. p. 46. — Bronn. It. N" 09.) Ovale; rayons épineux de la dorsale plus longs que dans les autres espèces. Mte Bolca. 4. Sp.micracanthus Agass. Ovale; rayons épineux de la dorsale courte. Mte Bolca. . 6. Sp. elongatus Agass. (Perça Radula Itt. ver. tab. 3i, fig. i. — Sparus Salpa lit. ver. ta-b. 56, fig. i. — Sparus vulgaris de Blainv. Ich. p. 46 et 43. — Bronn. — 11 — It. N''39.) De forme plus grèlc que ses congénères j dorsale proportionnellement plus haute. Mte Bolca. - 4*^ genre. Saugus Cuv. Des dents incisives tranchantes à la partie antérieure des intermaxillaires et des maxillaires inférieurs. I. Sargus Cui'ieri Agass. ( Sparus Cuv. Oss. foss. Tome III. p. 34G.pl. 76, lig. 16 et 17. — Sparus? Perça? de Blainv. Ich. p. 69.) Petite espèce allongée. 3= fam. SGIENOIDES C uv, Je ne connais encore que deux fossiles de cette famille, si nombreuse en espèces vivantes. L'une d'elles constitue un genre à part qui n'a point de représentans maintenant. I "genre. Pristipoma Cuv. Rayons épineux de la dorsale réunis aux rayons mous ; sept rayons branchios- tègues; museau très-bombé; bouche petite 5 «opercule obtus. I. Pristipoma fiircatuni AgSLSS. Caudale fourchue. Mte Bolca. 2" genre. Odoisteus Agass. Partie épiueuse de la dorsale très-haute, séparée des rayons mous par une échan- crure; une rangée de grosses dents coniques, courtes aux intermaxillaires et aux ma- xillaires inférieurs ; préopercule très-finement dentelé. I. Odonteus sparoides Agass. Court et très-large 5 dos arrondi. Mte Bolca. 4= fam. GOTTOIDES Agass. (Jones Cuirassées Cuv.) La famille des Cottoïdes est représentée dans le terrain de Mte Bolca par deux genres éteints ; les espèces plus récentes des terrains d'eau douce appartiennent au genre Cottus. i"^ genre. Pterygocephalus Agass. Rayons épineux de la dorsale très-longs, séparés et s'avancant jusque sur la tête; partie molle de cette nageoire occupant tout le dos. Ecailles carénées, comme dans le genre Dactylopterus. I . Pterygocephalus paradoxus Agass. (Labrus malapterus Itt. ver. tab. 55, fig. 3. de Blainv. Ich. p. 47.) Très-petit poisson, à caudale proportionnellement très-grande 5 le premier rayon épineux est le plus grand. Mte Bolca. — 12 -^ i" genre. Callipteryx Agass. Grands poissons allongés. Peu de rayons épineux en avant de la dorsale, qui s'étend tout le long du dos; anale également très-étendue. 1. Callipteryx speciosus Agass. (Gadus Merlucius Itt. ver. tab. i5. — Trigla Lyra Itt. ver. tab. 3o — de Blainv. Ich. p. 41 et 58. — Bronn. It. N" 28.) Caudale arrondie. Mte Bolca. 2. C. recticaudus Agass. Caudale coupée carrément. 3Ite Bolca. 5" genre. Cottus Linn. Tête très-grosse, large, tuberculeuse ou épineuse; dorsales distinctes, la pre- mière étroite ; rayons inférieurs des pectorales simples ; ventrales formées d'un petit nombre de rayons; il y en a six aux branchies. 1. Cottus brei>is Agass. Voisin du Cottus Gobio ; mais plus petit et plus grêle. Tert. : Oeningen. 2. C. Aries Agass. Semblable au C. Scorpius; mais la dorsale antérieure est pro- portionnellement plus petite. Tert. : Aix en Provence. 3. C. papy raceus Agass. Très-gros, court et trapu, mais de très-petite taille. Tert. : Mte Viale. 5= fam. GOBIOIDES Agass. Je ne connais que deux Gobius fossiles de Mte Bolca. ' i"' genre. Gobius Linn. Ventrales complètement réunies, en forme d'entonnoir; corps cylindracé , allongé; tète arrondie ; deux dorsales^ la première épineuse, moins étendue que la seconde. 1. Gobius macrwus Agass. (Gobius barbatus Itt. ver. tab. 11, fig. i. — Gobius veronensis Itt. ver. tab. 11, fig. 2. — de Blainv. Ich. p. 54- — Bronn. It. N" 34) De la taille du Gobius niger, à caudale arrondie, très-développée. Mte Bolca. 2. G. microcephalus Agass. A peine de la taille du Gobius minutus ; tête petite; dorsale molle s'étendant peu en arrière. Mte Bolca. 6» fam. THEUTIES Cuv. Je n'en connais de fossiles qu'à Mte Bolca, appartenant à des genres qui existent encore maintenant. i«r genre- Acanthurus Lacép. Dents tranchantes et dentelées ; une forte épine tranchante et mobile de chaque côté de la queue. — 15 — 1. AcautJiurus teiiuis A^ass. (Chœtodon linealus Itt. ver. tab. 3i , fig. 5. — de Blainv. Ich. p. 5o. — Bronn. It. N" 72.) De forme ovale allongée. Mte Bolca. 2. ^. 0(^75 Agass. De forme plus raccourcie. Mte Bolca. 2' genre. Naseus Commers. Dents coniques, front plus ou moins proéminent; quatre rayons branchiostègues, trois rayons mous aux ventrales; queue armée de piquans fixes. 1. IS aseus nuchalis Agass. (Cbœtodon nigricans Itt. ver. tab. 22, fig. 1. — de Blainv. Ich. p. 49.) En forme de large ovale; rayons épineux de la dorsale peu nombreux. Yoisin du N. incornis. Mte Bolca. 2. iV~. rectifrons Agass. (Cbaetodon triostegus Itt. ver. tab. 33. — de Blainv. Ich. p. 5o. — Bronn. It. N" 76.) Très-large^ courte plat; profil presque perpendiculaire. Mte Bolca. 7' fam. AULOSTOMES Cuv. (Bouches en flûte Cuv. — Fistularidœ Pr. Mus.) Les plus anciens représentans de cette curieuse famille se trouvent dans les schistes de Glaris 5 il en existe plusieurs genres éteints à Mte Bolca. i" genre. Amphisyle Klein. Dos cuirassé de larges plaques écailleuses, avec la première desquelles le rayon épineux antérieur de la dorsale est articulé. I. Amphisjle longirostris Agass. (Centriscus velitaris Itt. ver. tab. 63, fig, 2. — Centriscus longirostris de Blainv. Ich. p. 35. — Bronn. It. ]\°83.) Rostre très-allongé. Mte Bolca. 2" genre. Aulostoma Lacép. Ventrales abdominales; dorsale molle opposée à l'anale et très-reculée; quelques épines libres en avant de la dorsale; tube de la bouche ample et comprimé; mâchoires dépourvues de dents. I. Aulostoma bolcense Agass. (Fistularia chinensis Itt. ver. tab. 5, fig. i. — Fistularia bolcensis de Blainv. Ich. p. 36. — Bronn. It. N°8o.) Beaucoup plus petit et plus trapu que l'espèce vivante. Mte Bolca. 3= genre. Fistularia Lacép. Tube de la bouche très-long et déprimé; de petites dents aux intermaxillaires et aux maxillaires inférieurs. Une seule dorsale opposée à l'anale; rayon médian de la caudale filamenteux. — 14 — 1. Fistularia tenuirostris Agass. (Esox Belone Itt. tab. 5, fig. 2. — Esox longi- rostris de Blaiiiv. Icli. p. 37. — Bronn. It. N» 22.) Petit; museau très-allongé et très-grêle. 2. F. Kœnigii Agass. (Fistularia magnifica Agass. in Egerton Cat.) De grande taille ; tête moins grêle proportionnellement. Craie : Claris. 4" genre. Rhamphosus Agass. Un immense rayon épineux, dentelé à son bord postérieur, inséré sur la nuque; dorsale molle petite, opposée à l'anale; caudale coupée carrément. 3Iuseau saillant en forme de nez au-dessus des mâchoires, 1 . Rhamphosus aculeatus Agass. (Uranoscopus Rostrum Itt. ver. tab. 5 , fig. 4 • — Centriscus Itt. ver. tab. 75, fig. i. — Centriscus aculeatus de Blainv. Ich. p. 43. — Bronn. It. N°82.) Tête proportionnellement très-grosse. Mte Bolca. 5"= genre. Urosphen Agass. Corps allongé, cylindracé, terminé par une grande nageoire cunéiforme; tube des mâchoires allongé comme dans les Fistulaires. I. Urosphen fistularis Agass. (Fistularia tabacaria Itt. ver. tab. 29, fig. 4. — Fistularia dubia de Blainv. Ich. p. 37. — Bronn. It. N° 81.) De la taille de l'Aulostoma bolcense. Mte Bolca. S' fam. GHÉTODONTES Cuv. (Squamipennes Cuv.) Les Chétodontes fossiles sont assez nombreux à Mte Bolca ; on en trouve aussi quelques-uns dans le cal- caire grossier-, mais les espèces vivantes sont considérablement plus variées-, trois genres fossiles n'ont pas de représentans dans notre époque. ^ ■ i'^ genre. Semiophorus Agass. Dorsale très-haute , dans sa partie antérieure, entièrement molle , sauf le premier gros rayon et quelques petites épines, s'étendant tout le long du dos ; anale beaucoup plus courte ; ventrales très-allongées. Profil très-droit. 1. Semiophorus velifer Agass. (Rurtus velifer Itt. ver. tab. 7, fig. i et 2. — Choe- todon velifer de Blainv. Ich. p. 5i. — Bronn. It. N^ôg.) La partie haute de la dor- sale est plus étendue que dans l'espèce suivante. Mte Bolca. 2. S. velicans Agass. (Tab. 37. — Kurtus velifer Itt. ver. tab. 7, fig. 3. Chœ- todon velicans de Blainv. Ich. p. 5i. — Bronn. It. N» 70.) Partie antérieure de la dorsale étroite ; Aentrales atteignant l'extrémité de la queue. — 15 — 2' genre. Ephippus Cuv. Partie antérieure de la dorsale formée de très-gros rayons épineux qui ne sont point recouverts d'écaillcs ; une forte écliancrure entre les rayons épineux et les rayons mous. 1, Ephippus longipennis Agass. (Tab. 40. — Chœtodon mesoleucus Itt. ver. tab. 10^ fig. I. — CbaetodonCbirurgus Itt. ver. tab. 43 deBlainv. Icb. p. 40. — Chœtodon Rbombus de Blain. p. 49. — Bronn. It. N-GS et 74.) Pvemarquable par le développe- ment des rayons des deux dorsales et de l'anale. Mte Bolca. 2, Eph. oblongus Agass. ( Chœtodon asper Itt. ver. tab. 20, fig. i. — Cbœtodon substriatus deBlainv. Ich. p. 48. — Bronn. It. W6^.) Moins haut; nageoires ver- ticales plus courtes. Mte Bolca. 5' genre. Scatophagus Cuv. Dorsale antérieure formée de gros rayons épineux, dont les antérieurs sont les plus longs. Quatre épines à l'anale; écailles très-petites. I. Scatophagus frontalis Agass. (Chœtodon Argus Itt. ver. tab. io_, fig. 2. — Cuv. et Yal. Hist. des poiss. Tom 7, p. i45. — de Blainv. Ich. p. 49. — Bronn. It. N° 71.) Plus court et plus large que les espèces vivantes ; front plus élevé, profil plus droit, quoique le museau soit plus saillant. Mte Bolca. 4" genre. Zanclus Cuv. Rayons épineux de la dorsale peu nombreux, croissant rapidement et accolés à la partie antérieure très-haute de la dorsale molle; museau très-saillant. I. Zanclus brevirostris Agass, (Tab. 38. — Chaetodon canescens Itt. ver. tab. 26, fig. 2. — de Blainv. Ich. p. 49.) Quoique très-saillant, le museau^st plus court que dans l'espèce vivante. Mte Bolca. 5^ genre. Macrostoma Agass. Gueule très-grande; dorsale et anale basses, très-étendues. I. 3Ia cro'stoma altum A^ass. Partie antérieure du dos saillante, ovale, Tert. , Cale, gross. Nanterre. 6'= genre. Holacanthus Lacép. Un grand aiguillon dirigé en arrière , à l'angle du préopercule , dont les bords sont ordinairement dentelés. Piayons épineux de la dorsale vigoureux; mais moins hauts que dans le genre Pomacanthus. — 16 — I . Holacanthus microcephalus Agass. Tcte proportionnellement très-petite ; rayon épineux antérieur de l'anale énorme. Tert. : Cale, gross. Chatillon. 7= genre. Pomacanthus Cuv. ( Voir e*" genre Holacanthus j à page précédente. ) I. Pomacanthus suharcuatus Agass. (Chœtodon arcuatus Itt. ver. tab. 8. fig. i. Gliœtodon suharcuatus de Blainv. Ich. p. 48. — Bronn. It. N^ôô). Diffère des espèces vivantes en ce qu'il est plus arrondi et que ses nageoires et notamment la dorsale et l'anale n'ont pas de rayons allongés, dépassant les autres. Mte Bolca. 8' genre. Platax Cuv. Corps très- comprimé j se confondant avec les nageoires verticales qui sont très- hautes et écailleuses ; rayons épineux courts cachés dans le bord antérieur de la nageoire. Ventrales très-longues. 1. Platax altissimus A^àss. (Cuv. et Val. Hist. desPoiss. Tom. 7. p. 239. — Clisetodon pinnatus Itt. ver. tab. 4- — Chœtodon pinnatiformis de Blainv. Ich. p. 47. — Bronn. It. N°64). Corps beaucoup plus haut que long, même abstraction faite des nageoires verticales, qui sont excessivement développées 5 rayons antérieurs des ventrales aussi longs que les plus longs de l'anale. Mte Bolca. 2. Platax macropterygius Agass. (Cuv. et Val. Hist. des Poiss. Tom. 7. p. 289. — Chœtodon vespertllio, Itt. ver. tab. G. ■ — Chœtodon subvespertilio de Blainv. Ich. p. 48. — Bronn. It. N" 68). Corps circulaire. Dorsale et anale immenses, aussi grandes l'ime que l'autre. Mte Bolca. 3. Platax Papilio. Agass. (Chœtodon Papilio. Itt. ver. tab. 26. f. i. — de Blainv. Ich. p. 5i. Bronn. It. N" 63.) Petite espèce à dorsale très - dé- veloppée; mais dont l'anale est plus courte; corps barré transversalement; na- geoires tachetées. 4. Platax TVoodwardii Agass. Portant des osselets interapophysaires renflés, comme le PI. arthriticus, mais moins gros. Crag. Suffolk. 9° genre. Pygeus Agass. Dorsales réunies; partie épineuse formée de gros rayons; partie molle arrondie ou acuminée , à rayons un peu plus allongés dans sa partie moyenne ; anale confor- mée comme la dorsale, mais plus courte. I. Pygœns gigas Agass. (Sparus bolcanus Itt. ver. tab. 5g. Labrus rectifrons de Blainv. Ich. p. 1^7. — Labrus punctatus Itt. ver. tab. 46. — Labrus ciliaris Itt. ver. tab. 66. — de Blainv. Ich. p. 47. N° 59 et 60. —Bronn. It. N° 36 et 38). De la taille de la Carpe; dorsale molle ; anale acuminée. Mte Bolca. — 16* — •>.. P. iwhilis Agass, (Clia?todon canus Itt. ver. lab. G5, fig. i. — dcBlainv. Icli. p. 5o. — Bronn. It. N" 73.) Dorsale épineuse aussi étendue que la partie molle de cette nageoire ; trapu. 3IteIiolca. 3. P. oblongns Agass. De la taille du précédent, mais plus allongé; dorsale et anale arrondies. 3Ite Bolca. /[. P. dorsal is A^diss. Très-petit; nageoires verticales proportionnellement très- hautes. Mte Bolca. 5. P. nuch'alis Agass. De la taille du précédent ; mais la tête est proportionnelle- ment plus petite et plus obtuse, et la dorsale s'étend jusqu'à la nuque. Mte Bolca. 6. P. Coleaniis Agass. Ovale ; anale plus étendue que dans les autres espèces. Mte Bolca. 10'' genre. Toxotes Cuv. Dorsale très-reculée, écailleuse à sa partie molle, qui se confond avec la partie épineuse ; anale conformée comme la dorsale , à laquelle elle est opposée ; mâchoire inférieure saillante. I. Toxotes ant if/uns Agass. (Tab. 43. — Sciœna Jaculatrix Itt. ver. lab. 45 f. i — Luljanus Ephippium de Blainv. Ich. p. 43). Rayons épineux de la dorsale plus petits que dans l'espèce vivante; anale plus large. Mte Bolca. 9« n.m. PLEURONEGTES Cuv. Je ne connais qu'un seul Pleuronectc , qui provient de Mte Bolca. £'« «ïcnre. Rhombus Cuv. Très -large; dorsale s'avançant jusque vers le bord de la mâchoire inférieure et se prolongeant,, ainsi que Tanale ^ jusque tout près de la caudale. I. Rhombus miniinus Agass. ( Pleuronectes quadratus Itt. ver. tab. 63, fig. 3 — de Blainv. Ich. p. 53. —Bronn II. N" 19). Plus petit que les espèces vivantes. Mte Bolca. Toit. IV. DE LA FAMILLE DES PERGOIDES. CHAPITRE I. DES PERGOIDES EN GÉNÉRAL. Je commence l'examen détaillé des Cténoïdes fossiles par l'étude des Perches , afin de faire connaître d'abord le groupe de cet ordre, qui m'a servi de type lorsque j'ai tenté de classer les poissons d'après des principes nouveaux. Considérée dans sa plus grande extension, cette famille embrasse la majeure partie des Cténoïdes tant vivans que fossiles j mais circonscrite dans les bornes que Cuvier lui a assignées récemment, elle présente des caractères très-particuliers ; elle ne se sépare même des autres fa- milles que lorsque l'on tient compte de tous les détails de structure que présentent les mâchoires, la dentition, les appareils operculaires et les^iageoires. Je ne reviendrai pas ici sur les caractères que les Percoïdes ont en commun avec toutes les autres familles de l'ordre des Cténoïdes, tels que je les ai exposés plus haut; je me bornerai seulement à faire ressortir les caractères particuliers qui les distin- guent comme famille. Les Percoïdes sont des poissons de forme régulière, généra- lement oblongSj fiisif ormes , faiblement comprimés ^ dont le tronc est toujours cou- vert d'écaillés rudes; des écailles plus petites s'avancent quelquefois sur la hase des rayons de la dorsale molle, de la caudale et de V anale , ce qui les rapproche des Chétodontes. La tête est également tantôt lisse ^ tantôt écailleuse. Les pièces operculaires sont fortement dentelées ou épineuses; mais quelque nombreuses et quelque développées que soient ces épines et ces dentelures , la tête n affecte pas de ces formes irréguliêres et bizarres qui caractérisent les Cottoïdes. La bouche , dont le bord est formé par les intermaxillaires et les maxillaires inférieurs , est armée de dents sur la plupart de ses os; il y en a aux intermaxillaires j, aux maxil- laires inférieurs, a la partie antérieure du vonier, et le plus souvent aussi aux os palatins; mais les maxillaires supérieurs, qui forment une seconde arcade, en arrière des intermaxillaires ^ sont constamment inermes. Ces dents sont tantôt en brosse, tantôt coniques et plus ou moins développées. De forts rayons épineux a la partie antérieure du dos, constituent quelquefois une nageoire distincte ou bien s unissent aux rayons mous. Les ventrales sont le plus souvent thoraciques. — 17 — CHAPITRE IL DU GENRE CYCLOPOMA. L'on pourrait d'abord être porté à prendre pour de grands Lates quelques poissons, dont le Muse'e de Paris possède un grand nombre de beaux exemplaires , et dont il y a un individu très-bien conservé dans le cabinet d'bistoire naturelle de Carlsruhe, et croire qu'ils ne sont que de grands exemplaires de vieux individus des espèces fossiles du genre Lates, décrites dans le cliapitre suivant. Mais un examen comparatif fait ressortir des différences ostéologiques si marquées, qu'on est obligé d'établir un genre pai'ticulier pour les placer convenablement. Les figures de l'ittiolitologia veronese, tab. 74, 34 et 49? quelque différentes qu'elles paraissent, et quelque nom qu'elles portent, représentent toutes des poissons de ce genre. Ici encore il se présente à nous une nouvelle occasion de reconnaître combien peu les recherches sur les poissons fossiles ont été jusqu'à présent basées sur un examen rigoureux, et sur la comparaison des pièces nécessaires pour arriver à des détermina- tions exactes j combien au contraire l'on s'est laissé induire en erreur par l'apparence, par Taspect extérieur, même par le simple contour que présente l'empreinte des poissons. Le genre Cyclopoma Agass. a des caractères si tranchans, qu'il est impossible de le confondre avec aucun autre , pas même avec les Lates , auxquels il ressemble du reste le plus. L'opercule est terminé par une grosse pointe très-forte et très-aiguë. Le préopercule est fortement dentelé dans son bord postérieur 5 ces dentelures deviennent de plus en plus fortes vers l'angle inférieur de cet os , qui est arrondi , et nullement prolongé en pointe comme dans les Lates ; au bord inférieur du préopercule , les grosses pointes qui forment ces dentelures sont dirigées en aA^ant comme dans les Plectropomes. L'humérus est terminé au-dessus des pectorales, en une proéminence arrondie et non dentelée. Les deux dorsales tout-à-fait semblables à celles des Lates sont légèrement réunies à leur base. La caudale est arrondie, et son lobe supéi'ieur est plus grand et plus développé que l'inférieur. Je ne connais jusqu'ici que deux espèces de ce genre, le Cyclopoma Gigas Agass. et le Cyclopoma spinosum A^RSS., qui, quoique fort semblables, diffèrent essen- tiellement par la forme de la caudale , la nature de la dorsale épineuse , les serratures préoperculaires et la grandeur relative des écailles. ToM. IV. 3 — 18 — I. Cyclopoma Gigas Agass. Vol. 4. Tab. 2. C'est à cette espèce que doit être rapporté le soi-disant Labrus Turdus de l'Ittioli- tologia veronese, tab. 49- De Blainville pense aussi qu'il y a identité avec le Labrus Turdus. Je suis bien éloigné de partager cette opinion ;, je suis persuadé, au contraire, que l'exemplaire dont il s'agit a dû être dans un état de décomposition très-avancé, au moment oii il a été déposé dans la roclie qui le contient , et que c'est à cette circonstance seule que l'on peut attribuer la position relative de ses parties, surtout la disjonction des parties de la tête et de la mâclioire, qui lui donne l'air d'un Labre. Il en est de même du rapprocliement des nageoires dorsale et anale de la colonne vertébrale. La complication de la caudale est due à la même cause ; du reste cette nageoire est très-brisée et mal rapiécée. Outre cet individu dont les deux plaques sont déposées au Muséum d'bistoire naturelle à Paris, l'on y voit un autre exemplaire, également par- tagé en deux plaques, dans l'état de conservation le plus parfait. Le poisson désigné sous le nom de Scorpœna, et représenté à la tab. 74 du même ouvrage, appartient aussi à cette espèce. La forme générale de ce poisson est celle d'une Perche allongée ; si elle paraît aussi large dans notre exemplaire , cela provient surtout de ce que le ventre est aplati , et , en outre, de ce qu'il se présente par sa surface inférieure. Tout le corps est recouvert d'écaillés qui paraissent petites, proportionnellement à la grandeur du poisson. Comme on les voit par leur surface interne, il est impossible d'en déterminer exactement la structure ; cette surface étant lisse et laissant à peine entrevoir les lignes concentriques formées par les lamelles d'accroissement. Leur bord postérieur est recouvert par les écailles suivantes , avec lesquelles il est si intimement soudé, qu'en cherchant à le mettre à nu, je l'ai constamment détruit. D'un autre côté, le bord antérieur des écailles que, dans la position de cet exemplaire, l'on devrait voir sur toutes, est tellement brisé qu'à peine on remarque ses ondulations. La colonne vertébrale est composée de dix vertèbres abdominales et de quatorze caudales. Les corps de vertèbres sont gros , un peu plus longs que hauts. Les apophyses épineuses supérieures et inférieures sont à peu près de même longueur dans toute la colonne vertébrale, et très-grosses, surtout vers la nuque. Les côtes sont également grosses, mais de moyenne longueur; il y en a huit paires. En avant de la dorsale, il y a trois petits osselets qui ne portent point de rayons. Les deux dorsales sont très-développées , surtout la première , qui est formée de rayons simples et épineux , dont les plus longs , c'est-à-dire les troisième et quatrième, sont aussi longs que les plus grands rayons de la seconde dorsale , formée de rayons — 19 — articulés et divisés. Quelque grands qu'ils soient, les rayons épineux de la première dorsale sont moins épais proportionnellement que ceux du Cyclopoma spinosum. Le nombre des rayons bien visibles de cette nageoire est de huit; mais je pense qu'il y en avait au bord antérieur un neuvième très-petit , comme dans la plupart des Acantbop- térygiens. Ils sont portés par huit osselets interapophysaircs , assez gros et au moins aussi longs que les apophyses épineuses auxquelles ils s'attachent. La seconde dorsale commence par un rayon épineux à peu près de la grandeur du dernier de la dorsale antérieure ; le premier des rayons articulés qui suivent est simple et n'atteint pas encore à la plus grande hauteur de la nageoire ; ce ne sont que les troisième , quatrième et cinquième, qui y parviennent. Les rayons suivans vont derechef en diminuant de longueur 5 ils forment ainsi une nageoire arrondie à son bord postérieur. Tous ces rayons , au nombre de dix , sont articulés et divisés à l'infini à leur extrémité dans les rayons moyens. Ces divisions sont très-nombreuses, et surtout les articulations très- rapprochées. Le nombre des osselets interapophysaircs qui les portent est de neuf, de plus en plus petits , et dont les derniers correspondent à l'apophyse épineuse de la cinquième vertèbre caudale. Lanale a dans sa partie antérieure trois rayons épineux, assez petits proportion- nellement à la grandeur de la nageoire elle-même , dont le troisième , quoique le plus long, n'a à peu pzès que la moitié des rayons articulés qui suivent. Ils sont portés sur le premier grand interapophysaire qui s'attache à peu près à l'extrémité de la première apophyse épineuse de la queue , et sur l'osselet suivant qui est beaucoup plus court; il y a de plus huit rayons articulés , portés par sept osselets interapophysaircs suspendus sous les cinq premières apophyses caudales. La caudale est extrêmement remarquable par sa conformation, dont il y a peu d'exemples dans la famille des Percoïdes. La nageoire entière est tronquée obliquement du haut en bas, et ses angles sont arrondis. Le lobe supérieur est plus grand que l'in- férieur, et il a un rayon de plus. La formule des grands rayons est la suivante : I. 8.; 7.1. Les externes sont simplement articulés, ceux du fort de la nageoire sont articulés jusque près de leur insertion, et plusieurs fois très-profondément divisés; ils sont tous insérés sur les apophyses aplaties et rayonnées de la dernière vertèbre. Sur les côtés de la nageoire il y a encore sept ou huit petits rayons simples, insérés en bas sur les apophyses épineuses des douzième et treizième vertèbres, en haut sur ces mêmes apophyses et sur quelques osselets interapophysaircs. L'insertion des pectorales et leur partie basale est bien distincte; on y voit une dizaine de gros rayons articulés , en dessous desquels se trouve l'empreinte de l'os styloïde. Les rayons des pectorales du Cyclopoma spinosum paraissent beaucoup plus grêles. Les ventrales sont très-bien conservées, et on les voit les deux; dans celle de — 20 — droite surtout, qui se trouve en dessous de l'autre, on distingue nettement un gros rayon épineux presque de moitié plus court que les suivans, et cinq rayons articulés formant une assez grande nageoire, qui cependant paraît plus courte que celles du Cyclopoma spinosum. L'angle arrondi de Thumérus au-dessus de l'insertion de la pectorale , est très- large et ne laisse voir aucune dentelure. La tête est petite; elle a à peine le quart de la longueur totale. Toutes ses parties sont détruites , excepté le préopercule qui est dans un état de conservation parfait ; son bord postérieur est armé de grosses dentelures dii'igées droit en arrière , elles sont plus grosses encore et presque bifurquées à son angle inférieur qui est arrondi ; au bord inférieur il y a de gros piquans , très-allongés et d'autant plus forts qu'ils sont plus antérieurs; ils sont aussi plus ou moins bifurques. En dessous on voit cinq des rayons branchiostègues. La gueule paraît avoir été très-grande; elle était armée de petites dents en velours aux deux mâchoires. Le maxillaire inférieur est très-grand, A la place des autres os de la tête, et surtout sur les joues et sur l'em- preinte de l'opercule, on distingue les petites écailles qui recouvraient ces parties. Toutes les plaques de ce poisson que j'ai vues jusqu'ici , proviennent du Monte- Bolca. II. Cyclopoma spinosum Agass. V0I.4. Tab. I. Cette espèce est représentée dansl'Ittiolitologia veronese, sous le nom de Scorpœna Scrofa, tab. 34- Les deux plaques dans lesquelles se partage cet individu sont très- bien conservées. De Blainville pense que cet ichthyolitlie se rapproche plutôt de cer- taines espèces de Labres que des Scorpènes; il dit aussi que cette empreinte est extrêmement fruste. Il est vrai que telles que ces plaques étaient, lorsqu'elles furent figurées dans l'Ittiolitologia, il eût été difficile de les déterminer exactement. J'ai même été long-temps sans pouvoir les classer. Cependant mes doutes sur ce poisson ont été éclairés par une circonstance assez singvdière pour que je croie devoir la raconter. Pendant vine quinzaine de jours j'avais tenté, à plusieurs reprises, de dé- terminer ce fossile, mais sans aucun succès. Quand je vis que mes recherches étaient inutiles, je le mis de côté et je n'y songeai plus ; lorsqu'une nuit je m'éveillai persuadé que j'avais trouvé la solution du problême qui me poursuivait, car je venais de voir en songe mon poisson parfaitement rétabli avec toutes les parties que je n'avais pu découvrir sur l'empreinte ; mais au moment où je cherchais à retenir cette image et à m'assurer de ma découverte, tout disparut. De grand matin je courus au Jardin des Plantes pour voir si je ne retrouverais pas dans l'empreinte quelque trait qui me — 21 — remît sur les traces de ma vision ; ce fut en vain . Comme les jours précédcns , je ne vis , dans la tète surtout, qu'un amas informe d'os qui paraissaient entièrement brisés. La nuit suivante , la même vision se répéta , mais sans résultat plus heureux pour moi 5 tout disparut à mon réveil. Espérant un peu qu'une troisième apparition me mettrait en possession de la clef de cette énigme , je préparai, avant de me coucher, du papier et un cravon pour pouvoir tracer pendant la nuit ce que je verrais. En effet vers le matin je sentis que mon poisson se présentaitde nouveau àmon esprit, d'abordconfusément, mais un peu plus tard si distinctement que je n'eus plus aucun doute sur ses caractères zoologiques; moitié dormant, moitié rêvant, et dans l'obscurité la plus complète, je les traçai sur la feuille de papier que j'avais préparée. Le matin , je fus très-surpris de voir dans mon croquis nocturne des traits que je crus d'abord impossible de re- trouver sur la plaque, surtout un préopercule dentelé et armé de grosses pointes à son bord inférieur. Je me rendis de suite au Jardin des Plantes, et après plusieurs heures de travail je parvins cependant, à l'aide de mes burins et de mon marteau, à découvrir toutes les parties de la tête que l'on voit si nettement dans ma tab. i., et qui, dans la figure de l'Ittiolitologia, n'existent nullement, quoique faites d'après la même empreinte. C'est là un fait psychologique assez commun , mais que, du reste , je me garderai bien de commenter dans un ouvrage sur les poissons fossiles; peut-être déjà plus d'un lecteur a-t-il pensé que ce simple récit était de trop. Il y a , de plus , au Muséum de Paris , deux grandes plaques très-mutilées et en partie rétalîlies avec de la cire , d'une manière très-défective ; cependant elles paraissent aussi appartenir à cette espèce. Dans le Musée de Carlsruhe il y a aussi deux plaques correspondantes du Cyclopoma spinosum , qui sont très-bien conservées. Les deux plaques du Scorpsena Scrofa de l'Ittiolitologia veronese présentent en général les mêmes caractères que le Cyclopoma Gigas, mais certainement cet individu en diffère spécifiquement. Ses caractères les plus saillans sont les suivans : La cau- dale est plus régulière et plus arrondie; les rayons de la dorsale épineuse sont plus gros et plus courts ; les écailles propoitionnellement beaucoup plus grosses ; les den- telures du bord postérieur du préopercule sont dirigées en bas. Le port total de l'espèce rappelle un poisson plus gros, plus trapu et moins allongé; la tête est pro- portionnellement plus grande, ou au moins plus longue. En examinant en détail cette espèce , il faut surtout tenir compte de deux choses : d'abord de la position de la tête , dont le côté droit que l'on voit par sa surface interne, est parfaitement bien conservé et a gardé sa position naturelle ; tandis que le côté gauche a été porté en haut et se trouve en avant de la dorsale épineuse. L'opercule gauche surtout est très-bien conservé et laisse parfaitement voir l'épine par laquelle il se termine en arrière, et son angle supérieur arrondi. Les os frontaux sont couchés sur -. 22 — leurs surfaces supérieures. Il faut également tenir compte de la courbure du tronc par laquelle la dorsale est probablement trop rapprochée du corps des vertèbres et donne au poisson un aspect encore plus étroit qu'il ne l'avait sûrement dans son état naturel. C'est cette circonstance surtout qui me fait supposer que les deux plaques mutilées dont il est fait mention plus haut, appartiennent à l'espèce dont il s'agit dans cet article. Les caractères que présente la tête sont d'autant plus intéressans qu'ils sont gé- nériques et qu'il est rare de pouvoir, comme ici , les observer tous dans leur ensemble. Les pièces operculaires sont très-grosses et très-développées ^ l'opercule est terminé en arrière par une grosse épine très-allongée ^ mais son angle supérieur et postérieur est arrondi. Le préopercule a, à son bord postérieur, de fortes dentelures dont la pointe est dirigée en bas ; vers son angle et à son bord inférieur , elles deviennent successivement plus fortes, plus grosses et plus épaisses, et se bifurquent plus ou moins légulièrement ^ en avant ce sont d'immenses épines très-acérées. On voit l'extrémité des quatre os des mâchoires; les deux plus courts sont le maxillaire inférieur et l'in- termaxillaire avec le maxillaire supérieur du côté droit ; les deux autres , les mêmes pièces du côté gauche , sont en même temps plus élevés , c'est-à-dire , que le maxil- laire inférieur gauche est au-dessus du droit , entre lui et le maxillaire supérieur droit ; le maxillaire supérieur gauche est au-dessus et en avant de celui-ci. Ces os , savoir les maxillaires inférieurs et les intermaxillaires, portent des dents en velours. Les frontaux laissent voir les crêtes et les rayons divergens qui , chez les Perches , sont caracté- ristiques pour ces os. De la ceinture thoracique on voit surtout le suprascapulaire droit, par sa face interne, l'angle dilaté et arrondi de l'humérus et son extrémité antérieure. On voit également l'osselet styloïde et l'insertion de la pectorale, dont les rayons paraissent plus grêles que ceux de la même nageoire du Cyclopoma Gigas. Les ventrales sont grandes , mais leur épineux est plus faible que dans l'espèce mentionnée ci-dessus. La colonne vertébrale n'offre rien de particulier dans ses nombres et dans ses pro- portions , et en ceci elle est conforme au Cyclopoma Gigas ; seulement les corps de ses vertèbres me paraissent un peu plus courts. La dorsale épineuse est certainement refoulée sur le corps des vertèbres et doit en être beaucoup plus éloignée dans l'état normal. Les rayons épineux sont très-gros , très-épais 5 cependant les plus longs , les troisième et quatrième égalent à peine en lon- gueur les grands rayons articulés de la seconde dorsale. On y voit distinctement huit rayons, mais il est probable qu'il y en avait, en avant de la nageoire, un neuvième plus petit et qui n'est pas visible; je ne doute pas de son existence, et une forte im- pression à la base du premier rayon visible me le prouve évidemment. La seconde dorsale commence également par un petit épineux , plus grêle , mais aussi plus long — 25 — que le dernier de la dorsale antérieure. Il y a du reste dix rayons articulés : mais en les comptant il ne faut pas se laisser induire en erreur; les deux derniers ne laissent voir que leur insertion et le second est en partie recouvert par le premier. Cette nageoire paraît plus étroite que celle du Cyclopoma Gigas, mais elle est également arrondie. Aux dorsales il y a huit osselets interapophysaires correspondant à la dorsale antérieure, et dix pour la seconde. L'anale est exactement conformée comme dans l'autre espèce du genre ; et si dans le Cyclopoma Gigas elle correspond exactement à la seconde dorsale , dans l'espèce dont il s'agit ici, elle est plus allongée et son insertion est sensiblement plus reculée, aussi bien que l'extrémité de ses rayons qui atteignent presque l'insertion de la caudale. La caudale , proportionnellement plus petite que dans le Cyclopoma Gigas , est aussi plus régulière et plus arrondie ; ses rayons insérés comme nous l'avons vu plus haut pour le Cyclopoma Gigas, sont disposés comme suit : 7 ou 8. L 8.; 7. i. 6 ou 7. Tout le corps, comme la tête et les pièces operculaires , est recouvert d'écaillés proportionnellement beaucoup plus grandes que celles du Cyclopoma Gigas. Dans l'individu que nous décrivons , l'on ne voit que les écailles de droite par leur sur- face interne et leur bord antérieur qui est ondulé en peigne. Il y a entre les deux espèces du genre Cyclopoma à peu près la même différence qu'entre le Lates gracilis et le Lates gibbus ; il faut même être sur ses gardes pour ne pas les confondre dans des exemplaires mal conservés. On n'a encore trouvé cette espèce qu'au Monte-Bolca. — 24 — CHAPITRE III. DU GENRE LATES. Le genre Lates Ciiv. est très-voisin des Perches proprement dites , dans l'acception que Cuvier a donné à ce genre en le circonscrivant dans des limites plus étroites et conformes à la nature. Il diffère du genre Perça par la forme de son préopercule qui a une épine à l'angle postérieur et de fortes dentelures au bord inférieur. Le premier sous-orbitaire des Lates est armé de serratures beaucoup plus fortes que celles de la Perche; les dentelures de l'angle de l'humérus sont également plus marquées. Du reste l'opercvde porte une épine à son angle postérieur. La dorsale épineuse, formée de très-gros rayons, est plus haute et plus courte que celle des Perches et des Labrax. Pour ce genre la formule générale des nageoires paraît être la suivante : D. épineuse, 2. I. 4-5 I^* articulée, I. 12. •, A. 3. 9.; la C. est arrondie, g. I. 8.; 7. I. 6.; Pect. I. I. i3.; Yent. I. 5. Le squelette du Lates niloticus (Vol. 4- Tab. A.) présente quelques particularités. La première forte côte est à la troisième vertèbre , dont l'apophyse épineuse est éga- lement la plus grosse et la plus développée ; la seconde vertèbre n'a qu'un rudiment de côte. Jusqu'à la septième vertèbre les côtes en général peu fortes , s'insèrent immé- diatement sur le corps des vertèbres ; les huitième, neuvième, dixième et onzième ver- tèbres ont des apophyses transverses assez longues, mais leurs côtes deviennent insen- siblement plus grêles -, la douzième vertèbre, quoique ayant encore de fortes apophyses transverses, est déjà close en bas par une petite apophyse épineuse, qui est plus longue dans les vertèbres suivantes, à mesure que les apophyses transverses disparaissent da- vantage. Les apophyses épineuses supérieures sont plus grosses dans les vertèbres antérieures ; elles s'allongent et s'amincissent dans les vertèbres caudales , dont les an- tépénultièmes sont cependant derechef plus courtes. Celles des vingt-troisième et vingt- quatrième vertèbres, les neuvième et dixième caudales, sont très-longues et aplaties à leur extrémité , qui porte les petits rayons latéraux de la caudale ; la vingt-quatrième a deux apophyses supérieures soudées à levu' base. La vingt-cinquième ou dernière se dilate en trois apophyses supérieures et en trois inférieures très-comprimées, qui portent les grands rayons de la caudale, comme dans la Perche. Les osselets in- terapophy saires de la dorsale épineuse , surtout les antérieurs et celui qui porte les — 26 — rayons épineux de Tanale , sont très-gros et atteignent presque le corps des vertèbres auxquelles ils s'attachent. L'organisation de la tète diftlu'e peu de celle des Perches; seulenientla crête occipitale médiane, lescrétes occipitales latérales et les mastoïdiennes sont plus marquées, plus saillantes, et s'avancent davantage sur le crâne qui est lui- même plus comprimé. Le suprascapulaire est dentelé, comme dans la Perche, et percé de canaux qui s'étendent dans la crête mastoïdienne et le préopercule, et communi- quent avec le canal muqueux de la ligne latérale. Les ventrales sont très-développées; le rayon épineux est très-gros ; les rayons articulés sont infiniment divisés et plus longs. Les écailles du genre Lates sont très-rudes , à cause des grosses dentelures de leur bord postérieur. I. Lates gracilis Agass. Vol. 4. Tab.3. Au Muséum d'histoire naturelle de Paris, il y a un assez grand nombre de beaux exemplaires de cette espèce, plus ou moins grands, parmi lesquels on retrouve l'ori- ginal de la fig. 3. tab. l'y. de Yolta. Elle y porte le nom d'Holocentrus calcarifer , et quoique de Blainville trouve à ce poisson plus de ressemblance avec les Lutjans et no- tamment avec l'espèce représentée sur la tab. 56. f. 4- qu'avec l'Holocentrus calcarifer , les auteurs de l'Ittiolitologia veronese ont eu raison en faisant ce rapprochement qui place au moins leur espèce dans le genre auquel elle appartient, quoique ainsi ils exa- gèrent ses rapports avec une espèce vivante. En effet, par tous les caractères que nous avons indiqués plus haut, l'Holocentrus calcarifer de Yolta est un Lates, bien remar- quable, en ce qu'il est très-voisin des espèces vivantes par ses formes , ses proportions et le nombre de ses rayons, mais qui en diffère par sa petitesse. Les plus grands exem- plaires du Muséum de Paris n'ont pas plus de 6 pouces de long, et cependant ils sont pour la plupart plus grands que ceux que j'ai observés au Musée de Munich ; tandis que les espèces vivantes atteignent une grandeur souvent considérable pour des Per- coïdes. Il en est de même des deux autres espèces de Lates fossiles, du Lates gibbus et du Lates notœus, dont la taille reste passablement au-dessous de celle des espèces vivantes. La forme du Lates gracilis est svelte, assez étroite, si l'on veut bien faire abstraction de l'aplatissement qu'on observe dans la plupart des individus. Cette dilatation se fait surtout voirau contour que laisse ordinairement l'empreinte des écailles ; elles dépassent alors un peu l'insertion des nageoires et l'articulation des rayons avec les osselets interapophysaires , lors même qu'on a pu s'assurer par la disposition de ces derniers et par leurs rapports avec les apophyses épineuses qui sont immobiles , que ces osselets avaient conservé leur position naturelle. ToM. IV. 4 — 26 — La colonne vertébrale est composée de dix vertèbres abdominales, dont les premières ont des apophyses épineuses droites, courtes et épaisses, qui vont en s'allongeant, en s'amincissant et en s'inclinant vers la queue, dont les apophyses antérieures sont les plus longues du tronc. Les côtes, au nombre de sept à huit paires, sont de médiocre grandeur. L'on ne voit que de faibles traces des arêtes intermusculaires. Il y a quinze vertèbres caudales, dont la dernière porte les rayons articulés de la nageoire. En avant de la dorsale , il y a trois osselets interapophysaires qui ne portent point de rayons, etdont les deux premiers sont placés entre l'occipital et l'apophyse de la première vertèbre^ le troisième , avec le premier interapophysaire de la dorsale , est fixé entre la première et la seconde apophyse épineuse . Le second osselet de la dorsale et le troisième qui porte le grand rayon épineux, sont placés entre la seconde et la troisième apophyse . Il n'y en a qu'un entre les troisième et quatrième , les quatrième et cinquième , les cinquième et sixième, et les sixième et septième vertèbres. Ces sept osselets ainsi dis- tribués portent les sept rayons de la dorsale épineuse , dont les deux premiers sont très-courts; le troisième est le plus grand de tous, les suivans vont en diminuant gra- duellement jusqu'au septième qui est plus court que l'épineux de la seconde dorsale. Un caractère ostéologique bien constant dans cette espèce, c est que le troisième rayon de la dorsale épineuse égale en longueur l'étendue de 1 insertion de la nageoire elle- même. Déplus, tous les rayons sont droits, et seulement vers leur base ils sont légè- rement arqués en arrière. Cette première dorsale n'est pas entièrement séparée de la seconde , et les rayons épineux ne sont en quelque sorte séparés des rayons articulés que par vme très-forte échancrure. Des douze osselets interapophysaires qui portent la seconde dorsale, le premier, sur lequel est inséré le petit rayon épineux , est fixé entre la septième et la huitième apophyse épineuse ; les onze suivans s'attachent entre les apo- physes des huitième et quinzième vertèbres, ou, en d'autres termes, entre la huitième vertèbre abdominale et la cinquième caudale. Il y a douze rayons articulés , dont les huit premiers sont à peu près de même longueur , et dont les quatre derniers se raccourcissent de manière à donner à cette nageoire un bord postérieur arrondi ; les deux derniers rayons sont articulés sur le douzième osselet interapophysaire. L'anale est plus petite que la seconde dorsale; elle commence aussi plus en arrière, quoiqu'elle finisse vis-à-vis de l'extrémité de la dorsale. Son bord antérieur est armé de trois gros piquans, dont le second, quoique le plus long, est au moins d'un tiers plus court que les plus longs rayons articulés ; ceux-ci sont au nombre de huit, qui vont en s'allongeant d'avant en arrièi'e, mais en diminuant de manière à former une nageoire arrondie. Ces rayons sont articulés sur les osselets interapophysaires inférieurs, comme suit : les deux premiers fort gros , très-allongés, forment des fossettes latérales , re- levées de larges arêtes sur leur bord ; ils s'attachent en avant de la première vertèbre — 27 -^ caudale ou de la onzième du Ironc, et portent le premier et le second grand rayon épineux; le troisième osselet interapophysaire , beaucoup plus petit et plus grêle, porte le troisième rayon épineux; du cpialrième au dixième, ils s'attachent entre les apophyses inférieures des six premières vertèbres caudales et portent huit rayons articulés; le dixième osselet donne une insertion à deux rayons. La caudale est composée de chaque côté de six à sept petits rayons latéraux et d un grand rayon exteriie , simple et articulé. La partie moyenne de la nageoire est formée de quinze rayons fortement divisés et articulés jusqu'à leur insertion ; ils s'allongent vers le centre de la nageoire en éventail arrondi ; il y en huit au lobe supérieur , et sept au lobe inférieur. Les ventrales sont assez grandes , arrondies ; il y a un rayon épineux assez court à son bord antérieur, et en arrière cinq rayons articulés. Les pectorales sont petites et formées de quinze rayons. Quant à la tète , les différens exemplaires que j'ai examinés présentent plus ou moins nettement les caractères de tous ses os , qui ne se trouvent réunis dans aucun. Celui qui est représenté Tab. 3. f. i., montre distinctement la dentelure du premier sous- orbitaire et du bord postérieur du préopercule , les épines de son angle et la saillie de l'humérus au-dessus de l'insertion des pectorales ; dans un autre exemplaire on voit nettement des serratures sur ce dernier os ; dans un troisième individu celles du suprascapulaire sont bien dessinées ; un quatrième montre encore l'empreinte des écailles de la joue et de l'opercule. En général la tête paraît avoir été petite et assez eflilée. Les écailles sont plus petites que dans les autres espèces fossiles ; mais elles ne semblent pas différer beaucoup de celles des espèces vivantes. La ligne latérale est plus rapprochée du dos dans sa partie antérieure que vers le milieu du corps. Cette espèce provient des schistes calcaires de Monte-Bolca, où elle paraît se trouver en assez grand nombre. II. Lates gibbus Agass. Vol. 4. Tab. 4. Lates crassus Agass. Catalog. manuscr. — Peut-être aussi le Lutianus ephippium de rittiolitologia veronese, tab. 56. fig. 4-? dont je n'ai pu retrouver l'original. Il y a, dans le Musée de Carlsruhe , une plaque de cette espèce dont le tronc est parfaitement bien conservé , mais dont la tête est mal rapportée. Un autre exemplaire , du 3Iusée de Munich , est également privé d'une partie de la tête ; ses vertèbres sont de plus toutes disloquées. Au 3Iuséum d'histoire naturelle de Paris, il y en a un troi- — 28 — sième bien précieux , parce qu'il montre nettement les parties de la tète dans leur posi- tion naturelle et dans leurs rapports avec la colonne vertébrale et le dos, qui, du reste, sont seuls conservés. Les ventrales, l'anale, l'extrémité inférieure des côtes posté- rieures, les apophyses épineuses inférieures, les dernières vertèbres et toute la caudale, sauf quelques rayons supérieurs , sont enlevés et doivent , d'après la figure de la pierre , se trouver sur la plaque opposée; mais elle n'existe pas au Muséum. Dans le détail de ses parties, cette espèce diffère peu du Lates gracilis ; mais leurs proportions relatives, et surtovit la grandeur prodigieuse des écailles, la caractérisent bien nettement. La colonne vertébrale a également dix vertèbres abdominales et quinze caudales, dont les apophyses sont plus allongées que dans le Lates gracilis. Les osselets interapopbysaires qui portent les nageoires, sont parfaitement disposés comme dans le Lates gracilis , et il y a même exactement le même nombre de rayons dans toutes les nageoires. Cependant la première dorsale présente une disposition particulière, en ce que ses rayons, proportionnellement plus courts que dans le Lates gracilis, sont sensi- blement fléchis en arrière vers leur tiers supérieur, là oh ils commencent à s'amincir en pointe acérée. Les écailles sont fort grandes à proportion de la taille du poisson : il n'y en a que trois rangées au dessus et huit ou neuf au dessous de la ligne latérale, qui elle-même est parallèle au dos dans le tiers supérieur du corps, depuis l'angle de l'opercule jusque vers l'extrémité de la queue, oîi elle occupe le milieu du tronc. Dans les espèces vivantes et dans les autres espèces fossiles de ce genre , il y a cinq ou six rangées d'écaillés en dessus et quinze ou seize en dessous de la ligne latérale. Quant à la forme générale de l'espèce, son front et sa nuque assez élevés, rendent le profil raide. Son dos est fortement arqué, sa tête est petite, à proportion de la masse générale du tronc 5 ce qui lui donne une figure raccourcie , large , lourde et peu agile. Ces caractères , joints à celui de ses grosses écailles et de la forme particulière des épineux de sa dorsale , sont bien propres à faire reconnaître l'espèce au premier coup-d'œil. En comparant ces proportions avec celles des autres espèces, on peut dire que la tête est au tronc, ce qu'elle est dans le Cyprinus Carassius comparative- ment au Cyprinus Carpio ; et je crois que cette comparaison donne une juste idée de , ce que le Lates gibbus est aux autres espèces du même genre. Outre les caractères saillans déjà indiqués , l'espèce dont il s'agit maintenant a quelques traits particuliers moins marquans , savoir : une anale un peu plus reculée que l'extrémité de la seconde dorsale ; dans la caudale des rayons plus grêles et plus distans, ou du moins retenus par une membrane moins étroite et plus extensible que dans l'espèce la plus commune, le Lates gracilis. C'est au Monte-Bolca que l'on trouve cette espèce , qui paraît y être assez rare. — 29 — m. Lates not.eus Agass. Vol. 4. Tab. 5. Lates macroccplialus Agass. Cat. iiianuscr. Au Musée de Munich l'on conserve deux plaques correspondantes de celte espèce, qui, du reste, ne sont pas dans le meilleur état. Dans les Galeries du 3Iuséum d'his- toire naturelle de Paris, il y en a aussi un exemplaire, dont la partie postérieure et surtout la caudale sont parfaitement bien conservées, mais dont la tête" et la nuque sont séparées du tronc par une large fissure remplie de cristaux de spath calcaire , qui en défigurent les traits. Ils complètent les caractères que j'avais pu reconnaître à Munich sur un individu moins intact, mais dont la tête et le tronc sont mieux recon- naissables et dans leurs rapports naturels. Les ventrales , la seconde dorsale, mais surtout l'anale sont plus petites que dans les espèces déjà mentionnées , tandis que la première dorsale , qui est très-étroite , a de très- gros rayons, si développés que le troisième surpasse en longueur l'insertion de la nageoire elle-même. Il n'y a que quatorze ^rtèbres caudales et dix abdominales. Les écailles tiennent par leur grandeur le milieu entre celles du Lates gibbus et celles du Lates gracilis. La tête paraît avoir été plus grosse, surtout plus large, que dans les autres espèces. Le nombre et les rapports des rayons est le même dans toutes les na- geoires, que dans les espèces déjà décrites. Celle-ci porte le nom de Lates notœus, à cause de la grosseur énorme des rayons épineux de sa première dorsale. Sans être aussi élancé que le Lates gracilis, celui-ci n'est au moin&pas aussi large, ni aussi gros que le Lates gibbus. L'exemplaire du Musée de Munich , en y ajoutant une caudale, ou celui de Paris, en abaissant la tête et en la plaçant en ligne droite avec la colonne vertébrale, et en mettant surtout les os maxillaires inférieurs d'aplomb, peuvent donner une idée assez précise de ses formes et des rapports de ses parties les unes avec les autres. Pour suivre la comparaison faite plus haut entre les proportions relatives des espèces du genre Cyprinus et les Lates fossiles, je dirai que le Lates notœus, dont la tête est aussi plus grosse , proportion du reste gardée , est au Cyprinus Gibelio ce que le Lates gracilis est au Cyprinus Carpio , et le Lates gibbus au Cyprinus Carassius. Ce poisson n'a encore été trouvé qu'au Monte-Bolca. IV. Lates macrurus Agass. Yol. 4. Tab. 6. Cette espèce est la plus allongée et la plus svelte du genre. Elle ressemble assez par son aspect général au Lates gracilis; mais elle en diffère en détail beaucoup par les proportions de ses parties. Le Lates macrurus a le dos plus droit et la cavité abdominale — 50 — plus étroite; la portion caudale du tronc est plus longue que dans les autres espèces. Cette disposition résulte de la forme des vertèbres , dont le corps est moiijs élevé , mais plus allongé que dans les autres Lates. Il y a dix vertèbres abdominales et seize caudales. Les apopliyses épineuses, surtout les dorsales, sont plus épaisses, et les côtes un peu plus courtes. Les nageoires ont la même conformation que dans les espèces sus-men- tionnées -, on remarque seulement quelques différences dans les dimensions des rayons et des osselets interapophysaires 5 les épineux de la première dorsale sont un peu plus gros, et les deux rayons antérieurs proportionnellement plus longs; l'interapopby- saire qui porte le troisième grand rayon est beaucoup plus gros ; en revancbe , ceux de la dorsale articulée, les derniers surtout, sont plus courts. Il en est de même du grand interapophysaire qui porte les épineux de l'anale : il est plus épais que dans les autres espèces, et ses rayons épineux plus longs; mais les suivans sont plus petits. L'épineux des ventrales est aussi plus fort. Il n'est resté de la ceinture tboracique que la partie inférieure de l'immérus, dont l'angle est très-gros; mais son bord est trop endommagé pom- en déterminer les formes. La caudale n'a rien de particulier, si ce n'est que son contour paraît plus régulièrement arrondi , quoique le lobe supé- rieur soit endommagé. La pierre dans laquelle se trouve ce fossile est si friable , que tous les os se brisent lorsqu'on cberclie à les mettre à nu ; les écailles sont toutes froissées; il n'en reste que de petites paillettes éparses çà et là. Presque tous les os de la tête sont enlevés; il ne reste que le spbénoïde postérieur soudé avec le vomer , et qui forme une grosse barre à la base du crâne; en avant on voit l'empreinte de l'ethmoïde; plus haut le bord du frontal; en dessous le bord de l'intermaxillaire et un fragment du maxillaire inférieur, sur le bord desquels on voit des traces de dents en brosse, comme sur le chevron du vomer. Le préopercule seul est entier, et fournit quelques caractères spécifiques de plus : son bord postérieur étant légèrement arqué , et ses piquans inférieurs plus droits et plus gros que dans les autres espèces , surtout celui de son angle inférieur qui est dirigé directement en arrière. En dessous l'on distingue l'empreinte de quatre des rayons branchiostègues. Le Lates macrurus se trouve dans le calcaire grossier des environs de Sèvres. C'est à M. Des Hayes qui l'a découvert, que le Musévnn de Paris est redevable des plaques qui s'y trouvent. Sur l'une d'elles l'on voit l'exemplaire que j'ai fait représenter; sur la plus grande il y en a six ou sept plus ou moins brisés et entassés les uns sur les autres. Le Lates magnus de mon catalogue manuscrit est synonyme du Cyclopoma spino- sum Agass. Pour éviter les longueurs et les répétitions, je me suis toujours abstenu de décrire minutieusement les exemplaires que j'ai examinés , lorsque les os brisés qu'on y voit ne — ôl — présentaient ancnn caractère qui pût contribuer à déterminer une espèce. J'ai cru préférable d'insister seulement sur les traits caractéristiques , parce que la comparaison qu'on peut l'aire de ces fragmens avec la figure du squelette du Lates uilo tiens sufiira ordinairement pour les déterminer. Une autre considération m'a encore engagé k suivre cette marche ; c'est qu'il est fort rare de rencontrer deux exemplaires qui soient exactement daiis le même état de conservation. Les différences que l'on remarque alors pourraient quelquefois paraître plus importantes qu'elles ne le sont en effet , si Ion s'était attaché à décrire en détail tous les fragmens d'un os, dont malgré cela il serait diflîcile de reproduire les formes par des mots. Les lacunes qui peuvent résulter de cette manière de faire seront faciles à remplir avec le temps, par l'examen d indi- vidus plus complets. — 52 — CHAPITRE IV. DU GENRE SMERDIS. Un des faits les plus curieux qui se présentent à l'observateur dans le domaine de la Zoologie , c'est la dépendance dans laquelle semblent se trouver les dimensions absolues d'un animal et les particularités génériques de son organisation. Si la direction que suivent maintenant les sciences naturelles n'éloignait pas de semblables recherches, l'on serait frappé de voir que toutes les espèces d'un même genre ne sortent pas, quant à leur grandeur, de certaines limites assez étroites qui paraissent le résultat de ce qu'il y a de commun dans leur organisation. Non-seulement l'idée d'un éléphant en minia- ture, d'un chameau de petite taille, d'une musaraigne gigantesque, d'un gros colibri, a quelque chose de contradictoire , mais encore dans la nature vivante ou parmi les fos- siles, rien de semblable n'est venu jusqu'ici embarrasser notre esprit ; aussi ces disposi- tions sont-elles devenues tacitement des caractères importans , qui expriment à notre insçu une foule de relations dont nous ne pouvons pas encore nous rendre exactement compte. Ces rapports entre l'organisation et les dimensions absolues d'une espèce se retrouvent dans toutes les classes du règne animal. Il en est de même de la distribu- tion des couleurs, si constantes, si significatives dans plusieurs familles. Le genre Smerdis Agass. offre un exemple assez frappant de ce que je viens d'énoncer. Semblable aux Lates à bien des égards, il ne comprend cependant que des espèces très-petites, qui ont des caractères assez particuliers pour former un genre à part. Ce qui le caractérise surtout, c'est la forme de la caudale, qui est grande et très-fourchue. Toutes les espèces ont le corps trapu et la tête assez grosse. Le premier sous-orbitaire est fortement dentelé ; il en est de même du préopercule dont les dentelures presque égales sont plus grosses et plus éloignées à son angle inférieur. L'opercule est grand et fort; il présente une légère saillie arrondie à son bord postérieur. Il n'y a pas de dentelure à la dilatation de l'immérus au-dessus de l'insertion des pectorales. Comme dans les poissons thoraciques en général , et comme dans les genres Cyclopoma et Lates en particulier , les ventrales sont insérées en dessous et très-près des pectorales ; les os du bassin étant réunis par des ligamens à la branche inférieure et horizontale de l'iunnérus. Le bord externe des ventrales est soutenu par un gros rayon épineux. La dorsale épineuse, formée de rayons plus ou moins allongés, est très-étroite, fortement échancrée en arrière, sans être entièrement séparée de la seconde dorsale, qui est également petite — oo et précédée d'un assez long rayon épineux. L'anale, étroite comme les dorsales, porte à son bord antérieur trois gros rayons épineux, plus ou moins longs suivant les espèces. Je connais cinq espèces de ce genre , toutes fossiles , des terrains tertiaires : le S nierais minntns est caractérisé par la longueur disproportionnée des rayons de sa dorsale antérieure , et par les longs épineux de son anale ; le Smerdis niacrunis a la caudale très grande; le Smerdis 7>entralis a la cavité abdominale plus longue que la tète ; les deux autres espèces ont les rayons des nageoires plus courts : le Smerdis micracanthus a le corps plus large , et le bord antérieur de la dorsale plus rapprocbé de la nuque que le Smerdis pjgmœus. I. Smerdis micracanthus Agass. Vol. 4, Tab. 8, fig. i et 2. — Holocentrus maculalus Itt. ver. Tab. 56, fig. 5. — Amia indica Itl. ver. Tab. 55, fig. 4. — De Blainv. Ich. p. 43 et 45. Si je cite ici et en général tous les noms que l'on a donnés comme au hasard aux poissons fossiles, c'est pour en épuiser le catalogue, et afin qu'ils ne reparaissent plus dans les ouvrages de compilation, à côté de mes déterminations, comme autant d'es- pèces différentes (*). Au fait, les poissons de Monte-Bolca diffèrent tellement des (*) REVUE CRITIQUE DES POISSONS FOSSILES FIGURES DANS L ITTIOLITOLOGIA VERONESE, Afin de mettre le plus tôt possible sous les yeux des amateurs de paléontologie les déterminations que l'inspection de la collection originale de l'ouvrage de Gazzola , qui se trouve maintenant au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, m'a mis à même d'établir, — et comme il serait possible que, pour ne pas allonger la publication de mes Recherches sur ce sujet , je me visse obligé d'en exclure un assez grand nombre d'espèces de Monte-Bolca , je vais d'abord énumé- rer ici , dans l'ordre des planches , toutes les espèces figurées dans l'ouvrage italien , en y ajoutant mes dénominations nouvelles ; et je donnerai , à la fin de cette note , un catalogue systématique de tous les poissons à moi connus de Monte- Bolca, avec une synonymie complète. Au moyen de quoi, les nombreuses espèces de cette intéressante localité seront enfin placées dans leurs vrais rapports avec les espèces vivantes , et les catalogues des manuels géologiques purgés de tant d'espèces inadmissibles qui s'y trouvent. Plus tard, j'établirai de plus en plus solidement ces déterminations, dans le cours de mon ouvrage. Les genres nouveaux sont en petites capitales. Presque toutes les espèces ont dû recevoir de nouveaux noms, tant elles étaient mal déterminées ! ! comme on pourra s'en convaincre, en comparant les citations. Ces noms spécifiques sont en italiques. Les noms des genres déjà connus sont aussi eu italiques. Tab. 3. Fig. 1. Squalus Carcharias Itt. — Galeus Cmneri Ag. Fig. 2. Une dent. — Carcharias sulcidens Ag. Tab. 4. Chœtodon pinnatus Itt. — Plalax altissimus Ag. ToM. IV. . 5 — 54 — poissons de la Méditerranée, et des poissons vivans en général , qu'un tiers ne peut pas même être rapporté aux genres innombrables que M. Cuvier a établis dans cette classe j et pourtant c'est toujours dans ces genres qu'on a voulu les faire rentrer, lorsqu'on n'a pas cru sufîîsant de les placer dans les coupes génériques de Linnée , Tab. 5. FiG. 1. Fistularia chinensis Itt. — Aulostoma bolcciise Ag. Fia. 2. Esox Belone Itt. — Fistularia tenuirostris Ag. FiG. 3. Pegasus natans Itt. — Calamostoma breviculuiii Ag. FiG. 4. Uraiioscopus Rastrum Itt. — Rhamphosus aculealtis Ag. Tab. 6. ' Cliîetodon Vesperlilio Itt. — Platax macropleijgiiis A§. Tab. 7. FiG. 1 et 2. Kurtus velifer Itt. — Semiophorus vclifer Ag. FiG. 3. Id. Itt. — Semiophorus vclicans Ag. Tab. 8. FiG. 1. Cliaetodon arcuatus Itt. — Pomacanthus sitbarcuatus Ag. FiG. 2. TetraodonHonkeniiItt. ] Les originaux manquent; mais ils sont identiques, et portent le nom FiG. 3. Tetiaodon liispidus Itt. ) de Diodon tcnuispinus Aq. Tab. 9. Raja niuricata Itt. — Trygon Gazzolœ Ag. Tab. 10. FiG. 1. Clia;todon niesoleucus Itt. — Ephippus longipcnnis Ag. FiG. 2. Chœtodon Argus Itt. — Scatophagusfrontalis Ag. Tab. 11. FiG. 1. Gobius barbatus Itt. ') t i ■ ^ ,. < _, ^ _ , . . , identiques. — Gobiiis macrurus Ag. riG. 2. Gobius veronensis Itt. ; Tab. 12. Blocbius longiiostris Itt.l!!... La fig. 1 représente le fameux poisson, qui passe pour en engloutir un autre ! Mais , en y regardant de près , on voit que celui-ci , plus petit , est placé obliquement , de façon que sa tète déborde passablement les parois maxillaires du premier I ! ! Tab. 13. Fig. 1. Sparus dentex Itt. — Spaknodcs ora/jV Ag. Fig. 2. Blennius ocellaris Itt. — Spinacanthus blennioides Ag. Tab. 14. Fig. 1. Scomber ignobilis Itt. — Enoplosus pygoplcrus Ag. Fig. 2. Scomber Pelamis Itt. (l'original manque.) — Thynnus propterygius Ag. Fig. 3. Silurus Ragre Itt. — Mesogastek .t^/)jr(rnoiV/cj- Ag. Tab. 15. Gadus merluccius Itt. — Calupturyx^ speciosus Ag. Tab. 16. Scomber pelagicus Itt. — Lichia prisca Ag. Tab. 17. Fig. 1. Sparus sargus Itt. — Sparnodus ora/i'.? Ag. Fig. 2. Perça formosa Itt. — Myripristis leptacanthus Ag. Fig. 3. Iloloceiitrus calcarifer Itt. — Lates gracilis Ag. Tab. 18. Scomber rlionibeus Itt. — Gasteronemus rhombeus Ag. Tab. 19. Zeus Gallus lit. — AcsT^tYioi^^'s.ws, Jilamcntosu.î Ag. Tab. 20. Fig. 1. Cliaetodon asper Itt. — Ephippus oblongus Ag. Fig. 2. Cliaîtodon striatus Itt. — Pristigenvs macropjhlhalmus Ag. Fig. 3. Diodon reliculatus lit- — Pvcnodus Plalessus orbis Ag. Fig. 4. Lorjcaria Plecostomus lit. — Lophius brachysomus Ag. Tab. 21. Scomber glaucus Itt. — Cabangopsis maximus Ag. Tab. 22. Fig. 1. Cbœtodon nigricans lit. — Nascus michalis Ag. Fig. 2. Exocœtus evolans lit. — Engraulis et'olans Ag. Tab. 23. Fig. 1. Murœna Opliis lit. — Ophisurus aculicaudus Ag. Fig. 2. (Sans nom dans l'Itt.) — Leploccplialus gracilis Ag. Fig. 3. Murœna Conger lit. — ^nguilla leptoplera Ag. lAB. 24. Fig. 1. Esox S]ibyrœna lit. — Sphjrœna bolcensis Ag. Fig. 2. Id. lu. — Rhamphognathus paralepoidcs Ag. Fig. 3. Id. Itt. — SIesogaster sphyrœnoides Ag. 1 — .>o d'Aitcdi, de Bloch et de Lacépède. On aura souvcnl lieu d'être surpris, en voyant les synonymes que j'ai rangés sous les cliofs de mes dilYérentes espèces ^ je prie cepen- dant mes lecteurs de les accueillir avec le degré de conliance que des recherches soi- gneuses et souvent répétées ont droit de revendiquer. Tab. 25. FiG. 1. Clupea Thrissa lu. i ti ■ ^, . „ ^ _, • • , T Identiques. — Clupea macropoma Ag. riG. 2. (jlupea cypnnoides Jtt. ) Tab. 26. Tic. 1. Cli.Ttodon Papilio Itt. — Platax Papilio Ag. FiG. 2. Clia.Hodon canescens Itt. — Zanclus breciroslris Ag. Tab. 27. Scomber Tliynnus lit. — Thynnus bolcensis Ag. > Tab. 28. Scomber Cordyla Itt. — Lichia prisca Ag. Tab. 29. Fig . 1 . Scomber Alatuuga Itt. — Orcynus lanccolatus Ag. FiG. 2. Scomber trachurus Itt. — Thyimus proptcrygius Ag. Fig. 3. Cha;todon macrolepidotus Itt. — (L'origina:! ne se trouve pas au Muséum ; il se rapporte vraisem- blablement à rAcANTHONEMUs^/«men"= FAMILLE : LABROIDEI Cuv. Labrus P'alencienncsii Ag. r- Labrus Merula Itt. ver. Tab. 37. — De Blainv. Icb. p. 46. — Bronu It. n° 37. — 45 — pèces de la niéiiie famille, que l'on trouve aussi avec lui fossiles à Monte-Bolca ^ cn- tr'aulres, avec les espèces des genres Serranus, Dules, Lates et Cycloponia. Pour se prémunir contre ces eri'eurs, il suflTna de se rappeler que les Serrans de Monte-Bolca ont les rayons épineux, même les postérieurs, aussi longs que les rayons articulés ly""" FAMILLE : MUGILES Ag. (Muges et Atherines Cuv.) Atherina macrocephala k^. — Silurus Ascita Itt. ver. Tab. 48, fig. 3. — Silurus catapliractus Itt. ver. Tab. 35, Cg. 5 ? — De Blainv. Icli. p. 39 {bis). Atherina minulissima Ag. 18""= FAMILLE : CLUPEOIDEI Cuv. (Les Salmones et les Clupéoïdes doivent proprement être réunis dans une seule famille, pour laquelle je propose la dénomination de Halecoidei.) Engraulis efolans Ag. — Exocœtus evolans Itt. ver. Tab. 22, fig. 2. — Silurus Catus Itt. ver. Tab. 39, fig. 2. — Clupea evolans de Blaluv. Icb. p. 40. — Exocœtus exiliens Itt. ver. Tab. 39, fig. 5. — De Blainv. Ich. p. 40 et 39. — Bronnlt. n»21. Clupea leptosteaAg. — Esox Vulpesltt. ver. Tab. 64, fig. 2. — Clupea de Blainv. Ich. p. 37. Clupea macropoma Ag. — Clupea sineusis Itt. ver. Tab. 65, fig. 4. — Clupea Thrissa Itt. ver. Tab. 25, fig. 1. — Clupea cyprinoides Itt. ver. Tab. 25, fig. 2. — Salmo Marœna Itt. ver. Tab. 48, fig. 2. — Clupea mursenoides de Blainv. Icb. p. 39. — Clupea thrissoides de Blainv. Ich. p. 39. — Bronn It. n"' 18 , 19 et 20. Clupea catopj-goptera Ag. Clupea minuta Ag. ignie FAMILLE : ESOCES CuV. HoLOSTEUS esocinus Ag. . 20"" FAMILLE : BLENNIOIDEI Ag. (Exclusis Gobiis.) Spi.nacanthhs blcnnioides Ag. — ^ Blennius ocellaris Itt. ver. Tab. 13, fig. 2. — Blennius cuneiformis de Blainv. Ich. p. 58. — Bronnlt. n" 33. . 21^' FAMILLE : LOPHIOIDEI Cuv. Lophius brachysomus Ag. — Lophiuspiscatoriusitt. ver: Tab. 42, fig. 3. — Loricaria Plecostonius Itt. ver. Tab. 20, fig. 4. — Lophius piscatorius var. Gemelli de Blainv. Ich. p. 36. — Aussi de Blainv. Ich. p. 38. 22"= FAMILLE : ANGUILLIFORMES Cuv. Encheltopcs tigrinus Ag. — Ophidiuni barbatum Itt. ver. Tab. 38, fig. 2. — De Blainv. Ich. p. 56. Ophisurus acuiicattdus Ag. — Muraena Ophis Itt. ver. Tab. 23, fig. 1. — De Blainv. Ich. p. 56. Sphagebranchusformosissimus Aq. — Ophidium barbatum Itt. ver. Tab. 38, fig. 1. — De Blainv. Ich. p. 56. — 44 — qui suivent, tandis que le Smerdis miciacantlius les a" sensiblement plus courts; que les espèces du genre Dules ont un plus grand nombre de rayons épineux que les Smerdis, et que les Lates et les Cyclopoma ont la caudale arrondie et les dorsales complètement séparées. Il est vrai que je n'ai pas encore eu occasion de voir des in- Anguilla interspinaïis Ag. ytnguilla lalispina Ag. Anguilla leptopiera Ag. — MuiPona Conger Itt. ver. Tab. 23, fig. 3. — De Blainv. Ich. p. 56. — Bronu It. n' 32. Anguilla branchiostcgalis Ag. • Angtiilla venlralis Ag. Anguilla bret'icula Ag. Leptocephalus gracilis Ag. — Itt. ver. Tab. 23, fig. 2. — De Blainv. Ich. p. 56. tepiocephalus médius Ag. — Mursena cœcaitt. ver. Tab. 53, f. 2. — De Blainv. Ich. p. 56. • Leptocephalus Tœnia Ag. On voit par ce résumé, 1° qu'aucune des espèces de Monte-Boica n'est identique avec des poissons vivans de nos jours; 2° qu'on ne trouve à Monte-Bolca aucun poisson d'eau douce; 3° que sur 127 espèces appartenant à 77 genres, il y a 81 espèces qui appartiennent à 39 genres ayant des représentans dans la création actuelle , et 46 espèces qui ap- partiennent à 38 genres actuellement éteints ; 4° que les espèces établies jusqu'ici, rangées d'après leurs synonymes, se réduisent à 90 , dont une seule peut conserver la dénomination qu'elle avait reçue ; 5° que ce tableau renferme 37 espèces absolument nouvelles ; 6' que cette intéressante localité offre maintenant en totalité 127 espèces mieux con- nues et plus exactement observées ; 7° que la zoologie systématique se trouve enrichie de 27 genres nouveaux; et 8" enfin , que 39 genres paraissent ici pour la première fois, comme ayant aussi des espèces fossiles. Ces données intro- duites dans la comparaison des fossiles de M. Bolca avec ceux des dépôts plus anciens et plus récens, conduisent à des résultats géologiques intéressans. Quant à la question de savoir si ces poissons se trouvent aussi ailleurs, nous ferons observer qu'il existe en effet une grande lacune entre les poissons de Monte-Bolca et ceux d'autres gisemens , surtout relativement au nombre des es- pèces , à leur association et à leur accumulation dans une localité aussi peu étendue , et à leur affinité avec les espèces actuellement vivantes. Cependant , ces fossiles se rapprochent le plus , par leur caractère général et par les rapports nu- mériques des familles entr'elles , de ceux de Sheppy ; quelques espèces voisines ont été trouvées près de Paris dans le calcaire grossier, et au Liban; enfin, il y a à Monte-Bolca quelques geiyes qui rappellent les célèbres poissons de Claris. Les personnes qui sont quelquefois dans le cas de consulter l'ouvrage de Gazzola, trouveront avec plaisir, à la suite de celte revue , un catalogue par ordre alphabétique de toutes les espèces de Monte-Bolca, avec leur synonymie. Ce catalogue contient tous les noms qui ont été donnés aux Ichthyolitlies de Yestena nuova. A la suite de chaque sy- nonyme , j'ai rappelé le nom que je donne à l'espèce, afin de rendre ce registre plus utile et plus facile à consulter : AcANTHONEMns^/ame;!?oj«j Ag. — Cf. Zeus Gallus, Cha;todon aureus, Ch. Orbis , Ch. macrolepidotus, Ch. rostra- tus,Ch. ignotus,Ch. subaïu-eus. Acanthurus tenais Aq. — Cf. Chaetodon lineatus. Amia indica Itt. ver. Tab. 35 , f. 4. — Smerdis micracanthus Ag. Aiumodytes tobianus Itt. ver. Tab. 53 , f. 3. — Rhamphognathus paralepoides Ag. Amphisjrle longirostris Aq. — Cf. Centriscus velitaris, Ch. longirostris. — 45 — dividiis de ces espèces aussi petits que les exemplaires de Smerdis que je vais dé- crire ; mais il est impossible, d'après ce que nous connaissons sur raccioissement des poissons, que des différences telles que celles qui viennent d'être signalées, puissent être envisagées comme des cliangemens d'une même espèce, survenant ïivec l'âge. Ampiiisticm paradoxum Ag. — Cf. Pleuroncctes Platessa. AnguiUa brahchiostegalis Ag. — breincula Ag. — intcrspinalis Ag. — latispina Ag. — leptoptcra Ag. — Cf. Muraena Conger. — vcntralis Ag. Apogon spinosus Ag. — Cf. Holocentrus lanceolatus. Atherina macrocephala Ag. — Cf. Silurus Ascita, S. catapliractus. — minutissima Ag. Aulostoma bolcensc Ag. — Cf. Fistularia cliinensis, F. bolcensis. Balistes dubius de Blainv. Icb. p. 33. — Ostracion micrurus Ag. Blennius cuneiformis de Blainv. Icb. p. 58. — Spinacantbus blennioides Ag. — ocellai'is Itt. ver. Tab. 13, f. 2. — Spinacantbus blennioides Ag. Blochius longirosiris Volta ! — Itt. ver. Tab. 12 et 70. — Cf. Synbrancbus immaculatus , Esox Belone. Calamostoma brei'iculum Ag. — Cf. Pegasus natans, Syngnatbus breviculus. Callionymus Vestense Itt. ver. Tab. 32, f. 2. — Ductor leptosomus Ag. Calliptebïx recticaudus Ag. — speciosus Ag. — Cf. Gadus Merluccius, TriglaLyra. Carangopsis Ag. — Cf. Perça arabica , Sabno et Polynemus. — analis Ag. — Cf. Polynemus, Sconiber. — dorsalis Ag. — Cf. Sciœna undecimalis. — latior Ag. — Cf. Polynemus quinquarius , Mugil brevis. — maximus Ag. — Cf. Scomber glaucus. Carcharias sulcidens Ag. — Itt. ver. Tab. 3, f. 2. Centriscus Itt. ver. Tab. 75 , f. 1. — Rampbosus aculeatus Ag. — aculeatus de Blainv. Icb. p. 45. — Rampbosus aculeatus Ag. — longirostris de Blainv. Icb. p. 35. — Amphisyle longirostris Ag. — velitaris Itt. ver. Tab. 63, f. 2. — Ampbisyle longirostris Ag. Chxtodon Itt. ver. Tab. 72, f. 1. — Holocentrum pygseum Ag. ■ — arcualus Itt. ver. Tab. 8 , f. 1. — Pomacantbus subarcuatus Ag. — Argus lit. ver. Tab. 10, f. 2. — Scatopbagus frontalis Ag. — asper Itt. ver. Tab. 20 , f. 1 . — Epbippus oblongus Ag. — aureus Itt. ver. Tab. 51 , fig. 3. — Acantbonemus filanientosus Ag. — canescens Itt. ver. Tab. 26, fig. 2. — Zanclus brevirostris Ag. — canus Itt. ver. Tab. 65, fig. 1. — Pygseus nobilis Ag. — Chirurgus Itt. ver. Tab. 43. — De Blainv. Icb. p. 49. — Epbippus longipennis Ag. — ignotus de Blainv. Icb. p. 50. — Acantbonemus filamentosus Ag. — lineatus lit. ver. Tab. 31 , fig. 2. — Acantburus tenuis Ag. — macrolepidotus Itt. ver. Tab. 9 , fig. 3 ? — Acantbonemus filamentosus Ag. — mesoleucus Itt. ver. Tab. 10, fig. 1. — Epbippus longipennis Ag. — nigricans Itt. ver. Tab. 22 , fig. 1 . — Naseus nuchalis Ag. — Orbis lit. ver. Tab. 48, fig. 4? — Acantbonemus filamentosus Ag. — 46 — J'ai cru pourtant devoir discuter la question, parce que l'on ne saurait trop se pré- munir contre les nombreuses causes d'erreur que l'on rencontre dans l'étude des fos- siles. On ne devrait, en général, envisager l'histoire d'une espèce fossile comme ter- minée, qu'après être parvenu à en observer des exemplaires nombreux de différentes Chsetodon Papilio Itt. ver. Tab. 26, fig. 1. — Platax Papilio Ag. — pinnatiforniis de Blaiiiv. Icli. p. 47. — Platax altissimus Ag. — pinnatus Itt. ver. Tab. 4. — Platax altissimus Ag. — rhomboidalis Itt. ver. Tab. 39, fig. 3. — Trachinotus tenuiceps Ag. — Rhonibus de Blainv. Ich. p. 49. — Epliippus longipennis Ag. — rostratus Itt. ver. Tab. 65, fig. 3? — Acanthonemus filauientosus Ag. — saxatilis Itt. ver. Tab. 64, fig. 1. — De Blainv. Ich. p. 49. — Holocentrum pyga;um Ag. — striatus Itt. ver. Tab. 20, fig. 2. — Pristigenys macrophthalmus Ag. — subarcuatus de Blainv. Ich. p. 48. — Poniacanthus subarcuatus Ag. — subaureus de Blainv. Ich. p. 50. — Acanthonemus filamentosus Ag. — substriatus de Blainv. Ich. p. 48. — Pristigenys macrophthalinus Ag. — substriatus de Blainv. Ich. p. 48. — Epliippus oblongus Ag. — subvespertilio de Blainv. Ich. p. 48. — Platax macropterygius Ag. — triostegus Itt. ver. Tab. 33. — Naseus rectifrons Ag. — velicans de Blainv. Ich. p. 57. — Semiophorus velicans Ag. — vehfer de Blainv. Ich. p. 51. — Semiophorus velifer Ag. — Vespertilio Itt. ver. Tab. 6. — Platax macropterygius Ag. • Clupea de Blainv. Ich. p. 37. — Clupea leptostea Ag. — Itt. ver. Tab. 72, fig. 3. — (Indéterminable.) Clupea catopygoplera Ag. Clupea cyprinoides Itt. ver. Tab. 25, fig. 2. — Clupea macropomaAg. — cyprinoides de Blainv. Ich. p. 39. — Orcynus lanceolatus Ag. — evolans de Blainv. Ich. p. 40. — Engraulis evolans Ag. « Clupea leplostea Ag. — Cf. Esox Vulpes. — macropoma Ag. — Cf. Clupea sinensis, Cl. Thrissa, Cl. cyprinoides. Cl. muraenoides, Cl. llirissoides, Salmo Marsena. — minuta Ag. Clupea murœnoides de Blainv. Ich. p. 39. — Clupea macropoma Ag. — sinensis Itt. ver. Tab. 65 , fig. 4. — Clupea macropoma A g. — Thrissa Itt. ver. Tab. 25, fig. 1. — Cl. macropoma Ag. — thrissoides de Blainv. Ich. p. 39. — Cl. macropoma Ag. COELOGASTEB Onulis Ag. Coryphœna Itt. ver. Tab. 68. — Lichia prisca Ag. — apoda Itt. ver. Tab. 35 , fig. 1 et 2. — Pycnodus Platessus Ag. Cottus bicornis Itt. ver. Tab. 39 , fig. 4. — (Indéterminable.) Cybium speciosum Ag. — Cf. Scomber speciosus. — tenue Ag. Cyclopoma Gigas Ag. — Cf. Labrus Turdns. — spinosum Ag. — Cf. Scorpœna Scrofa , Scorpsena, Sceleton, Labrus. Cyclopterus Lunipus Itt. ver. Tab. 65, fig. 2. — Ostracion micrurus Ag. Cyprinus Itt. ver. Tab. 73. — Sparnodus macrophthalmus Ag. Dentex breviceps Ag. — crassispinus Ag. — 47 — dimensions, et dans un état de conservation dilTérent, qui permît d'analyser en dé- tail toutes ses parties. De celle manière on s'exposerait moins souvent à décrire diffé- rentes parties d'un même animal , comme les types non-seulement d'autant d'espèces, mais même d'autant de genres différens. De semblables méprises sont malheureuse- ment trop communes pour qu'il soit nécessaire d'en citer des exemples. Dentex Icptacanthis Ag. — Cf. Lutjanus Lutjanus. — microdoit Ag. Diodon orbicularis lu. ver. Tali. 40. — Pycnodus orbicularis Ag. — icticulatus Itt. ver. Tab. 20, fig. 3. — Pycnotlus Platessus Ag. Diodon tcnuispiniis Ag. — Cf. Tetraodon hispidus , T. Honckenii. Ddctor leptosomiis Ag. — Cf. Callionynius Vestena;, Gobius smyrnensis. Dtilcs médius Ag. — temnopicrus Ag. — Cf. Scia;na Plumieri. Enciielyopus ligrinits. Ag. — Cf. Ophidium barbatum. Engraulis et'olans Ag. — Cf. Exocœtus evolans, Ex. exiliens, SiluvUs Catus, Clupea evolans. Enoplosus prgoptcrus Ag. — Sconiber ignobilis. Ephippus longipcnnis Ag. — Cf. Cha;todon mesoleucus , Ch. Chirurgus, Ch. Rhombus. — oblongus Aq. — Cf. Chaetodon asper , Ch. substriatus. Esox Belone Fortis. — Blochius longirostris Yolta. — Belone Itt. ver. Tab 5, fig. 2. — Fistularia tenuirostris Ag. Esox falcatus Itt. ver. Tab. 57. — Xiphopterus falcatus Ag. — longirostris de Blainv. Ich. p. 37. — Fistularia tenuirostris Ag. — Lucius Itt. ver. Tab. 62. — Spliyrsena maxinia Ag. — niacropterus de Blainv. Icli. p. 38. — Platinx elongatus Ag. — Saurus Itt. ver. Tab. 50, fig. 2. — Rampliognathus paralepoides Ag. — Spliyraena Itt. ver. Tab. 24, fig. 1. — de Blainv. Ich. p. 37. — Sphyrœna bokensis Ag. — Sphyrœnallt. ver. Tab. 24, fig. 2. — Ramphognatus paralepoides Ag. — Sphyraena Itt. ver. Tab. 24, f. 3. — Mesogaster sphyrseonides Ag. — Vulpes Itt. ver. Tab. 64, fig. 2. — Clupea leptostea Ag. Exocœtus evolans Itt. ver. Tab 22, fig. 2. — Engraulis evolans Ag. — exiliens Itt. ver. Tab. 39, ûg. 5. — Engraulis evolans Ag. ^ Fistularia bokensis de Blainv. Ich. p. 36. — Aulostoma bolcense Ag. — chinensis Itt. ver. Tab. 5, fig. 1. — Aulostoma bolcense Ag. — dubia de Blainv. Ich. p. 37. — Urosplien fistularis Ag. — tabacaria Itt. ver. Tab. 29, fig. 4. — Urosphen fistularis Ag. Fistularia tenuirostris Ag. — Cf. Esox Belone. E. longirostris Gadus Merluccius Itt. ver. Tab. 15. — Callipteryx speciosus Ag. Galeus Cuvieri Ag. — Cf. Squalus Carcharias, Sq. fasciatus, Sq. innominatus, Sq. glaucus, Sq. Catulus. Gasteronemus oblongus Ag. — rhombcus Ag. — Cf. Scomber rhombeus, Zeus rhombeus. Gobius barbatus Itt. ver. Tab. 11, fig. 1. — Gobius macrurus Ag. Gobius macrurus Ag. — Cf. Gobius barbatus, G. veronensis. • — microceplialus Ag. Gobius smyrnensis Itt. ver. Tab. 58, fig. 2. — Ductor leptosomus Ag. — veronensis Itt. ver. Tab. 11 , fig. 2. — Gobius macrurus Ag. Holocenirum pygœum Ag. — Cf. Holocentrus Sogo , H. macrocephalus , Chœtodon et Ch. saxatilis. — pygmœum Ag. — 48 — Les dimensions les plus considérables que le Smerdis micracanthus paraît at- teindre, n'excèdent pas une longueur de deux pouces environ; le plus grand nombre des exemplaires qui ont été' observés, est même en-dessous de cette taille. Les for- mes de ce poisson sont ramassées 5 le corps est gros proportionnellement 5 le pédicule Holocentrus calcavifer Itt. ver. Tab. 17, fig. 3. — Lates gracilis Ag. — lanceolatus Itt. ver. Tab. 56 , fig. 2. — Apogon spinosus Ag. — niacrocephalus de Blaiav. Ich. p. 45. — Holocentrum pygaeum Ag. ^- maculatus Itt. ver. Tab. 56, fig. 3. — Smerdis micracanthus Ag. — Sogo Itt. ver. Tab. 51 , fig. 2. — Holoceptrura pygaeum Ag. HoLosTEus esocinus Ag. Kurtus velifer Itt. ver. Tab. 7, fig. 1 et 2. — Semiopliorus velifer Ag.- — Ibid. fig. 3. — Semiophorus velicans Ag. Labrax lepidotus Ag. — schizuTus Ag. Labrus ? de Blainv. Ich. p. -45. — Cyclopoma spinosum Ag. Labrus bifasciatus Itt. ver. Tab. 50 , fig. 1 . — Thynnus propterygius Ag. — ciliaris Itt. ver. Tab. 66. — Pygseus Gigas Ag. — inalapterus Itt. ver. Tab. 55, fig. 3 — Pterygocephalus paradoxus Ag. — Merula Itt. ver. Tab. 37. — Labrus Valenciennesii Ag. — ■ punctatus Itt. ver. Tab. 46. — Pyga;us Gigas Ag. . — rectifrons de Blainv. Ich. p. 47. — Pyga;us Gigas Ag. — Turdus Itt. ver. Tab. 49. — Cyclopoma Gigas Ag. Labrus I^alenciennesii Ag. — Cf. Labrus Merula. Lates gibbus Ag. — Cf. Lutjanus Ephippium. — gracilis Ag. — Cf. Iloloceatrus calcarifer. — untœus Ag. Leptocephalus gracilis Ag. — médius Ag. — Cf. Muraena cœca. — Tccnia Ag. ! Licliia prisca Ag. — Cf. Scombcr pelagicus, S. Cordyla, Corypbaena. : "" Lophius brachjsomus Ag. — Cf. Lophius piscatorius , L. Ganelli, Loricaria Plecostomus. Lophius piscatorius Itt. ver. Tab. 42 , fig. 3. — Lophius brachysomus Ag. — var. Ganelli de Blaiuv. Ich. p. 36 et 38. — Lophius brachysomus Ag. Loricaria Plecostomus Itt. ver. Tab. 20, fig. 4. — Lophius brachysomus Ag. Lutjanus Ephippium de Blainv. Ich. p. 43. -. — Toxotes antiquus Ag. — Ephippium Itt. ver. Tab. 56, fig. 4. — Lates gibbus Ag. — Lutjan? de Blainv. Ich. p. 46. — Serranus ventralis Ag. — Lutjanus Itt. ver. Tab. 54. — Dentex leptacanthus Ag. Mesogaster .f/)/îr''œ/!OiV/c.f Ag. — Cf. Silurus Bagre , Esox Sphyraena. J Monopterus Gigas Itt. ver. Talj. 47. — Platinx Gigas Ag. Mugil brevis de Blainv. Ich. p. 40. — Carangopsis latior Ag. MuKcna cœca Itt. ver. Tab. 53, fig. 2. — Leptocephalus médius Ag. — Conger Itt. ver. Tab. 23, fig. 3. — Anguilla leploptera Ag. — Ophis Itt. ver. Tab. 23, fig. 1. — Oplùsmus acuticaudus Ag, Mfripristis homnplerygius Ag. — Cf. Polynemus quinquarius , Perça. — leptacanthus Ag. — Cf. Perça forniosa. Narcobatus gigantcus de Blainv. Ich. p. 33. — Torpédo giganteaAg. — 49 — de la queue se rétrécit très-insensiblement 5 au point d'insertion de la nageoire, sa largeur égale encore la moitié de celle des flancs. La tête est assez grosse , mais bien proportionnée; sa longueur est un peu plus du quart de la longueur totale du corps. La partie antérieure de la tête, dans l'exemplaire de la fig. -? , est emportée, tandis que Narcopterus bolcanus Ag. Naseus nuchalis Ag. — Cf. Cliactoilon nigricans. — rectifrons Ag. — Cf. Cliœtodon triostegus. Odoxtecs sparoidcs Ag. Opliicephalus striatus lu. ver. Tab. 48 , fig. 1 ? — Tliynnus propterygius Ag. Ophidium baibatum Itt. ver. Tab. 38, fig. 1. — Sphagebranchus formosissinius Ag. — baibatum Ibid. fig. 2. — Enchelyopus tigrinus Ag. Opbiocephalus? de Blainv. Ich. p. 43. — Spbyrsena bolcensis Ag. Ophisuriis aculicaiidus Ag. — Cf. Mursena Opbis. Orcjnus lanceolalui Ag. — Cf. Scomber Alatunga, Sahiio cyprinoides, Clupea cyprinoides. — latior Ag. — Cf. Scomber Orcynus. Osiracion micnirus Ag. — Cf. Ostracion turritus , Cyclopterus Lumpus, Balistes dubius. Osiracion turritus Itt. ver. Tab. 42, fig. 1. — Ostracion micrurus Ag. PagcUus microdon Ag. Pala?obalistum orbiculatum de Blainv. Ich. p. 34. — Pycnodus orbicularis Ag. Pegasus lesiniformis Itt. ver. Tab. 39, fig. 1 . — Rhinellus nasalis Ag. — natans lit. ver. Tab. 5, fig. 3. — Calamostoma breviculum Ag. — volans Itt. ver. Tab. 42, fig. 2. — (Indéterminable.) Pelâtes qiiindccimalis Ag. Perça Itt. ver. Tab. 72, fig. 4. — Myripristis homopterygius Ag. — arabica Itt. ver. Tab. 6.3, fig. 1. — Carangopsis Ag. — formosa Itt. ver. Tab. 17, fig. 2. — Myripristis leplacantlius Ag. — punctata Itt. ver. Tab. 51 , fig. 1. — Spbyraena bolcensis Ag. — Radula Itt. ver. Tab. 31 , fig. 1. — Sparnodus elongatus Ag. Platax ahissimus Ag. — Cf. Chœtodon pinnatus. Cf. pinnatiformis. — macrvptcrygiit.t Ag. — Cf. Chaetodon Vespertilio, Ch. subvespertilio. — Papilio Ag. — Cf. Clia'todon Papilio. Pi.vTiNX elongatus Ag. — Cf. Esox macropterus. — Gigas Ag. — Cf. Monopterus Gigas. Pleuronectes Platessa Itt. ver. Tab. 44, fig. 1. — Aniphistium paradoxum Ag. — quadratidus Itt. ver. Tab. 63, fig. 3. — Rbombus minimus Ag. Polynemus Itt. ver. Tab. 75, fig. 3. — Carangopsis Ag. — quinquarius Itt. ver. Tab. 36. — Myripristis homopterygius Ag. — quinquarius Ibid. — Carangopsis latior Ag. Pomacaiithus subarciiatiis Ag. — Cf. Chsetodon arcuatus, Ch. subarcuatus. VRii-viGt.^\s, macTophthalmus Ag. — Cf. Chaetodon striatus, Ch. substriatus. Pristipoma furcalum Ag. Pterïgocephalds paradoxus Ag. — Cf. Labrus malapterus. PrcvoDUS orbicularis Ag. — Cf. Diodon orbicularis, Pala;obalistuni orbiculatum. — Plaiessus Ag. — Cf. Coryphœna apoda, Zeus Platessus, Diodon reticulatus. Ptg.bcs dors-alis Ag. — Gigas Ag. — Cf. Sparus bolcanus, Labrus rectifrons, L. punctatus, L. ciliaris. — nohilis Ag. — Cf. Chœtodon canus. ToM. IV. 7 — 50 — dans celui de la fig. i la tête est parfaitement bien conservée. La gueule est petite, les branches de la mâchoire inférieure hautes^ mais les intermaxillaires , qui forment tout le bord de la mâchoire supérieure, sont étroits. L'orbite est de moyenne gran- deur, rapprochée des bords supérieurs de la tête, et placée droit au-dessus de l'arti- PvgjEus nuchalis Ag. Raja muricata Itt. ver. Tab. 9. — Trygon Gazzolse Ag. — Torpédo Itt. ver. Tab. 61. ^ Torpédo gigantea Ag. Rhamphognathcs ^«ra/c/)oiWc.f Ag. — Cf. Esox Sauras, E. Sphyrœna, Ammodytes tobianus. Rhamphosos acitlealus Ag. — Cf. Uranoscopus Rastrum , Centriscus, C. aculeatus. Rhinellus nasalis Ag. — Cf. Pegasus lesiniformis. Rhombus minimus Ag. — Cf. Pleuronectes quadratulus. Salmo Itt. ver. Tab. 75, fig. 2. — Caraiigopsis Ag. — cyprinoides Itt. ver. Tab. 52. — Orcynus lanceolatus Ag. — Marœna Itt. ver. Tab. 48, fig. 2. — Clupea macropoma Ag. Scatophagusfrontalis Ag. — Cf. Chsetodon Argus. Sceleton Itt. ver. Tab. 76. — Cyclopoma spinosum Ag. Sciœna Itt. ver. Tab. 72, fig. 2. — (Indéterminable.) Sciffiua jaculalrix Itt. ver. Tab. 45, fig. 1. — Toxotes antiquus Ag. — Plumieriltt. ver. Tab. 45, fig. 2. — Dules temnopterus Ag. — undecimalis Itt. ver. Tab. 53, fig. 1. — Carangopsis doesalis Ag. Scomber Itt. ver. Tab. 69, fig. 1. — Carangopsis anabs Ag. — Alatungaltt. ver. Tab. 29, fig. 1. — Orcynus lanceolatus Ag. — Chloris Itt. ver. Tab. 60, fig. 1. — (Indéterminable.) — Cordyla Itt. ver. Tab. 28. — Lichia prisca Ag. — glaucus Itt. ver. Tab. 21. — Carangopsis maximus Ag. — ignobilis Itt. ver. Tab. 14, fig. 1. — Enoplosus pygopterus Ag. — Kleinii Itt. ver. Tab. 64 , fig. 3. — (Indéterminable.) -.- Orcynus Itt. ver. Tab. 55, fig. 2. — Orcynus latior Ag. — pelagicus Itt. ver. Tab. 16. — Lichia prisca Ag. — Pelamys Itt. ver. Tab. 14, fig. 2. — Thynnus propterygius Ag. — rhombeus Itt. ver. Tab. 18. — Gasteronemus rbombeus Ag. — speciosus Itt. ver. Tab. 41. — Cybium speclosuni Ag. — Thynnus Itt. ver. Tab. 27. — Thynnus bolcensis Ag. — trachurus Itt. ver. Tab. 29, fig. 2. — Thynnus propterygius Ag. Scorpœna Itt. ver. Tab. 74. — Cyclopoma spinosum Ag. — Scrofaitt. ver. Tab. 34. — Cyclopoma spinosum Ag. Semiophorus velicans Ag. — Cf. Kurtus velifer, Chsetodon velicans. — velifer k^. — Cf. Kurtus velifer, Chaetodon velifer. Serraniis microstomus Ag. — Cf. Sparus Brama, Sp. vulgaris. — occipitalis Ag. — vcntralis Ag. — Cf. Sparus Chromis, Lutjanus Lutjan, Silurus Ascita Itt. ver. Tab. 48, fig. 3. — Atherina macrocephala Ag. — Bagre Itt. ver. Tab. 14, fig. 3. — Mesogaster sphyrœnoides Ag. — catapbractus lit. ver. Tab. 35 , fig. 5? — Atherina macrocephala Ag. — Catus lit. ver. Tab. 39, fig. 2. — Engraulis evolans Ag. Smebdis micracanthus Ag. — Cf. Holocentrus maculatus, Amia indica. — pygmœus Ag. — 51 — culation de la niàclioire inférieure. En avant et en dessous de l'orbitG, on distingue le sous-orbilaire du coté gauche j)ar sa face interne, et l'on remarque à son bord in- férieur quelques dentelures, dont la pointe est dirigée en arrière. D'après les aspé- rités que l'on aperçoit sur les joues et sur l'empreinte de la surface externe de l'oper- Sparnodus altifclisAQ. — Cf. Sparus erytlninus, Sp. vulgaris. — elongatus Ag. — Cf. Perça Radula, Sparus Salpa, Sp. vulgaris. — macrophllialmiis Aq. — Cf. Sparus macroplitlialnius , Sp. vulgaris, Cyprinus. — micracarillnis Ag — o(^n/i.f Ag. — Cf. Sparus ilentcw, Sp. Sargus, Sp. vulgaris. Sparus bolcanus lu. ver. Tab. 59. — Pyga-'us Gigas Ag. — Brama Itt. ver. Tab. 45, fig. 3. — Serran us microstomus Ag. — Chrouiis Itt. ver. Tab. 32 , fig. 1. — Serraims ventralis Ag. — dentex Itt. ver. Tab. 13, fig. 1. — Sparnodus ovalis Ag. — erythrinusitt. ver. Tab. 60, fig. 3. — Sparnodus altivelis Ag. — inacroplilhalmus Itt. ver. Tab. 60, fig. 2. — Sparnodus niacrophthalmusAg. — Salpa Itt. ver. Tab. 56, fig. 1. — Sparnodus elongatus Ag. — Sargus Itt. ver. Tab. 17, fig. 1. — Sparnodus ovalis Ag. — vulgaris de Blainv. Icli. p. 46. — Serranus niicrostomus Ag. — vulgaris de Blainv. Icli. p. 43 et 45. — Cf. Sparnodus elongatus Ag. Sp. niacrophtlialmus Ag., Sp. ovalis et Sp. altivelis Ag. S phagcbranchus formosissiinus Ag. — Cf. Opbidium barbatum. Sphjrrccna bolcensis Ag. — Cf. Esox Sphyrœna, Perça puuctata, Opliiocephalus. — gracilis Ag. — maxima Ag. — Cf. Esox Lucius. Spinacanthus blennioidcs Ag. — Cf. filennius ocellaris, BI. cuneiformis. Squalus Carcbarias Itt. ver. Tab. 3, fig. 1. — Galeus Cuvieri Ag. — Catulus de Blainv. Icb. p. 32. — Galeus Cuvieri Ag. — fasciatus Itt. ver. Tab. 67. — Galeus Cuvieri Ag. — glaucus de Blainv. Scortigagna. — Galeus Cuvieri Ag. — innominatus de Blainv. Kb. p. 32. — Galeus Cuvieri Ag. Synbranchus immaculatus Itt. ver. Tab. 55, fig. 1. — Blochius longirostris Volta. Syngnathus breviculus de Blainv. Ich. p. 35. — Calaniostoma breviculuni Ag. — Typbleitt. ver. Tab. 58, fig. 1. — Syngnathus opisthopterus Ag. — Syngnathus opisthopterus Ag. — Cf. Syngnathus Typble. Tetraodon hispidus Itt. ver. Tab. 8 , fig. 3. — Diodon tenuispinus Ag. — Honckenii Itt. ver. Tab. 8 , fig. 2. — Diodon tenuispinus Ag. Thynnus bolcensis Ag. — Cf. Sconiber Thynnus. — propterj-gius Ag. — Cf. Scomber Pelamys, Se. trachurus, Ophicephalus striatus, Labrus bifasciatus. Torpédo giganlea Ag. — Cf. Raja Torpédo, Narcobatus giganteus. Taxâtes antiquus Ag. — Cf. Sciaîna jaculatrix, Lutjanus Ephippium. Trachinotus lenuiceps Ag. — Cf. Chœtodon rhomboidalis. Trigla Lyra Itt. ver. Tab. 30. — Callipteryx speciosus Ag. Trjrgon Gazzolce Ag. — Cf. Raja niuricata, Trygonobatus vulgaris. — oblongus Ag. — Cf. Trygonobatus crassicaudus. Trygonobatus crassicaudus de Blainv. Ich. p. 33. — Trygon oblongus Ag. — vulgaris de Blainv. Ich. p. 32. — Trygon Gazzola; Ag. Lranoscopiis Rastrum Itt. ver. Tab. 5, fig. 4. — Raniphosus aculeatus Ag. — 32 — culum, ces régions de la face paraissent avoir été recouvertes d'écaillés. Le préoper- cule est arqué, et son bord postérieur armé de grosses dentelures, dont la pointe est dirigée en avant depuis la partie la plus saillante de la courbure de cet os. On voit distinctement sept rayons brancliiostègues en dessous de l'empreinte des pièces oper- culaires ; ils sont articulés sur les côtés d'une corne byoïde assez grosse pour un pois- son d'aussi petite taille. La colonne vertébrale est composée de 22 vertèbres , dont les corps sont aussi hauts que longs, surmontés d'apophyses épineuses de dimensions à peu près doubles 5 il y a 9 vertèbres abdominales et i3 ventrales, les 4 premières ont des apophyses épi- neuses plus grosses que les suivantes, qui diffèrent peu entre elles ; les apophyses épineuses inférieures sont en tout semblables aux supérieures correspondantes; les côtes sont très-grèles et dépassent peu en longueur les apophyses épineuses. C'est l'exemplaire de la fig. 2 qui montre le mieux ces détails. La ceinture thoracique ne paraît pas avoir été très-vigoureuse, elle n'a du moins pas laissé de forte empreinte 5 mais la nageoire pectorale gauche est bien conservée -, dans la fig. 2, on remarque une dixaine de petits rayons grêles, disposés en éven- tail sur les flancs, et en dessous desquels paraît la pointe de l'osselet styloïde. Les ventrales se voient mieux dans la fig. i , où les deux os du bassin sont placés oblique- ment en arrière de l'extrémité de la ceinture thoracique, de manière à faire paraîtxe les nageoires ventrales plus reculées que les pectorales; le rayon épineux que por- tent les ventrales à leur bord externe est beaucoup plus court que les rayons mous qui suivent. Les nageoires verticales sont en général basses, c'est-à-dire formées de rayons plus courts que dans les autres espèces du genre. En avant des rayons épi- neux de la dorsale , il y a trois osselets interapophysaires inermes 5 il y en a 8 qui portent les 8 raAons de la dorsale épineuse. Les plus gros rayons correspondent aux plus gros interapophysaires ; le premier des épineux est un petit onglet accolé contre le second, qui dépasse la moitié de la longueur du troisième; les quatrième et cin- quième sont les plusgrands, tandis que les suivans vont en diminuant de longueur. Le premier rayon delà seconde division de la dorsale est aussi épineux, mais plus Vt.ospiii.ti Jîslularis A{;. — Cf. Fistulaiia tabacaria, F. dubia. Fomcr longispinus Ag. — Cf. Zeus Vomer, Z. triurus. XirnofiEYiVs/alcatiis Ag. — Cf. Esox falcatus. Zanclus brevirostris Ag. — Cf. Cha;lodon canescens. Zeus Gallus Itt. ver. Tab. 19. — Acanlhonemus filanientosus Ag. — Platessus de Rlaiiiv. Ich. p. 52. — Pycnodus Platessus Ag. rlionibeus de Blainv. Ich. p. 52. — Gasteroiiemus rhoinbeus Ag. — triurus Itt. ver. Tab. 44, fîg. 2. — Vomer longispinus Ag. — \omer Itt. ver. Tab. 35, fig. 3. — Vomer longispinus Ag. 5o long que le dernier de la première dorsale; puis viennent les rayons mous, au nombre de 9, dont les deux derniers sont très-rapprochés l'un de l'autre. Ces rayons sont très-grèles , et seulement bifurques à leur extrémité; ils correspondent à autant d'osselets iuterapophysaires, qui deviennent de plus en plus petits; il n'y a que les deux derniers rayons qui soient insérés sur le même osselet interapophysaire. L'anale correspond à la dorsale molle; cependant elle est un peu plus reculée : son premier osselet interapophysaire est très-grand ; sa pointe remonte jusqu'au corps de la pre- mière vertèbre abdominale; les suivans sont petits, et les derniers le deviennent de plus en plus. Au bord antérieur decette nageoire il y a 3 rayons épineux, dont le second est très-gros ; viennent ensuite 6 rayons articulés plus longs, mais grêles et simplement bifurques, portés sur cinq osselets interapopliysaires. Tous les rayons de la caudale sont grêles; leur extrémité, fendue jusqu'à la moitié de leur longueur, se bifurque en- core une fois; ceux du milieu sont un peu plus courts, en sorte que la nageoire paraît faiblement fourchue. Entre les plus grands rayons extérieurs simples on compte i5 rayons articulés et divisés à leur extrémité; j'en vois 8 très-petits, simples, au bord inférieur de la nageoire , mais je ne puis compter ceux de son bord supérieur. Les écailles sont de moyenne grandeur; mais elles se confondent tellement, qu'il est impossible de déterminer exactement leur forme ; on ne peut apprécier approxima- tivement leurs dimensions que par la distance des points d'irradiation des rayons qui ornent leur surface. La ligne latérale est assez rapprochée du dos, avec lequel elle est parallèle; elle se montre au dessous des nageoires dorsales, à la hauteur de l'extrémité des apophyses épineuses. Cette espèce n'a encore été trouvée qu'à Monte-Bolca. *^* Depuis que les premières pages de la description de cette espèce sont imprimées, j'ai eu occasion d'en observer dans la collection de M. le D"^. Murray, à Scarborough, un exemplaire si parfait, que dans mes planches je l'ai substitué à l'une des plaques (fîg. 2) de l'exemplaire du D'. Hartmann, qui n'était pas encore lithographiée. • II. Smerdis pvgm^us Ag. Yol. 4. Tab. 8 , fig. 3 et 4. C'est encore dans la collection de M. Hartmann que j'ai vu le premier exemplaire de cette espèce; c'est même le plus complet de tous ceux que j'ai observés jusqu'ici. La plus parfaite des deux plaques dont il se compose est représentée fig. 3. Un autre exemplaire, qui m'a été communiqué par un de mes élèves, M. Bonhôte, offre plus de précision dans quelques détails de la structure de la tête; il est représenté fig. 4- Au ToM. IV. 8 — 34 ^ Muséum de Paris j'en ai vu plusieurs exemplaires moins parfaits. Toutes ces plaques proviennent de Monte-Bolca. Cette espèce est très-distincte du S. micracantliiis; elle n'atteint pas même des di- mensions aussi considérables. Le corps est moins trapu, la queue surtout est propor- tionnellement moins épaisse, et le dos moins voûté. Ce qui caractérise aussi ce petit poisson, c'est que la dorsale épineuse est plus détachée de la dorsale molle, et n'a que •y rayons, légèi^ement arqués, dont les moyens^ c'est-à-dire, les cjuatrième et cin- quième, sont considérablement plus allongés que les trois antérieurs et les deux posté- rieurs, tandis que dans le S. inicracanthuSj qui a huit rayons épineux à la dorsale, ils diminuent très-insensiblement de longueur. De plus, le bord antérieur de la dorsale est plus éloigné de la tète. La dorsale molle a le même nombre de rayons dans les deux espèces ; cependant, comme ils sont plus rapprochés dans le S . pjgniœus j\e bord pos- térieur de cette nageoire y est plus éloigné de la caudale. L'anale, dont le bord an- térieur est opposé à la partie antérieure de la seconde dorsale, est aussi plus éloignée de la caudale, et en même temps plus rapprochée des ventrales; ce qui rend la cavité abdominale plus petite. Les rayons épineux du bord antérieur de l'anale sont aussi très-différens, en ce qu'ils sont plus allongés et plus grêles, et que le deuxième et le troisième atteignent l'extrémité des rayon* articulés. La caudale, qui est plus fourchue et proportionnellement plus grande que celle du S. micracantliiis , a des rayons plus grêles que les autres nageoires. Les ventrales sont aussi proportionnellement plus grandes, et leur rayon épineux est plus allongé. Les pectorales ne sont pas assez bien conservées pour pouvoir servir de point de comparaison. La tête, qui n'est bien conservée que dans l'exemplaire de lafîg. 4? est proportion- nellement plus grosse dans cette espèce que dans la précédente; elle excède le cjuart de la longueur totale du poisson. La gueule est aussi plus fendue; mais l'oeil paraît avoir été plus petit et plus rapproché du bord de la tête. III. Smerdis minutus Aff. Vol. 4. Tab. 8, fig. 5et6. Perça minuta deBlainv. Ich. p. 66. Ce joli petit poisson paraît être le plus commun de tous ceux que l'on trouve dans la formation gypseuse d'Aix en Provence. On a donc lieu d'être surpris de ne pas le voir mentionné dans les auteurs anciens qui ont parlé des fossiles de ce gisement. M. de Blainville est le premier qui l'ait décrit; il le rapporte à juste titre à la famille desPer- coïdes , en le plaçant dans le genre Perça. Ce serait en effet un Perça dans l'extension que Linné donnait à ce genre; mais anjouicriiui, les coupes génériques ont été telle- ment multipliées clans cette famille, et leurs caractères sont si restreints, qu'il faut en établir une nouvelle pour ranger convenablement cet ichthyolillie. On trouve des exemplaires de cette espèce dans presque toutes les collections. Il y en a plusieurs dans celle de l'Ecole des Mines à Paris, qui ont de i à 3 pouces de longueur au plus. Dans celle de M. Brongniart, ainsi qu'au Musée de Strasbourg, il s'en trouve également de fort beaux. Au Muséum d'ilist. nat. de Paris, il y en a aussi plusieurs, dont l'un, qui est l'original de ma fig. 5, est parfaitement bien con- servé, surtout sa caudale et ses dorsales. Dans la collection de la Société géologique de France, on en voit de même beaucoup d'exemplaires, donnés par M. Boue, entr'aulres un fort grand, c'est-à-dire, d'au moins 3 pouces de longueur. Ordinairement ils ont à peine 2 pouces. M. Régley en possédait aussi plusieurs. Enfin j'en ai vu récemment un grand nombre dans les collections de MM. Lyell et Murcliison, de Sir Philippe Egerton et de Lord Cole. Dans les collections d'Allemagne je n'en ai vu que chez 31. le Comte de Munster. Le Smerdis minutus est un petit poisson qui a à-peu-près les dimensions d'une Perche d'un an, et qui les dépasse rarement, mais dont l'aspect diffère essentiellement en ce qu'il a le dos plus boml>é, la tête plus petite, les nageoires à proportion beaucoiqi plus hautes, et les rayons épineux qui les forment beaucoup plus gros. Le corps et les apophyses des vertèbres me paraissent proportionnellement plutôt petits que gros; les apophyses nuchales sont surtout très-petites; les côtes, dont il y a sept paires, sont de moyenne grandeur; les deux premières vertèbres alîdominales, ainsi que la der- nière, n'en portent point. Je n'ai pu distinguer nettement les arêtes intermusculaires dans aucun des nombreux exemplaires que j'ai examinés. Le nombre des vertèbres est de 24? il y en a 10 abdominales et i4 caudales; les trois dernières ont des apophyses épineuses vm peu plus longues et plus dilatées à leur extrémité, surtout la dernière; ce sont ces vertèbres qui portent les rayons de la caudale. Cette nageoire est très-fourchue et proportionnellement très-grande; il y a 10. L 8, 7. L 10 rayons, dont les internes sont plus fourchus que ceux qui avoisinent les grands rayons simples; les petits rayons externes sont simples. L'anale a une conformation toute particulière : ses deux premiers interapophysaires soudés ensemble forment une grosse pièce renflée en avant, qui s'élève jusque près du corps des vertèbres, et s'attache en avant des apophyses inférieures de la première caudale. Ces gros interapophysaires servent d'insertion à un premier petit rayon, qui est suivi de deux autres rayons très-grands et très-forts, aussi longs que les plus grands rayons mous ; ceux-ci, au nombre de 7 , vont en diminuant de longueur, à par- tir des épineux, et sont portés par 6 petits interapophysaires. -^ 56 — En avant de la dorsale , il y a 3 osselets inermes ; parmi ceux qui portent des rayons, ce sont les antérieurs de la dorsale qui sont de beaucoup les plus gros: leur extrémité atteint au corps des vertèbres , tandis que les petits osselets qui portent les rayons mous ne s'attacbent que médiatement par des ligamens à l'extrémité des apophyses épineuses. La dorsale épineuse est composée de 7 rayons, dont le premier a à peine le cinquième de la longueur du second; celui-ci est de beaucoup le plus grand des épi- neux de toutes les nageoires ; les suivans vont en diminuant de longueur. Le pre- mier petit épineux est porté par un interapopbysaire qui est très-grand et presque concile obliquement entre les seconde et troisième apopbyses vertébrales; le second, qui est le plus grand de tous, est fixé à la vertèbre suivante; les suivans vont en di- minuant rapidement de longueur. La seconde dorsale, dont le premier rayon épineux est du double plus long que le dernier de la première dorsale, correspond par son in- sertion à l'anale ; mais ses rayons étant plus courts , elle ne paraît pas s'étendre autant en arrière, surtout lorsque l'anale est reployée. Cette nageoire^ compte en outre 9 petits rayons mous, portés sur 8 petits interapopliysaires. Les os du bassin sont courts, mais larges. Les ventrales sont très-grandes, ar- mées d'un premier épineux qui est fort, quoique plus court que les cinq rayons mous qui suivent, et qui sont très-forts, articulés et bifurques à plusieurs reprises. Elles sont placées immédiatement an dessous et en arrière des pectorales. Les pectorales, en revancbe, sont très-petites, composées de rayons extrêmement grêles, insérés au dessus d'une dilatation arrondie des larges humérus. Elles ont 14 rayons. La tête est proportionnellement très-petite, mais l'opercule est très-grand ; l'orbrte qui est également grande, proportionnellement à la tête, se trouve dans son milieu. La gueule, peu fendue, est bordée par les os étroits des mâchoires inférieures et par les iutermaxillaires , dont il m'a été impossible de reconnaître la dentition, à cause de la petitesse des pièces. Je pense que les dents indiquées par M. de Blainville ap- partiennent à la dentelure des sous-orbitaires. La crête occipitale se termine en pointe en arrière; mais elle est très-peu relevée. Tovit le corps est recouvert d'écaillés proportionnellement grandes , et dont la par- tie radicale, que l'on voit par sa face interne, pi^ésente les mêmes ondulations que l'on remarque dans les Percoïdes. Cette circonstance ne laisse aucun doute que le bord postérieur ne présente une analogie semblable avec les écailles de tous les poissons de cette famille. Je n'ai jamais pu reconnaître plus de 5 rayons branchiostègues sur les cornes latérales de l'os hyoïde. Tous les exemplaires que j'ai vus proviennent d'Aix en Provence. — — 57 — IV. Smerdis macrurus Ag. Yol. 4. Tab. 7. La plupart des exemplaires de cette espèce que j'ai eu occasion d'examiner, se trouvent dans la collection de feu M. Régley, qui a passé entre les mains de M. Car- tei'et. Ils sont renfei'més dans une espèce de lignite très-feuilleté, provenant d'Apt, départ, de Yaucluse. Au Muséum d'histoire naturelle il s'en trouve un bel exem- plaire, dans un calcaire schisteux dont l'origine ne m'est pas connue avec certitude. Afin de donner une idée complète de cette espèce , j'ai fait représenter dans les fig. 1 , 2, 3, 4 et 6 de la pi. 7, une série d'individus de différente taille, de la collec- tion de M. Régley, et dans la fig. 5 l'exemplaire du Muséum , que l'on m'a dit pro- venir également d'Apt. En donnant à ce poisson le nom de S. macnirus j je n'ai pas eu l'intention de faire ressortir la grandeur de sa caudale seulement, mais plutôt la longueur de sa queue, à partir de l'anale. En effet, sa forme est plus allongée que celle des autres espèces du genre ; et comme sa seconde dorsale et son anale s'étendent moins en arrière que celles de ses congénères, le pédicule de la queue en paraît surtout plus allongé. La tête est aussi plus allongée que dans les espèces précédentes; cependant, et quoi- que le tronc soit proportionnellement aussi plus svelte, la tête forme moins du quart de la longueur totale du corps. La partie moyenne du tronc est à peine renflée, et sa plus grande largeur est vers la nuque. Le nombre des rayons de la dorsale épineuse est le même que dans le ^S". pygmœuSj, c'est-à-dire de 7. Cependant, par sa forme, cette nageoire ressemble davantage à la première dorsale du S. micracanthus j ses rayons diminuant insensiblement de lon- gueur depuis le second , qui est le plus grand. Dans la seconde dorsale il y a 9 rayons articulés , précédés d'un épineux que l'on n'aperçoit bien distinctement que dans les fig. 2 et 6. Les rayons de cette nageoire sont plus courts que les grands rayons de la dorsale antérieure. L'anale est placée de manière c[ue son bord postérieur correspond à l'extrémité postérieure de la seconde dorsale ; son bord antérieur est soutenu par trois épines, dont l'extrémité ne paraît pas atteindre les rayons articulés qui sui- vent. L'épineux des ventrales est un peu plus court que le second épineux de l'anale 5 ces nageoires sont moins développées que dans les autres espèces ; en re- vancbe, les rayons des pectorales sont plus allongés et plus grêles, à en juger du moins par l'original de la fig. 5, dans lequel l'une de ces nageoires est assez bien conservée. Dans les fig. 4 et 5, l'on voit très-bien la caudale, qui est propor- ^ 58 — tionnellement plus vigoureuse, composée de rayons plus forts, et portée sur un pé- dicule plus gros que dans les autres Smerdis. Il y a dans cette espèce exactement le même nombre de vertèbres que dans les pré- cédentes, savoir, lo abdominales et i4 caudales. La forme allongée du corps ne ré- sulte donc pas du nombre des vertèbres , mais de ce que leurs corps sont plus allon- gés, et les apophyses épineuses proportionnellement plus courtes. Les écailles sont plus petites que celles du S. minutus; elles ne sont visibles que dans l'exemplaire du Muséum. La gueule est de moyenne grandeur. L'orbite occupe l'espace intermédiaire entre le bout du museau et l'angle postérieur de l'opercule, au dessus et en arrière de la symphyse des mâchoires. La dentelure du préopercule n'est visible que dans les iîg. 5 et 6, où l'on voit distinctement que ses dents deviennent de plus en plus grosses vers l'angle de cet os. M. Voltz m'a communiqué un plâtre sur lequel sont empreints deux petits pois- sons qui doivent évidemment être rapportés au genre Smerdis ^ et qui ne me parais- sent différer en rien du S. niacnirus d'Apt. Le fossile original, que je n'ai pas vu, provient de Manosque (Basses-Pyrénées), d'un terrain tertiaire, appartenant à l'é- tage moyen de cette formation. V. Smerdis veivtr.vlis Ag. Yol. 4. Tab. 8, fig. 7. ^ Cuv. Ossem. foss. Toni. III, p. 546, PI. 76, fig. 14 ; 5™° poisson des Platrières, Cypriuodon? — Perça De Blainv. Iclith. p. 71. La position générique de ce poisson a déjà été discutée par MM. Cuvier et de Blainville. Cuvier ayant cru reconnaître des articidations dans les gros rayons an- térieurs de l'anale, a cru pouvoir le rapprocher des Cyprins, et en particulier des Cjprinodon. M. de Blainville, au contraire, pense que c'est plutôt un poisson tho- racique, et il voit des épineux dans les deux premiers rayons de la nageoire anale. Non-seulement cette dernière observation est parfaitement juste, mais encore M. de Blainville a très-bien saisi les rapports de ce petit jjoisson avec le Smerdis d'Aix, avec lequel il ne lui paraît pas impossible qu'il fut identique. Et en effet, ces deux poissons appartiennent au même genre. Quelque incomplet que soit l'exemplaire de cette espèce que j'ai examiné, et qui jusqu'ici paraît être unique dans les col- lections ( car c'est le même dont Cuvier a publié une figure), il ne me paraît res- ter aucun doute sur sa position générique. Pour le prouver, je m'appuierai d'abord sur ce que les rayons antérieurs de l'anale sont réellement épineux, et qu'outre les deux grands épineux bien visibles il y en a un troisième très-petit en avant de cette — 59 — nageoire. Ensuile, les vcnlralcs sont placées en dcssons et bien pcn en arrière des pccloralcs ; lenr rayon extérieur est un gros épineux, cassé par le milieu et suivi seu- lement de 4 oii 5 rayons articulés. L'os du bassin est très-distinct, et se fixe à la sympliyse des luiniérus, en même temps que le styloïde vient s'appuyer sur son côté. Une send)lable disposition des ventrales, et une structure de l'anale telle que je viens de la signaler, ne se rencontrent jamais chez les Cyprinoïdes. Mais j'ai des preuves plus fortes encore que ce petit poisson est un Sinerdis. Les pectorales sont compo- sées de rayons tous également grêles, comme dans les Percoïdes. Le préopercule est visiblement dentelé à son bord postérieur 5 le premier sons-orbitaire est également dentelé ; l'opercule paraît moins grand que dans les autres espèces. On distingue au moins 5 rayons brancbiostègues en arrière des mâchoires, qui sont petites, et la gueule peu fendue. Par sa forme et les proportions des parties de son corps entr'elles, cette espèce paraît se rapprocher davantage du S . minutus que des autres ; avec cette différence pourtant, que la tète ne forme pas tout-à-fait le quart de la longueur to- tale du poisson, et que la cavité abdominale est plus allongée; elle est même plus grande cjue dans toutes les autres espèces ; et c'est ce qui m'a fait donner à celle-ci le nom de 'uentralis. Les côtes sont plus allongées, et les apophyses épineuses plus raides que dans ses congénères. Cette espèce a été trouvée dans le gypse de Montmarti^e. L'original de ma fi- gure se trouve au Muséum d'Histoire naturelle de Paris. VI. SiMERDlS L.4.TI0R A g. Vol. 4. Tab. 8, fig. 8. C'est encore au genre Smerdis que je crois pouvoir rapporter un autre poisson, de la collection de M. Carteret ( de feu M. Régley ) , mais dont la partie anté- rieure est tellement comprimée , et les os de la tête et de la ceinture thoracique sont tellement disloqués, qu'il n'est pas possible de le déterminer avec toute la précision désirable. Il ne peut cependant y avoir de doute qu'entre les genres Smerdis et Enoplosus. Quoique la partie antérieure de son corps soit très-comprimée, ce poisson est ce- pendant évidemment plus large que les autres Smerdis. Sa forme et quelques autres traits de ressemljlance avec un Enoplosus fossile de Monte-Bolca , me l'auraient fait ranger dans ce dernier genre, si ses grosses écailles n'indiquaient pas plutôt un Smer- dis. Malheureusement la partie antérieure de la tête est entièrement enlevée, en sorte qu'il est impossible d'apprécier jusqu'à c|uel point il se rapprocherait aussi, quant à ^ 60 — la forme du museau et des mâchoires, du genre Enoplosus j plutôt que du genre Smerdis. Des obsei'vations ultéi'ieures pourraient seules résoudre ces difficultés ; aussi est-il très-fâclieux que je ne connaisse pas la localité d'oii provient ce fossile, et que par conséquent je ne puisse solliciter ces observations d'une manière plus di- recte. La roche dans laquelle il est contenu est un calcaire semblable à celui de Monte- Bolca. Je me bornerai pour le moment à décrire ceux des caractères que l'on peut y distinguer. Toute la partie antérieure de la tête est enlevée , et la région des pièces opercu- laires et de l'appareil hyoïde très-indistincte. La ceinture thoracique est également très-fracturée j on ne voit bien nettement que l'osselet styloïde , derrière l'insertion de l'une des pectorales, dont les rayons sont proportionnellement plus gros que dans les autres Smerdis. Il y a au moins lo de ces rayons dont la base est visible. Les ventrales sont évidemment thoraciques ; elles ont à leur bord extérieur un rayon épineux plus court et presque aussi grêle que les cinq rayons aiticulés qui suivent. L'anale paraît avoir à son bord antérieur trois épineux , dont les deux premiers n'ont laissé que leur empreinte ; il y a , en outre , au moins 7 rayons articulés à cette na- geoire. La caudale est très-mal conservée; tout son lobe supérieur et une partie des rayons de son lobe inférieur sont enlevés. Les rayons qui restent sont aussi grêles que les articulés des ventrales et de l'anale. A la nuque et sur la partie antérieure du dos , on distingue la base d'une douzaine de rayons enlevés trop près de leur origine pour qu'il soit possible de présumer la forme des dorsales et la distribution des rayons articulés et des rayons épineux dans ces nageoires. Dans la colonne vertébrale on distingue, comme chez les autres Smerdis j 24 ver- tèbres, dont 10 abdominales et i4 caudales. Elles sont trapues, et leui's apophyses épineuses grosses et proportionnellement courtes ; les côtes sont très-courtes aussi. Quant aux écailles, elles sont très-grandes, et leur bord postérieur est évidem- ment dentelé 5 leurs dimensions paraissent confirmer la position que j'ai assignée à ce poisson dans le genre Smerdis plutôt que dans le genre Enoplosus , dont la seule espèce vivante connue jusqu'ici a de très-petites écailles. — 61 CHAPITRE y. DU GENRE ENOPLOSUS. Lacépède, qui a établi ce genre, l'avait placé dans la famille des Chétodontes ; mais Cuvier, après avoir examiné plusieurs exemplaires de la seule espèce que l'on en connaisse, et qui est le Chœtodon avmatus White, lui a assigné à plus juste titre une place dans la famille des Percoïdes. Il me paraît même que ce genre se rap- proche davantage des Smenlis que des Percoïdes vivans. Parmi les poissons de Monte-Bolca j'en ai reconnu une espèce fossile, qui diffère de VEnopIosus arma- tus de la Nouvelle-Hollande. Ayant étudié et comparé très-attentivement ces deux poissons pendant mon premier séjour à Paris, et n'ayant rien à ajouter à la descrip- tion détaillée que MM. Cuvier et Yalenciennes ont donnée de l'espèce vivante dans leur Hist. nat. des Poissons j je me bornerai ici à rappeler les traits les plus saillans qu'ils ont indiqués, et qui peuvent servir de termes de comparaison pour apprécier ceux qui distinguent l'espèce fossile. \u^ Ejioplosus vivant est un Percoïde dont le corps, presque aussi haut que large, est fort aplati par les côtés ; dont le chanfrein est concave , et dont les deux dorsales et les ventrales ont des rayons très-allongés. Il n'a point, comme les Chœtodon j d'écaillés sur sa dorsale et sur son anale, et ses dents ne sont point en cheveux, mais en velours ras ; il y en a une bande étroite aux mâchoires, une petite en travers au- devant du vomer, et une à chaque palatin. Sa langue est âpre à sa base, comme celle du Lahrax Lupus. Le premier sous-orbitaire est court, et à son bord inférieur se voient 5 ou 6 dents aiguës. Le préopercule a ses bords à angles droits; celui qui monte est assez finement crénelé ; l'autre est plus fortement denté en scie , en dents aiguës dirigées vers l'arrière. De l'angle partent deux dents plus fortes, surtout la supé- rieure qui est une vraie épine. L'interopercule et le subopercule sont entiers, ainsi que l'os mastoïdien et celui de l'épaule. L'opercule finit par deux pointes plates et obtuses, qui ne méritent guère le nom de piquans. La nuque va en s'élevant rapi- dement au dessus de l'occiput. La queue se rétrécit de nouveau subitement. La joue et toutes les pièces operculaires sont écailleuses, mais non le museau ni les mâ- choires. Les écailles sont petites, deux fois plus longues que larges ; la partie vi- To>r. lY. 9 — 62 ^ sible est arrondie , et a des stries concentriques fines qui se continuent sur les côtés de la partie cache'e. L'éventail n'a que 4 ou 5 rayons, et les crénelures ladicales sont peu marquées. La ligne latérale a dans sa première moitié une forte convexité vers le haut. L'espace avant la première dorsale est aussi long que la tête , et les épines de cette nageoire s'allongent peu jusqu'à la troisième; mais la quatrième est subitement aussi longue que l'espace entr'elle et le museau; elle est forte, comprimée et tranchante. La cinquième est de moitié plus courte , et les trois suivantes diminuent rapidement ; mais l'épine de la seconde dorsale est aussi haute que le cinquième rayon de la pre- mière, et son premier rayon mou est, ainsi que le second, aussi haut que tout le corps. Les autres diminuent de nouveau jusqu'au quinzième, qui est le plus court. Ces deux dorsales sont à-peu-près contiguës , mais quelquefois la membrane de la première finit plus tôt, et alors sa dernière épine demeure libre entre les deux nageoires. L'a- nale a trois épines , dont la troisième égale celle de la seconde dorsale ; son premier rayon mou est plus long du double; on y en compte i5. La caudale est assez longue, et plutôt terminée en croissant qu'en fourche. Les pectorales et les ventrales sont pointues, ces dernières surtout, dont l'épine est longue et forte. Je ne trouve que 12 rayons aux pectorales; la caudale en a 17, et les ventrales 5 mous et une épine. Le squelette a 25 vertèbres, comme ceux du Labrax et du Lates. Les apophyses et les os- selets interépineux en sont élevés comme le corps lui-même. La crête occipitale l'est aussi beaucoup ; c'est elle qui soutient le tranchant de la nuque , comme la lame hyoï- dale soutient celui de la gorge. Ce joli poisson demeure petit; sa longueur n'est guère que de 8 à 10 pouces, au plus. Il ne paraît pas être rare dans la Nouvelle-Hollande. Ënoplosus pygopterus Agass. Vol. 4. Tab. 9, fig. I. Scomber ignobllis, Ittiol. ver. Tab. 14, fig. i. — DeBlainv. Ich. p. l^\. — Bronn /^/. N^SS. Il n'y a au Muséum d'Histoire naturelle de Paris qu'une plaque simple de ce fossile, provenant de Monte-Bolca , et à laquelle il manque même la partie antérieure de la tête. Du reste elle est très-bien conservée. Aucun trait ne rappelle le genre Scomber j comme M. de Blainville l'a judicieusement fait remarquer ; aussi paraîtra-t-il toujours incon- cevable que l'éditeur des poissons de la collection de Gazzola ait pu rapporter cette espèce à une famille avec laquelle elle n'a pas l'ombre de ressemblance. Ce poisson rappelle tellement les traits généraux de ÏE. armatus, que, malgré de — Go — nombreuses différences de détail, on ne saurait douter qu'il n'appartienne au même c;enre. Son corps est également comprimé et très-large, quoique moins liant que celui de l'espèce vivante. Le profil de la tète est aussi beaucoup moins vertical. A en juger d'api'ès le seul exemplaire que j'en connaisse, VE. pjgopterus n'atteignait pas, tant s'en faut, des dimensions aussi considérables que Yannatus. C'est surtout dans la dis- tribution des rayons des nageoires, et dans leur proportion relative, que l'on remarque les plus grandes difterences. Au bord antérieur de la dorsale épineuse il y a deux pe- tits rayons à peine perceptibles, suivis d'un troisième également très-court et qui n'a pas même le quart de la longueur du quatrième, qui est le plus grand de tous. Les 5% 6", 7% 8" et 9* vont en diminuant très-insensiblement de longueur, tandis que dans VE. armatus le 5" n'a déjà plus que la moitié de la longueur du 4"- Cette première dorsale est plus rapprochée de la seconde dans l'espèce fossile, que dans l'espèce vi- vante. Les rayons articulés antérieurs de la seconde dorsale sont aussi beaucoup moins allongés; ils ne paraissent pas même égaler en longueur les rayons de la première dor- sale. Je n'ai pu en distinguer que \i. L'épineux qui les précède est grêle et à peine plus long que le ']" épineux de la première de ces nageoires. Dans l'anale , le nombre des rayons paraît être moins considérable encore j mais l'état de conservation de cette na- geoire ne permet pas de l'indiquer exactement. Cependant, ce nombre est certainement moins considérable que dans VE. armatus; et c'est ce qui m'a fait donner avi fossile le nom à^E. pj-goptems. La caudale est très-fourchue et proportionnellement plus allon- gée et plus grêle que dans l'espèce vivante. Les ventrales sont très- grandes ; et ce carac- tère surtout confirme le rapprochement générique que j'ai fait de l'ichthyolithe de Monte-Bolca avec le poisson vivant de. la Nouvelle-Hollande. Le bord antérieur de ces nageoires est soutenu par une forte épine, qui atteint environ aux deux tiers des grands rayons articulés. Elles sont si grandes, proportionnellement à la petite taille de ce poisson, que, ployées en arrière, elles recouvriraient en partie l'anale. On ne voit aucune trace des pectorales. La tête est trop endommagée pour que l'on puisse re- connaître les détails de son ostéologie ; on ne voit distinctement que la crête occipi- tale, qui fait une forte saillie vers la nuque. La colonne vertébrale se compose de 2 5 vertèbres, dont 9 abdominales et 16 caudales. Les apophyses épineuses sont fortes, mais moins allongées que dans V armatus. Les corps de vertèbres sont aussi moins hauts. Les côtes sont proportionnellement plus longues. La ligne latérale suit la cour- bure du dos. Les écailles paraissent avoir été très-petites. — 64 CHAPITRE YI. DU GENRE APOGON. On conserve au Muse'um d'Histoire naturelle de Paris un petit poisson venant du cabinet de Gazzola, et figuré dans l'Ittiol. veron. pi. 56, fig. 2, qui, je crois, ne saurait être rapproché que du Roi des Rougets (^Apogon Rex Mullorum) , dont il a tous les caractères génériques. Les différences qui l'éloignent de l'Apogon commun, ne sau- raient être considérées que comme des différences spécifiques ; ensorte qvie c'est bien au genre Apogon que notre poisson doit être rapporté. Ce genre, établi par Lacépède , est caractérisé par ses grandes écailles qui se dé- tachent très-facilement, comme dans les Mullus , auxquels il était réuni autrefois. Notre espèce fossile présente la même squamation; et ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'une partie de son corps, du reste très-bien conservée, est dépourvue d'é- cailles, comme on l'observe ordinairement sur la plupart des exemplaires frais. Deux petites dorsales bien séparées, et composées de rayons assez grands, occupent le mi- lieu du dos. La tête est proportionnellement grande ; l'orbite très-vaste. L'opercule porte une petite épine à son bord postérieur. Le préopercule, dont le bord est fine- ment dentelé, a ce caractère particulier, que sa face extérieure est relevée d'une forte crête saillante, formant dans toute son étendue un second rebord, en quelque sorte parallèle au bord postérieur et inférieur de cet os. Le squelette de l'Apogon commun offre peu de particularités remarquables. La co- lonne vertébrale est composée de 10 vertèbres abdominales, dont les premières apo- physes, assez courtes, sont les plus grosses, et de i4 caudales; les apophyses épi- neuses des premières vertèbres caudales sont les plus longues. Les côtes fort grêles des huit dernières vertèbres abdominales portent de fines arêtes intermusculaires; les deux premières vertèbres abdominales ne portent que des côtes filiformes. Les osselets interapophysaires de l'anale sont très-rapprochés les uns des autres; les antérieurs sont un peu plus gros que les suivans ; tous s'attachent en avant de la première vertèbre caudale et entre elle et la troisième. La tête n'offre de particulier que le double rebord du préopercule et le large rebord supérieur de l'orbite. Les intermaxillaires, les mandibulaires , les palatins et le devant du vomer, sont garnis de dents en velours'. — G5 — Les écailles des poissons de ce genre sont proportionnellement grandes, minces, et en général plus hautes que longues. Les lames d'accroissement forment à leur sur- face des stries concentriques très-rapprochées, qui, dans la partie visible de l'écaillé, sont hérissées d'une dentelure de plus en plus acérée et qui finit par former au bord postérieur de chaque écaille une rangée de franges très-fines, tandis que dans la par- tie cachée, les lignes concentriques sont interrompues par des sillons dirigés en éven- tail du centre d'accroissement au bord antérieur de l'écaillé, et formant une sorte de forte crénelure le long de ce bord. Il est à remarquer que ce centre d'accroissement est plus rapproché du bord postérieur que du bord antérieur. Les écailles de la ligne latérale sont traversées par un très-gros tube, d'abord simple, partant environ du tiers antérieur de chaque écaille , et se terminant entie les aspérités de la partie pos- térieure par trois branches divergentes. IHÉ^. Apo'gon spinosus i\gass. Vol. 4- Tab. 9, fig. 2, 3 et 4- Holocentrus lanceolatus III. ver. Tab. S(^, fig. 2. — De Blainv. Ich. p. 45. C'est sous le nom de Holocentrus lanceolatus , que cette espèce est figurée dans 1'//- tiolog. veron., pi. 56, fig, 2. Mes fig. 2 et 3 représentent ce même individu, qui se trouve au Muséum de Paris. Ma fig. 4 en représente un autre, de la collection du D". Buckland, intéressant surtout par l'attitude de ses nageoires, qui, étant étalées, montrent tous leurs rayons à découvert. La gueule, très-ouverte, laisse également apercevoir la structure des mâchoires. Je ne pense pas qu'on puisse élever de doute sur la réunion de cette espèce aux Apogon. Les grandes écailles qui la recouvrent, et dans lesquelles on retrouve même, à la ligne latérale, les ramifications de leur canal muqueux ; leur caducité, prouvée par le manque d'écaillés sur une partie du corps bien conservée du reste; les deux petites dorsales bien séparées, à la seconde desquelles correspond une anale qui lui est sem- blable ; enfin, la fine dentelure bien marquée au bord postérieur du préopercule, — sont autant de caractères qui démontrent incontestablement ses rapports intimes avec les espèces vivantes de ce genre. L'espèce dont il s'agit paraît avoir eu à-peu-près les dimensions et les proportions relatives des parties entr'elles, telles que nous les remarquons dans l'Apogon commun ; mais elle en diffère sensiblement par des rayons épineux plus gros et plus forts à sa première dorsale, et par des épines plus longues et plus épaisses en avant de la se- conde dorsale et de l'anale; caractère qui m'a engagé à lui donner le nom d'^. spi- -^ GG -^ nosus , et qui la rapproche de quelques espèces des Indes, entr'autres de Y A. trima- ciilatus Guv. et Val. La première dorsale est portée sur 8 osselets interapophysaires , en avant desquels il y en a 3 sans rayons; le nombre des rayons est certainement de 7, et peut-être de 8, si le premier osselet en porte également un; ce qu'il est difficile de détermine!" dans l'exemplaire du Muséum , à cause de la position de la nageoire ; au lieu que dans celui de M. Buckland , on voit au bord antérieur de cette nageoire un pe- tit onglet qui paraît être un premier épineux très-court. Les o." et 3"" rayons, ou bien, en comptant le petit onglet, les 3"^ et 4"? sont les plus grands. Le rayon épineux de la seconde dorsale est ti'ès-grand, très-épais et plus gros que dans les espèces vivantes; on le voit très-distinctement fig. 3. Du reste, il y a 8 rayons mous, dont le premier est simple. Cette nageoire est portée sur g osselets interapophysaires. Il en est de même de l'anale, dont les deux épines s'articulent avec le premier de ces osselets; la première épine est plus de moitié plus courte que la seconde. Il y a en outre à cette nageoire 8 à 9 rayons mous , dont les derniers ont disparu dans l'original de la fig. 4- Les ventrales sont un peu plus petites que dans les autres Apogon , mais leurs rayons sont plus gros. L'une de ces nageoires, celle du côté gauche, est très-bien conservée dans la fig. [\, tandis que l'autre a glissé au dessous du corps du poisson. Quant aux pectorales, on n'en voit qu'une légère trace dans les fig. 2 et 3; au lieu que dans la fig. 4j l'une de ces nageoires, qui me paraît être la gauche, se montre toute entière; elle est étroite et composée de i o rayons grêles , qui s'étendent au delà de l'insertion de l'anale. Dans les fig. 2 et 3, la caudale est détruite, ou plutôt elle a été emportée avec un fragment de la pierre; mais dans la fig. 4, elle est parfaitement bien conservée. Cette nageoire est tronquée carrément ; ses rayons , assez grêles , sont profondément bifurques , et subdivisés à plusieurs reprises à leurs extrémités. A son bord supérieur, ainsi qu'à son bord inférieur, il y a de petits rayons simples, qui s'allongent insensi- blement jusqu'au premier rayon externe qui, sans être le plus long, atteint l'angle de la nageoire. On compte 8 rayons articulés au lobe supérieur, et 7 à l'inférieur. Les deux individus représentés dans mes figures, offrent le même déplacement des écailles, et par ci par là sur le corps des places qui en sont entièrement dépouillées. Les pièces operculaires et les joues sont également recouvertes d'écaillés; comme on peut s'en assurer dans l'exemplaire de la fig. 4 ? où l'on distingue en outre quelques fragmens des arcs branchiaux et de l'appareil hyoïde au dessous du large préopercule et en arrière de la mâchoire inférieure , qui est tellement ouverte, que son extrémité est pendante. L'orbite est grande, placée au milieu de la partie supérieure delà tête. Cette espèce a'a encore été trouvée qu'à Monte-Bolca. 67 — CHAPITRE YII. DU GENRE PERÇA. Restreint dans les limites qui lui ont été assignées par Cuvier dans le Règne ani- mal j le genre Perça ne comprend plus que des espèces d'eau douce, qui joignent aux caractères généraux de la famille quelques particularités dans la distribution des rayons de leurs nageoires , dans la dentelure des os de la tête et de la ceinture tho- racique, et dans la dentition. Quoique très-voraces , les poissons qui font partie de ce genre n'ont que des dents en velours rude ; il y en a une large bande sur les bords des intermaxillaires , qui forment à eux seuls le pourtour de la mâchoire supérieure , et sur le bord des maxil- laires inférieurs 5 une bande plus étroite se voit en avant du vomer sur les palatins et sur la partie antérieure des os transverses à leur jonction avec les palatins ; quoique re- présenté dans leur figure MM. Cuvier et Valenciennes n'indiqvient point ce caractère, quej'ai constaté dans plusieurs espèces et qui rappelle la dentition des Ophidiens. A la face interne des arcs branchiaux , il y a des séries de petites plaques également garnies de dents ; et celle des os pharyngiens supérieurs et inférieurs en est entièrement couverte . Le nombre normal des rayons branchiostègues est de 7 5 cependant l'examen quej'ai fait d'un grand nombre de Perches m'a convaincu que ce nombre n'est pas invariable , et que même il n'est pas très-rare de trouver un rayon de plus d'un côté que de l'autre (*). De tous les os de la tête, c'est le préopercule qui est le plus fortement dentelé ; son bord postérieur est armé d'une scie dont les dents sont à- peu-près uniformes, tandis qu'à son angle et surtout à son bord inférieur ces dents deviennent de plus en plus grandes et finissent par être de vraies épines. L'opercule se termine également en arrière par une forte épine. Le subopercule et Tinteropercule ont à leur bord infé- rieur, dans la partie où ces deux os se touchent, une fine dentelure qui s'étend à peine jusqu'au tiers de leur longueur. Cette dentelure est plus ou moins forte dans les différentes espèces. Le bord inférieur du premier sous-orbitaire est aussi dentelé, (*) Cette observation ne se restreint point aux espèces de ce genre : dans les Truites et les Brochets ,. il est plus fréquent de rencontrer un nombre différeut de rayons branchiostègues sur les deux côtés du poisson, que d'y trou- ver les nonJjres qui, dans la plupart des ouvrages d'Ichthyologie, sont indiqués comme des caractères génériques. Je n'ai pas remarqué, cependant, que ce fût l'un des côtés plutôt que l'autre , qui eût plus ou moins de rayons. — 68 — surtout à sa partie postérieure ; mais cette dentelure est imperceptible dans cer- taines espèces. Enfin, la partie inférieure du bord postérieur du suprascapulaire, la partie supérieure de celui du scapulaire, et la saillie que forme l'humérus au dessus de l'insertion des pectorales , ont pareillement une dentelure , plus marquée même que celle du sous-orbitaire , du subopercule et de l'interopercule. La dorsale épineuse est bien séparée de la dorsale molle, quoique ces deux nageoires se touclient par leur base. 11 n'y a que deux rayons épineux en avant de l'anale dans la plupart des espèces vivantes; les fossiles en ont davantage. Ce genre appartient à la division des Percoïdes dont les ventrales, insérées sous les pectorales, et fixées par les os du bassin à la symphyse des humérus, n'ont que 5 rayons mous, et un épineux a leur bord antérieur. Toutes les espèces de ce groupe ont le corps oblong, plus ou moins comprimé, et couvert d'écaillés rudes, dont la partie visible est hérissée de petites pointes qui ré- sultent de la dentelure du bord postérieur des lames d'accroissement superposées les unes aux autres, tandis que leur partie cachée est lisse. Du centre d'accroissement des écailles, qui se trouve environ à leur tiers postérieur, il naît des sillons qui ré- sultent des sinuosités arrondies du bord antérieur des lames d'accroissement , et qui, divergeant en forme d'éventail, se terminent au bord antérieur des écailles par des lobes arrondis et plus ou moins découpés. Le tube qui traverse les écailles de la ligne latérale est simple, dilaté dans sa partie antérieure, et se termine entre les épines du bord postérieur par une ouverture plus étroite que l'ouverture antérieure. Ces écailles forment sur les côtés du poisson mie série parallèle à la courbure du dos, et à travers laquelle suinte la viscosité qui recouvre toute leur surface. Mais ce n'est pas seulement par les écailles de la ligne latérale , que s'échappe cette matière ; dans la tête on remarque de nombreux canaux qui traversent les os du crâne et de la face , et qui émettent à leur surface de nombreux petits tubes par les- quels il s'en échappe également. Le plus long de ces canaux traverse le préoper- cule et le maxillaire inférieur -, un autre s'étend à travers la série des sous-orbitaires et se termine en plusieurs petits tubes qui ont leurs orifices à la face antérieure du plus grand de ces os. Il y en a un troisième qui parcourt les nasaux et les frontaux , et qui se réunit au dessus du frontal postérieur à celui des sous-orbitaires , puis tra- verse le mastoïdien et s'anastomose en arrière du temporal avec celui du préojjercule. En travers de l'occiput une série de petits osselets jjercés longitudinalement , et ap- pelés par Bakker sur-temporaux j forme une autre ramification qui communique en arrière du mastoïdien avec le canal commun auquel aboutissent tous ceux de la par- tie antérieure de la tête, et delà traversant le suprascapulaire, s'ouvre dans le tube principal de la ligne latérale. Ces canaux, qui ont été généralement méconnus, se — 61) — retrouvent dans tous les poissons osseux ; mais ils sont plus ou moins cachés dans l'épaisseur des os. Ils sont très-distincts dans le genre Esox. J'aurai encore plus d'une fois occasion d'en parler, en décrivant le squelette de plusieurs poissons vi- Aans. Quant à celui de la Perche commune, il est si bien décrit et figuré avec tant d'exactitude dans la grande Histoire naturelle des Poissons de MM. Cuvier et Yalen- ciennes, que je crois pouvoir me dispenser d'entrer dans de nouveaux détails à son su- jet. Je me bornerai donc à quelques observations relativement à l'aspect et au mode d'accroissement de plusieurs de ses os, dont l'analogie avec ceux des autres Vertébrés a été le sujet de nond^reuses et vives discussions. Les pièces operculaires des poissons ne croissent pas^ comme les os des Vertébrés en général, par irradiation d'un ou de plusieurs points d'ossification 5 ce sont, au con- traii'e , de véritables écailles , formées , comme celles qui recouvrent le tronc , de lames déposées successivement les unes sous les autres, et dont les bords sont souvent même dentelés comme ceux des écailles du corps. Tels sont l'opercule, le subopercule et fin- teropercule. Le suprascapulaire même peut être envisagé comme la première écaille de la ligne latérale, dont le bord est également dentelé. On pourrait dire aussi que le sca- pulaire n'est qu'une très-grande écaille de la partie antérieure des flancs. En général, partout on, dans les poissons, les os du sque'ette sont à découvert à la surface du corps, ils participent en même temps du caractère de l'os et de celui de l'écaillé, et pré- sentent de nombreuses transitions de l'un de ces systèmes à l'autre; et c'est bien avec raison que Car us envisage les écailles comme un squelette extérieur. 11 n'y a pas jusqu'à l'angle de l'humérus, et jusqu'à l'extrémité du maxillaire supérieur, qui ne présentent de pareils rapports avec les écailles. IjC nombre des vertèbres ne paraît pas être très-constant chez les Perches. Dans le squelette de la Perche commune que je possède, je trouve 21 vertèbres abdominales; et c'est aussi le nombre indiqué par Cuvier; mais je ne vois que 20 vertèbres caudales, tandis que Cuvier en indique aussi 21. La dernière vertèbre abdominale ne porte pas de côte; ses apophyses transverses sont réunies par une lame osseuse qui s'élève à- peu-près de leur milieu, et qui en se joignant des deux côtés se termine en apophyse épineuse. Cette vertèbre présente donc un exemple d'apophyses transverses descen- dantes terminées en pointe , et donnant en même temps naissance par leur bord in- terne à une apophyse épineuse. Ce fait est important, lorsqu'il s'agit de reconnaître l'analogie qui existe entre les apophyses épineuses des vertèbres et les côtes, quoique celles-ci soient mobiles. Les transitions de l'une de ces formes de vertèbres à l'autre, sont insensibles dans le squelette de la Perche; en effet, l'avant-dernière vertèbre abdominale descendant obliquement , présente encore à son bord postérieur une dila- tation en dessous de laquelle s'articule une côte mobile qui est loin d'atteindre au ToM. IV. 10 — 70 — corps de la vertèbre. Il en est de même de la moitié des vertèbres abdominales posté- rieures : leurs côtes sont simplement articulées le long du bord postérieur des apo- physes transverses. Dans les dix vertèbres antérieures seulement , les apophyses trans- verses sont assez courtes pour s'articuler en même temps avec la partie latérale des corps de vertèbres; et même les quatre premières n'ont pas d'apophyses transverses saillantes. Les deux premières paires de côtes sont les plus grêles; celles de la troi- sième paire sont déjà plus fortes. Elles vont en s'agrandissant et en s'épaississant jus- qu'à la douzième paire, et de là elles diminuent de nouveau insensiblement jusqu'à la vingtième, qui néanmoins est plus forte que la première. Douze côtes, à partir de la troisième, portent sur leur bord postérieur une arête allongée et légèrement arquée, surtout les antérieures que l'on pourrait comparer à ces apophyses qui, dans les oi- seaux, vont d'une paire de côtes antérieures à la suivante, mais qui dans le fait pa- raissent plutôt analogues aux arêtes intermusculaires, sur lesquelles j'ai cherché à jeter quelque jour dans mon premier volume. D'un autre côté , les vertèbres caudales antérieures se rattachent par des transitions insensibles au type des dernières vertèbres abdominales. La première fait voir encore des apophyses transverses devenues verticales, très-rapprochées l'une de l'autre, et du bord postérieur desquelles il naît, vers leur milieu, une apophyse épineuse qui n'est réellement formée que de la réunion de deux côtes. La transition entre ces formes extrêmes est si insensible , qu'il, est impossible de méconnaître l'analogie qui existe entre ces parties des vertèbres. Dans les vertèbres caudales qui suivent, les apophyses épineuses ne paraissent plus formées que d'une seule pièce; cependant la seconde pré- sente encore quelques traces de la séparation des apophyses épineuses et de la partie qui dans les vertèbres abdominales forme l'apophyse transverse. Ensuite les apophyses épineuses sont successivement toujours plus inclinées en arrière. Il en est de même des apophyses épineuses correspondantes de la partie supérieure des vertèbres; celles des vertèbres abdominales antérieures sont très-grosses, mais aussi beaucoup plus courtes et plus droites que les suivantes, qui vont en s'inclinant insensiblement en arrière. Ce sont les huitième, neuvième et dixième qui sont les plus longues. Là où elles se dé- tachent à leur bord antérieur des corps de vertèbres, elles forment des apophyses articu- laires horizontales, dont la pointe se dirige en avant et repose sur une apophyvSe articu- laire du bord postérieur , moins développée dans les vertèbres abdominales que dans les caudales, et qui même est à peine visible dans les abdominales antérieures. Au bord in- férieur des vertèbres caudales ces apophyses articulaires sont moins développées qu'à leur bord supérieur ; ici ce sont les postérieures qui sont les plus grandes ; les antérieures forment seulement une petite saillie en avant des apophyses épineuses . Les dernières ver- tèbres caudales présentent quelques particularités dignes de remarque. Dans les quatre — 71 — avant-dernières les apophyses épineuses sont successivement plus longues que dans celles qui précèdent^ les inférieures surtout sont considérablement dilatées à leur bord antérieur, et leurs apophyses articidaircs antérieures deviennent très-saillantes. On remarque même que les apophyses épineuses inférieures de lavant-dernière et de Tanté-pénultième tendent à se séparer complètement du corps de la vertèbre, tandis que l'apophyse épineuse supérieure de l'avant-dernière vertèbre est extrêuiement courte, et que l'espace compris entre son extrémité et la base des rayons de la caudale est oc- cupé par trois osselets interapophysaires contigus, dilatés en spatule à leur extrémité inférieure. Ces osselets, que l'on retrouve chez plusieurs poissons entre les apophyses épineuses des dernières vertèbres caudales, n'avaient jamais encore été remarqués. La dernière vertèbre caudale a une conformation plus singulière encore : les saillies qui, dans les vertèbres du tronc, apparaissent avec des modifications très-variées, du côté supérieur et du côté inférieur de chaque vertèbre, comme apophyses épineuses et comme apophyses articulaires antérieure et postéi'ieure, se montrent ici sous un as- pect différent : au bord inféi'ieur de la vertèbre l'on voit évidemment trois apophyses également développées, dilatées à leur extrémité en plaques triangulaires coupées car- rément, et qui portent les grands rayons bifurques du lobe inférieur de la caudale, tandis que le grand rayon simple est inséré sur l'apophyse épineuse de la vertèbre précédente , et que les petits rayons marginaux s'attachent à l'extrémité des apophyses épineuses des trois vertèbres qui précèdent les deux dernières. Il est à remarquer en- core que l'apophyse épineuse antérieure de la dernière vertèbre n'est pas soudée à son corps, mais qu'elle y est articulée, et qu'il s'en détache latéralement une apophyse transverse horizxjntale. Au côté supérieur de cette dernière vertèbre on distingue quatre apophyses, dont la première est également détachée du corps de la vertèbre; la seconde, qui fait corps avec la vertèbre, n'est qu'une apophyse épineuse grêle, sem- blable à celles des vertèbres caudales moyennes; elle n'est pas assez longue pour at- teindre à l'insertion des rayons de la nageoire. Les deux suivantes sont très-plates, fortement dilatées à leur extrémité, et tronquées en ligne droite comme celles du bord inférieur. Les rayons fourchus du lobe supérieur de la caudale sont attachés au bord de ces deux apophyses ; le grand rayon simple l'est à l'extrémité de l'apophyse anté- rieure de la dernière vertèbre, et les petits rayons latéraux le sont à l'extrémité des interapophysaires de l'avant-dernière, et à celle des apophyses épineuses des" trois ver- bres qui la précèdent. — Ces détails n'étant point visibles dans la planche qu'a pu- bliée Cuvier, je les ai fait représenter à part. Vol. 4- Tab. G, fig. i. Quant aux corps des vertèbres, il est à remarquer que leurs bords antérieur et pos- térieur sont renflés en bourrelets arrondis, tandis que leur partie moyenne est affais- sée, mais traversée longitudinalement par quelques arêtes qui vont se confondre avec — Ta- ies bords. Les vertèbres caudales et les cinq dernières abdominales n'ont qu'une de ces arêtes de chaque côté, et au dessus et au dessous une fossette longitudinale. La paroi supérieure de la fossette supérieure est percée de deux trous par oii passent les nerfs et les vaisseaux spinaux; mais dans les douze dernières vertèbres caudales il n'y en a qu'un. Dans les seize vertèbres abdominales antérieures, les apophyses trans- verses tiennent la place de l'arête dont nous venons de parler. On retrouve au des- sus de ces apophyses une fossette qui devient de plus en plus petite vers la nuque, à mesure qu'elles sont placées plus haut sur les côtés des corps des vertèbres. En des- sous de ces mêmes apophyses et entre les côtes, il y a trois fossettes semblables (dont l'une sur le milieu du côté inférieur de la vertèbre) , séparées par deux arêtes sub- latérales plus saillantes que celles des côtés des vertèbres. La structure des rayons articulés des nageoires offre avissi quelque chose de parti- culier : ils sont en général plus grêles que dans les autres genres de cette famille, sur- tout ceux de la seconde dorsale, de l'anale et des pectorales. Ceux des ventrales et de la caudale sont un peu plus gros. Tous ces rayons, simples à leur base, sont articulés distinctement depuis environ le tiers de leur longueur. IjCS rayons de la caudale, seu- lement, sont articulés plus près de leur base. Ces articulations sont très-rapprochées; mais au lieu de traverser directement toute la largeur des rayons, elles sont interrom- pues et forment des coudes plus ou moins marqués. Les premières divisions longitu- dinales de ces rayons dépassent la moitié de leur longueur; et leurs extrémités se sub- divisent à plusieurs reprises, surtout dans ceux des ventrales et de la caudale. Les rayons épineux de la première dorsale, et ceux du bord antérieur de l'anale et des ventrales, sont sensiblement plus grêles dans ce genre que dans la plupart des geni'cs marins. Il n'y a qu'un seul osselet interapophysaire inerme en arrière de la crête occipi- tale. Les interapophysaires antérieurs qui portent la première dorsale sont beaucoup plus grands que ceux qui portent la seconde. L'osselet qui est inséré à leur extrémité supérieure et postérieure, et dont la pointe pénètre entre les deux branches des rayons, est dilaté sur ses côtés et foi-me des anses qui débordent et entourent en par- tie la base des rayons; tandis que celle des rayons de la seconde dorsale et de l'anale fait saillie sur les côtés de leur articulation avec les interapophysaires. Une circonstance intéressante dans les poissons de la famille des Percoïdes et dans la plupart des Acanthoptérygiens, c'est la position des ventrales, laquelle paraît con- firmer l'opinion émise par Carus sur les osselets qui de l'angle postérieur de l'humérus descendent vers le bassin, et qui ont été désignés sous le nom de stylets. Carus pense que ces pièces, loin d'appartenir à la ceinture thoracique, sont des démembremens du bassin, et doivent être envisagées comme appartenant aux membres pelviques, qui 1 /.> se lient plus ou moins intimement aux memhres tlioraciques, comme ceux-ci se rat- tachent de leur côte à la tète. Je n'ai rien d'important à ajouter aux détails qui ont été donnés par Cuvier sur Tos- téologie de la tète de la Perche commune. Je dirai seulement qu'il m'est impossihle d'admettre les analogies qu'il indique pour plusieurs de ces os; et si je conserve sa nomenclature, c'est pour éviter toute confusion dans les descriptions ostéologiques. Il me paraît évident, par exemple, que l'os qu'il appelle mastoïdien est l'écaillé du tem- poral, et que c'est plutôt le rocher de Cuvier qui peut-être comparé à un mastoïdien. Pour les autres os du crâne, j'adopte complètement sa manière de voir*, mais quant aux sous-orbitaires, je n'hésite pas un instant à les regarder comme représentant le jugal des autres Vertébrés; et quant au jugal de Cuvier, il me paraît représenter l'os articulaire du temporal. Son temporal, son tympanal et son symplectique sont à mes yeux d'autres démembremens du temporal, intermédiaires entre la pièce éeailleuse de cet os et sa face articulaire, qui affectent dans la classe des Poissons des formes particulières, et qui doivent être comparés à la caisse des autres Yertébrés. J'ai discuté ces analogies dans mon premier volume, auquel je renvoie le lecteur. Les autres os de la face me paraissent très-bien déterminés par Cuvier. Quant à l'appareil operculaire, au suprascapulaire et aux sur-temporaux, il en a déjà été question plus haut; l'opinion que j'ai émise à leur égard prouve que je suis loin d'admettre les rapports que l'on a cru trouver entre les pièces operculaires et les osselets de l'oreille interne. L'appareil hyoïde et branchial est également très-bien décrit dans l'ouvrage de Cu- vier. Ces os diffèrent tellement de ceux des autres Vertébrés avec lesquels on pourrait les comparer, qu'il est impossible de leur conserver les mêmes noms. L'intérêt que présente l'étude des fossiles varie singulièrement selon leur nature. Cependant, toutes les fois que nous pouvons en étudier quelques-uns en détail, nous devons avoir présentes à l'esprit toutes les questions qui se rattachent directement ou indirectement à leur examen; car chaque fait que nous pouvons ajouter à ceux qui sont déjà connus, est une véritable conquête pour la science, quelque spécial qu'il puisse paraître au premier abord; son importance dépendant principalement en défi- nitive du rôle que joue l'objet de nos recherches dans une série quelconque de phéno- mènes. Si, par exemple, nous examinons des fossiles des terrains anciens, nous savons d'avance j dans l'état actuel de nos connaissances, qu'ils différeront considérablement des êtres qui peuplent maintenant la surface de la terre ; nous y reconnaîtrons souvent des types absolument éteints, qui seront d'autant plus intéressans que, s'éloignant davantage par leurs caractères particuliers des êtres actuellement vivans, ils rap- pellent un état de choses plus différent de celui d'aujourd'hui. Ces types nous font en- trevoir, pour ainsi dire, les phases du développement de la vie organique sur cette — 74 — terre, et sont comme les premiers jalons d'une série dont nous avons à tâche de dé- couvrir le dernier terme. Ailleurs nous verrons des êtres intermédiaires, dont les ca- ractères transitoires, justement appréciés, pourront jeter le plus grand jour sur les rapports des époques antérieures avec les suivantes. Ailleurs encore nous aurons sous les yeux des espèces qui offriront des rapports plus ou moins intimes avec celles qui vivent de nos jours, et qui évidemment devront rentrer dans les mêmes genres. L'es- pèce d'intérêt que nous mettrons à leur étude sera tout différent : c'est la question zoo- logique qui nous dominera ici; il s'agira de fixer leur degré de ressemblance avec des espèces vivantes qui pourraient être confondues avec elles. En examinant tous ces fos- siles, nous devrons même aborder aussi une question fondamentale en Géologie : c'est celle de la fixité des espèces. 11 s'agira de décider s'il est des espèces qui, subissant des modifications, ont passé successivement par toutes les formes diverses que nous voyons représenter une classe à différentes époques, et de démontrer alors comment les indi- vidus qui ont propagé les espèces ont survécu aux catastrophes géologiques que nous savons avoir eu lieu entre leurs apparitions successives, ou comment les individus qui auraient échappé à ces catastrophes, auront pu se répandre de nouveau sous la forme qu'ils présentent dans une autre formation; ou encore, de voir s'il est certaines es- pèces fixes, ou certains groupes d'espèces qui aient paru subitement ensemble pour la première fois; questions géologiques qu'il appartient à la Paléontologie de résoudre, et que les naturalistes ne paraissent pas toujours avoir prises en considération, quand ils ont admis la transition d'un si grand nombre d'espèces d'une formation dans une autre, malgré les différences, souvent peu saillantes, à dire vrai, qu'elles pi'ésentent toujours. Or ces questions n'intéressent pas seulement la Géologie; leur solution doit réagir sur toutes les sciences physiques et même sur les sciences morales. Les Perches fossiles rentrent dans la dernière des catégories indiquées; toutes celles que l'on connaît ont même été confondues avec la Perche commune. Aussi^ pour pou- voir apprécier exactement cette identité prétendue , ou les différences que présentent les espèces fossiles , il est nécessaire de passer en revue toutes les espèces vivantes qui ont été décrites jusqu'ici. Cuvier n'indique avec confiance qu'une espèce européenne du genre Perça; c'est \e P . Jliwiatilîs , dont la Perche d'Italie (P. italica) pourrait bien n'être qu'une va- riété, à moins que les différences qu'elle présente dans le coloris, la dentelure des pièces operculaires et la hauteur de la seconde dorsale, ne forment des caractères constans. Le prince de Musignano, dans ses belles monographies des animaux verté- brés d'Italie, nous tirera sans doute de cette incertitude. Quoi qu'il en soit, je con- nais encore une autre Perche européenne certainement différente de la Perche com- mune ; elle est particulière au bassin du Danube , et a été figurée par Schœfer dans son — 75 — Piscium PentaSj Tab. i , sous le nom de Perça vulgarisj que je lui conserverai, en faisant remarquer cependant que SduTfer, en lui donnant ce nom, n'a point eu Tin- tention de la distinguer du P . Jhunatilis. C'est donc une espèce nouvelle, quia été confondue avec la Perche conunune fP.Jlui'ialilisJ, et que je décrirai dans mon ou- vrage sur les Poissons d'eau douce de l'Europe centrale. Ce qui la distingue surtout, c'est sa forme ramassée, sa tête courte et obtuse, son corps plus large, avec le pédi- cule de la queue plus étroit, ses écailles plus rudes, ses teintes plus foncées, les dents acérées du bord inférieur du préopercule , qui sont en même temps plus longues et plus nombreuses que dans la Perche commune, et l'absence presque complète de den- telure aux bords du subopercule, de l'interopercule et du premier sous-orbitaire. Les plus grands individus que j'aie vus de cette espèce n'avaient pas plus de 8 pouces de longueur. Je ne l'ai observée que dans le bassin du Danube, où le P . Jliwiatilis ne se trouve pas. Je donne ici ces détails sur cette espèce en attendant que je puisse en pu- blier la ligure, parce que les espèces fossiles que je connais s'en rapprochent par leur port plus que de la Perche commune. Schrank l'indique aussi dans sa Fauna boica, et lui assigne comme cai^actère distinctif des rayons bifurques à la seconde dorsale, pré- tendant que le P .Jliwiatilis n'en a que de simples; ce qui est tout-à-fait faux. L'Amé- rique du Nord abonde en Perches qui se rapprochent beaucoup des nôtres, et qui ont été décrites par Cuvier sous les noms de P .flavescens, P. serrato-granulata , P . s^ra- nulata, P. acuta et P. gracilis. Le nombre des rayons épineux de toutes ces Perches se rapproche beaucoup de celui des nôtres ; c'est-à-dire qu'il y en a toujours deux en avant de l'anale, et de 13 à i5 à la première dorsale. Une espèce des Antilles porte le nom de P. Plumieri; le nombre de ses rayons n'est pas exactement connu. Les Indes Orientales et les Terres Australes nourrissent d'autres Perches qui dif- fèrent davantage des nôtres : elles n'ont que 9 rayons épineux à la première dorsale, mais en revanche elles en ont 3 en avant de l'anale. Ce sont les P. ciliata Ruhl et Van Hasselt, P. marginata et P. Trutta Cuv. et Val. Par la disposition et le nombre de leurs rayons, les Perches fossiles de nos terrains tertiaires lacustres se rapprochent plus des Perches de l'Inde que de celles d'Europe et d'Amérique. Les autres Per- coïdes d'Europe appartiennent aux genres Aspro j Lucioperca et Aceiina. I. Perça lepidota Agass. Vol. 4- Tab. 10. Un coup-d'œil suffit pour s'assurer que ce beau poisson appartient au genre Perça, tel qu'il a été définitivement circonscrit par 31. Cuvier dans le Règne animal et dans VHist. nat. des Poissons. Je ne m'arrêterai donc pas à démontrer qu'il doit réelle- — 76 — ment être placé dans la famille et le genre indiqués. Les détails que je vais donner en décrivant l'espèce, suffiront pour faire retrouver tous les caractères génériques. Au Musée de Carlsrulie il se trouve deux plaques correspondantes de cette es- pèce, dont l'une, qui est l'original de ma figure, présente à elle seule tous les ca- ractères nécessaires à la détermination spécifique. 3Iais pour ne pas se méprendre sur quelques-uns de ses détails, il convient d'indiquer de quelle manière cet exemplaire s'est fendvi. Il est d'abord évident que toutes les nageoires sont restées sur notre plaque , mais sans entraîner avec elles les os auxquels leurs rayons s'articulaient; l'anale seulement présente une impression occasionnée par le i*" interapophysaire; et vers la nuque on voit quelques apophyses épineuses de la colonne vertébrale et leurs os interapophy- saires. Tout le tronc et la colonne vertébrale sont restés sur la plaque opposée, que je n'ai pas fait dessiner, excepté les dernières vertèbres caudales et l'empreinte des apo- physes épineuses de celles qui précèdent. Notre empreinte n'est donc que le creux laissé par la surface gauche du poisson , tapissé seulement de la moitié des écailles qui est visible extérieurement; derrière la pectorale les écailles tout entières ont passé sur notre plaque , et l'on voit en entier leur bord antérieur qui est lobé , et dont la con- vexité est dirigée en avant, parce qu'on voit ici les écailles par leur surface interne. L'on ne peut pas se faire une idée plus juste de la position de ces parties, qu'en se fi- gurant un poisson collé fortement par son côté gauche sur une surface plane , et à la- quelle les nageoires, la partie postérieure libre des écailles , et çà et là des écailles en- tières, seraient restées attachées, lorsqu'on aurait cherché à le dégager. Il résulte de là que les parties restées sur notre plaque ne sont visibles que par leur surface in- terne, et que ce sont la pectorale et la ventrale de gauche qui s'y trouvent. C'est aussi ce qui explique pourquoi presque toutes les écailles semblent avoir été partagées du haut en bas. Il en est un peu autrement de la tête : sa partie antérieure au moins est restée sur notre plaque, et l'on y voit par sa face interne Tintermaxillaire gauche, recouvert à son extrémité inférieui*e par le maxillaire inférieur du même côté, que l'on voit aussi par sa face interne. Le maxillaire inférieur droit, déplacé et descendu, se voit par sa face externe; les rayons branchiostègues gauches, par leur face interne; l'humérus gauche, de même. Enfin, l'on distingue en arrière l'empreinte de la face externe de l'opercule droit. J'ai été obligé de faire dessiner cette empreinte plutôt que l'autre, parce qu'elle pré- sente bien toutes les nageoires, et que d'ailleurs les difficultés qu'offre l'étude des os de la tête sont les mêmes pour les deux plaques. Si j'avais fait figurer la face gauche bombée du poisson, j'aurais été privé des nageoires, et je n'aurais rien gagné pour la — 77 — colonne vertébrale, qui, dans la plaque iuédite, est entièrement cachée , et de nature à ne pouvoir être mise à découvert. Pour compléter la description de cette espèce, il faut donc encore attendre la découverte d'un exemplaire oh la colonne vertébrale et ses apophyses soient Aàsibles, ainsi que les osselets interapophysaires et les arêtes muscu- laires. — Il paraît que, comme les Tanches, les Perches fossiles, par la mucosité de leur surface, s'attachent plus fortement aux parties terreuses qui les entourent, et font plus facilement corps avec elles; ce qui rend l'étude de leur osléologie très-difficile, impossible même, parce qu'alors on ne saurait mettre convenablement à découvert tous les os du squelette. Le Musée de Strasbourg possède aussi un fort bel exemplaire de cette espèce, dont les dimensions sont presque du double plus considérables que celles de l'exemplaire du Musée de Carlsruhe. La forme générale de cette espèce se rapporte assez bien aux proportions et aux di- mensions du Perça Jlia'iatîlis. Cependant l'espèce fossile dont il s'agit ici avait la tête proportionnellement jîlus petite et plus courte, et la nuque moins hombée-, le tronc, entre la seconde dorsale et l'anale, est plus gros, plus large et plus épais. Sous ce dernier rapport , et en général quant à son épaisseur, elle a donc plus d'affinité avec le P. vulgaris (Agass. Hist. nat. des poissons d'eau douce de l'Europe centrale) qui vit dans le bassin du Danube, mais dont la taille ne dépasse jamais 8 pouces, et dont la tête est plus grosse et plus obtuse que celle du P . Jluviatilis . Quant aux proportions de ses parties, la dorsale épineuse, quoiqu'elle ait moins de rayons, est plus longue que dans les espèces vivantes; mais ses rayons sont plus éloignés les uns des autres. L'anale est opposée à la seconde dorsale; seulement son bord antérieur est un peu plus reculé que celui de cette nageoire. Les ventrales, lui peu plus en arrière que les pecto- rales, sont tant soit peu plus en avant que le commencement de la dorsale épineuse. La ligne latérale s'étend parallèlement au dos, depuis l'angle supérieur de l'opercule jusqu'au milieu de l'insertion de la caudale. Mais ce qui caractérise surtout cette espèce, et ce qui ïa distingue particulièrement du P . Jluviatilis , ce sont les grosses écailles dont elle est recouverte, et qui propor- tionnellement sont d'un tiers plus grandes que dans les espèces vivantes ; elles pa- raissent en outre plus larges que longues, comme le font voir quelques écailles éparses sur la partie postérieure de notre plaque. Leur structiue est du reste parfaitement conforme à celle des Perches vivantes , c'est-à-dire que le bord postérieur des nou- velles lames qui forment successivement l'écaillé, devient toujours plus lobé, ensuite dentelé, et enfin armé de piquans qui finissent par former plusieurs séries de dents disposées en éventail sur le bord postérieur de l'écaillé; le bord antérieur, caché dans la cellule dans laquelle se forme l'écaillé, est plus ou moins lobé, et la surface anté- rieure marquée de sillons divergens dirigés en avant et atteignant les incisions qui sé- Tou. IV. - 11 — 78 — parent les différens lobes de ce bord. Ces sillons sont plus nombreux que dans les écailles de nos perches. Quoique les os de la tête ne soient pas très-bien conservés , l'on en reconnaît ce- pendant presque toutes les parties , et notamment l'arête occipitale, les larges fron- taux, le mastoïdien, l'opercule, le préopercule j on ne distingue pas bien l'interoper- cule et le subopercule l'un de l'autre, mais d'autant mieux le temporal; le vomer et le palatin, et les dents qu'ils portent, sont également visibles; un peu plus bas se trouve le maxillaire supérieur gauche et un vestige de l'intermaxillaire du même côté; son bord ne pouvant être mis à découvert sans qu'on enlève le mandibulaire, je n'ai pas vu ses dents. Le jugal et le transverse, ainsi que les mandibulaires droit et gauche, et leurs dents en velours ras, sont à découvert. Entre le jugal et le temporal, on voit l'empreinte du symplectique. Quant au scapulaire, à l'humérus, et aux rayons bran- chiostègues , ils sont si brisés, qu'il est impossible de distinguer nettement leur con- tour , ou d'apprécier le nombre de leurs pièces. Cependant il est peu probable que ces os diffèrent, par leur disposition générale, de ceux des espèces vivantes. Dans la pectorale, qui est étalée, je compte distinctement i6 rayons; l'on voit en dessous l'apophyse styloïde de la ceinture thoracique. Les ventrales ont un gros rayon épineux et 5 rayons mous. L'anale présente une différence marquante d'avec nos es- pèces vivantes : à son bord antérieur il y a 4 rayons épineux , dont le troisième est très-gros et très-épais; le quatrième est le plus long; le premier est très-petit. J'insiste sur ce caractère, parce qu'il constitue une différence plus notable que celles qui dis- tinguent nos espèces vivantes entr'elles. De plus il y a à l'anale 9 rayons articulés et bifurques. — ■ Il paraît que la caudale avait i5 grands rayons, et de chaque côté plu- sieurs petits; elle est trop froissée pour que l'on puisse déterminer exactement leurs rapports. Il en est de même de la seconde dorsale; cependant elle paraît avoir eu i5 rayons. Son premier rayon, qui est simple, est plus mince que les épines de la pre- mière dorsale; et c'était le plus long rayon de la seconde dorsale; les i4 rayons mous qui suivent, deviennent insensiblement plus petits; les derniers s'étendent au delà de l'anale. Mais de tous les caractères qui distinguent cette espèce, il n'en est aucini plus saillant que les gros aiguillons dont est formée la première dorsale. Il y en a 9, dont les troisième, quatrième et cinquième sont les plus longs et les plus gros; les deux pre- miers s'allongent progressivement, et les derniers vont en diminuant insensiblement de longueur. Cette espèce n'a encore été trouvée que dans les schistes lacustres d'OEningen; les exemplaires du Musée de Carlsruhe et celui du Musée de Strasbourg sont les seuls que j'aie vus jusqu'ici. Il paraîtrait inconcevable que dans son Mémoire sur OEningen , Karg qui a eu sous — 70 — les yeux les exemplaires du Musée de Carlsruhe, qui se trouvaient autrefois dans la col- lection du couvent de Mœrsburg, ait pu envisager celte espèce comme identique avec le P . Jlaviatilis , si l'on ne voyait pas à chaque page de son livre qu'il était dominé par l'idée tliéorétique qu'il s'était faite de la formation du dépôt d'OEningen. M. Studer m'a communiqué une écaille provenant d'une marne de la Molasse du Gournigel, qui ne me paraît différer en rien de celles du P. lepidota que l'on voit éparses sur la plaque de la Tab. lo. II. Perça, angusta Agass. Vol. 4. Tab. II Dans une note ajoutée à ma notice sur les Poissons d'eau douce des terrains ter- tiaires, insérée dans le Journal de Léonbard et Bronn, i83o, M. Bronn rapporte ce poisson au genre Cottus. M. Brongniart possède un nombre considérable d'exemplaires de cet intéressant poisson, assez bien conservés pour qu'il soit possible de déterminer le genre auquel il a appartenu, et de rétablir les caractères de l'espèce. Il a bien voulu me permettre den faire la description^ et ce sont les détails tirés de ses exemplaires que je vais communiquer 5 les originaux de mes figures font tous partie de sa collection. Les plaques de M. Brongniart sont au moins au nombre de vingt, et contiennent des in- dividus de différentes dimensions, depuis un pouce et demi jusqu'à cinq ou six pouces. ils étaient étiquetés du nom de Perça Jluviatilis ; et en effet ce poisson se rapproche beaucoup de nos Perches vivantes. On en voit aussi plusieurs exemplaires au Mu- séum d'Histoire naturelle, ainsi que dans la collection de M. Yalenciennes. Enlm, j'en ai vu tout récemment encore au Musée d'Oxfordy ensorte que je connais mainte- nant cette espèce sous toutes ses faces et à différens âges. De tous les poissons à moi connus, la Perche à grandes écailles d'OEningen est ce- lui dont il se rajîproche le plus. Ils présentent même tous deux des caractères communs si particuliers, que malgré leur grande affinité avec les Perça, telles que Cuvier les a définies, et auxquelles ils appartiennent certainement, il faudra en former une petite sous-division de ce genre, distinguée par g rayons à la dorsale épineuse et par 3 épines en avant de l'anale, comme les Perches de l'Inde et de la Nouvelle-Zélande; celles d'Europe et d'Amérique ayant de 12 a i5 rayons à la dorsale et 2 seulement en avant de l'anale. Par ces caractères ces deux espèces fossiles se rapprochent, il est vrai, du gem-e Lates, mais sans avoir ni des rayons aussi épais, ni des épines saillantes à l angle du préopercule, ni la caudale arrondie. C'est pourquoi, et malgré ces caractères, je pense qu'on ne peut pas complètement séparer génériquement ces espèces fossiles des — 80 — Perches vivantes ; on n'a déjà que trop multiplié les coupes génériques, et dans la classe des poissons et dans tout le règne animal (*). Parmi les exemplaires de la collection de M. Brongniart, il y en a surtout deux très-précieux : l'un, fig. 2, présente d'une manière bien complète toutes les parties de la colonne vertébrale et des nageoires, et vient sous ce rapport compléter les carac- tères que l'on observe dans l'autre, fig. 3, qui est plus grand, et qui a surtout la tête assez bien conservée. La fig. 1 indique les rapports généraux des parties entr'elles, dans un jeune individu. La colonne vertébrale est composée de 12 vertèbres abdominales et de 18 caudales; caractères qui rapprochent de nouveau ce fossile du genre Perça j et l'éloignent des Lates. Les apophyses épineuses de toutes les vertèbres sont proportionnellement courtes et minces 5 les vertèbres sont exactement conformées comme dans les Perches. Les côtes sont assez épaisses, mais courtes. Je n'ai pu distinguer les arêtes musculaires qui, dans la Perche commune, sont insérées sur les grandes côtes. L'aspect de cette espèce est singulier : elle réunit les caractères de plusieurs es- pèces vivantes; et d'entre toutes, c'est avec VAspro Zingel qu'elle a le plus de ressem- blance extérieure. Elle en a presque entièrement la forme. La première dorsale est très-arrondie ; ses rayons antérieurs et postérieurs sont très-courts; les moyens sont les plus longs ; il y en a 9, de moyenne grosseur , portés sur autant d'osselets intera- pophysaires, dont les antérieurs sont les plus gros, et dont le premier est attaché en avant de la troisième apophyse épineuse, et le dernier à la neuvième. La seconde dor- sale n'est ni plus élevée , ni composée de rayons aussi forts que la première ; son pre- mier rayon est un petit épineux, tant soit peu plus long que le dernier de la nageoire antérieure. Il y a au moins 10 rayons mous : c'est le nombre que j'ai vu ; mais comme le bord postérieur de la nageoire n'est pas très-bien conservé, il se pourrait qu'il y en eût davantage. L'anale correspond à la seconde dorsale; son bord antérieur est seulement un peu plus en arrière. Le premier interapophysaire, qui est très-gros , est formé delà réu- nion de deux de ces os auxquels s'attachent deux des épineux; le troisième soutient un épineux plus petit. Des trois épineux, le second est le plus long et le plus gros; il est cependant un peu plus court que les plus grands rayons mous. Il y a en tout 8 rayons fourchus, dont les deux derniers sont très-rapprochés ; ils sont portés sur 7 petits (*) Je ciois que le meilleur moyen de mettre un terme à celte multiplication infinie des coupes génériques serait, lorsqu'on découvre des types qui présentent des différences sous-génériques , de leur donner immédiatement un nom, tout en se déclarant positivement contre la manie si répandue d'ériger des subdivisions en genres particuliers. De cette manière, on ôterait à ces plagiaires qui ne font que fabriquer sans cesse de nouveaux noms à l'aide d'un dictionnaire grec ou lain, les moyens de mettre leur mihi ou leur nobis, dernier ternie de leur ambition, à des noms désignant des coupes génériques dont ils se font souvent à peine une juste idée. — 8i — interapopliysaires, qui s'altaclicnt en dessous de la sixième apophyse épineuse inférieure. La caudale est petite; ses rayons externes sont un peu plus gros; son extrémité pos- térieure est légèrement échancrée. Elle se compose de rayons disposés comme suit : 8. I. 8.7. I. 10. Les petits rayons externes s'attachent aux apophyses épineuses des trois vertèbres qui précèdent celle qui est dilatée en plaque rayonnée. Les ventrales, placées un peu plus en arrière que les pectorales, et fixées à des os pelviques vigoureux, sont passablement grandes. Leur épineux est fort et légère- ment arqué. Elles ont en outre 5 rayons mous, d'un tiers au moins plus longs que répineux. Les pectorales sont formées de rayons assez grêles, placés sur une ligne légèrement arquée. Je compte i5 de ces rayons; mais comme leur extrémité n'est pas conservée, je ne puis en indiquer la forme. La tête est bien celle d'une Perche. La ceinture thoracique, sa proéminence au des- sus de l'insertion de la pectorale droite, l'opercule, la conformation du préopercule, la disposition des rayons branchiostègues, la place qu'occupe l'orbite, la conformation des mâchoires armées de dents en velours, dont on distingue l'empreinte, la gueule très-fendue, etc. , donnent tout autant de caractères en harmonie avec la position gé- nérique assignée à cette espèce. La seule différence que je remarque à la tête est re- lative à sa forme : la crête occipitale est moins élevée, la tête par conséquent un peu moins large que dans les Perches proprement dites; ce qui la fait ressembler à celle de VAspron Zingle; ressemblance qu'augmente encore la forme légèrement bombée du museau. Cette espèce provient des Lignites de Menât (Puy-de-Dôme). III. Perça. Beaumonti. Agass. Yol. 4. Tab. Il a. M. Elie de Beaumont m'a fait voir dans la collection de l'Ecole des Mines un exem- plaire de Perche provenant des schistes d'Aix en Provence j et qui constitue une es- pèce particulière de ce genre, à laquelle je m'empresse de rattacher le nom du savant distingué qui par ses vastes et hardies conceptions a le plus contribué aux progrès que la Géologie a faits dans ces derniers temps. Au Muséum d'Hist. nat. il s'en trouve un exemplaire très-complet, donné par M. Barthe, et une empreinte moins parfaite qui n'offre que la partie antérieure du tronc en creux. La Société Géologique de France en possède un grand exemplaire sans tête, donné par M. Boue. Enfin, dans la collec- tion de feu M. Régley il s'en trouve un très-petit, qui est parfaitement bien conservé. Toutes ces plaques proviennent également d'Aix, où cette espèce paraît ne pas être — 82 -^ très-rare. Les poissons de cette localité que j'ai eu occasion d'observer jusqu'ici, sont les suivans : Smerdis minutuSj Perça Beaumonti , Cottus Aries , Mugil princepSj Sphenolepis squamosseus et Anguilla multiradiata. La présence de ces poissons dans ce gisement paraît indiquer un dépôt d'eaux saumâtres; et les rapports du Perça Beau- monti et àe V Anguilla multiradiata avec la Perche et l'Anguille d'OEningen, un terrain tertiaire supérieur. La forme générale du P. Beaumonti est encore celle de nos Perches. La fîg. i de cette planche représente le petit exemplaire de la collection Régley; la fig, 2, celui de la collection de l'Ecole des Mines, et la fig. 3 celui du Muséum. Par leurs contours ces poissons semblent différer beaucoup entreux : celui de la fig. 2 , surtout, est beaucoup plus large que les autres; mais il est évident que dans cet exemplaire la tête, la cein- ture thoracique et une partie de l'abdomen se sont détachés de la colonne vertébrale , et qu'ils en sont plus éloignés que dans l'état naturel. L'exemplaire de la fig. i , com- paré à celui de la fig. 3, prouve au surplus que dans cette espèce, comme dans les Perches vivantes , les jeunes ont le corps proportionnellement plus grêle que les vieux. Ce qui caractérise le plus nettement cette espèce, c'est la, dentelure du préoper- cule, qui forme à son bord postérieur une scie fine à petites dents uniformes, tandis que les dents de son bord inférieur sont distantes, successivement plus grosses de l'angle à l'extrémité antérieure de l'os, et surtout séparées par des découpures arron- dies, et leur pointe tournée en bas et même en arrière. Dans la fig. 3 cet os se voit en entier; on y distingue aussi la pointe de l'opercule, qui caractérise le genre. La tête est de grandeur moyenne; elle excède cependant le quart de la longueur totale. Les vertèbres sont conformées comme dans la Perche commune; mais il y en a moins, et leur corps est plus allongé. En revanche, leurs apophyses épineuses sont plus grosses, et les côtes plus courtes. Je ne puis indiquer exactement le nombre des vertèbres, attendu qu'elles sont très-disloquées; cependant il me paraît y en avoir ly caudales et 10 abdominales. Il serait important de pouvoir déterminer si ces nombres sont caractéristiques pour la division des Perches à 3 épineux en avant de l'anale et 9 à la doi'sale. Ce qu'il y a de certain, c'est que les P. angusta et lepidota ont aussi moins de vertèbres que la Perche de nos lacs. Les pectorales sont très-grèles, et leurs rayons plus allongés que dans nos Perches. L'épineux des ventrales n'est pas très-gros , mais presque aussi long que les rayons mous. Ces dernières nageoires sont très-bien conservées dans la fig. i ; les premières se voient mieux dans la fig. 3. Mais c'est l'anale qui est surtout remarquable (fig. 3.) : ses trois épineux sont beaucoup plus gros que dans aucune autre Perche, et le pre- mier est de moitié moins long que les deux autres , qui n'atteignent cependant pas tout-à-fait à l'extrémité des grands rayons mous. Le nombre de ces derniers rayons est de 9 ou 10. Les interapophysaires qui portent les épineux sont très-vigoureux. — 85 — . La dorsale antérieure a 9 rayons sensiblement arques, qui vont en s'allongeant pro- gressivement jusqu'aux quatrième et cinquième, puis se raccourcissent insensiblement de nouveau; d'où il résulte que le pourtour de la nageoire est arrondi. La seconde dor- sale a 12 rayons, dont le premier est épineux; les suivans, articulés, sont grêles et bifurques jusqu'à la moitié de leur longueur. Ces deux nageoires sont surtout bien conservées dans l'exemplaire de la iig. 1. La caudale est fourchue; sa forme est bien conservée dans la fig. i, tandis que les détails de ses rayons se voient mieux dans les deux autres; il y en a 8 fourchus au lobe supérieur, et 7 au lobe inférieur; de chaque côté un simple qui atteint presque l'extré- mité de la nageoire, et plusieurs petits de chaque côté de sa base. Les écailles sont de moyenne grandeur. Leur bord postérieur ne se voit dans aucun des exemplaires que j'ai examinés; mais dans la plupart on distingue les sillons qui donnent à leur partie antérieure l'aspect d'un éventail. 84 — CHAPITRE YIII. DU GENRE LABRAX. Les Labrax de Cuvier sont des poissons voisins des Perches , et qui participent des principaux traits de leur organisation; ils en diffèrent cependant par des caractères suf- fisans pour constituer un genre à part. L'opercule des Labrax est armé d'une double pointe 5 leurs sous-orbitaires, leur interopercule et leur subopercule sont dépouivus de dents; mais, d'un autre côté, ils ont toutes les pièces operculaires couvertes d'é- cailles. Leur dentition est celle des Perches, mais ils ont en outre la langue recou- verte en grande partie de très-petites dents en velours ras. Comme elles aussi, ils ont le préopercule dentelé à son bord postérieur, et armé, vers son angle arrondi et à son bord inférieur, d'épines qui deviennent insensiblement plus grosses et plus acérées. Un caractère particulier à quelques Zaôrajc , est d'avoir aussi le maxillaire garni d'écaillés à sa partie dilatée. Dans son ensemble, le squelette des Labrax diffère peu de celui des Perches. Celui du L. Lupus a les corps des vertèbres un peu plus gros et un peu plus longs , proportion- nellement aux apophyses épineuses. On compte 1 1 vertèbres abdominales; les côtes des deux premières sont très-grèles , moins cependant celles de la première que celles de la seconde; elles sont, ainsi que toutes les suivantes, comprimées et à bord tranchant, vont en diminuant successivement de grandeur, et portent de petites arêtes intermus- culaires qui plus tard s'attachent aux corps mêmes des vertèbres. Dès la quatrième ver- tèbre on distingue les apophyses transverses , qui vont en s'allongeant jusqu'à ce qu'elles se réunissent pour former les apophyses épineuses inférieures ; dès la dixième vertèbre elles sont réunies par des arcs internes qui embrassent les grands vaisseaux. Il y a i3 vertèbres cavidales, dont la dernière se dilate en 6 apophyses plates qui portent les grands rayons de la caudale. Le crâne est plus comprimé que dans la Perche. H y a derrière la nuque 3 osse- lets interapophysaires sans rayons. Les trois premiers de la dorsale épineuse sont les plus longs, les plus gros et les plus forts. Le premier de l'anale s'attache à l'apophyse inférieure de la I S""" vertèbre. La formule des rayons pourrait être exprimée comme suit : Dorsales, IX. — I, la. Anale, llï. n- Caudale, 8 à 9. I. 8. 7. I. 8. Ventrales, I, 5. Pectorales, 18. — 85 — Quelque voisins que soient les genres Perça et Lahrax, leurs écailles diffèrent suflisamment pour qu'il soit toujours facile de les distinguer les unes des autres. Dans le genre Labrax, les bords des lames d'accroissement sont très-distinctes dans la ré- gion supérieure et inférieure de la partie de Técaille qui est cachée , tandis qu'à sa partie antérieure les nombreux sillons qui s'étendent en éventail depuis le centre d'ac- croissement, les rendent presque imperceptibles. Ces sillons sont en plus grand nombre au bord de l'écaillé qu'à leur point de départ, et ce bord est légèrement fes- tonné; au lieu que dans les Perches, les échancrures marginales qui les séparent sont très-profondes. Le bord postérieur de l'écaillé, qui est visible à l'extérieur, est garni de pointes plus acérées que dans les Perches; et ce qui distingue surtout ces pointes dans les Labrax j c'est que, placées exactement les unes sous les autres au bord des lames d'accroissement successives, il en résulte des rayons qui font aussi éventail à ce bord postérieur et se terminent en pointes aiguës, tandis que dans les Perches, les découpures des lames d'accroissement alternant dans leur superposition , il en résulte des séries de piquans qui se croisent et dont les extérieurs sont les plus grands. Si le L. mucronatus devait un jour former un genre à part, caractérisé par les dif- férences qui distinguent cette espèce des autres Labrax, c'est à lui que notre L. le- pidotus devrait être associé. f I. Labrax? lepidotus Agass. Yol. 4. Tab. i3, fig. I. N'ayant pas revu l'exemplaire d'après lequel j'avais décrit et fait figurer ce poisson à Munich, en 1829, et que j'ai négligé d'examiner de nouveau lors de mon dernier séjour dans cette ville en i833, il me reste sur plusieurs de ses caractères quelques doutes, que mes notes sont insuffisantes pour éclaircir maintenant. Je sollicite donc de nouveaux documens de la part de ceux qui auraient occasion de voir et d'examiner l'original de ma figure, ou de découvrir ailleurs d'autres exemplaires de cette espèce, afin de pouvoir déterminer définitivement si c'est bien au genre Labrax qu'il faut rapporter ce poisson _, ou bien s'il doit peut-être rentrer dans le genre Apogon, dont il me paraît plutôt avoir le port et les nageoires. Cependant j'y vois deux épines à l'o- percule; et c'est ce caractère qui m'avait engagé à le ranger dans le genre Labrax , et même à le rapprocher du L. mucronatus qui habite l'Amérique , et dont il diffère par les proportions de ses parties entr'elles. Si toutefois c'était dans le genre Apogon qu'il dût être définitivement placé, il resterait à le comparer avec les nombreuses es- pèces exotiques de ce genre qui ont été décrites, et que je n'ai point maintenant sous les yeux. Ne trouvant d'ailleurs aucun autre détail sur la forme de leurs nageoires dans ToM. IV. 12 — 86 — l'Hist. liât, des Poiss. de MM. Cuvier et Yalenciennes , si ce n'est qu'ils assignent une caudale demi-fourchue aux A. cupreus j latus et multit œniatus Elirenb : le seul fait qui le concernerait alors, et que je puis dès à-présent affirmer, c'est qu'il diffère sen- siblement par sa caudale fourchue de VA. spinosus de Monte-Bolca; et cette forme de nageoire étant même tout-à-fait insolite dans le genre Apogon , je conserverai provisoirement la dénomination de Labrax lepidotus sous laquelle j'ai enregistré cette ^espèce dans mon tableau des poissons fossiles de Monte-Bolca. Ce seul exemplaire de L. lepidotus que j'aie vu, se trouve au Musée de Munich, et provient de Monte-Bolca. La partie antérieure et supérieure de la tête est fort en- dommagée. Le préopercule offre à son bord postérieur une fine dentelure; mais on ne voit j^as le contour de son bord inférieur. Les pectorales ont entièrement disparu. Il n'est resté des A^entrales que des rayons confus, placés en arrière d'une large em- preinte de l'humérus. La caudale, très-bien conservée, est fourchue; de chaque côté un grand rayon simple s'étend jusqu'à l'extrémité de ses lobes, et à leur base il y en a plusieurs autres très-petits; du reste, il y a 8 rayons fourchus au lobe supérieur, et 7 seulement au lobe inférieur. Ces rayons ont des articulations assez rapprochées, et sont bifurques à plusieurs reprises à leur extrémité. La structure de cette nageoire est évidemment conforme, à celle des Labrax , tandis que l'anale et la seconde dor- sale ressemblent tout-à-fait à celles des Apogon. Au lieu de 3 rayons épineux en avant de l'anale, il n'y en a que 2, dont le premier est très-court, et le second très-vigou- reux et presque aussi long que les rayons articulés, qui sont au moins au nombre de 8. Cette nageoire est opposée à la seconde dorsale, seulement un peu plus en arrière. Au bord antérieur de la seconde dorsale il y a un fort épineux suivi de 9 rayons mous, dont les premiers sont plus longs que lui, mais dont les suivans diminuent suc- cessivement de longueur. Cette nageoire est donc coupée carrément comme dans les Labrax, tandis qu'elle est étroite comme dans les Apogon. On distingue au moins 8 rayons épineux à la première dorsale; les deux premiers sont les plus courts, et le troisième est le plus long; les suivans vont en diminuant insensiblement de longueur; ce qui donne à cette nageoire une forme arrondie qui la fait ressembler davantage à celle des Labrax qu'à celle des Apogon. Ce mélange de caractères de Labrax et à^ Apogon est une singularité qui rendra la position générique de ce poisson peut-être encore douteuse, alors même que les dentelures des os de sa tête seront mieux con- nues. Par l'égalité de sa seconde dorsale et de son anale, il se rapproche du L. mucro~ natus; mais la partie antérieure de son corps est moins large, et sa première dorsale, plus étroite, paraît avoir un rayon de moins. D'un autre côté, le pédicule de la queue ne se rétrécit pas aussi brusquement que dans les Apogon, La colonne vertébrale est en partie enlevée ; ce qui ne permet pas de 23réciser le — 87 — nombre des vertèbres. Celles que l'on voit ont le corps court, les apopbyses épineuses peu élevées; et leurs côtes sont de moyenne grandeur. Comme dans le L. mucrona- tus, les écailles sont à proportion plus grandes que celles du Labrax commun d'Eu- rope; et ce caractère rapproche encore jusqu'à un certain point ces deux poissons de ïy4pogon. Il serait bien intéressant de pouvoir examiner des exemplaires parfaits de cette es- pèce. La comparaison que l'on en ferait avec les Percoïdes vivans, contribuerait sans doute à rattaclier encore plus intimement les Apogons aux Percoïdes à deux dorsales et à 5 rayons mous aux ventrales. II. Labrax major Agass. Vol. 4. Tab. 12. Je ne connais encore qu'un seul exemplaire de cette espèce , figuré dans ma pi. 12, et qui a été déposé au Mus. d'Hist. nat. de Paris par M. DesHayes. Il provient du cal- caire grossier de Passy . Cet exemplaire n'est pas très-complet ; cependant il est en assez bon état pour qu'il m'ait été possible de le déterminer. M. Faujasde St. Fond a décrit dans les Mém. du Muséum, (vol. i , p. 353), sous le nom de Corjphenej un poisson provenant du calcaire grossier de Nanterre , qu'il ne faut pas confondre avec celui-ci , quoiqu'il en ait à-peu-prèsla forme et les proportions; car c'est un Denté, auquel j'ai donné le nom de Dentex Faujasii, et que je décrirai plus tard; au lieu que celui de Passv est un vrai Labrax. La roche qui contient les débris du squelette de ce poisson est tellement friable, qu'il est peu probable que cet exemplaire se conserve encore long-temps dans son état actuel. Lorsque j'ai pu le faire dessiner, quelques détails que l'on apercevait encore au mom,ent oîi M. Valenciennes mêle fit voir pour la première fois, avaient déjà dis- paru. Ainsi, l'on distinguait, soit comme empreinte, soit en substance, au bord même de l'os, des traces de la dentelure du préopercule et des épines de l'opercule.. Je n'ai pu découvrir au bord des mâchoires que des dents en brosse . Mais ces caractères seuls suffisent pour prouver que ce poisson n'est pas le même que celui qui a été dé- crit par Faujas. Les dimensions du L. major sont le caractère spécifique qu'il est le plus facile d'ap- précier encore dans notre exemplaire, vu son état de conservation, La tête est beau- coup plus grande que dans les espèces vivantes ; elle égale environ le tiers de la lon- gueur totale du poisson. Cependant elle n'est pas très-grosse. Le contour de la nuque se prolonge dans une même direction en s'abaissant insensiblement jusqu'au bout du museau. La gueule est très-fendue. Le maxillaire inférieur est allongé et étroit ; Tinter- — 88 — maxillaire , dont il ne reste plus que la branche montante et la moitié antérieure , paraît avoir été très-vigoureux; le maxillaire supérieur est moins épais. L'orbite est petite, placée vers le bord supérieur de la tête et un peu plus en avant cpié son milieu. La ceinture thoracique formait une large saillie au dessus de l'insertion des pectorales, dont il ne reste aucun vestige. En dessous et en arrière de cette saillie, on aperçoit encore des fragmens du styloïde , au dessous desquels se trouvent les rayons confus des deux ventrales, qui paraissent avoir été plus grandes que ddLUS les Labrax vivans. Au bord extérieur de la ventrale gauche on voit l'empreinte d'un rayon épineux. Il n'est resté que quelques traces peu distinctes des rayons branchiostègues. La colonne vertébrale indique bien aussi un Percoïde. Il y a lo vertèbres abdomi- nales, dont les apophyses épineuses , surtout la troisième et les quatre suivantes, sont extrêmement grosses; les dernières et celles des vertèbres caudales, tant les supé- rieures que les inférieures, diminuent insensiblement de grandeur et de grosseur, et s'inclinent toujours plus vers l'extrémité de la queue. H y a i6 vertèbres caudales. Les côtes sont de moyenne grandeur, plus grosses cependant que dans la plupart des Per- coïdes. Les c[uatre dernières vertèbres abdominales ont des apophyses transverses ex- trêmement développées. Quant aux nageoires impaii'es , elles sont en général mal con- servées. Les épineux de la dorsale sont très-gros ; il paraît y en avoir eu 9 , dont le qua- trième était le plus grand. Les rayons articulés sont beaucoup plus grêles; mais il n'est pas possible de déterminer exactement leur nombre, non plus que leurs rapports avec les épineux. Les osselets interapophysaires ne sont pas proportionnellement aussi gros que les apophyses épineuses; le premier interapophysaire de l'anale , seulement, est très allongé et très-gros; les suivans sont beaucoup plus petits. Au bord antérieur de cette dernière nageoire il y a 3 rayons épineux , beaucoup plus gros proportionnelle- ment que chez les Lahrax vivans, et dont les deux premiers sont insérés sur le premier interapophysaire. Les restes de la caudale, quoique très-imparfaits, font cependant voir que cette nageoire était échancrée, ses rayons latéraux étant plus forts et plus al- longés que ceux du milieu. Comme on l'a vu au Chap. III, le calcaire grossier des environs de Paris contient une espèce de Lates ( le L. macrurus. ) Je viens d'indiquer deux autres espèces de cette formation, le Labrax major et le Dentex Faujasii. Les autres poissons de cette formation, que j'ai observés jusqu'ici, sont un nouveau genre de la famille des Ché- todontes , que je décrirai sous le nom de Macrostoma altum; un autre poisson de cette même famille, sur la position générique duquel il me reste encore des doutes, et enfin un très-bel Histiopliore , dont l'Ecole des Mines et le Jardin des Plantes de Paris possèdent des exemplaires très-complets. _ 89 — III. Labrax schizurus Agass. 'Vol. 4. Tab. i3, fig. 1 et 3. Cette espèce ne se trouve pas figurée dans Vlttiolkologia x)erone&e ^ et quoique j'en aie vu plusieurs exemplaires, je ne suis pas encore parfaitement sûr que ce soit au genre Labrax qu'il faille la rapporter. En effet, la queue est plus allongée, et la caudale plus fourchue que chez nos Labrax vwans. Mais cependant,, je ne crois pas pour le moment pouvoir placer cette espèce plus convenaljlement que dans ce genre. Elle a bien quelques rapports éloignés avec les genres Centropomns et EteliSj mais ses deux dorsales sont beaucoup plus rapprochées, et elle n'a pas de dents canines aux mâchoires. Elle offre également quelque ressemblance avec les Dules et les Smer- dis ; mais son affinité avec les Labrax l'emporte. L'original de ma fig. 3 se trouve au Muséum d'Histoire naturelle de Paris ^ il pro- vient du cabinet de M. Bournon. C'est la plus parfaite de deux plaques correspon- dantes. En Angleterre j'en ai vu d'autres exemplaires dans la collection de Lord Cole et dans celle de M. Yoimg à Whitby. L'original de ma fig. 2 appartient à M. Young. La forme générale de ce poisson est allongée ; sa largeur égale environ la longueur de la tète, et est comprise près de cinq fois dans la longueur totale. La gueule est petite et peu fendue. Il y a 9 à 10 vertèbres abdominales et i4 caudales, de moyenne grandeur. Leurs apophyses épineuses sont bien proportionnées et légèrement in- clinées en arrière. Les côtes sont grêles. Les pectorales, les ventrales et les rayons branchiostègues n'ont laissé que des traces incomplètes de leurs caractères. Il y a 9 rayons épineux à la première dorsale, qui diminuent insensiblement de longueur depuis le quatrième. La seconde dorsale est exactement opposée à l'anale j le nombre de ses rayons mous ne paraît pas être plus considérable que celui de ses épineux. En avant de l'anale il y a 3 épineux, sensiblement plus courts que les rayons articulés. L'espace du corps compris entre l'extrémité de ces deux nageoires et l'insertion de la caudale est beaucoup plus considérable que dans les Labrax vivans, et ne se rétrécit que très-insensiblement. La caudale est très-fourchue, composée de rayons bifur- ques à plusieurs reprises et articulés de fort près 5 on pourrait les formuler comme suit : 8, I, 7, 6, I, 7. Les écailles sont de moyenne grandeur. La ligne latérale , placée au tiers supérieur du corps, suit la courbure du dos. Cette espèce n'a encore été trouvée qu'à Monte-Bolca. _ 90 — CHAPITRE IX. DU GENRE DULES. Les espèces vivantes du genre Dules forment plusieurs groupes qui ont des carac- tères assez tranchés, et dont le squelette offre quelques particularités qu'il importe de signaler avant de décrire l'espèce fossile qui appartient à l'une de ces divisions. Les différences extérieui'es qui existent entre ces groupes ont déjà été indiquées par MM. Cuvier et Yalenciennes : ce sont, pour les uns, une dorsale indivise, 3 pointes à l'o- percule, et la caudale coupée carrément; pour les autres, i pointes seulement à l'o- percule, et une dorsale écliancrée. Dans cette seconde division du genre, les uns ont encore la queue coupée presque carrément, tandis que les autres l'ont très-fourchue. Je ne pense pas que malgré la forte échancrure de la dorsale, l'on puisse associer mon espèce fossile aux Thérapons; les fortes dentelures et les grosses épines qui ca- ractérisent ce genre, s'y opposent. Elle doit plutôt rentrer dans la seconde division des Dules. Du reste, le genre Dules est très-voisin du genre Serranus. Dans sa conformation générale, c'est avec le squelette des Serrans que celui des Dules a le plus de rapports; il est même très-curieux d'observer entre les divers pe- tits groupes de ce dernier genre les mêmes différences qui existent entre les sous- genres des Serrans. Le D. niarginatus, par exemple, a, comme les Anthias, deux vertèbres caudales de plus que le rupestris, c'est-à-dire, lo abdominales et i6 cau- dales; celui-ci, au contraire, n'a que i4 vertèbres caudales, mais il en a ii abdomi- nales; et même la onzième, qui, comme la dixième, ne porte pas de côte, est confor- mée d'une manière toute particulière. Ses apophyses inférieures médianes, réunies par un 'arc en vni canal qui contient les vaisseaux, se dilatent en bas en une large plaque concave, ou plutôt en ime espèce de bassin. Les apophyses inférieures des hui- tième, neuvième et dixième vertèbres, sont aussi réunies en arcades, quoique diver- gentes à droite et à gauche; plus en avant, elles se réduisent à former de simples apo- physes transverses, auxquelles s'attachent des côtes dont les premières paires sont très-longues et très-grosses, mais dont la septième et dernière paire est très-courte et très-grèle. La première paire seulement s'attache immédiatement au corps de la vertèbre; les deux premières vertèbres n'en portent pas. Dans le D. marginatus , la — 91 — première paire de côtes, qui s'attache à la troisième vertèbre, a aussi son point d'in- sertion immédiatement au corps de la vertèbre, et très-haut; les sept suivantes, à mesure qu'elles sont plus reculées, se fixent toujours un peu plus lias à des apo- physes transverses successivement plus longues et dirigées plus en bas et en arrière, et dont les deux dernières sont réunies par des arcs internes en un canal qui contient les vaisseaux. Outre ses trois épineux, l'anale a plus ou moins de rayons mous dans les difterentes espèces; on en compte de lo à 12. La tête des Diiles offre peu de particularités remarquables, si ce n'est que le préo- percule est à peine dentelé ; son seul bord inférieur l'est distinctement dans le T). niarginaius , ainsi que le premier sous-orbitaire. Dans cette espèce, ainsi que dans le D. riipestris, le suprascapulaire l'est d'une manière apparente. Les Dules, en général, sont de petits poissons qui habitent les régions tropicales de l'océan Atlantique et de la mer Pacifique. Ils ont moins de 7 rayons branchiostègues , et leurs dents sont toutes en velours. I. DULES TEMNOPTERUS AgaSS. Vol. 4. Tab. 21. Scisena Plumieri Ittiol. veron. Tab. 45, fig. 2. — De Blainv. Ichth. p. 45. Cette espèce est voisine des Z)z Je5 vivans , dont les dorsales sont presque séparées et dont la caudale est peu échancrée; elle a un peu l'apparence d'une Sciène, ou plutôt d'un LycopsiSj et c'est sans doute cet aspect qui lui aura valu le nom de Sciœna Plu- mieri, sous lequel elle a été figurée dans V Ittiol. veron. Outre les deux plaques de cet exemplaire, qui sont les originaux de mes figures et qui se trouvent au Muséum d'Hist. nat. de Paris avec les autres ichthyolithes de la collection de Gazzola, il y en a encore au Muséum une empreinte plus petite et beaucoup moins complète. Ce sont les seuls exemplaii^es que je connaisse. C'est du Dules tœniurus Cuv. et Val. que notre D. temnoptenis se rapproche le plus dans ses détails; mais il est facile de l'en distinguer à sa caudale beaucoup moins échancrée et à peine semilunaire. Cette espèce fossile a une forme régulière allongée, plus étroite que la plupart des espèces vivantes, à dorsale fortement échancrée et presque divisée en deux; d'où lui vient son nom spécifique. La caudale n'est que lé- gèrement échancrée, et ses angles paraissent un peu arrondis. Au nombre des ver- tèbres près, son squelette se rapproche beaucoup de celui du D. marginatus. Ce nombre est de 24? savoir 10 abdominales et i4 caudales; leurs apophyses épineuses sont petites et de moyenne longueur; les nuchales sont plus courtes et plus épaisses. Les côtes sont petites et très-minces. — 92 — La caudale est portée sur les apophyses des trois dernières vertèbres ; la pénul- tième et l'antépénultième , avec les osselets interapophysaires qui se trouvent en haut et en avant de la dernière, portent les petits rayons externes de cette nageoire; tan- dis que la dernière, qui se dilate en six apophyses plates, entre lesquelles se trouve encore en haut un osselet interapophysaire , porte les grands rayons externes et les rayons mous, articulés et fourchus. Leur nombie est de 6. L 8. 7. L 5 ou 6. La nageoire même est de moyenne grandeur ; par sa forme elle ressemble assez à celle de la Tanche. L'anale n'a rien de particulier ; son osselet interapophysaire antérieur est gros , et conjointement avec le suivant il donne attache aux trois premiers épi- neux , qui ne sont pas absolument les plus longs de la nageoire , et dont le second est le plus gros ; les sept interapophysaires suivans sont très-petits ; ils donnent inser- tion à huit i"ayons mous, qui diminuent successivement de longueur et se terminent en nageoire arrondie. En avant de la première dorsale il y a trois osselets interapo- physaires sans rayons; parmi les suivans qui portent la dorsale, les huit premiers don- nent insertion aux neuf épineux de cette nageoire ; les deux premiers sont inséiés sur le même interapophysaire. Ces osselets sont de grandeur médiocre, ainsi que les rayons qu'ils portent; les deux premiers de ces rayons sont les plus courts, le troi- sième et le cinquième sont plus grands et de même longueur , et le quatrième est le plus grand de tous. Le premier rayon de la seconde dorsale est également épineux, de moitié plus court que les rayons mous qui suivent ; son interapophysaire est un peu plus fort que les neuf des rayons mous, qui sont successivement plus petits et plus couchés ; et ces rayons mous , au nombre de dix , sont assez grêles , fendus à deux ou trois reprises, mais articulés de très-près. La dorsale molle et l'anale se correspondent exactement. Les écailles, qui recouvrent non-seulement le tronc, mais encore la tête de ce pois- son, sont proportionnellement plus petites que celles du D. marginatus j mais plus grandes que celles de la plupart des autres espèces vivantes. La ligne latérale, pa- rallèle au dos dans toute sa longueur , en est très-rapprochée ; elle se trouve au quart supérieur de la hauteur du poisson. Les ventrales sont grandes , leur épineux est surtout très-apparent et assez gros ; leurs rayons mous sont beaucoup plus longs. Les os du bassin sont étroits , mais très-allongés. Les pectorales sont assez longues pour atteindre à l'insertion de l'a- nale ; elles sont composées de xl\. ou 1 5 rayons grêles, disposés de manière à donner à la nageoire la forme d'un fer de lance. L'humérus et les os du bras sont très-déve- loppés ; le premier de ces os forme une grande proéminence en dessus de l'insertion de la nageoire. La tête du D. temnopterus est très-petite , proportionnellement à son corps ; elle — 95 — n'a pas le quart de la longueur totale. Elle est trop mal conservée pour que l'on puisse en reconnaître toutes les parties ; cependant l'on distingue nettement la petite crête occipitale, l'orbite, qui est de moyenne grandeur et placée près du profil et sur le milieu de la tète, et en bas quelques rayons branchiostcgues et des fragmens des os de l'arcade temporale et palatine. Le sphénoïde principal paraît avoir été très-gros ; un peu en dessous l'on voit une lame osseuse, dont le bord offre quelques serratures j je pense que c'est un fragment du premier sous-orbitaire, et ce caractère convient encore à certains Dules vivans. Les mâchoires sont assez bien conservées pour lais- ser apercevoir leur nature et celle de la dentition ; le maxillaire supérieur et l'inter- maxillaire sont longs et étroits ; ce dernier est armé sur son bord externe de très- petites dents coniques, et il en est de même du maxillaire inférieur, dont les branches sont assez hautes et très-fortes. Il est probable qu'en dedans de ces petites dents co- niques il y en a d'autres en velours ras, que l'on ne saurait voir dans nos exem- plaires à cause de la position des os maxillaires. II. Dules médius Agass. Vol. 4. Tab. i3, fig. 4. • Ce petit poisson , qui provient de Monte-Bolca , n'est point figuré dans Vlttiolito- logia veronese y cette espèce ne se trouve même point dans la collection du Jardin des Plantes à Paris. L'original de ma figure , qui est le seul exemplaire que j'en aie vu, se trouve au Musée de Munich. J'avais d'abord indiqué ce poisson dans mes notes sous le nom de Lates pusillus, malgré la forme de sa caudale qui est légèrement échancrée, et malgré la réunion de ses deux dorsales. 3Iais depuis la publication du 3*^ vol. de V Histoire Naturelle des Poissons de MM. Guvier et Ya- lenciennes, j'ai reconnu que cette espèce figurerait plus convenablement dans le genre Dules j avec lequel elle a certainement plus de rapports qu'avec les Lates. Il est incontestable aussi que ce genre Dules j malgré les caractères précis qui lui ont été assignés, n'en comprend pas moins, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer plus haut, des poissons d'un aspect très-différent, parmi lesquels mon Dules médius peut tout aussi bien être placé que l'espèce que je viens de décrire sous le nom de D. temnopterus. Le D. médius a le corps trapu, à-peu-près comme le D. Auriga^ avec cette dif- férence seulement, que sa tête est plus arrondie, et sa mâchoire inférieure surtout plus large et plus épaisse. En revanche l'orbite est moins grande. En avant de la pre- mière dorsale, il y a 3 interapophysaires inermes. Cette nageoire paraît avoir 9 rayons, dont les premiers sont les plus courts, et le quatrième ou cinquième est le ToM. IV. 13 — 94 — plus long ; mais il n'y en a aucun qui dépasse de beaucoup les autres. Le premier rayon de la seconde dorsale est également épineux ; et quoiqu'il suive immédiate- ment le dernier de la première dorsale , on voit cependant à sa direction , à son insertion sur un interapophysaire plus faible , et à sa propre ténuité , qu'il appartient véritablement à la seconde dorsale , dont les rayons articulés sont un peu plus longs que les épineux de la première. L'anale correspond exactement à la seconde dorsale, par sa position , sa forme et sa structure ; seulement elle a 3 petits épineux à son bord antérieur. La caudale est légèrement échancrée au milieu; ses rayons sont grêles, fendus à plusieurs reprises à leur extrémité , et articulés de très-près ; il y a plusieurs petits rayons à ses bords supérieur et inférieur. En avant de la cavité abdominale on voit quelques traces des ventrales. La colonne vertébrale se compose de lo vertèbres abdominales et de i4 cau- dales , qui ont des apophyses épineuses de moyenne grandeur. Les côtes sont pro- portionnellement plus grosses. On voit distinctement les écailles du côté droit par leur surface intérieure ; elles sont de moyenne grandeur. Cette espèce paraît être très-rare à Monte-Bolca. — 95 — CHAPITRE X. DU GENRE PELATES. 3Ialgré quelques difFérences de détail assez considérables, et à moins d'en faire un genre particidier, l'on ne peut rapporter qu'au genre Pelâtes un poisson de Monte- Bolca dont le Muséum d'Histoire naturelle de Paris possède deux plaques correspon- dantes très-complètes, qui ne sont point figurées dans V Ittiolitologia veronese. C'est sans contredit un poisson de la famille des Percoïdes à dorsales réunies ; l'épine forte de l'angle operculaire et la dentelure du préopercule le prouvent incontestablement. Même à cause de ces caractères, il ne saurait être question de le rapprocher de cer- tains Sciénoïdes à dorsales réunies, auxquels il ressemble un peu. La détermination du genre offre cependant quelques difficultés particulières. Les nombreux et courts épineux de la dorsale s'opposent à la réunion de ce poisson aux Serrans , aux Plec- tropomes, aux Mésoprions et aux Diacopes. H se rapprocherait davavitage des Acérines, si ses squs-orbitaires et son opercule étaient caverneux et armés de piquans éloignés, et si sa dorsale était plus échancrée. La même raison qui l'éloigné des Serrans, l'éloigné aussi des Centropristisj des Grystes, des PomotiSj des DiileSj sans faire mention des genres avec lesquels il serait superflu de le comparer. Les Hélotes ont déjà plus de rapport d'habitus avec lui ; mais leur dentition si différente s'oppose à toute réunion. Enfin, c'est des Pelâtes que notre poisson se rapproche le plus, et c'en serait même décidément un, s'il avait 3 rayons de plus à la dorsale épineuse ; car du reste il réunit tous les caractères de ce genre j et si les Datnia et les Tlierapon peuvent être con- sidérés comme des Lates et des Labrax à dorsales réunies, notre Pelâtes sera bien placé dans son genre. Cependant je ne retrouve à l'opercule qu'une seule épine très- forte; mais comme l'angle supérieur de cet os, où devrait se trouver l'autre épine, manque dans notre exemplaire, je ne saurais affirmer si cette différence existe réel- lement. J'ai donné à cette espèce le nom de Pelâtes QurnoEcisiAus Agass. Vol. 4- Tab. 22. Ainsi que tous les Percoïdes réguliers proprement dits, ce poisson a iU vertèbres, 10 abdominales et i4 caudales. Leurs apophyses épineuses sont assez grandes, pro- _ 96 — portionnellement aux petits corps des vertèbres ; celles de la région anale sont plus longues que les autres. Les plus courtes sont celles de la onzième caudale ^ celles de la 12" et i3' s'allongent jusqu'à l'insertion de la caudale, dont elles portent les rayons latéraux; la dernière, dilatée en plaque triangulaire, est plus petite que dans la plupart des autres Percoïdes. La forme générale de ce poisson est un ovale allongé; il a ceci de particulier, que la ligne dorsale est beaucoup plus renflée que celle de l'abdomen, et que par conséquent son dos est plus bombé que dans bien des Percbes. Vu le nombre considérable de ses rayons épineux, la dorsale commence très-près de la nuque, et s'étend également sur toute la longueur du dos et assez avant sur là queue. Ce qu'elle offre de remarquable, c'est que la différence de longueur entre ses , rayons épineux et les mous est très-peu sensible, quoique du reste les premiers soient beaucoup plus gros et plus épais. Il y en a i5, insérés sur i4 osselets interapopliysaires (le i"' porte 2 rayons) plus gros, plus longs, à lames osseuses plus larges, et attachés aux apophyses épineuses depuis la 2*" ou 3" vertèbre abdominable, jusqu'à la 3" caudale ; les 7 osselets de la 2" dorsale sont beaucoup plus petits, et vont en diminuant insen- siblement en arrière ; ils s'attachent entre les 3" et 7" apophyses caudales. Le nombre des rayons est de 8. — Si cette seconde dorsale a moins de rayons que celle de la plupart des Percoïdes, la première en revanche en a davantage. L'anale, qui est petite, avance un peu plus que l'extrémité de la dorsale; elle est composée de 3 gros rayons épineux, dont le 2'', le plus grand, est cependant plus court que les rayons mous, et de 8 rayons articulés. Les rayons épineux s'articulent sur les deux premiers osselets interaphophysaires , dont l'antérieur, qui est le plus gros, est formé de la réunion de deux ; les rayons mous s'attachent à 7 interapophysaires beaucoup plus petits, qui finissent à la 6« apophyse. Le premier des osselets de la portion molle de cette nageoire n'est pas bien distinct dans notre exemplaire. La caudale est fourchue; ses rayons sont très-finement divisés à plusieurs reprises et articulés ; le nombre des petits rayons latéraux est très-considérable ; la formule est 7 ou 8. L 8. 7. r 6 ou 7. Les ventrales paraissent avoir été grandes, et leur épineux assez fort; elles sont un peu en arrière. Les os du bassin sont très-allongés. Les rayons des pectorales étaient très-grèles et très-nombreux; je crois pouvoir en compter 19. La tête est proportionnellement assez petite, bombée, couverte d'écaillés semblables à celles du reste du corps; les mâchoires, d'égale longueur, sont armées de petites dents fines et pointues. Le nombre des rayons branchiostègues paraît être de 6 ou - de 7 ? du moins l'on voit distinctement 4 de ces os et l'empreinte de 2 ou 3 ? autres ; et en avant d'eux tous, se trouve la queue de l'os hyoïde. — 97 — Le préopercule, bien à de'couvert dans les deux- plaques, est caractérisé par une fine dentelure à son bord postérieur , qui devient encore plus menue veis son bord arrondi. L'opercule était court et élevé, terminé par une grosse épine très-pointue^ peut-être y en avait-il une seconde à son angle supérieur, mais qui est détruite dans notre exemplaire. Cet os, ainsi que le reste de la face, et les autres pièces operculaires sont garnis d'écailles. Le tronc est recouvert d'écailles de moyenne grandeur, plus grandes proportion- nellement que celles des espèces vivantes du genre Pelâtes. Elles présentent un petit nombre de rayons divergens à leur bord radical , et sont finement ciliées au bord extérieur. La ligne latérale est très-marquée, et rapprochée du dos, avec lequel elle est parallèle dans toute son étendue. Elle se trouve au-dessus de l'abdomen, dans la cinquième partie de la largeur totale. — 98 — CHAPITRE XL DU GENRE SERRANUS. Les Serrans sont des Percoïdes à cinq rayons mous aux ventrales , qui ont ces na- geoires placées sous les pectorales, et dont la partie épineuse de la dorsale est réunie aux rayons mous qui suivent de manière à ne former qu'une seule nageoire sur le dos. Leurs mâchoires sont armées de dents canines mêlées à des dents en brosse dis- posées par bandes plus ou moins larges sur les os de la gueule. Leur préopercule a une dentelure souvent très-fine à-peu-près égale sur tout son bord ; l'opercule est terminé par deux ou trois épines plates. Tout le crâne et les opercules sont recouverts d'écaillés; mais les mâchoires sont tantôt nues, tantôt écailleuses. Les espèces vivantes sont très-nombreuses 5 la 3Iéditerranée en nourrit 5 ou 6 ; les autres se trouvent dans toutes les mers, mais surtout dans la Zone torride. Je ne connais que trois espèces fossiles, toutes trois de Monte-Bolca. Le squelette des Serrans présente différentes particularités dignes de remarque , qui sont surtout frappantes dans les 3 sous-genres que M. Cuvier y a établis : les Serrans ^ les Barbiers et les Mettons. Et comme nous avons des fossiles qui doivent être rap- portés à deux de ces divisions, il me paraît utile d'examiner leur squelette un peu plus en détail , en les comparant à celui des genres voisins en général et aux Centropristis en particulier. Squelette du Serranus Cabrilla de la division des Serrans proprement dits. Il pa- raît que c'est un caractère exclusif aux Perches proprement dites, d'avoir 10 ver- tèbres abdominales et i4 caudales; au moins c'est encore le cas dans la plupart des Serrans , et surtout dans les Serrans proprement dits ; ils ont en outre les apophyses épineuses nuchales fortes; celles des vertèbres voisines à l'anus sont les plus longues. Les deux premières vertèbres n'ont pas de côtes ; elles sont remplacées par dejs arêtes musculaires grêles ; des 8 paires qui suivent , les 4 antérieures s'attachent immédiate- ment aux corps des vertèbres, et les 4 postérieures à des apophyses transverses qui deviennent insensiblement plus longues, en se dirigeant plus en bas, et dont les arcs sont réunis par des lames internes formant le canal qui contient les vaisseaux et qui se continue dans les vertèbres caudales. Les côtes sont assez longues, mais grêles, — 99 — et vont en se raccourcissant d'avant en arrière. Les apopliyses articulaires antérieures supérieures sont très-développées,.et s'avancent par dessus les postérieures jusqu'aux épineuses, avec lesquelles elles s'articulent. Les arêtes musculaires vont jusqu'aux vertèbres caudales. C'est la n*" caudale qui a les apophyses épineuses les plus courtes; celles de la 12' s'allongent assez pour atteindre le bord extérieur de l'insertion de la caudale , et pour donner insertion avec celles de la suivante aux petits rayons laté- raux de cette nageoire. La i^" vertèbre a cela de particvilier, que deux de ses apo- physes supérieures sont très-développées , et qu'en arrière de l'autre il y a un osselet interapophysaire sinnuméraire ; l'apophyse inférieure de cette même vertèbre , très- prolongée, se dilate en avant de sa base en une large crête. La dernière vertèbre, enfin, a 6 apophyses, comme dans la Perche commune. — En général, on ob- serve exactement les mêmes rapports dans le Ccnfropriatis anro-ruhens. Dans le Serranus AnthiaSj il n'y a pas grande différence d'organisation : seule- ment l'on y observe deux vertèbres caudales de plus, et cette particularité, que déjà les côtes antérieures sont attachées à des apophyses transverses moins mar- quées, mais qui deviennent insensiblement plus longues. L'insertion des nageoires et la disposition des rayons n'offre rien de bien par- ticulier dans les Serrans. Les osselets interapophysaires des rayons épineux sont très-forts et très-dilatés , surtout sur leur bord postérieur. Il y en a 3 inermes en avant de la dorsale ; ceux des rayons mous sont remarquablement minces. Les rayons mêmes présentent des différences spécifiques très-marquées , dans le détail desquelles nous n'entrerons pas ici. Seulement il est curieux de voir que la caudale des Serrans est peu échancrée, celle des Barbiers très-fourchue, à rayons externes même fila- menteux , et que celle des Mérous est arrondie ; enfin , que la dorsale molle et l'a- nale des Barbiers a de très-longs rayons, tandis que ces mêmes nageoires sont plus ou moins arrondies dans les Serrans et les Mérous. — Quant aux ventrales, les rayons mous antérieurs de celles des Barbiers sont excessivement prolongés et filamenteux : caractère qui convient à l'une de nos espèces fossiles. C'est avec les Serrans propre- ment dits que les Centropristes ont le plus de rapports ; seulement le nombre des épineux de leur dorsale est plus considérable. Les différences que présente la tête , et surtout le crâne, sont plus considérables encore. Dans les Serrans proprement dits et les Centropristis , elle est plus allongée ; mais les Serrans ont le crâne arrondi , relevé seulement à l'occiput d'une arête très-peu marquée, tandis que le Centropristis est relevé dans toute sa longueur d'une arête moyenne très-haute et très-dilatée en arrièie, et de crêtes latérales très-prononcées. Les Barbiers, au contraire, ont la tête courte, et surtout le crâne ramassé et très-élevé; leurs frontaux et leurs mastoïdiens sont caverneux. _- 100 — Il serait également superflu d'entrer dans les détails des serratures operculaires et de la dentition, dont MM. Cuvier et Valenciennes ont rendu un compte exact pour chaque espèce : je ferai seulement observer, qu'en général les Barbiers n'ont qu'une ou deux dents coniques en avant de la bouche , tandis que les vrais Serrans en ont tout le long du côté des mâchoires. C'est au sous-genre des Serrans proprement dits qu'il faut rapporter une espèce fossile que les auteurs de l'Itt. ver. ont représentée sous le nom de Spams Brama (Tab.45_, fig. 3. ) et qui ne peut être rangée que près àesSerranus, avec quelques-uns desquels il a plus ou moins de ressemblance. M. de Blainv. pensait que ce pourrait être son Sparus vulgaris'^ mais ce dernier appartient réellement à la famille des Spa- roïdes, tandis que j'ai pu me convaincre que le Spams Brama de Monte-Bolca doit être réuni au genre Serranus, et entr'autres particulièrement au sous-genre des Ser- rans proprement dits, dont on trouve même 2 espèces distinctes k Monte-Bolca ; l'une plus large, à apophyses épineuses plus grêles et plus longues, couverte d'écaillés plus petites, mon S. microstomus , l'autre plus allongée, avec quelques autres particularités de détail, mon S. occipitalis , qui n'est pas ligure dans VIttiolitologiaveronese. Mon S. ventralis de Monte-Bolca appartient au sous-genre des Barbiers ( Anthias ). Blon Dentex brevicèps ressemble beaucoup par sa forme à mon S. occipitalis ^ mais il en diffère réellement non-seulement comme espèce , mais aussi génériquement ^ car son préopercule, très-nettement visible, ne laisse voir aucune espèce de dentelure. On en trouvera la description plus loin dans ce volume. I. Serranus microstomus Agass. Vol, 4- Tab. 23 a. Sparus Brama Itt. ver. Tab. 45, fig- 5. — Sparus vulgaris de Blainv. Ich. p. 46. — Bronn. It. N" Sg. C'est à celle-ci des trois espèces que doit être rapportée la plaque figurée dans Volta, Tab. 45, f. 3. Outre cet exemplaire , dont les deux plaques se conservent au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, il y en a deux autres qui se correspondent également, et dont l'une est si bien conservée, qu'elle laisse peu de chose à désirer. Voisin des Serrans proprement dits, ce poisson en a tous les caractères particuliers : la dentelure du préopercule plus forte à son angle , les dents canines entremêlées à celles en velours le long des mâchoires, la seconde dorsale courte, arrondie et corres- pondant à l'anale, la caudale foiuxhue, et les petites écailles ; caractères que nous allons examiner plus en détail. — lOi — La forme générale de ce poisson est à-peu-prcs celle du Serranus Scriha ou du Cahrilla; peut-être est-il un peu plus large. Sa tête est plus petite, ou au moins plus courte et proportionnellement plus obtuse , et sa gueule beaucoup moins fendue. L'exemplaire figuré dans VItt. veron. n'a pas conservé sa forme naturelle; une fissure oblique de la nuque à l'anale en a exhaussé le dos et fait descendre le ventre ; ce qui le fait paraître beaucoup plus large qu'il n'est en effet. L'autre exemplaire que j'ai cité est dans un état beaucoup plus naturel. La colonne vertébrale est composée de lo vertèbres abdominales et de i4 caudales, comme dans tous les vrais Serrans ; mais une particularité de cette espèce est d'avoir des apophyses épineuses plus grêles et plus allongées, et des côtes plus fines. Comme on le verra tout à l'heure , la première dorsale de ce poisson a aussi des interapophysaires et des rayons proportionnellement plus longs et plus grêles que celle de l'autre espèce fossile de Monte-Bolca, que j'appelle S. occipitalis. En avant de la nageoire il y a 3 osselets inermes , dont deux sont attachés entre les apophyses épineuses de la première et de la seconde vertèbre; le troisième et le premier de ceux qui portent des rayons, l'est entre la seconde et la troisième apophyse; cet osselet, le plus grand de tous, porte deux rayons. Il y en a 8 qui correspondent à la dor- sale épineuse, et dont le dernier est fixé entre les huitième et neuvième apophyses abdominales. La dorsale molle , composée de 1 2 rayons , dont les deux derniers sont très-rap- prochés et en quelque sorte soudés ensemble, est portée sur 11 osselets interapophy- saires , dont le dernier est suspendu derrière la cinquième apophyse caudale , et le premier entre la neuvième et la dixième abdominales. De l'extrémité de la dorsale jusqu'à l'insertion de la caudale,. il reste un espace à-peu-près égal à la longueur de l'insertion de l'anale, qui elle-même correspond exactement à la portion molle de la dorsale. Les 3 rayons épineux antérieurs sont médiocrement épais, et plus courts que les rayons mous qui suivent; les deux premiers s'attachent au grand interapophysaire antérieur, le troisième au suivant, et les 10 rayons mous à 9 interapophysaires qui deviennent successivement plus petits et plus inclinés, et dont les derniers sont en dessous de l'apophyse épineuse de la cinquième vertèbre. La caudale est très-fourchue, et ses rayons internes fendus à plusieurs reprises et articulés ; les grands externes sont forts , simples et articulés aussi ; il y a en outre - 5 ou 6 petits rayons. On peut formuler cette nageoire de la manière suivante : 5 ou 6'. L 8. 7. L 5 ou 6. Les grands rayons externes et les moyens sont tous portés sur la petite plaque triangulaire formée par la dilatation de toutes les apophyses de la der- nière vertèbre ; les autres sont insérés sur les apophyses des deux vertèbres antérieures, ToM. IV. 14 — 102 — et sur les osselets interapophysaires qui se trouvent entre la plaque et l'apophyse épineuse de la douzième vertèbre. Le bassin est large et proportionnellement gros. Les ventrales sont placées en dessous et un peu en arrière de l'insertion des pectorales ; leur épineux a un peu plus de la moitié de la longueur du rayon mou suivant; ceux-ci sont au nombre de 5. Il n'est resté des pectorales que l'insertion ; elles paraissent avoir eu i4 rayons. La tête est arrondie et de médiocre dimension, relativement à la grandeur totale. Quelque mal conservée qu'elle soit en général, quelques-unes de ses parties le sont cependant assez pour que l'on puisse distinguer exactement tous les caractères qu'elles présentent. Ainsi, par exemple, le préopercule offre à son bord entier une fine den- telure, plus forte et plus marquée vers son angle arrondi ; le maxillaire supérieur est dilaté dans sa partie postérieure, comme chez tous les Percoïdes, et les bords de l'in- termaxillaire et du large maxillaire inférieur sont armés de dents en velours, entremê- lées de canines plus ou moins longues ; ce sont les antérieures supérieures qui paraissent les plus fortes. L'orbite est petite, très-élevée dans la tête et rapprochée du profil. Les grands sous-orbitaires sont presque ceux de certains Dentex , genre qui présente en général les rapports les plus frappans avec les Serrans. La crête occipitale paraît ne pas atteindre, dans cette espèce, un développement considérable. En dessous l'on voit quelques-uns des rayons branchiostègues et l'empreinte de quelques autres, sans qu'il soit possible d'en déterminer le nombre. La tête entière, c'est-à-dire, Tocciput, les joues, l'opercule, le subopercule et l'interopercule, sont recouverts, ainsi que tout le corps et la base des nageoires, de très-petites écailles, tout-à-fait semblables à celles des Perches proprement dites , et sur lesquelles on distingue nettement les lignes concentriques, les lobes ondulés, les dentelures et leurs cils. La ligne latérale, pa- rallèle au dos dans toute son étendue, se trouve au tiers supérieur du poisson jusqu'en arrière de la dorsale, où elle descend sur le milieu des côtés. II. Serranus occipitalis Agass. Yol. 4. Tab. 23. Il y a la plus grande analogie entre ce Serran et le S. microstomus ; ils ne diffèrent même spécifiquement que par quelques particularités de détail, auxquelles je bornerai la description que je vais en faire, pour éviter les répétitions dans lesquelles m'en- traînerait une récapitulation des caractères ostéologiques. Ce que l'on reconnaît au premier abord, c'est que cette seconde espèce est plus allongée, que ses écailles sont proportionnellement un peu plus grandes (ce qui est surtout visible sur l'opercule et près de la dorsale épineuse et de l'anale )j que les — 105 — rayons de sa dorsale et leurs interapopliysaires , dont le bord postérieur est dilaté en une large plaque, sont plus trapus et plus épais; que les apophyses épineuses des vertèbres et les côtes sont plus courtes et plus grosses; que les os du bassin sont plus allongés, et que les ventrales paraissent plus grandes; enfin, que la crête occipitale est plus développée; ce qui rapproche un peu cette espèce du genre Centropristis, et m'a engagé à lui donner le nom à'occîpitalis. Je ne dois pas oublier de dire que dans les deux espèces le premier sous-orbitaire est très-développé; et ce caractère pourrait même engager à placer ces espèces dans la famille des Sparoïdes, si, outre l'affinité que j'ai indiquée entre la famille des Percoïdes et celle des Sparoïdes, et la difliculté même qu'il y a de rapporter certaines espèces aux genres soit de l'une soit de l'autre famille, on n'observait pas le même développement des sous-orbitaires dans plusieurs genres des Percoïdes , et entr'autres dans ce même genre Centropristis , duquel se rapproche notre espèce fossile. Enfin ce qui prouve que c'est bien un Percoïde, c'est la dentelure que l'on observe au préopercule sur les plaques des deux individus que j'ai vus au Muséum d'His- toire naturelle, et dont l'un, qui est le mieux conservé, n'est représenté que par une plaque. L'autre, divisé sur 2 plaques correspondantes, a le tronc et la tête fort endommagés; mais sa queue est très-bien conservée. Cette espèce offre les mêmes rapports numériques que le S. microstomus ; mais les différences que j'ai signalées plus haut constatent bien certainement sa qualité d'espèce distincte. Les caractères les plus saillans sont même tous ostéologiques : la grande épaisseur et les proportions des apophyses épineuses ; la grosseur des rayons latéraux delà caudale, beaucoup plus forts que dans le S. microstomus ^ les dimen- sions des ventrales, qui atteignent presque à l'insertion de l'anale ; la proéminence marquée dé l'angle de l'humérus, qui dans le S. microstomus est arrondi. Il est difficile d'indiquer quelle est la forme de la gueule et la nature de ses par- ties, parce qu'elle n'est bien conservée dans aucune des trois plaques. Cependant, en considérant ce qui résulte de la combinaison des fragmens conservés et de l'empreinte des parties perdues, il est probable que cette espèce, sous ce point de vue, se rap- prochait davantage du Scriba que de l'autre espèce fossile, et que sa gueule était presque aussi grande que celle des espèces vivantes. Ce qui confirme encore davan- tage cette conjecture, c'est la grosse dent que l'on remarque assez en arrièi-e sur la branche latérale de la mâchoire inférieure gauche d'une des plaques. La queue de l'os hyoïde est très-distincte dans l'un des individus, et plutôt conformée comme dans les Percoïdes que comme dans les Sparoïdes, c'est-à-dire qu'elle est haute et forme une plaque triangulaaire , ayant inférieurement un large rebord épais. 104 — III, Serranus ventralis Agass. Yol. 4. Tab. 23 Z». Sparus Chromis Itt. ver. Tab. 52, fig. i. — Liitjanus Lutjan? de Blainv. p. 46. Il y a au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris 3 exemplaires de cette espèce, dont aucun n'est très-bien conservé. Cependant ils suffisent pour déterminer tous ses ca- ractères et pour reconnaître son affinité avec les espèces du genre Serranus que M. Cu- vier a réunies sous le nom de Barbiers dans un sous-genre particulier. Le. plus grand de ces exemplaires est l'original de la fig. i , pi. 32 de VIttiol. veron. j, et y porte le nom de Spams Chromis. M. de Blainville pense que c'est plutôt le Sparus dentex y mais je crois pouvoir démontrer que c'est une espèce éteinte du sous-genre Anthias. • Les rayons épineux sont bien moins marqués, et la queue bien plus profondément échancrée que dans les espèces précédentes. Le nombre des vertèbres est de 23, dont 10 abdominales et i3 caudales. ( Il se pourrait que la première nuchale ne fût pas visible, et que ce nombre dût être augmenté d'un. ) Les apophyses épineuses sont de moyenne grandeur, ainsi que les côtes, et assez épaisses. Le caractère distinctif de cette espèce est le prolongement énorme des premiers rayons mous des ventrales, qui atteignent à l'insertion de l'anale. L'épineux est éga- lement très-allongé. Il en est de même des rayons grêles de la dorsale épineuse ; reste à savoir si le troisième est plus long que les autres. Dans tous les cas, ces caractères rapprochent beaucoup notre espèce des Barbiers ; mais elle a le corps plus effilé que les espèces vivantes. Le nombre des osselets interapophysaires qui soutiennent la dorsale épineuse est de 9 , attachés entre les apophyses épineuses des première et neuvième abdominales ; entre l'occiput et la première vertèbre nuchale se voient 3 osselets inermes ^ d'oii je conclus qu'il y a 10 rayons à cette première dorsale. Le nombre des interapophy- saires de la seconde est de 1 1 ; ils sont attachés aux apophyses des neuvième et dixième vertèbres abdominales et des cinq premières caudales. Les Tayons mous sont au nombre de 12. L'anale, assez développée, est exactement opposée à la partie postérieure de là dor- sale ; elle compte 3 rayons épineux, portés par un premier fort interapophysaire formé de la réunion de deux de ces os, et 8 rayons mous, portés sur 7 autres interapophy- saires plus petits, et sur le dernier desquels s'insèrent deux rayons. Les interapo- physaires antérieurs s'attachent en avant de la première vertèbre caudale et entre les apophyses inférieures de la dixième abdominale, qui par cette raison pourrait bien être elle-même la première caudale. — 105 — La nageoire caudale, fortement échancrée on plutôt fourchue, est grande et com- posée à son lobe supérieur de 5 ou 6 petits rayons latéraux insérés sur l'antépénul- tième et la pénultième des apophyses épineuses ; au lobe inférieur la dernière de ces apophyses porte encore le grand rayon latéral, cpii au lobe supérieur s'attache à l'angle supérieur de la dernière vertèbre dilatée. Celle-ci donne en outre attache à 8 rayons mous du lobe supérieur et à 7 du lobe inférieur de cette nageoire; d'où il ré- sulte la formule suivante : 5 ou 6. I. 8. 7. 1. 5 ou 6. Les ventrales sont remarquables par leur épineux très-allongé, et par leurs pre- miers rayons mous, aussi développés dans cette espèce que dans le S. Anthias de Cuvier. Il y a I et 5 rayons. Les os du bassin n'offrent rien de remarquable. Les pectorales sont aussi très-développées, et atteignent également à l'insertion de l'anale ; leurs rayons sont grêles , les supérieurs sont les plus longs ; leur nombre dans l'exemplaire figuré est de i4; dans un autre, oii la nageoire paraît être complète, on en distingue 17. La tête est petite proportionnellement, et ne forme guère que le quart de la longueur totale. Ainsi que le tronc, les joues et l'opercule sont recouverts d'écaillés de moyenne grandeur. L'opercule n'est conservé dans aucun des exemplaires, et il n'a laissé nulle part aucune trace de ses épines ; en revanche le préopercule l'est dans les trois exem- plaires, et l'on y voit distinctivement sa dentelure ou l'empreinte de celle-ci, plus forte à l'angle arrondi de cet os. Les rayons branchiostègues sont également tous visibles. Les os des mâchoires , surtout le maxillaire inférieur et l'intermaxillaire de deux des exemplaires , sont assez bien conservés pour que Ton puisse reconnaître nettement la dentition. En avant l'on voit des canines assez fortes; les dents latérales extérieures coniques sont également plus grandes que celles qui garnissent le reste de la mâchoire, et qui sont en velours. L'orbite, assez grande, est placée près du profil, vers le milieu de la tête. La forme générale de ce poisson est élégante, allongée et svelte. Il paraît que c'était un bon nageur. Tout le corps est couvert d'écaillés de moyenne grandeur, et conformées comme le sont celles de tous les Percoïdes; c'est-à-dire, que leur bord radical est ondulé en vine large dentelure, qui est formée par des sillons divergens dirigés en avant. Leur bord extérieur est finement dentelé sur une bande très-étroite. Les nageoires dorsale et anale paraissent avoir été renfermées à leur base dans une gaîne d'écaillés assez profonde pour les cacher en entier. La ligne latérale est parallèle au dos dans toute sa longueur; elle en est très-rapprochée, et sa partie antérieure se trouve au quart supérieur de largeur du corps. Ce n'est qu'en arrière des nageoires dorsale et anale, qu'elle se rapproche du centre de la queue. — 106 — CHAPITRE XII. DU GENRE HOLOCENTRUM, Ce genre, tel que M. Cuvier l'a rétabli, comprend les espèces de Percoïdes à 7 rayons mous aux ventrales et à 8 rayons à la membrane branchiostègue, qui ont une forte épine à l'angle du préopercule, et le sous-orbitaire, l'opercule, le préopercule, le subopercule et l'interopercule, ainsi que les os de l'opercule sculptés et dentelés en scie ou en piquans vigoureux : ce sont des Poissons qui habitent les régions équa- toriales. Le squelette des Holocentrum ressemble tellement à celui des Mjripristisj qu'abs- traction faite dés caractères extérieurs, il est bien difficile de les distinguer. La seule différence un peu sensible est le pi^odigieux développement des second et troisième osselets interapopbysaires , qui , soudés ensemble et avec le premier qui est très-petit, forment une grande pièce, à laquelle s'insèrent les premier, second et troisième rayons épineux de l'anale : à sa partie supérieure, les côtes dilatées de la dernière vertèbre abdominale viennent se rattacher à ce grand interapophysaire. Il y a 11 ver- tèbres abdominales, dont les deux premières portent des côtes extrêmement grêles; les suivantes jusqu'à la onzième sont toutes assez égales ; celle-ci est fortement dila- tée, et forme la cavité abdominale dans sa partie postérieure. Il n'y a que les apo- physes transverses des neuvième, dixième et onzième vertèbres, qui aient un arc in- terne. Le nombre des vertèbres caudales est de 16, dont la dernière est dilatée. Les apophyses épineuses supérieures des dernières vertèbres abdominales et des premières caudales sont les plus longues et les plus fortes. Les rayons épineux de la dorsale sont très-gros, portés par des interapopbysaires beaucoup plus forts que ceux qui portent la dorsale articulée. Cette dernière est opposée à l'anale. On peut comparer ces détails avec la figure du squelette de l'Holocentrum Léo, dans la Tab. i3 du 4™"^ volume. Cette espèce qui se trouve dans l'Océan pacifique, ressemble le plus à celles que l'on trouve fossiles à Monte-Bolca. — 107 — I. HOLOCENTRUM PYG^UM AgaSS. YoL 4. Tab. 14. Ilolocentrus Sogo ht. ver. Tab. 5i, fig. 2. — Cha?todon Itt. ver. Tab. 72, fig. i. — Cha-todon saxatilis Itt. ver. Tab. 64, fig. i. — • Ilolocentrus macrocephalus de Blainv. Ich. p. 45. — Chœ- todon saxatilis de Blainv. Ich. p. 49- — Bronn It. N" 4' • Cette espèce diffère constamment par des caractères bien tranchans de toutes les espèces vivantes; d'abord en ce qu'elle est plus courte et plus large, et que sa tête est plus grosse, et puis, par la petitesse de son anale. Il n'y a pas de doute que c'est au genre Holocentrum qu'il faut la rapporter. Au Musée de Carlsruhe, il s'en trouve deux doubles plaques qui, quoique d'une couleur tout-à-fait différente et changées en masses de nature également différente, sont sûrement des individus d'une même espèce, qui se complètent l'un l'autre quant aux caractères génériques. Le sous-orbitaire antérieur est finement dentelé et assez petit 5 le maxillaire supé- rieur, large et dépourvu de dents, est dilaté en forme de spatule à son extrémité ; les intermaxillaires forment à eux seuls le bord de la mâchoire supérieure, et sont armés de dents en velouis; il en est de même des larges mandibulaires. Les joues sont gar- nies d'écaillés pectinées; le préopercule est dentelé à son bord postérieur, et armé de piquans à son angle; l'opercule et le scapulaire ont toute leur surface, et surtout leur bord postérieur, entièrement sculptés et armés de gros aiguillons plus ou moins proé- minens. Les deux dorsales et les rayons épineux en avant de l'anale, ainsi que les écailles du corps, dont le bord postérieur est grossièrement dentelé; — tous ces ca- ractères réunis donnent la conviction que la place de cette espèce est dans le genre Holocentrum. Il est impossible de compter à coup sûr le nombre des rayons bran- chiostègues. Ce poisson est surtout caractérisé par sa brièveté, son épaisseur, par une grosse tête, courte et à profil très-arrondi. La bouche, quoique très-grande, l'est moins que dans le Myripristis homopterygius; et ses dents en velours ras sont si petites, qu'on ne peut pas les distinguer les unes des autres. L'œil, assez gros, est très-élevé, et rap- proché du bord supérieur de la tête; les sous-orbitaires sont étroits; la joue garnie d'écaillés plus petites que celles du corps. Dans l'un des exemplaires du Musée de Carlsruhe, qui est représenté dans la figure supérieure de ma planche i!\, on voit la surface interne et lisse de l'opercule, et à son bord postérieur, l'empreinte des pi- quans qui hérissent sa surface extérieure, et en dessus l'empreinte du supra scapulaire; — 108 — le sousopercule et l'interopercule sont très-allongés et obliques de haut en bas et d'ar- rière en avant j ils se trouvent placés en dessous de l'opercule et en arrière du préoper- cule; on voit encore quelques piquans de ces os, leur surface extérieure étant hérissée de pointes comme celle de l'opercule. Le préopercule, qui est très-fort, a une fine den- telure à son bord postérieur et de forts piquans à son angle. .-j Le tronc est raccourci , large et épais ; la colonne vertébrale forme un arc assez fort au dessus de la cavité abdominale. Les vertèbres, assez grosses, sont très-rapprochées, et leurs apophyses épineuses, de moyenne taille, ne s'étendent pas jusqu'au bord du poisson. Les côtes sont grêles, courtes et peu nombreuses. Il y a lo vertèbres abdo- minales et i5 caudales qui deviennent insensiblement plus petites. La première dorsale est composée de 9 gros rayons très-éloignés, qui rendent par conséquent la nageoire très-étendue, et qui sont portés par 9 interapophysaires. La seconde dorsale, moins étendue et assez reculée, a 12 rayons mous, dont le premier est simple, et en devant i petit épineux : ces rayons correspondent à 12 interapo- physaires. L'anale a des osselets interapophysaires antérieurs très-gros , cependant ne surpassant pas en longueur les rayons mous de la nageoire; à son bord antérieur il y a un premier rayon épineux très-petit, un second moyen, un troisième très-gros, un quatrième simple, plus petit, et 9 rayons articulés. Ce qui caractérise cette espèce, c'est que les épineux de l'anale ne débordent pas excessivement les rayons mous, comme dans la plupart des espèces vivantes. Il n'est resté aucun vestige de pectorales. Les ventrales , très-brisées, ont en avant un gros aiguillon, et laissent entrevoir plus de 5 rayons mous. La caudale, qui est petite comme dans la plupart des espèces de la division des Percoïdes à 8 rayons branchiostègues, a 6. I. 9. 8. I. 6. rayons. Les écailles paraissent plus petites , proportion gardée , que dans la seconde espèce fossile. Comme dans le Corniger du Brésil, la partie antérieure des écailles est mar- quée de lignes concentriques extrêmement fines et très-serrées ; la partie postérieure, au contraire, est armée de gros piquans. La ligne latérale, arquée en haut, parallèle au dos, en est très-rapprochée , et s'étend depuis le haut de l'angle supérieur de l'o- percule jusqu'au milieu de la caudale. Le Musée de Paris en possède également deux doubles, dont l'un est l'original de la pi. 5i , fig. 2 de'Vlttiol. veronese et de la figure inférieure de ma Planche i4 : il pré- sente tous les détails des nageoires avec une netteté peu commune : quant au tronc, c'est la surface interne des écailles du côté gauche , et l'empreinte seulement du sque- lette, que l'on y voit. L'autre exemplaire présente la surface externe de l'opercule et J^pP* le relief du squelette recouvert des écailles du côté droit. J'ai aussi vu des exemplaires de cette espèce dans les collections de Lord Cole et de Sir Philippe Egerton; ils proviennent tous de Monte-Bolca. — 109 — II. IIOLOCENTRUM PYGM.EUM AffaSS. Vol. 4. Tab. 15, fig. 1. Il existe au Muséum d'histoire naturelle de Paris , une seconde espèce d'IIolocen- trum , qui fait partie de la collection de Gazzola , et qui bien certainement diffère du Holocentrumpigœum. Ce sont les deux plaques d'un même individu; dansTune^le pois- son a perdu une partie de la tête, mais l'autre est parfaitement conservée, et offre un petit llolocentrum très-bien caractérisé par le développement extraordinaire de son troisième rayon épineux anal, ainsi que parla forte dentelure de son premier sous- orbitaire. On ne voit ni les épines de l'opercule , ni celle de l'angle du préopercule ; néanmoins il ne peut y avoir aucun doute sur le genre auquel appartient ce poisson : son port, la conformation de ses nageoires, tout en un mot rappelle les llolocentrum. L'espèce n'a point été figurée dans VIttiologia veronese. Elle est caractérisée par sa petitesse ; le seul exemplaire que j'en ai vu n'avait pas plus d'un pouce et demi de long. Le troisième rayon épineux de l'anale est d'une grandeur énorme, pi'oportionnelle- ment à la petitesse du poisson ; il est précédé de deux plus petits rayons également épineux, et suivi d'un autre plus petit, de même nature, en avant des rayons mous , qui sont au nombre'de sept. ^ Parmi les espèces vivantes, le H. orientale est celui dont il semble se rapprocher le plus. Les écailles sont fort gx-andes. Quant aux vertèbres, il paraît qu'il y en a onze abdominales, avee neuf paires de côtes, et quinze caudales. Les osselets interapophy- saires de la dorsale sont courts, mais très-forts. La dorsale épineuse compte onze gros rayons, assez distans pour que cette nageoire occupe les trois quarts de la lon- gueur du dos; la seconde dorsale est très-courte _, mais ses rayons antérieurs, allongés, surpassent un peu en longueur ceux de la dorsale épineuse; il y a à son bord antérieur un petit rayon épineux , plus un rayon simple et onze rayons articulés et divisés. La caudale est semblable à celle de tous les Holocentrum en général , mais assez grande. Les pectorales et les ventrales sont trop mutilées pour qu'on puisse en recon- naître la disposition. Il en est de même des os delà tête. Ce poisson provient de Monte-Bolca. IV. J5 — no — CHAPITRE XlII. DU GENRE MYRIPRISTIS. C'est au singulier genre Myripristis , établi par Cuvier pour plusieurs espèces peu connues de poissons vivans , qu'il faut rapporter deux espèces fossiles de 3Ionte-Bolca qui en portent tous les caractères, même les venti^ales à sept rayons mous. Toutes les pièces operculaireSj les sous-orbitaires, le crâne, le supra-scapulaire , les mâchoires et l'humérus, sont sculptés, et, à lexception des mâchoires, tous ces os sont dentelés en forme de scie ; c'est ce qui a valu à ce genre le nom de Myripristis. L'opercule se termine en une épine plus ou moins forte, et le préopercule a un double rebord dentelé. La membrane branchiostègue a huit rayons. Quoique très-voisin des Holocentrum , ce genre en diffère cependant par l'absence d'une forte épine à l'angle du préoperçule, et par les dorsales qui sont mieux séparées. Les rayons épineux de la dorsale et de l'anale sont plus faibles, et ces derniers plus courts et moins saillans. L'anale a un nombre plus considérable de rayons mous, que dans les Holocentres. Le squelette des Myripristis office quelques particularités intéressantes. Le corps des vertèbres est moins gros que dans les Holocentrum. Des onze vertèbres abdomi- nales, la première n'a point de côtes, la seconde n'en a qu'une très-faible ettrès-grèle; la troisième en porte une paire remarquable par sa base aplatie et recourbée en arrière et en bas^ de manière à faire place à la partie antérieure bilobée de la vessie natatoire. Les trois paires de côtes suivantes s'attachent immédiatement au corps de leurs vertèbres 5 celles des septième, huitième, neuvième, dixième et onzième ver- tèbres, au contraire, s'attachent à des apophyses transverses insensiblement plus longues, et qui se dirigent toujours plus en bas. Dès la huitième côte, ces apophyses s'unissent à leurs faces internes par des arcs transverses qui continuent le canal de l'aorte jusque dans la cavité abdominale. Les côtes de la onzième vertèbre, unies aux apophyses transverses qui les portent, se dilatent à leur base et par leur bord interne, de manière à former une cloison à la face postérieure de la cavité abdominale; c'est sur cette cloison que s'appuie le fond de la grande vessie natatoire. Cette singularité du canal vertébral inférieur, prolongé, en avant, dans la cavité abdominale, entre les apophyses transverses qui portent les quatre dernières paires de côtes , est sûrement — 111 — une précaution de la nature pour préserver les grands vaisseaux de la pression que , sans cela, la vessie natatoire exercerait sur eux. La queue est formée de quinze vertèbres, dont la dernière est dilatée comme dans les Perches. Les apophyses épineuses , sans être très-fortes, sont passablement allon- gées ^ surtout celles des premières vertèbres caudales. Il y a des arêtes musculaires sur les côtes de la troisième à la septième vertèbre , et sur le corps même des huitième^ neuvième et dixième vertèbres. Les particularités du crâne ont été mentionnées plus haut. Les dents sont en ve- lours fin aux palatins, au vomer et aux deux mâchoires; mais sur le devant de chaque mâchoire il y en a deux petits groupes de cinq ou six , plus grosses,, mais courtes et en cône obtus, plutôt qu'en crochet. Pour rendre plus sensibles les caractères gé- nériques des Myripristis, j'ai figuré la tète àw M. Jacobus ^No\. IV, Tab. B, fig. 2. Les écailles des 3Iyripristis , comme celles des Ilolocentrum, sont épaisses et bor- dées en arrière de fortes épines. I. Myriprtstis leptacaathus Agass. Vol. IV, Tab. 15, fig. 4. Syx. Perça formosa lit. ver. Tab. 17, fig. 2. — De Blainy. Ich. p. 43. — Bronn It. N" 44- C'est un caractère générique des Myripristis, d'avoir la charpente osseuse grêle. A cette ténuité du squelette , qui est plus saillante encore dans les espèces fossiles que dans les espèces vivantes, se joint une extrême finesse des rayons des nageoires, qui frappe surtout dans 1 espèce qui nous occupe. C'est ce qui m'a engagé à lui doimer le nom de M. leptacanthus , ou M. aux rayons fins. La dorsale s'étend sur la plus grande partie du dos. Elle se compose de quinze rayons épineux ; il y en a par conséquent cinq de plus que dans la plupart des espèces vivantes. Les rayons mous sont également au nombre de quinze, précédés d'un petit rayon simple. Les premiers épineux senties plus longs ; les suivans diminuent progres- sivement de longueur jusqu'aux premiers rayons mous, qui s'allongent de nouveau considérablement. Mais ces derniers sont beaucoup plus serrés ; d'où il résulte que la partie épineuse de la nageoire est bien plus ample que sa partie molle. La caudale n'est pas très-vigoureuse; elle n'est composée que de 3. I, 9. 8. I, 4 rayons, tous petits proportionnellement. L'anale est très-développée; j'y compte quatre rayons épineux, plus dix-huit rayons mous, très-fins et très-déliés, de ma- nière qu'il ne reste qu'un très-petit espace libre entre les derniers rayons de cette nageoire et l'origine de la caudale. Les ventrales sont de grandeur moyenne. Les — 112 — pectorales ne sont pas conservées. Les écailles sont grandes et finement dentelées à leur bord postérieur. Les côtes sont vigoureuses, proportionnellement à la grandeur des vertèbres et des apopbyses épineuses. Nous avons vu à l'article du genre, que des onze vertèbres abdominales la première n'a point de côtes , que la seconde n'en a qu'une très-petite, que la troisième en porte une paire remarquable par sa base aplatie j que les trois paires suivantes sont attachées au corps de la vertèbre , tandis que les cinq dernières s'attachent aux apophyses transverses qui s'allongent de plus en plus. Or, ces particularités se retrouvent pour la plupart dans l'original de l'exemplaire figuré ; mais l'on n'y aperçoit aucune trace des arcs transverses qui ont dû réunir les apophyses inférieures auxquelles s'attachent les côtes. Les vertèbres caudales, au nombre de quinze , sont plus grêles que les vertèbres abdominales ; leurs apophyses, en revanche, sont plus longues. Les osselets interapophysaires sont petits et délicats, notamment ceux de la dorsale; ceux de l'anale sont un peu plus vigoureux. La tête , très-courte, très-haute et comprimée, n'est que très-imparfaitement conservée dans l'exemplaire figuré; mais sur un individu du Muséum de Paris (du reste assez mal conservé et dont je ne reproduis pas la figure) , on voit la fine dentelure du préoper- cule au bord postérieur et à l'angle de cet os; mais l'angle ne porte certainement pas d'épine saillante, et c'est ce qui m'a engagé à ranger cette espèce dans le genre Myri- prislis, malgré le nombre et la ténuité des rayons épineux de sa dorsale. Peut-être qu'un jour, mieux connu, ce poisson deviendra le type d'un genre particulier. L'angle inférieur du sous-opercule et celui du bord de l'interopercule sont également dentelés. La gueule est très-fendue. L'oeil, quoique fort grand j paraît l'être moins que dans le M. homopterygius. C'est à cette espèce qu'il faut rapporter le poisson figuré Tab. 17, fig. 2 de Ylttiologia i^eronese, sous le nom de Perça formosa. L'original de ma figure fait partie de la collection du Musée de Munich. II. Myripristis homopterygius Ag. Tab. 15, fig. 3, SYN.Polynemusquinquarius Itt. ver. Tab. 56 (les petits individus). — Perça Itt. ver. Tab. 72, fig.4' Les Musées de Munich , de Carlsruhe j de Prague et de Paris possèdent un nombre considérable d'individus de cette espèce. Il en existe pareillement dans les collections de lord Cole, de sir Phil. Egerton, du comte de Miinster et du docteur Hartmann. Mais quelque nombreux que soient les exemplaires que j'ai examinés, je n'en ai _ H5 — encore vu aucun qui présentât distinctement les caractères qu'il importerait le plus de connaître exactement. Je les avais d'abord rangés dans le genre Pomatomus j ']\\s- qu'à ce que la découverte d'une plus grantle espèce (7>/. leptacajithus) , très-voisine de celle-ci , m'eut fait reconnaître les rapports plus intimes qu'elles ont toutes deux avec le genre Myripristis. — Parmi les nombreux exemplaiies du Muséum de Paris , se trouve l'original de la figure 4 , Tab. 72, de VIttiologia veronese-^ le poisson y est représenté la gueule béante, et au-dessous l'on voit le squelette d'une petite anguille que, suivant l'opinion complètement erronée des anciens naturalistes , le poisson était sans doute en train de dévorer au moment où il fut pétrifié. La charpente osseuse, comme dans le M. leptacanthus , est grèle^ ainsi que les rayons des nageoires^ les seuls épineux de la dorsale sont un peu plus gros. Sous ce , rapport , le M. homopterygius se rapproche un peu plus des espèces vivantes que le M. leptacanthus ; et c'est ce que j'ai voulu indiquer en lui donnant son nom. Il a, en outre , la tète plus allongée , les écailles plus courtes et plus distantes les unes des autres. Sur un exemplaire du Musée de Carlsruhe , l'on voit parfaitement leur bord postérieur et les grosses dentelures qui s'y trouvent. On y distingue aussi la dente- lure du préopercule ^ ce qui a également lieu dans un exemplaire non figuré du Musée de Paris. Dans un autre exemplaire du Musée de Carlsruhe, les vertèbres sont assez bien conservées pour qu'on puisse y compter sept rayons mous, plus le premier rayon , qui est épineux. La seconde dorsale est plus reculée en arrière et un peu moins longue , quoique composée d'un nombre à-peu-près égal de rayons 5 la différence résulte de ce qu'ici ils sont plus rapprochés. Les rayons épineux diminuent sensiblement de longueur à partir des quatre premiers, qui sont beaucoup plus vigou- reux que les autres. L'anale est grande, ses premiers rayons épineux se font égale- ment remarquer par leur taille. La caudale, en revanche, est, comme dans toutes les espèces du genre, très-petite. Cette espèce, comme la précédente , provient de Monte-Bolca, où elle paraît être assez commune. L'original de ma figure est conservé au Musée de Munich. — 114 — CHAPITRE XIV. DU GENRE BERYX. Le genre BeryXj établi par Cuvier , est un de ces types de l'époque actuelle qu'il importe surtout de bien connaître lorsqu'il s'agit de déterminer certains poissons fossiles, parce qu'il nous met sur la voie pour mieux appréciée leurs caractères et pour saisir les rapports de plusieurs types éteints dont les véritables affinités nous échapperaient si nous ne rencontrions pas quelquefois dans la création actuelle de ces jalons intermédiaires, à l'aide desquels il nous devient possible de rétablir des séries dont les principaux membres ont cessé d'exister, et qui n'ont plus dans les eaux que des représentans éloignés. Cuvier j avec sa sagacité habituelle j, ajustement saisi les rapports qui lient le genre jBeryx aux véritables Perches; il a même déjà entrevu qu'il doit former un petit groupe à part j dont il n'a connu que trois genres qui ont cela de commun , que les rayons de la membrane branchiostègue et des ventrales y sont en plus grand nombre que dans les Percoïdes ordinaires. Entraîné par les affinités que ces genres ont entre eux, il les a réunis dans une même division, bien que la structure de leurs dorsales , à laquelle il a attaché une grande importance dans l'arrangement des autres Percoïdes , soit très-difterente chez eux. En effet, les Holoceiitrnm elles 3fyripristis ont les rayons épineux du dos séparés sous forme de nageoire distincte , tandis que les Beryx les ont réunis. Mais, indépendamment de ce caractère si saillant, ils ont un air de famille si frappant, que Cuvier a su découvrir des caractères rigoureux pour les réunir, en les détachant des autres Perches à dorsales réunies et à dorsales dis- tinctes. Ces caractères résident principalement dans le nombre plus considérable de rayons mous aux ventrales et dans les huit rayons de la membrane branchiostègue. Les genres Holocentrum, Myripristis et Beryx sont même les seuls Cténoïdes qui comptent plus de cinq rayons articulés aux ventrales. Outre l'épine du bord anté- rieur de ces nageoires, on y remarque sept rayons mous et même davantage. J'ai encore distingué des Holocentrum proprement dits , les espèces c[ui portent aux sous- orbitaires de fortes épines, comme au préopercule et à l'opercule. Le type de ce genre est mon Corniger spindsus. — 115 — . Cependant ces genres, décrits dans Vflist. nat. des Poissons de MM. Cuvier et Valcnciennes , et dans mon Selecta gênera et species Pisciiun brasiliensiiun, ne sont pas les seuls chez lesquels on retrouve des caractères semblables : parmi les fossiles, j'ai reconnu les types de six genres nouveaux qui viennent se ranger k côté des Beryx , et qui lient encore plus étroitement ce genre aux llolocentrum et aux Myri- pristis ; et j'ai rencontré des espèces éteintes des trois genres déjà connus de cette tribu. C'est un fait digne de toute notre attention, que ces genres sont les plus anciens repréentans, non seulement de la famille des Perclies en général, mais même de l'ordre entier des Cténoïdes. Ils sont, pour ainsi dire, l'expression synthétique de tout ce groupe au commencement de son développement et antérieurement à toutes les modifications qu'on lui voit subir à des époques plus récentes , lorsque de nouveaux élémens de vie vinrent à se manifester. Le genre Beryx, en particulier, tient aux Holocentrum et aux Myripristis par les crêtes dentelées des os du crâne, par les petits rayons épineux aux bords de la cau- dale, par l'aspect général de la tête, par la hauteur du corps, par la grandeur de de l'orbite , ainsi que par le nombre considérable des rayons de la membrane bran- chiostègue et des ventrales. Ce qui le distingue surtout comme genre, c'est la dispo- sition des rayons épineux du dos, qui sont unis aux rayons mous, en avant desquels ils sont placés, et dont ils ne se distinguent ni par leur longueur , ni par leur épais- seur. On connaît deux espèces vivantes de ce genre, dont l'une a dix rayons mous aux ventrales, et l'autre seulement sept. Cette dernière vient du port du Roi Georges à la Nouvelle-Hollande 5 l'origine de l'autre est encore inconnue. Parmi les espèces fossiles, j'en ai distingué cinq , appartenant toutes à la formation crétacée. Je n'en connais point encore de l'époque tertiaire. I. Beryx ornatus Ag. Tab. iha Tab. it^h, fig. 1-2. Tab. i4c, fig. i-G. Tab. i[^d. Sv.N. Zeus lewesiénsis Mant. Geol. of Sùssex, Tab. 54 , fig. 6; Tab. 35, et Tab. 36. Les caractères du genre Beryx, tels que je viens de les indiquer au commencement de ce chapitre, sont incontestables dans cette espèce. La dorsale est unique ; les rayons épineux deviennent de plus en plus longs, jusqu'aux rayons mous qui forment la partie postérieure de cette nageoire. Les vertèbres sont courtes et pourvues de longues apophyses épineuses, arquées en avant dans la partie antérieure de la colonne. Les côtes sont grêles. Les dents sont en brosse, et forment sur les bords de la mâchoire une — 116 — large bande qui déborde même la symphyse des intermaxillaires et des maxillaires inférieurs. La tête est très-grosse, et toutes les pièces operculaires sont ornées d'une sculpture rayonnée. Les ventrales enfm offrent constamment plus de cinq rayons mous. Mantell, en plaçant cette espèce dans le genre Zeus, s'est laissé induire en erreur par la forme comprimée du corps et par la grandeur considérable de la tête. Les dir- mensions des écailles et la brièveté des rayons antérieurs de la dorsale auraient cependant dû lui faire apercevoir le peu de rapports réels que ce poisson a avec les espèces plates et larges de la famille des Scombéroïdes dont les Zeus font partie. Le Berjjc ornatus est très-commun dans la craie blanche d'Angleterre et du continent. J'aurais pu, à l'aide des nombreux débris qui en existent, en donner une ligure complète; mais j'ai préféré représenter les fragmens tels qu'ils sont, afin de donner à-la-fois une idée de la charpente osseuse et du squelette dermique. C'est dans ce but que j'ai consacré quatre planches à l'étude de cette espèce. Tab. 1 4i représente les contours et la forme générale du poisson , la disposition des nageoires et les pro- portions des différentes parties du corps. C'est l'exemplaire figuré par Mantell , dans sa GéoL de Sussex. Tab. 1 kh fait voir la forme et la disposition des écailles et de la ligne latérale , et la forme des os de la tête. Les fig. de Tab. 1 hc concernent la struc- ture particulière des différentes parties du squelette. On y voit aussi, fig. 1 , la forme de la caudale , de la colonne vertébrale et des osselets interapophysaires de la dor- sale. Fig. a est un jeune de la même espèce. Enfin , Tab. \l\d est plus particulière- ment destinée à la charpente osseuse. Fig. 1 montre toute la colonne vertébrale , depuis la nuque jusqu'à la queue; fig. 2, la partie antérieure de la colonne avec les os de la tête; et fig. 3, la partie postérieure avec l'insertion de la caudale. Si nous passons maintenant à l'examen des caractères spécifiques de cette intéressante espèce, nous vendons qu'elle se distingue d'une manière tranchée de tous ses congénères. Les écailles sont d'une grandeur démesurée; on en compte au plus vingt-cinq dans les rangées médianes ; mais ce qui mérite surtout d'être remarqué , c'est que leur bord postérieur présente plusieurs rangées concentriques de piquans (Tab. \kh, fig. 2) : caractère essentiel qui suffirait à lui seul pour faire du B. ornatus une espèce distincte. L'accroissement des écailles par couches concentriques se remarque surtout distinctement dans les écailles isolées et légèrement grossies de Tab. \ hc, fig. 3. Dans la même planche , on voit aussi (fig. 4) les lames d'accroissement du bord postérieur d'un fragment d'écaillé. La ligne latérale est très-apparente, en forme de tube rétréci en arrière et renflé au centre de l'écaillé. Les nageoires ne sont pas très-développées, proportionnellement à la taille du poisson. La caudale est très- fourchue et composée d'un nombre assez considérable de rayons articulés (Tab. 14% fig. 1 ). La dorsale,' — 117 — qui s'étend sur une grande partie du dos, compte environ sept rayons épineux en avant des rayons nions ; ils augmentent progressivement de longueur d'avant en ar- rière. Les osselets interapophysaires, avec lesquels s'articulent les rayons de la dorsale, sonttrès-développésetau moins aussi forts que les apophyses de la colonne vertébrale. L'anale est très-mal conservée; il n'en existe des traces distinctes que dans les exem- plaires de Tab. I4a et Tab. \Ucl, fig. 1 ; j'y compte neuf osselets interapophysaires, assez vigoureux , et autant de rayons articulés , en avant desquels il y avait au moins trois rayons épineux. Les pectorales et les ventrales sont très-imparfaites, excepté dans le petit individu de Tab. i^c, fig. 2. Les ventrales ont sept rayons mous précédés d'un fort rayon épineux qui a laissé des traces non douteuses de sa présence dans l'exemplaire de Tab. 14 3, llg. 1. Les pectorales étaient composées de rayons grêles, dont on n'aperçoit (jue qnelques vestiges dans le petit exemplaire de Tab. 1 hc fig. 2. La colonne vertébrale, admirablement conservée dans les exemplaires de Tab. 1 4 i?igt au groupe des Perches proprement dites et sijc au groupe des Serrans. Parmi les espèces du groupe des Holocentres, il y en a huit qui appartiennent aux terrains incontestablement cré- tacés , dans lesquels on n'a encore trouvé ni Perches proprement dites , ni Serrans ; six aux schistes de Claris , qui ne renferment non plus ni Perches proprement dites , ni Serrans, et cinq au terrain de Monte-Boica, dans lequel les Perches proprement dites et les Serrans sont beaucoup plus nombreux. Les vingt Perches proprement — 140 — dites sont réparties comme suit : onze dans le terrain de Monte-Bolca , trois dans le calcaire grossier et dans le gypse de 3Iontmartre, cinq dans les terrains de l'âge de la molasse et dans les dépôts d'eau douce plus récens , et une dont l'origine est in- connue. Tous les Serrans fossiles connus, au nombre de six , proviennent de 31onte- Bolca. Il est également digne de remarque que l'on n'a trouvé jusqu'ici d'Holocentres et de Serrans ni dans le calcaire grossier, ni dans le gypse de Montmartre, ni dans les terrains de l'âge de la molasse , ni dans ceux d'eau douce qui leur sont subor- donnés ou superposés. — m DE LA FAAnLLE DES SPAROIDES. CHAPITRE ï. DES SPAROIDES EN GÉNÉRAL. Alliant il rcguait de confusion parmi les Spares avant la publication de l'Histoire na- turelle des poissons de MM. Cuvier et Valenciennes , autant les faits rassemblés dans le sixième volume de cet ouvrage , du en entier à la plume de M. Valenciennes, en ont éclairci l'histoire. L'on ne pourra plus désormais confondre dans un même genre les espèces les plus étrangères à cette famille avec des espèces communes sur nos côtes, comme l'ont fait tous les ichthyologistes depuis Artedi. Les erreurs que M. Yalen- ciennes reproche à ce sujet à ses devanciers sont si inouies qu'on aurait de la peine à croire qu'elles ont réellement été commises, si nous n'avions pas les moj'cns de véri- fier toutes ses citations et de reconnaître la justesse de ses observations. Telle que Cuvier l'a délimitée, la famille des Spares est très-facile à distinguer-, elle comprend les espèces à museau non protractile du genre Spams d'Artedi , à côté desquelles sont venues se grouper de nombreuses espèces nouvelles, et que Cuvier, dans sa seconde édition du Règne animal, a réparties dans plusieurs genres distincts. Dans Y Histoire naturelle des Poissons, le nombre de ces genres s'est encore augmenté. Les Spares à museau protractile d'Artedi sont devenus pour Cuvier les types d'une seconde famille, sous le nom de 31énides. Les vrais Spares, ceux qui forment mainte- nant la famille des SpAr.oÏDES , sont caractérisés par l'absence de dents au palais , et par des pièces operculaires dénuées de dentelures et d'épines 5 leurs mâchoires ne sont point protractiles ; les os du crâne et ceux de la face et de la ceinture thoraci- que ne présentent point ces renllemens caverneux qui caractérisent les Sciènes 5 les rayons épineux du dos sont constamment réunis aux rayons mous de manièreà former une seule nageoire dorsale qui n'est point couverte d'écaillés , comme chez les Squa- mipennes , non plus que l'anale et la caudale; mais le tronc, et même, chez la plupart des espèces, les côtés de la tête, sont couverts de grosses écailles. Ce sont généra- lement des poissons de forme ovale. En insistant fortement , comme il le fait, sur l'ab- sence de dentelures et d'épines aux pièces operculaires et sur l'absence de dents To.M. IV. 19 — 142 — au palais , comme caractères de la famille des Sparoïdes , Cuvier a surtout eu en vue de les distinguer des Percoïdes , avec lesquels ils ont les plus grands rapports. Il y a même quelques Serrans c[ui ont tout aussi peu ou tout autant de dente- lures au préopercule que certains Dentés j et plusieurs genres de vraies Perches chez lesquelles les dents palatines sont à peine sensibles. Je ne relève point ces faits comme une objection directe à la séparation des Spares d'avec les Percoïdes, je tiens seulement à faire sentir toutes les difficultés qui peuvent se présenter lorsqu'il s'agit de déterminer si un poisson fossile appartient à la famille des Sparoïdes ou à celle des Percoïdes, et à faire ressortir la grande affinité qu'il y a entre ces deux familles si éloignées l'une de l'autre dans la grande Ichthyologie des professeurs du Jardin des Plantes. Les difficultés que je viens de signaler seraient bien plus grandes encore si l'on venait à rencontrer parmi les fossiles quelque poisson que 1 on pût prendre pour unMéjiide. En effet, le caractère de famille des Ménides consistant principalement dans la protractilité des mâchoires , pour peu que ces os fussent endommagés il serait impossible de déterminer si l'on a à faire à un Percoïde , à un Sparoïde ou à un Ménide, car certains Ménides ont des dentelures au préopercule et d autres des dents au vomer. L'établissement de la famille des31énides repose même principalement sur la nécessité dans laquelle Cuvier s'est trouvé de séparer des vrais Spares les espèces à museau protractile, afin que la famille des Sparoïdes ne contînt plus d'espèces à opercule dentelé, ou munies de dents au palais 5 ce qui n'aurait plus permis de la sé- parer des Percoïdes. Cuvier subdivise les Sparoïdes en quatre tribus, d'après leur dentition; mais comme le nombre des Sparoïdes fossiles est peu considérable et qu'il n'y en a pas de toutes ces tribus, je me bornerai à faire connaître les genres qui ont eu des représen- tansà des époques de la création antérieures à la nôtre. Il n'est cependant pas superflu de faire remarquer encore que, parmi les Sparoïdes fossiles, j'ai reconnu un genre complètement éteint, et qui ne rentre même dans aucune des tribus que l'on a établies parmi les vivans : c'est mon genre Sparnodus. — 143 — CHAPITRE II. DU GENRE DENTEX. Les Déniés constituent l'un des trois genres de la tribu des Sparoïdcs qui n'ont que des dents coniques et en crochet. Ces poissons sont fort nombreux. Le genre Dentex: est plus particulièrement caractérisé par les longues dents en crochets qu'il porte à la partie antérieure de la mâchoire inférieure et des intermaxillaires 5 les autres dents, également coniques, sont plus petites et ordinairement disposées sur une seule rangée. Le corps est comprimé, assez haut-, le tête est grande. L'opercule et les joues Sont couvertes d'écaillés, ce qui distingue ces poissons des Lethrinus qui ont les joues nues 5 les sous-orbitaires sont dépourvus de dentelures ; ils ont six rayons à la membrane branchiostègue. La partie épineuse de la dorsale est généralement plus étendue que la partie molle; lorsqu'elle se replie en arrière, cette nageoire se cache dans une gaînc formée par les écailles du bord du dos. Comme nous possédons plusieurs espèces de Dentés fossiles, il me paraît utile de donner quelques détails sur leur ostéologie, avant de décrire les espèces qui n'existent plus. Les différences entre la colonne vertébrale des Dentés et celle des Serrans et des Centropristis sont bien légères : elles se réduisent à ce que les apopliyses épineuses des Dentés s'élèvent plutôt du bord antérieur du corps de la vertèbre, tandis que dans les Serrans ces apophyses sont plus reculées et plus couchées en arrière. Le nombre des vertèbres est en général le même dans ces trois genres, c'est-à-dire qu'il y a ordinairement dix vertèbres abdominales et quatorze caudales ; mais ici encore l'on remarque dans les Dentés une différence assez sensible, c'est que les apophyses transverses postérieures des vertèbres abdominales sont plus longues, dirigées en bas et en arrière d'une manière plus prononcée , et que le premier interapophysaire de l'anale, au lieu de s'insérer en avant de la première apophyse caudale inférieure, est placé entre cette première apophyse et la seconde et s'assu- jettit également aux deux. Les osselets interapophysaires de la dorsale, surtout ceux de sa portion épineuse, sont très-développés, fortement dilatés en avant et en ar- rière, et relevés latéralement sur leur milieu en une forte crête. La tête n'a rien de bien remarquable ; elle est très-semblable à celle du Centropristis auro-rubens , pour les crêtes du crâne, et surtout pour la forte proéminence de celle de l'occiput. Il y a — 144 — également quelque rapport entr'eux dans la conformation de leurs sous-orbitaires, qui sont plus considérables dans les Gentropristis que dans la plupart des Percoïdes. La plus grande différence entre ces genres existe dans le prolongement des apophyses montantes des inlermaxillaires, caractère commun à toute la famille des Sparoïdes, et dans le manque total de dentelure au préopercule, qui est également un caractère de famille. I. DeNTEX LEPTACA.NTHUS AgaSS. Yol. 4. Tab. 26. Lutjanus Luijanus lit. ver. Tab. 54- — Scomber\ie^\. Ichlh. p. 44. Quelque difficulté qu'il y ait à distinguer, dans beaucoup de cas, les espèces des genres Dentex et Serronus, il ne saurait y avoir de doute à l'égard du D. lepta- canthus. C'est sous tous les rapports un véritable Dentex. En effet, je ne connais aucun exemplaire qui montre la moindre dentelure au préopercule ; on n'y remarque pas même de trace de cette fine serrature qui se voit quelquefois chez certains Sparoïdes. Dans une dès plaques que j'ai examinées, j'ai vu le piéopercule complète- ment intact et à bord entier. De plus, les dents canines qui hérissent les mâchoires sont trop fortes pour pouvoir être rapportées à un Serran; et en les considérant sous le point de vue de leur forme et de leur position, on verra que c'est dans la division des Dentés, à laquelle appartient le Dentex Peronii, qu'il faut ranger notre espèce fossile , par la raison que ses canines ne sont pas sensiblement en forme de crochets, et qu'en outre elles sont rapprochées à l'extrémité du museau \ disposition qui , comme l'observe fort bien Cuvier, n'exige pas que la bouche soit aussi fendue que dans les espèces analogues au Denté ordinaire {Dentex vidgan's). La forme générale du Dentex leptacanthus est très-allongée , mais la queue n'est pas amincie à proportion ; en sorte que le tronc paraît être tout d'une venue. La ligne latérale est très-rapprochée du dos dans sa partie antérieure ; ce n'est que vers la queue qu'elle regagne de nouveau le milieu du tronc. Les écailles sont grandes, comme dans tous les Dentex, et ce seul caractère suffit pour l'éloigner de la famille des Sconîber, dont toutes les espèces ont les écailles très-petites et à bord entier; en d'autres termes, les Scomber sont des Cycloïdes, tandis que les Dentex sont des Cté- noïdes. C'est donc à tort que M. de Blainville cherche à rattacher Tespèce qui nous occupe à la famille des Scombéroïdes. La colonne vertébrale se compose de vingt-quatre vertèbres très-allongées , dont quatorze caudales et dix abdominales. Les apophyses épineuses ne sont pas très- 9 ^ — 145 — longues, mais d'autant plus fortes et plus épaisses. En revanche, les côtes sont grêles et courtes. 31ais ce qui constitue le caractère distinctif de cette espèce, indépendam- ment de sa forme allongée, c'est d'avoir les rayons épineux de la dorsale, surtout les derniers, plus longs et plus grêles que ses congénères. Il y en a dix : les premiers sont plus courts et plus épais que les autres; ce n'est que le quatrième qui atteint la longueur des suivans. Ces dix rayons sont portés sur neuf osselets interapophysaires, placés entre les apophyses épineuses des deuxième et dixième vertèbres abdominales; les deux premiers, dont l'un a disparu dans l'exemplaire figuré, s'articulent sur le même osselet. En avant de ce premier osselet, il y en a deux ou trois inermes. La dorsale molle compte douze rayons, tous plus longs que les épineux; les derniers sont très-profondément ramifiés, tandis que les premiers ne le sont qu'à leur extré- mité. On remarque en outre qu'ils sont beaucoup plus serrés que les rayons épi- neux, de manière que la partie molle de la nageoire, quoique composée d'un nombre plus considérable de rayons, occupe cependant un espace moins grand que la partie épineuse. Les osselets interapophysaires de la dorsale molle sont, comme les rayons, bien moins vigoureux que ceux de la dorsale épineuse. J'en compte dix dans notre exemplaire. L'anale est petite et composée de huit rayons mous, plus trois rayons épineux; ces derniers sont portés sur les deux premiers osselets interapophysaires, dont le premier est le plus gros; les huit rayons mous correspondent à leur tour à sept interapophysaires, de manière qu'il n'y a que neuf osselets pour onze rayons. Les ventrales sont de moyenne grandeur; les os du bassin étant très-allongés, il en résulte qu'elles sont plus reculées que dans d'autres espèces du genre; ce qui n'em- pêche pas que la distance qui les sépare de l'insertion de l'anale ne soit encore très- considérable. Leur épineux est assez grêle. La caudale est grande et très-fourchue; on aperçoit sur chacun de ses côtés six à sept petits rayons ; le lobe supérieur est en outi-e composé d'un rayon simple et de huit rayons ramifiés, et le lobe inférieur d'un rayon simple et de sept rayons ramifiés. Formule : 6 ou 7. L 8. 7. L 6 ou 7. Les rayons dichotomés sont très-gros et présentent un grand nombre de ramifications à leur extrémité. On remarque que les grands rayons sont articulés sur les apophyses de la dernière vertèbre, tandis que les petits rayons antérieurs sont portés par les apophyses de l'avant-dernière. Le stylet de la ceinture thoracique est grand et très- large; mais il n'est resté dans l'exemplaire figuré aucun vestige des pectorales; j'en ai vu quelques débris sur une autre plaque du Muséum de Paris; les rayons dont elles se composent sont plus grêles que ceux des autres nageoires. La tète, quoique endommagée, laisse cependant apercevoir des traces fort dis- tinctes des mâchoires, qui sont très-fortes. Le premier sous-orbitaire est très-déve- loppé. L'opercule est étroit. L'orbite est très-rapprochée du bord du profil. L'oeil ne — 146 — paraît pas avoir été bien grand. On compte distinctement six rayons branchiostègues. L'original de ma figure appartient, ainsi que plusieurs autres plaques également bien conservées , à la collection du Muséum de Paris. Le Musée de 3Iunich en possède un exemplaire qui n'a que la moitié de la taille de ceux de Paris; c'est sans doute un jeune. Tous proviennent de Monte-Bolca. L'exemplaire figuré est aussi l'original de la PI. LIV de \ Ittiolilologia veronese. II. Dentex microdon Asass. Vol. 4. Tab. 27, fig. 2. Ce poisson ressemble par son port et sa forme générale au Sparnodui elongatus , figuré Tab. 28, fig. 1 ; mais la nature de ses dents oblige à le ranger parmi les Dentés. Ce qui le caractérise comme espèce, c'est le peu de différence que l'on remarque , sous le rapport de la grandeur et de la forme , entre les canines et les autres dents des mâchoires; ces dernières sont très-nombreuses et très-serrées, la bouche n'étant que peu fendue, comme dans le D. leptacanthiis .j'en compte seize à la branche droite de la mâchoire inférieure, plus deux canines. Le tronc est assez élevé, mais il diminue fortement vers la queue. Latête^ dont les dimensions sont con- sidérables, se termine par un museau court et pointu. L'orbite est très-haut; son bord supérieur touche au bord supérieur du crâne. Toutes les pièces operculaires , et même les joues, sont recouvertes d'écaillés comme le reste du corps. La mâchoire supérieure paraît être moins armée que la mâchoire inférieure^ à en juger d'après l'original de ma figure. La colonne vertébrale se compose de vingt-quatre vertèbres, dont quinze caudales et neuf abdominales. Elles sont en général de grosseur moyenne, mais fort courtes ; les apophyses épineuses sont en revanche longues et grêles, ainsi que les côtes, qui sont au nombre de huit. Les quatre dernières vertèbres caudales ont les apophyses plus allongées que les précédentes, attendu qu'elles servent de sup- port aux rayons de la caudale. Les écailles qui recouvrent le corps sont à-peu-près de même taille que celle de la Perche commune ; elles présentent dans leur partie anté- rieure des lignes concentriques rapprochées et quelques rayons divergens, faiblement fléchis en dehors. La ligne latérale suit assez luiiformement la courbure du dos; elle est placée au tiers supérieur, entre la colonne vertébrale et la ligne médiane du dos. Si de là nous passons à l'examen des nageoires, nous verrons que la dorsale s'étend sur la plus grande partie du dos , c'est-à-dire, depuis l'apophyse de la seconde vertèbre nuchale jusqu'à celle de la septième caudale; sa base est entourée d'une gaîne écail- leuse. La partie épineuse est environ d'un tiers plus étendue que la partie molle , quoique le nombre des rayons soit égal dans les deux ; on en compte en tout vingt- — 147 — deux ; et si loiisne sont pas conservés dans rexemplaiie figure, on y supplée aisément à l'aide des osselets inlerapopliysaires. Dans toute la partie épineuse de la dorsale, un interapophysaire correspond ordinairement à une apophyse ; dans la partie molle, au contraire, il y a ordinairement deux osselets pour une apophyse; d'oii il résulte que les rayons mous sont beaucoup plus rapprochés que les épineux. Quant à la longueur des rayons, elle est à-peu-prcs la même dans les deux nageoires 5 cependant les épineux antérieurs paraissent un peu plus courts ; les rayons mous sont sans exception profon- dément ramifiés, chaque rayon étant divisé en quatre. L'anale est portée par dix osselets placés entre la première et la septième vertèbre caudale. Les rayons mous sont sensiblement plus longs que les trois épineux. La caudale est ample et profon- dément échancrée ; on compte au lobe supérieur six petits rayons extérieurs, un grand rayon simple et huit rayons dichotomés ; au lobe inférieur sept rayons dicho- tomés, un rayon simple et six petits rayons. Formule 6, I, 8, 7, I, 6. Les rayons dichotoméssontportéspar les apophyses des deux dernières (23° et 24") vertèbres ; les grands rayons simples par les apophyses de la vingt-deuxième, et les petits rayons extérieurs par les apophyses de la vingt-unième vertèbre ; ce sont ces dernières apo- physes qui sont les plus longues. Les rayons dichotomés présentent une ramification multiple. Les ventrales n'ont laissé que de faibles traces; on peut conclure du petit nombre de rayons endommagés qu'on remarque au dessous des premières côtes, qu'elles étaient très-grèles. Les pectorales ont complètement disparu. Je ne connais encore qu'un seul exemplaire de cette espèce. H fait partie de la col- lection du Musée de 3Iunich, et provient de Monte-Bolca. III. Dentex crassispinus Agass. Yol. 4. Tab. 24, fig. 1. Ce petit Denté, dont il y a deux plaques correspondantes au Musée de Paris, est très-bien caractérisé par différens détails faciles à observer dans ces exemplaires ; il se pourrait cependant que ce fut au genre Pentapus qu'il fallût le rapporter ; son port l'en l'approche du moins , ainsi que ses canines antérieures , qui sont moins nombreuses que dans les espèces du genre De/î/ex proprement dit. De meilleurs échantillons, oîi l'on pourra distinguer la nature des écailles qui s'attachent aux ventrales, viendront lever ce dernier doute. D'abord, pour constater que cest des Dentés qu'il se rapproche, il sufiit d'exa- miner ses mâchoires; l'on y reconnaît sur les côtés de petites dents coniques, et en avant quelques canines plus ou moins fortes. Dans la plaque droite on en voit deux a l'extrémité de la mâchoire inférieure^ qui paraissent être l'une celle de droite, l'autre — 148 — celle de gauclie , en avant de la symphyse des branches latérales des mandibnles : en d'autres termes, ce sont les deux dents insérées d'un côté et de l'autre de la symphyse des deux prémandibulaires. Sur la plaque opposée il y a encore au maxillaire inférieur une autre canine plus grande, et qui paraît avoir été postérieure à celle dont je viens de parler; elle est couchée sur le bord alvéolaire de cet os. La tête est très-endommagée ; on n'y voit que l'intermaxillaire, le maxillaire su- périeur, le maxillaire inférieur, quelques traces du jugal, le premier sous-orbitaire, le transverse , des fragmens du préopercule et de l'opercule, trois rayons branchiostègues et l'empreinte d'un des autres, l'os hyoïde latéral et sa queue. Du crâne il n'est resté que le contour de l'orbite et les débris de l'occiput. La ceinture thoracique n'a laissé que son empreinte et quelques débris d'os; l'humérus est fortement dilaté au dessus de l'insertion de la pectorale. Les os du bassin, proportionnellement assez grands, lonos et larges, sont bien conservés, ou du moins ont laissé une empreinte nette. La nageoire ventrale qui s'y attache est très-allongée et paraît avoir presque atteint l'in- sertion de l'anale, h en juger par son rayon épineux, qui est assez grêle et très-acéré. La cavité abdominale est bien développée. La colonne vertébrale est composée de vingt-quatre vertèbres, dont dix abdomi- nales et quatorze caudales. Leur corps paraît être assez petit, proportionnellement aux longues et grêles apophyses épineuses qui en partent. La dorsale épineuse est composée de dix rayons, qui en général, et comparative- ment aux autres espèces, sont courts et épais; c'est seulement le quatrième qui atteint la longueur des suivans. Ces rayons sont portés sur neuf osselets interapophysaires ; les deux premiers s'insèrent au même osselet , en avant duquel il y en a trois iuermes. C'est en avant de la dixième apophyse abdominale, et entre elle et la deuxième, qu'ils s'attachent aux apophyses épineuses. La partie molle de la dorsale a des rayons assez grêles et de très-peu plus longs que ceux de la partie antérieure de cette nageoire ; il y en a probablement douze ; mais les derniers se recouvrant un peu, il est difficile de l'af- firmer bien positivement; leurs osselets interapophysaires sont beaucoup plus petits, et vont de la dixième vertèbre abdominale à la sixième caudale. [1 y en a onze. Cette disposition des rayons donne à la dorsale l'aspect d'une nageoire basse et peu déve- loppée, lien est de même de l'anale, qui, à son bord antérieur, a trois rayons épi- neux un peu moins gros que ceux de la dorsale; ils sont insérés sur le premier gros osselet et le deuxième interapophysaire, et suivis de dix rayons mous, portés par neuf petits osselets interapophysaires. La caudale est très-fourchue, de taille moyenne, portée par les trois dernières vertèbres, dont les apophyses épineuses sont très-dé- veloppées. Ilya6. L8. 7.I.6 rayons. — liO — La forme générale de ce poisson est allongée; la lète est un peu raccourcie, et paraît avoir eu xu\ profil assez roide. Mais la queue se rétrécit insensiblement; elle est même assez mince vers linsertion de la caudale. Les écailles, qui recouvrent tout le corps et même une partie de la télé, ainsi que les joues et les pièces opcrculaircs^ sont plutôt petites que de grandeur moyenne. La ligne latérale, parallèle au dos, est, à sa partie antérieure, dans le tiers supérieur du tronc, et s'incline sur son milieu vers Textrémité de la queue. IV. Dentex breviceps Agass. Vol. 4- Tab. 27, fig. 3 et 4- Cette espèce pourrait facilement être confondue avec un Serran et même avec un Mcsoprion, n'était la forme de ses dents, qui en fait un véritable Denté. C'est aussi parles dents qu'elle se distingue essentiellement du D. microdon, que nous ve- nons de décrire. Les dents du D. previceps sont fortes et crochues sur toute l'é- tendue des mâchoires, tandis que dans le D. microdon les premières canines af- fectent seules cette forme, A ce caractère distinctif de l'espèce on pourrait en ajouter un autre, qui consiste en ce que, dans \e D. breviceps , la tête est sensiblement plus courte et que les frontaux sont plus arqués que dans le D. microdon. L'orbite est aussi moins rapprochée du bord du profil. L'appareil operculaire tout entier, ainsi que les joues, est recouvert d'écaillés comme le reste du corps; ces écailles sont surtout bien visibles dans l'exemplaire fig. 4, qui provient de la même loca- lité que l'exemplaire entier fig. 3, c'est-à-dire^ de Monte-Bolca. La charpente os- seuse est très-bien conservée dans l'individu de la fig. 3. La colonne vertébrale se compose de vingt-quatre vertèbres aussi hautes que longues; il y en a quinze caudales et neuf abdominales , portant toutes des apophyses épineuses de grandeur ordinaire. Les côtes sont au contraire courtes et grêles. Si l'on voulait envisager les dimensions et proportions des vertèbres comme un caractère de première valeur, il faudrait sé- parer génériquement les D.brei'iceps et microdon du D. leptacanthus , qui a les ver- tèbres beaucoup plus allongées (voy. Tab. 26). La dernière vertèbre caudale a ses apophyses très-dilatées, par la raison qu'elles servent de support aux grands rayons de la caudale. La dorsale est ample, comme dans tous les Dentés. Les rayons épineux augmentent insensiblement de longueur d'avant en arrière; il n'y en a que neuf de conservés ; mais comme l'on remarque , en avant de ces neufs rayons et des interapo- phj'saires auxquels ils correspondent, quatre autres interapophysaires bien distincts, on peut en inférer que les rayons qu'ils portaient, et qui sans doute étaient très-petits, ont disparu. La partie molle de la dorsale se compose de onze rayons; mais l'on ob- ToM. IV. 20 — 130 — serve qu'ils sont bien plus serrés que les épineux, en même temps que leurs in- tcrapopliysaires deviennent de plus en plus petits. La caudale est assez vigoureuse. Les petits rayons extérieurs ont en grande partie disparu -, en revanche on compte à chaque lobe à-peu-près huit gros rayons articulés. L'anale est composée de trois rayons épineux, savoir d'un très-petit, d'un second qui a une longueur double, et d'un troisième qui atteint à-peu-près la taille des rayons mous. Ces derniers sont au nombre de huit, qui vont en décroissant vers la queue. Les ventrales paraissent avoir été longues, à en juger par les débris imparfaits qu'on en remarque au dessous de la cavité abdominale. Les pectoi'ales n'ont laissé aucune trace de leur présence. Les originaux de mes deux figures font partie de la collection du Musée de Munich. V. Dentex ventralis Agass. Vol. 4. Tab. 24 , fig. 2. Ayant égaré mes notes sur ce poisson et n'en possédant pas de dessin complet, je me borne pour le moment à le signaler à l'attention des paléontologistes, en repro- duisant simplement le dessin d'une partie de la tête, qui m'avait été adressé par M. le D' Hibbert, avant que j'en visse l'original dans sa collection. C'est une espèce d'assez grande taille, la plus grande fossile que je connaisse dans ce genre. Elle pro- vient de Monte-Bolca. Je lui avais donné le nom de ventralîsj pour rappeler le déve- loppement considérable de ses ventrales et en particulier la longueur peu commune des premiers rayons mous de cette nageoire. La gueule est très-fendue^ les mâchoires sont armées a leur extrémité de grosses dents coniques, faiblement crochues; plus en arrière il y a encore à la mâchoire supérieure et à la mâchoire inférieure deux autres grandes dents de même forme , en avant et en arrière desquelles on en aperçoit quel- ques autres également coniques, mais beaucoup plus petites. Ce poisson n'est point figuré dans Vltliolitologia veronesej je ne l'ai pas non plus rencontré parmi ceux du Musée de Paris. L'exemplaire de la collection de M. le D' Hibbert est le seul que je connaisse de cette espèce. VI. Dentex Faujash Agass. Vol. 4. Tab. 25. J'ai déjà décrit, à page 87 de ce volume, un poisson de la famille des Percoïdes provenant du calcaire grossier des environs de Paris, et que j'ai rangé dans le genre Labrax, sous le nom de Lahrax major. Celui qui fait le sujet de cet article, et que — loi — j'appelle T>eniex Faujasii, provient du même lerrain. Il a été trouvé dans les car- rières de Nanterre, et, comme le L. major Un ressemble assez par l'aspect général de sa charpente osseuse, j'ai cru devoir le rappeler à Tatlcntion, afin de prévenir toute erreur lorsqu'on aura à déterminer quelque exemplaire trcs-détérioré de Tune ou de l'autre espèce. Le Lahrax major a les vertèbres plus grosses ^ leurs apophyses sont plus épaisses, et ce qui le caractérise surtout, les rayons épineux du dos forment une nageoire distincte des rayons mous. Le Dentex Faujasii dont il s'agit ici faisait partie de la collection de Faujas de St-Fond ^ il a été décrit par lui dans un mémoire spécial, inséré dans les annales du Muséum, Tom. I, p. 353, et accompagné d'une figure très-médiocre. Plus tard il passa dans la collection de 3LRégley, où je l'ai examiné avant la mort de cet aimable et modeste savant; maintenant il appartient à M. Carleret, qui en a hérité. La description qu'en donne Faujas est très-insignifiante et sa déter- mination tout-à-fait fausse, car il le range dans le genre Coryphœna ,• il va même jus- qu'à l'identifier avec le Coryphœna Chrysiirus. 11 est vrai de dire qu'il est , comme tous les poissons du calcaire grossier des environs de Paris, dans un très-mauvais état de conservation. Dans la roche grossière et friable qui le contient, le squelette est lui-même devenu très-fragile; les os les plus caractéristiques ont perdu leurs bords, ou bien ils se sont entièrement détachés de la roche et n'ont laissé que leur empreinte, qui a même beaucoup perdu de sa netteté à raison de la friabilité de la roche. Cepen- dant, malgré les diflîcultés que son état de conservation mettait à une détermination rigoureuse, j'ai pu m'assurer que c'est un vrai Dentex. Quelques traces des dents canines à lextrémité des mâchoires, un préopercule sans dentelures, et une dorsale dont les rayons épineux et les rayons mous sont réunis en une seule nageoire , me paraissent sufllisamment justifier ma détermination. Le seul caractère spécifique que je puisse lui assigner, consiste dans un nombre de rayons plus considérable que chez ses congénères ; cependant je ne puis en indiquer exactement le nombre, les derniers rayons de la nageoire molle étant trop effacés pour pouvoir être comptés. Il me paraît y avoir onze ou douze rayons épineux ; cependant à la limite des deux parties de la nageoire ils ne sont pas entiers, ce qui empêche d'en préciser la structure d'une manière satisfaisante. Quoi qu'il en soit, ces rayons ne sont ni assez nombreux, ni assez grêles pour rappeler les Goryphènes -, la caudale n'est point portée sur une de ces plaques triangulaires compactes, comme chez les Scombéroïdes, et ses rayons ne sont point ramifiés comme dans cette famille ; enfin l'empreinte des dents canines exclut toute idée d'un Coryphène. M. de Blainville s'est rapproché davantage de la vérité en la rapportant vaguement aux Spares ou aux Labres. 152 — CHAPITRE III. DU GENRE PAGELLtJS. Cuvier, en établissant le ^enrePagellus, y a compris toutes les espèces de Sparoïdes qui ont sui' les côtés des mâchoires des dents arrondies en forme de pavés, disposées tantôt sur une , tantôt sur plusieurs rangées , mais dont les antérieures sont en cardes , plus ou moins fines et nullement coniques et fortes , comme celles des Pagres et des Daurades. Les molaires sont également plus petites que celles des Daurades ; quand il y en a plus d'une rangée , ce sont les extérieures qui sont les plus grosses. Le nombre des espèces vivantes n'est pas très-considérable ^ elles ont le port des Daurades plutôt que des Dentés. Leur profil est souvent très-droit; c'est surtout le cas du Pagelhis Calaimis, et c'est ce qui m'a engagé à ranger dans ce genre l'espèce fossile deMonte-Bolca, à laquelle j'ai donné le nom de Pagelhis microdon. Cependant il se pourrait que cette espèce dut devenir le type d'un nouveau genre voisin des Pagels. Déjà M, Yalenciennes a fait remarquer que plusieurs espèces vivantes ont des parti- cularités d'organisation assez notables pour qu'on pût en faire des genres séparés. Mon Pagellus microdon me paraît être une de celles qui rentre le moins naturellement dans le genre Pagellus, tel que Cuvier l'a institué ; ne connaissant cependant pas sa dentition au complet , je l'associe provisoirement aux Pagels vivans en lui adjoignant une seconde espèce fossile , provenant probablement du Liban , et sur l'ostéologie de laquelle il reste encore diverses lacunes à remplir. I. Pagellus microdon Agass. Yol. 4. Tab. 27, fig. I. Après avoir dit les raisons qui m'ont déterminé à ranger provisoirement cette es- pèce dans le genre Pagelhis, je me bornerai à signaler en peu de mots les caractères spécifiques qui lui sont propres et qui la distinguent de toutes ses congénères. Je range en première ligne son profil à-peu-près perpendiculaire, qui lui donne jusqu'à un cer- tain point l'aspect d'un Xyrichthjs ; toutefois on ne saurait la confondre avec les poissons de ce genre , à cause de la petitesse de ses écailles et de la continuité de la — 13Ô — ligne latérale. La tête est trcs-élevée, mais courte; elle est comprise plus de sept fois dans la longueur du poisson, qui cependant est loin d'être grcle. L'orbite est petite et sensiblement éloignée du bord du profd. Parmi les os de la tête qui sont conservés dans l'exemplaire figuré j on remarque la crête de l'occipital qui est trcs-élevée, le sphé- noïde principal s'élendant dessous l'orbite, l'empreinte assez distincte du préopercule, de l'opercule, du subopercule et de l'interopercule , et des traces de cinq rayons bran- chiostègucs au moins. La dentition rappelle celle de quelques Pagels vivans dont les dents antérieures en cardes sont un peu plus grosses que les autres; on remarque une semblable dent entre les apophyses montantes des intermaxillaires; la partie anté- rieure du bord de ces os est en outre armée de dents très-Unes et très-petites qui ne sont visibles qu'à la loupe; il en est de même des mâchoires inférieures; mais je n'y ai aperçu aucune dent qui fût plus grande que les autres. Pour reconnaître ces carac- tères , il faut confronter les deux plaques de ce poisson qui se trouvent au Muséum de Paris ; la plaque figurée est celle du côté gauche. La colonne vertébrale est massive ; elle se compose de quatorze vertèbres caudales et de neuf ou dix vertèbres abdominales , portant toutes des apophyses très-vigoureuses ; les plus longues sont au milieu de la colonne vertébrale; l'on remarque qiip les premières apophyses épi- neuses sont plus allongées que les supérieures correspondantes. Les côtes sont de movenne grandeur. La dorsale est très-longue; ses rayons épineux sont au nombre de douze , tous à-peu-près d'égale longueur, si ce n'est les premiers^ qui sont plus courts et plus grêles. Les rayons mous sont au nombre de treize, mais bien plus serrés que les épineux : ils ne se ramifient qu'à la moitié de leur longueur et paraissent très- roides avant leur division ; la partie dichotomée semble au contraire avoir été très- flexible, à en juger d'après les ondulations qu'elle décrit. Les apophyses épineuses qui soutiennent toute la nageoire sont longues et vigoureuses, mais elles vont en dé- croissant vers la caudale ; les plus fortes sont cependant les trois premières , et ce qu'il y a de particulier, c'est qu'elles sont inermes. La caudale est très-longue et pro- fondément échancrée ; formule : 7 ou 8 . L 8. 7. L 6 ou 7, Les petits rayons exté- rieurs sont portés sur les apophyses de l'antépénultième vertèbi'e; les grands rayons simples sur celles de l'avant-dernière, et les rayons bifurques sur celles de la dernière vertèbre, qui sont très-aplaties. L'anale a au moins dix rayons mous, plus les trois épineux , dont le troisième est le plus grand. Les osselets interapophysaires qui la soutiennent sont bien moins développés que ceux de la dorsale, à l'exception du pre- mier, qui ferme la cavité abdominale. Les ventrales n'ont laissé que des traces très- imparfaites de leur présence ; les pectorales ont complètement disparu. Celte espèce provient de Monte-Bolca; elle n'est point figurée dans V Ittiolitolo- gia veronese. — IM — II. Pagellus leptosteus Agass. Vol. 4. Tab. 2A, fig. 3. Il existe au 3Iusée de Zurich une empreinte d'un petit poisson qui, par sa forme géné- rale et les proportions des différentes parties de son corps, se rapproche assez du Pa- gellus microdon, pour que j'aie cru devoir le ranger dans le même genre. Son ori- gine est douteuse , mais j'ai tout lieu de croire qu'il provient du Liban. En exami- nant attentivement ce poisson, on est frappé de l'extrême ténuité de sa charpente os- seuse, en particulier des apophyses épineuses et des côtes. La colonne vertébrale, quoique endommagée, permet cependant de constater plusieurs caractères essentiels de la famille des Sparoïdes, tels que le nombre des vertèbres, qui est de vingt-quatre, et le rapport numérique entre les vertèbres caudales et les abdominales ( quatorze caudales et dix abdominales). Les rayons épineux de la dorsale sont en général plus longs que les rayons mous ; il n'y en a que neuf de conservés, auxquels correspondent neuf osselets interapopKysaires , sans compter les trois interapophysaires antérieurs qui sont inermes. Les rayons mous paraissent être au nombre de quatorze, qui vont en décroissant vers la queue 5 il n'y a guère que les deux premiers qui approchent de la taille des épineux. Les osselets interapophysaires qui correspondent aux rayons mous, sont compris entre la dixième vertèbre al)dominale et la huitième caudale, par conséquent entre neuf vertèbres. La caudale est assez longue et très-fourchue. Les petits rayons extérieurs sont très-nombreux à chaque lobe ; puis vient un grand rayon simple et au moins sept rayons ramifiés ; ces derniers sont portés par les apophyses très-dilatées de la dernière vertèbre, tandis que les petits rayons le sont par celles de l'avant-dernière et de l'antépénultième. L'anale compte au moins neuf rayons mous et trois rayons épineux; c'est le troisième qui est le plus grand. Les ventrales sont composées de rayons grêles et longs. Les pectorales sont bien moins amples ; leurs rayons paraissent avoir été très-courts et minces. Les os de la tête sont trop en- dommagés pour que l'on puisse y reconnaître quelque caractère de genre ou d'espèce. Je me bornerai à signaler la position de l'orbite^ qui occupe le milieu de l'espace entre le maxillaire supérieur et le bord du profil. Celui-ci est fortement arqué, comme dans le P. microdon. La tête est courte; elle est comprise à-peu-près cjuatre fois dans la longueur du poisson. Il existe quelques traces des écailles; elles paraissent avoir été très-minces et de grandeur moyenne. io5 — CHAPITRE lY. DU GENRE SPARNODUS Agass. Ce genre est en quelque sorte intermédiaire entre les Chrysophrys et les Dentex. Il doit former une petite tribu dans la famille des Sparoïdes, intermédiaire entre celle des Spares proprement dits de Cuvier et ses Dentés. En effet, le genre Sparno- dus tient par différens caractères à ces deux groupes, sans pouvoir être rangé ni dans Tun ni dans l'autre. Comme les Dentés , il a des dents coniques sur le bord extérieur des deux mâchoires; mais ces dents sont si obtuses qu'elles ont presque la forme des molaires des Daurades. Les Sparnodus sont en quelque sorte des Lethrinus à dents plus obtuses, sans canines, et dont la joue est garnie d'écaillés. Ce seraient des Chry- sophrys, si les dents n'étaient pas disposées sur une seule rangée. On peut exprimer les caractères des Sparnodus de la manière suivante : ce sont des Sparoïdes à dents coniques, obtuses, distantes les unes des autres, et à-peu-près égales dans les deux mâchoires ; derrière les antérieures on en remarque souvent quelques-unes de même forme, mais plus petites et très-serrées les unes contre les autres. La dernière dent de la mâchoire inférieure est plus arrondie que les antérieures. Il existait une gaine d'écaillés le long du dos , et une sous la queue, dans lesquelles la dorsale et l'anale pouvaient se cacher lorsqu'elles étaient ployées en arrière; c'est du moins ce qui semble résulter des écailles qui, dans toutes les espèces, recouvrent et débordent l'insertion et la base des rayons de ces nageoires. Ce genre a quelques rapports avec les Diacope,- mais le bord postérieur du préo- percule n'est certainement pas dentelé. En lui donnant le nom de Sparnodus, j'ai voulu rappeler un de ses caractères essentiels, qui est d'avoir un petit nombre de dents, distantes les unes des autres. M. deBlainville paraît avoir pressenti l'existence de ce genre, en rangeant sous un nom spécifique commun toutes les espèces qui s'y rap- portent : c'est son S parus vulgaris; mais ily joint à tort le Sp. Brama de Vlttioli- tologia veronese, qui est im vrai Serran. Pour faciliter l'étude de mon nouveau genre, je vais ajouter quelques détails ostéo- logiques sur les genres Lethrinus et Chrysophrys, dont il se rapproche le plus. Son _ lo6 — aflinité avec les Lethrlnus est des pins remarquables : outre la grande conformité qne j'ai fait remarquer dans la dentition, il y a égalité parfaite dans les nombres des vertèbres et des rayons des nageoires. Cependant les Lethrinus n'ont pas d'écaillés aux joues. Quant aux dents, il n'y a pas d'autre différence que le plus ou moins de prolongement dans les soi-disant canines, qui ne sont pas saillantes dans les Sparnodus. Le nombre des vertèbres et leurs proportions générales paraissent être constans dans tous les poissons de la famille des Sparoïdes. J'ai compté dans un grand nombre d'espèces dix vertèbres abdominales. Y)?^ns le Lethrinus Bun gi is Cnv. et Val., que j'ai choisi comme représentant de ce groupe, et qui est figuré Tab. D du 4' vol., les apopb^^ses épineuses sont plus fortes et plus courtes vers la nuque, et vont en s'al- longeant vers le commencement de la queue où sont les plus longues. Les corps de vertèbres sontà-peu-prèsquadrangulaires. Les deux premières n'ont que des côtes très- grèles et très-courtes, cachées derrière la ceinture thoracique. Les suivantes sont de moyenne grandeur; il y en a huit paires, dont les antérieures sont comprimées d"a- vant en arrière et aplaties par leur bord extérieur; la dernière paire se dilate à son extrémité en une lame spatuliforme qui s'applique contre l'apophyse épineuse infé- rieure de la première vertèbre caudale, devant laquelle se fixe aussi le grand os- selet interapophysaire de l'anale. Les côtes, à partir de la troisième, portent chacune une arête musculaire très-grèleet très-longue; les arêtes des vertèbres abdominales pos- térieures sont insérées plus près du corps de la vertèbre que celles des antérieures ; il y en a encore sur les trois ou quatre premières vertèbres caudales. Le nombre des vertèbres qui composent la queue est de quatorze ; leurs apophyses épineuses sont très-longues dans les antérieures; elles vont en diminuant dans les postérieures jus- qu'à la onzième qui a les plus courtes; celles des douzième et treizième vertèbres s'allongent de nouveau pour atteindre les rayons extérieurs de la caudale, auxquels elles donnent un point d'appui ; la treizième n'a pas d'apophyse épineuse supérieure, celle-ci étant remplacée par quatre osselets interapophysaires; la quatorzième, dilatée en une plaque à six apophyses, porte tous les rayons mous et le grand externe supé- rieur, qui s'articule à un osselet interapophysaire placé entre la première et la se- conde apophyse épineuse supérieure de cette vertèbre. Les trois osselets antérieui's inermes sont longs et très-grèles; ceux qui portent la dorsale épineuse sont très-larges, relevés d'une arête médiane mince qui en forme la pointe inférieure. Le premier interapophysaire de l'anale n'est pas très-gros; il est composé de deux os soudés, mais dont le deuxième seulement porte une arête relevée. Parmi les particularités de conformation de la tête, il faut remarquer l'insertion du suprascapulaire, dont les deux apophyses, qui en font un os bicorne, s'insèrent — 157 — à l'occipital supérieur el au rocher; le scapulaire, l'angle de l'Iiuinerus et l'osselet slvloïde sont très-larges. L'échancrure de l'os inférieur de l'avant-bras est très- grande. Les os du bassin ont leur branche interne si développée, qu'ils forment un plancher entièrement fermé. Le premier sous-orbitaire est tellement étendu, qu'il couvre toute la joue ; le préo- pereule est grand, fort, large dans sa partie inférieure, et fortement crénelé à son angle. La face est très-allongée et proéminente, à cause du grand prolongement de Tethmoïde et des apophyses montantes des intermaxillaires. Les rapports des Sparnodus avec les Ghrysophrys ne sont pas moins évidens; il serait même possible que quelques-unes des Daurades de la seconde division du genre, adoptée dans la grande Histoire naturelle des Poissons, dussent être réunies plus taid aux Sparnodus, lorqn'on connaîtra suffisamment ces fossiles. Tel me paraît, du moins, le Chrysophrys laticeps Cuv. et Val. L'un des cai-aclères ostéologiques distinctifs du Chrysophrys Aiiraia Cuv. consiste dans le renflement prodigieux de ses mâchoires, c'est-à-dire des intermaxillaires et des mandibulaires. Les apophyses montantes des intermaxillaires sont très-allongées et placées dans une rainure de l'ethmoïde, qui n'est pas moins prolongé, proportion- nellement aux autres pièces de la tête. Les frontaux sont courts, très-poreux et ren- flés, surtout dans leur partie moyenne qui se relève d'abord en un plateau proémi- nent, puis en lîne crête contiguëà celle de l'occipital supérieur. Celui-ci est très-élevé et forme une crête occipitale très-large et très-haute. L'occipital supérieur et le parié- tal forment une crête moyenne très-mince et couchée horizontalement. L'arête mastoï- dienne est plus épaisse, mais moins étendue en arrière; elle n'est pas non plus aussi élevée que la crête latérale ou pariétale. Le premier sous-orbitaire, sans être aussi grand que chez les Lethrinus, recouvre cependant en grande partie le devant de la joue. Les pièces operculaires sont très-fortes chez les Daurades. La ceinture thora- cique n'offre de particulier que le sur-scapulaire, inséré comme chez les Lethrinus; mais il est moins large. De son apophyse supérieure s'élèvent deux osselets très- minces, qui forment une arcade en s'étendant jusqu'au dessus de la crête occipitale. Une particularité de la pectorale de plusieurs Spares, c'est que le cinquième rayon supérieur simple atteint seulement la longueur de la nageoire. Les os du bassin sont très-larges et soudés par le milieu, de manière à former un plancher parfait. Les vertèbres de la Daurade sont petites, subtétragonales; il y en a dix abdominales et quatorze caudales; leurs apophyses épineuses, surtout celles du milieu du dos, sont extrêmement longues; celles de la nuque et du bout de la queue sont plus courtes; les trois dernières sont exactement conformées comme dans les Léthrins, Les deux premières vertèbres ont des côtes extrêmement grêles; les anté- ToM. IV. 21 — 15« -. lieures des huit paires suivantes sont de moyenne grandeur, dilatées à leur partie supérieure et terminées en pointe arrondie. Une particularité remarquable de ces côtes, c'est de s'insérer, non point au corps de la vertèbre, mais à des apophyses transverses, d'autant plus longues qu'elles appartiennent à des vertèbres plus recu- lées. Du point de leur insertion part une petite arête musculaire, qui est plus rap- prochée du corps de la vertèbre dans les dernières vertèbres abdominales. La der- nière côte est très-petite, et semble n'être qu'une apophyse de la longue apophyse transverse à laquelle elle s'attache, et qui est dirigée perpendiculairement en bas. Ces apophyses sont réunies à leur bord intérieur par un arc, et forment, ainsi que dans la 8° et la 9*= vertèbre, un canal semblable à celui des vertèbres caudales. La première et la seconde de ces vertèbres caudales ont cela de particulier, que leurs apophyses transverses, devenues épineuses et réunies entr'elles jusque près de leur base, ont en arrière une dilatation, une sorte d'épiphyse , que l'on reconnaît distinc- tement pour être une côte métamorphosée suivant sa position particulière, et qui pré- sente encore, surtout celle de la seconde vertèbre, beaucoup de ressemblance avec celle de la dernière abdominale. I. SpARNODUS MA.CROPTHALMUS AgaSS. Vol. //. Tab. 28, fig. 3. Spams macrophlhalinus Itt. ver. Tab. 6o, fig. 2. — Cyprinus Itt. ver. Tab. 75. — Spams vidgaris de Bl. Ichth. p. 45. — Bronn II. N" 5g. Le nom spécifique de macrophthalnius donné par l'auteur de V Ittiolitologia veronese à cette espèce, indique l'un de ses caractères les plus saillans, la grandeur extraordinaire de l'orbite. L'exemplaire ligure fait partie de la collection du Muséum de Paris 5 c'est le même qui est représenté dans le grand ouvrage que je viens de citer (Tab. 60, fig. 2). Le Musée de Munich en possède plusieurs plaques, sur lesquelles certaines parties du squelette sont mieux conservées que dans l'original de ma figure , et qui serviront à compléter la description de l'espèce. La tête est grande ; elle est comprise vin peu plus de trois fois dans la longueur totale du corps j elle est en outre plus haute et plus large que dans les autres espèces du genre. Les os de l'épaule sont vigoureux et la proéminence au dessus de l'insertion de la nageoire pectorale très-prononcée. La queue de l'os hyoïde a une forte carène, sur laquelle s'élève une lame assez large qui couvre en partie les deuxième et troisième rayons branchiostègues et en entier le cinquième et la partie postérieure du sixième. Les os hyoïdes latéraux sont forts et aplatis. La crête crânienne occi- — 159 — pitale est très-élevce. L'opercule est large, mais Irès-court ; il est ccailleux, ainsi que les joues ; le préopercule paraît être très-étroit. L'orbite, comme nous venons de le voir, est très-grande 5 il paraît que les sous-orbitaires qui l'entouraient se dilataient très- peu sur les joues ; caractère qui distingue essentiellement les Sparnodus des Lethrinus, avec lesquels ils ont d'ailleurs tant de rapports. Les deux mâchoires sont d'égale longueur ; l'inférieure se fait remarquer par son épaisseur. Les intermaxillaires s'é- tendent jusqu'à la commissure des mâchoires et sont armés, comme les maxillaires inlérieurs, de huit grosses dents coniques très-fortes et obtuses. L'os maxillaire supé- rieur dépasse la commissure des mâchoires et se dilate en une lame spatuliforme qui recouvre la partie latérale postérieure du maxillaire inférieur. Les dents de la mâchoire inférieure sont de même forme que ceux de la mâchoire supérieure 5 la dernière seule est plus arrondie que les antérieures. La colonne vertébrale est composée de grosses vertèbres (quatorze caudales et dix abdominales, comme dans tous lesSparoïdes). Je compte neuf côtes très-distinctes et toutes à-peu-près d'égale longueur ; il paraît que la première vertèbre abdominale en est dépourvue, carje n'ai pu lui en retrouver ni dans l'exemplaire de Paris, ni dans ceux de Munich. Les apophyses épineuses s'allongent graduellement d'avant en arrière jusqu'aux premières vertèbres caudales ; puis elles se raccourcissent de nouveau vers la queue. Les osselets interapophysaires de la dorsale sont au nombre de vingt-deux: les trois premiers sont inermes , quoique aussi vigoureux que les suivans ; il y en a dix pour les rayons épineux de la dorsale et neuf pour la partie molle de cette même nageoire. L'on observe qu'ils sont constamment plus rapprochés de l'apophyse antérieure que de l'apophyse postérieure. Ceux qui portent les rayons mous se font remarquer par leur excessive largeur, qui est pour le moins double de celle des inter- apophysaires antérieurs, à moins que les lames antérieures et postérieures de ces der- niers n'aient disparu ; ils sont compris entre la dernière vertèbre abdominale et la sixième caudale. La dorsale elle-même s'étend sur la majeure partie du dos -, elle est composée de dix rayons épineux , qui augmentent insensiblement de longueur jusqu'au cinquième qui est le plus long ; chacun de ces dix rayons correspond à un osselet. La partie molle de la dorsale compte également dix rayons articulés, portés sur neuf osse- lets ; les premiers atteignent seuls la longueur des rayons épineux ; les autres vont en décroissant sensiblement. Quoique composée d'un nombre de rayons égal, cette portion de la nageoii-e est cependant plus étroite que la partie épineuse , par la raison que les rayons y sont plus rapprochés. La caudale est faiblement échancrée ; formule : G, I, 8, 7, 1, 5 ou G. Les rayons dichotomés se divisent à plusieurs reprises, de manière à présenter jusqu'à seize et vingt fils ^ ils sont portés sur les apophyses de la dernière vertèbre j les grands rayons simples le sont sur les apophyses de la pénultième;, — 160 — et les petits rayons extérieurs sur celles de l'antépénultième. L'anale est placée vis-à- vis de la dorsale molle ; elle est supportée par dix osselets moins vigoureux que ceux de la dorsale, à l'exception du premier qui ferme la cavité abdominale en s'accolant à la première apophyse épineuse inférieure ; ses trois premiers rayons sont simples et épineux; les rayons mous sont fort endommagés dans l'exemplaire figuré ; mais tout porte à croire qu'ils étaient moins longs que ceux de la dorsale ; il y en avait au moins neuf. Les ventrales sont pourvues de rayons très-longs qui s'étendent jusque près de l'origine de l'anale ; le premier est simple et fort épais ; on aperçoit en outre des impressions imparfaites, il est vrai , mais cependant bien distinctes, de cinq rayons mous ; il est évident que la nageoire de droite a été refoulée en avant, avec la portion du bassin à laquelle elle est adhérente. Les pectorales sont abondamment pourvues de rayons à la fois très- longs et très-minces. On ne conçoit guère comment M. de Blainville a pu dire qu'elles sont petites , attendu que c'est un caractère des Spares en général d'avoir les pectorales très-amples et très-allongées. J'ai compté quinze rayons dans l'exemplaire de Munich ; il se pourrait même qu'il y en eût davantage ; les plus longs atteignaient le bord de l'insertion de l'anale. Les rayons verticaux qui, dans notre figure , se voient au bas des ventrales, appartiennent à la pectorale droite qui a été refoulée en bas ainsi que la ventrale. Tout le corps, de même que la tête, était couvert d'écaillés assez grosses, mais très-imparfaitement conservées 5 il est surtout à regretter que l'on n'en découvre nulle part les bords extérieurs et postérieurs ; ce qui en est resté visible n'est que la partie antérieure de l'écaillé, c'est-à-dire, cette portion qui, dans la position naturelle, est cachée sous la peau. On y remai'que de nombreux rayons qui divergent vers le bord antérieur, qui est arrondi ; quelques-unes se font aussi remarquer par une fine granulation à leur surface. La ligne latérale est arquée parallèlement au dos ; il m'a été impossible jusqu'ici d'examiner des écailles entières. En résumant en peu de mots tous ces caractères, on trouve que \eS. înacrophthalmus se distingue de tous ses congénères, par sa forme large et trapue, par la grandeur de son orbite, et par la grosseur des rayons épineux de la dorsale. Cette espèce n'a été trouvée jusqu'ici qu à Monte-Bolca, Les exemplaires des 3Iusées de Paris et de 3Iunich sont sans contredit les plus beaux qui existent. Sir Philippe Egerton en possède un assez bon exemplaire dans sa collection d'Oulton Park. — 161 — II. Sparnodus ovALis Agass. Vol. 4. Tab. 29, fig. 3. Sparus dentex Itf. ver. Tab. i3, fig. i. — Spams sargus lit. ver. Tab. ty, (ig. i. — -S parus vidgaris de Bl. Ichlh. p. 45. — Bronn It. N° Sg. Cette espèce parait être la plus commune du genre ; je l'ai retrouvée dans la plu- part des collections , où souvent elle est le seul représentant du type des Sparnodus. Les musées de 31unich , de Carlsruhe et de Paris en possèdent de beaux exemplaires. Parmi ceux de Paris l'on remarque surtout l'original de la pi. 13, fig. i, de Vlttioli- tologia veronese, qui porte ici le nom de Sparus dentex. La même espèce est encore figurée dans le même ouvrage sous le nom de Sparus sargus, Tab. 17, fig. 1 ^ et ce qui est à peine croyable , c'est le même exemplaire , bien plus ^ c'est la même plaque qui a servi d'original aux deux figures et qui est ainsi devenue pour Volta le type de deux espèces ! I II suffit pour s'en convaincre de comparer ces deux figures ; on y re- trouve les mêmes fissures, dont l'une va de la nuque à l'anale et l'autre se dirige de la partie postérieure de la seconde dorsale à travers les ventrales : l'on y reconnaît en outre la même disposition des mâchoires , et , pour qui voudrait encore douter, la même entaille à l'angle inférieur gauche de la plaque, au dessous du lobe inférieur de la caudale. Il est difficile de donner une description succincte et en même temps exacte de ce pois- son, de manière à le faire reconnaître au premier coup d'oeil, attendu qu'il ne se fait re- marquer par aucun caractère saillant. Tous ses traits sont d'une régularité parfaite ; sa forme est ovale et bien proportionnée. La nuque s'élève insensiblement vers le dos, avec lequel elle se confond en décrivant une légère courbure qui, en se rapprochant de la courbe également très-régulière du ventre, forme une queue très-symétrique. La colonne vertébrale se compose comme à l'ordinaire de quatorze vertèbres caudales et de dix abdominales , dont huit sont pourvues de côtes. Les apophyses épineuses , courtes et épaisses à la nuque , deviennent un peu plus longues dans la partie moyenne de la colonne vertébrale, et vont en se raccourcissant et en s'atténuant vers la queue. Les apophyses épineuses inférieures sont pour le moins aussi fortes, sinon plus fortes que les supérieures. La dorsale compte dix rayons épineux , dont le premier a disparu dans l'exemplaire figuré ; le troisième atteint déjà la longueur des sept autres; tous sont de moyenne taille , médiocrement épais et proportionnés à la grandeur de la nageoire. Les rayons mous sont au nombre de dix_, en général un peu plus longs que les épineux , si ce n'est les derniers , qui se raccourcissent et déterminent par _ 162 — là la forme arrondie de l'extrémité postérieure de la nageoire. Je compte en tout vingt- un osselets interapopliysaires de la dorsale, dont neuf correspondent aux rayons mous, neuf aux épineux, et trois sont inermes. Ces derniers sont courts, quoique vigoureux; les plus petits sont ceux qui portent les derniers rayons mous. L'anale commence un peu en arrière de la dorsale molle et se termine vis-à-vis de l'extrémité de cette dernière. Ses trois épineux sont au moins aussi forts que les épineux de la dorsale ; le premier est court , le second sensiblement plus long ; le troisième égale en longueur les premiers rayons mous. Les interapophysaires qui portent tous ces rayons sont petits ; il y en a au moins neuf et un nombre au moins égal de rayons; mais tous ne sont pas conservés. On peut signaler comme une différence entre notre espèce et le S. micracanthus , qui lui ressemble beaucoup , que ce dernier a l'anale un peu plus en avant. La caudale compte 5 ou 6,1,8, 7, I, 5 ou 6 rayons. Le grand rayon simple est très-fort dans chaque lobe; les rayons dicliotomés sont considérable- ment ramifiés. Les ventrales sont très-allongées; leur extrémité atteint et dépasse même le bord antérieur de l'anale ; l'épineux entr'autres est plus long et plus grêle que dans d'autres espèces. Les pectorales , conformées comme dans les Spares en général, dépassaient l'insertion de l'anale. La ligne latérale, parallèle au dos dans toute sa longueur, est au quart supérieur dans la région abdominale , et s'abaisse sur le milieu de la queue en avant de l'insertion de la caudale. Les écailles sont proportionel- lement plus petites que dans le S . niacrophthcdinus et la plupart des autres espèces. La crête occipitale, quoique élevée, n'est pas très-large ; l'orbite est proportionnée à la grandeur de la tête. L'opercule est étroit et sensiblement allongé. La gueule, mieux fendue et plus grande que dans la plupart des autres Sparnodus , est armée d'un plus grand nombre de dents qui sont plus petites que dans les autres espèces; les antérieu- res, un peu plus grandes^ sont plus pointues qu'à l'ordinaire, sans cependant affecter la forme de celles des Dentés. La mâchoire inférieure est large. 11 est inutile de répéter que les joues sont couvertes d'écaillés, comme le reste du corps. Cette espèce ne se trouve qu'à Monte-Bolca. III. Sparnodus altivelis Agass. Vol. 4. Tab. 29, fig. 3. Sparus erjthrinus lu. ver. Tab. 60, fig. 3. — Spams vulgai'ù de B\. Iclith. p. 46. — Bronnitt. N° 3g. Si l'on ne voyait pas les dents de ce poisson, on pourrait être tenté de le prendre pour un Canthare , dont il a le port , la haute dorsale et même la crénelure du préo- percule. Aussi, j'avoue qu'au premier coup-d'oeil j'ai hésité sur la place qu'il fallait — 165 — lui assigner. Mais l'ayant examiné de plus près, je lui ai reconnu la plupart des carac- tères qui distinguent les Spaniodus, entr'autres : des dents en petits cônes obtus sur une simple rangée, avec quelques autres petites en dedans sur le devant des ma- clioires; une gaîne écailleuse embrassant l'insertion de la dorsale et de l'anale j les joues écailleuses, etc. Le Sp. ovalis est, de toutes les espèces du genre, celle dont il se rapprocbe le plus. Excepté le préopercule qui est reporté au dessus de l'orbite et le bassin qui est dé- taché des ventrales et refoulé en avant sous les rayons branchiostègues, toutes les autres parties du corps sont dans un état de conservation qui ne laisse presque rien à désirer. Le caractère le plus saillant de l'espèce réside dans la forme de la dorsale, dont les rayons, tant épineux que mous, sont plus allongés que dans les autres Spar- nodus connus ; ce n'est que le quatrième épineux qui atteint la longueur des suivans : le premier est très-court; on en compte en tout dix, suivis de dix rayons mous assez grêles, mais plus longs que les épineux; leurs osselets interapopliysaires , au nombre de neuf, sont au contraire plus petits que ceux qui portent les épineux, surtout que les premiers. Un autre caractère particulier au Sp. oltivelis , ce sont les fines cré- nelures que l'on voit au bord postérieur du préopercule; caractère qui rapproche non- seulement cette espèce, mais en général toute la famille des Spares , de celle des Per- coïdes, car l'on trouve encore d'autres genres, entr'autres des Ganlhares et des Dentés, qui présentent cette anomalie. La colonne vertébrale, de grosseur moyenne, est com- posée de quatorze vertèbres caudales et de dix abdominales. Les apophyses épi- neuses, proportionnées a la taille du poisson, décroissent insensiblement à mesure qu'elles approchent de la caudale. Les côtes sont assez longues, mais l'on ne saurait encore indiquer leur nombre. La caudale est de largeur moyenne et médiocre- ment fourchue ; formule : 5 ou 6, I, 7, 6, I, 5 ou 6. Les rayons dichotomés, portés sur les apophyses de la dernière et de l'avant-dernière vertèbre , présentent des rami- fications multiples sans être bien gros. Les grands rayons simples sont appuyés sur les apophyses de l'antépénultième, et les petits rayons mous sur celles de la onzième vertèbre : la caudale est par conséquent soutenue par une vertèbre de plus que dans les autres espèces; et cependant il résulte de la formule que ses rayons sont moins nombreux. L'anale est grande, ses rayons mous, en particulier, sont fort longs, au point qu'ils atteignent à-peu-près l'origine de la caudale, quoique leur insertion en soit plus éloignée que celle des derniers rayons mous de la dorsale. Il y a huit rayons mous à l'anale, en comptant pour deux le dernier, qui est divisé, plus les trois épi- neux , dont le troisième est le plus long et le plus vigoureux ; les premiers interapo- physaires, portant ces rayons épineux, sont soudés ensemble. Ceux qui soutiennent les rayons sont beaucoup plus grêles et plus petits. Il n'est pas resté vestige des — 164 — pectorales. Les ventrales sont rejetées en arrière, probablement par suite de leur sé- paration d'avec le bassin ; il devient par là impossible d'indiquer leurs rapports avec les autres parties du corps, d'autant plus qu'elles sont en grande partie recou- vertes et cachées; l'on remarque toutefois que leur épineux est plus gros que dans le Sp. ovalis. Les écailles, quoique un peu plus grandes que celles de cette dernière espèce, ne paraissent cependant pas en différer notablement. La ligne latérale, moins rapprochée du dos qu'à l'ordinaire et placée à-peu-près au tiers supérieur du tronc, n'est pas parallèle à la courbe dorsale; mais il est possible que cette position ne soit que le résultat de la traction que la tête a dû éprouver lorsque le préopercule droit et le bassin ont été déplacés. Je ne connais encore qu'un seul exemplaire de ce poisson: c'est une double plaque très-bien conservée, faisant partie de la collection du Muséum de Paris et provenant de 31onte-Bolca. IV. Sparnodus micracanthus Agass. Vol. h. Tab. 28, fig. 2. Tab. 29, fig. i. Cette espèce ne diffère du Sp. ovalis et du Sp. elongatus que par quelques carac- tères en apparence insignifians, mais qui, à raison de leur constance, nécessitent la séparation spécifique que j'ai établie. Le principal de ces caractères se tire de la forme des rayons épineux de la dorsale, qui sont plus gros et plus courts que dans les autres Sparnodus. On pourrait peut-être m'objecter que dans les exemplaires fi- gurés cette différence n'est qu'apparente, qu'elle est le résultat de l'inclinaison des rayons. Mais il existe au Musée de Carlsruhe un exemplaire absolument sem- blable, ayant la dorsale érecte, et qui par conséquent ne permet pas de douter de la valeur du caractère spécifique que je revendique pour mon Sp. micracanthus. Le nombre des rayons de la dorsale est au reste le même que dans l'espèce précédente, savoir dix épineux et dix mous, en supposant le dernier double; ce n'est que le cin- quième épineux qui atteint la longueur des suivans. Les rayons mous sont, comme d'ordinaire, plus longs, plus grêles et plus rapprochés que les épineux; les osselets qui les supportent sont au nombre de neuf, très-grèles et courts; ceux qui portent les épineux sont plus longs: j'en compte également neuf, plus trois inermes, que l'on distingue très-bien dans l'exemplaire de Tab. 28. L'anale est petite, son bord an- térieur correspond assez exactement au commencement de la dorsale molle, mais elle ne s'étend pas autant en arrière; elle se compose de huit rayons mous et de trois épineux, dont le troisième est le plus grand. Les osselets interapophysaires, à l'ex- — 1G5 — ception du premier, sont petits. Les ventrales étaient assurément très grandes 5 il est probable qu'elles atteignaient l'insertion de l'anale; leur rayon épineux est long et grêle. Les pectorales sont grêles; mais j'ai tout lieu de croire, d'après l'examen que j'ai fait de plusieurs exemplaires, qu'elles atteignaient, comme les ventrales, l'inser- tion de l'anale. La caudale est petite, étroite et légèrement fourchue ; formule : G ou 7, Ij, 8, 7, I, 6, ou 7. Il n'y a que le rayon simple de chaque lobe qui soit très-vi- goureux. Comme à l'ordinaire, les rayons dichotomés sont portés sur les apophyses de la dernière vertèbre, les grands rayons simples sur celles de la pénultième, et les petits extérieurs sur celles de l'antépénultième. La colonne vertébrale est de moyenne grosseur, composée de quatorze vertèbres caudales et de dix abdominales, ces dernières portant huit paires de côtes. La tête est de moyenne grandeur; elle est comprise au moins quatre fois dans la longueur to- tale du poisson. La crête occipitale est courte et très-élevée, l'orbite est sensible- ment reculée vers le mastoïdien; l'opercule est étroit; le préopercule, gros et large. La gueule est armée de dents proportionnellement plus grosses que dans d'autres espèces, et toutes à-peu-près de même dimension. Les écailles sont de grandeur moyenne, mais plus grandes cependant que dans les Dentés et les Chrysophrys vi- vans. La ligne latérale, placée au quart supérieur du tronc, est parallèle au dos; mais au milieu de la queue, elle s'abaisse jusqu'au tiers du tronc. Je connais plusieurs exemplaires de ce poisson. L'original de tab. 29, fig. i, est au Muséum de Paris. L'exemplaire, figuré tab. 28, fig. 2 , se trouve au Musée de Carlsruhe. Un autre, également bien conservé, fait partie de la collection de M. le Comte de Munster. J'en ai également vu dans la collection de Sir Philippe Egerton. Tous proviennent de Monte-Bolca. V. SpARNODUS ELONGA.TUS Agass. Yol. 4. Tab. 28, fig. 1 . Perça Radula Itt. ver. Tab. 5i, fig. i. — Sparus Salpa lit. ver. Tab. 5G, fig. i. — Sparus vuîgaris De Bl. p. 46 et 43. — Bronn Itt. N. 3g. Le Muséum de Paris possède un assez grand nombre d'exemplaires de cette espèce, entre autres l'original de ma figure, qui est représenté dans V Itt ioliiologia veronese , Tab. 3i , fig. I , sous le nom de Perça Radula, et un autre également bien conservé quel'auteuritalien donne pour le Sparus Salpa de la Méditerranée, (Tab. 56 , fig- 1)- H en existe aussi de très-beaux au 3Iusée de 3Iunich. Tous proviennent de Monte- Bolca, mais tous ne sont pas aussi petits que l'exemplaire figuré; il y en a même un ToM. IV. 22 — 166 — dans la collection de Munich, qui surpasse en grandeur le Sp. macrophthalnms figuré sur la même planche. Cette dernière espèce est celle dont notre Sp. elougatus se rapproche le plus. Comme elle, il a l'orbite très-rapprochée du profil, mais moins grande. Ses apophyses épineuses, ses côtes, ses osselets interapophysaires et les rayons de ses nageoires sont longs; mais sa forme générale est moins trapue, et sa charpente osseuse plus grêle. La colonne vertébrale se compose de quatorze vertèbres caudales et de dix abdominales, mais je ne saurais indiquer le nombre des côtes que portent ces dernières; toutefois il est probable qu'il n'y en avait pas plus de huit paires. Les apophyses épineuses diminuent progressivement de longueur vers la queue; mais ce qui frappe plus particulièrement, c'est que les apophyses des der- nières vertèbres caudales (celles qui supportent les rayons de la caudale) sont nota- blement plus courtes que dans les autres espèces. La dorsale compte dix rayons épineux (*); le premier est très-petit; les suivans vont en augmentant de longueur jusqu'au cinquième. Les rayons mous sont également au nombre de dix, quoique l'on n'en aperçoive que huit dans l'exemplaire figuré; tous sont notablement plus longs que les épineux. A chaque rayon correspond un osselet interapophysaire ; ce qui porte le nombre de ces osselets à vingt , plus les interapophy- saires inermes, dont un seul est visible dans l'original de ma figure. Ceux qui cor- respondent aux rayons épineux sont plus longs et plus vigoureux que ceux qui servent de support aux rayons mous. La caudale, un peu plus fourchue que dans les autres espèces du genre, est portée comme à l'ordinaire par les apophyses des trois der- nières vertèbres. On y distingue 5, 1 , 8 , 8, I, 5 rayons. Les rayons articulés sont très-grèles et considérablement ramifiés. L'anale est comprise entre la 10°"' vertèbre abdominale et la G"'° caudale. Ses rayons mous, au nombre de huit, sont longs et grêles , portés sur sept osselets interapophysaires très-courts et très-minces. Les trois épineux de la même nageoire sont vigoureux mais courts, surtout les deux pre- miers. Leurs trois interapophysaires sont soudés ensemble, et forment ainsi un énorme osselet, qui ferme la cavité abdominale. Les ventrales sont mutilées; maison peut conclure des débris de leurs rayons qu'elles étaient très-allongées et composées chacune de cinq rayons mous, outre l'épineux. Dans notre figure, la ventrale a été re- foulée en bas, de manière qu'elle semble ne former qu'une nageoire avec celle de gauche ; de là le nombre en apparence plus considérable de rayons. Les pectorales , quoique en apparence courtes , étaient très-longues et se prolongeaient même au delà de l'insertion de l'anale ; l'on y distingue dix-sept rayons et au dessous le stylet humerai. (*) Par une erreur du dessinateur, le premier rayon articulé est représenté comme simple dans notre figure, au lieu â'être ramifié comme les su'^vans. — 167 — La tête est plus petite et plus eflUée que dans les autres espèces. Les dents sont petites, éparses et à-peu-prcs d'égale dimension. L'orbite esttrès-rapproclice du profd, mais la crête occipitale est moins grande que dans le Sp. macrophthalnms . Je compte six rayons branchiostègues. Tout le corps , ainsi que la tête, était recouvert d'écaillés à rayons divergens dans leur partie antérieure ou saccale , qui est seule visible. Entre ces rayons l'on aperçoit des ligues concentriques extrêmement fines et très-rapprocliécs. Les écailles étaient, relativement à la taille du poisson, assez grosses; car il paraît qu'il n'y en avait que sept rangées au dessus de la ligne latérale et quinze au dessous. La ligne latérale elle-même, parallèle au bord du dos, dont elle est plus rapprochée que dans d'autres espèces , forme un arc qui part de l'angle supérieur postérieur de l'opercule et s'étend jusqu'au corps de la quatrième vertèbre caudale. — 168 — CHAPITRE Y. DU GENRE SARGUS. Bien que Klein ait le premier proposé le genre Sargus , c'est Cuvier qui lui a le premier assigné des limites naturelles et qui l'a établi définitivement , en le restrei- gnant aux espèces de Sparoïdes qui ont, comme les ChrysophrySj les Pagres et les Pagels, des molaires arrondies, mais dont les dents antérieures des deux mâchoires sont fort différentes. Ces dents , disposées sur une seule rangée à l'extrémité des in- termaxillaires et des maxillaires inférieurs , sont élargies en forme de ciseau, compri- mées de dedans en dehors et tronquées à leur extrémité , comme les incisives des rongeurs. Les Sargues sont des poissons d'assez petite taille ^ fortement comprimés , dont le corps est haut, surtout vers le milieu du dos; leur gueule est peu fendue. Les espèces vivantes ne sont pas très-nombreuses ; je n'en connais qu'une fossile , qui a été décrite par Cuvier dans le 3""= vol. de ses Recherches sur les ossemens fossiles, page 338. C'est le : I. Sargus Cuvieri A«ass. Vol. 4, Tab. IS^fig. \a et \b. Spams Ciw. Oss. foss. III, p. 558. Tab. 76, fig. 16 et 17. Le désir défaire remarquer les progrès d'une science à l'avancement de laquelle on peut avoir contribué , est un sentiment si naturel , qu'on ne saurait trouver extraor- dinaire si je reproduis ici l'article de Cuvier sur le poisson en question. On verra par là, mieux que de toute autre manière , à quoi en étaient nos connaissances sur les fossiles de cette classe à l'époque de la publication des Ossemens fossiles , combien les moyens de détermination que l'on possédait alors étaient restreints, comparativement à ceux dont on dispose maintenant, et combien, par conséquent, il y avait de difficultés à établir des rapprochemens naturels. En reproduisant cet article , je n'ai donc nulle- ment l'intention de déprécier les travaux du plus grand naturaliste de notre siècle : bien au contraire , personne ne sait mieux que moi que si l'ichthyologie a fait de très-grands progrès dans ces derniers temps , c'est presque exclusivement aux immenses travaux de Cuvier qu'elle en est redevable; personne , d'ailleurs, ne s'est — 169 ^ plu davantage que moi à reconnaître publiquement de quelle utilité m'ont étc les innombrables préparations ostéologiques du Jardin des Plantes, qui sont à la dispo- sition de tous ceux qui veulent les étudier. Qui voudrait aujourd'hui méconnaître que c'est aux travaux de Cuvicr que se rattachent toutes les recherches faites sur les fossiles depuis le commencement du siècle ? — Mais il ne résulte pas moins de la comparaison que Ton peut faire de Tétat de la science d'alors et d'aujourd'hui, qu'il s'est opéré un progrès très-remai-quable dans ces recherches, progrès dont l'histoire de la terre pro- litera sans doute. Lorsque Cuvier fit lui-même cette remarque en revoyant ses premiers travaux dans ce genre , il ne put s'empêcher de conserver intact son chapitre sur la Sarigue fossile de Montmartre, comme un monument très-intéressant pour l'histoire des progrès de la paléontologie. J'envisage sous le même point de vue son chapitre sur les poissons fossiles de Montmartre : il rappelle l'intention où était Cuvier de traiter en détail l'histoire des Poissons fossiles, lorsque ses études préparatoires lui auraient rendu ce travail possible. Cuvier considérait même son Histoire naturelle des Pois- sons vivans comme une simple introduction à ses recherches sur les poissons fossiles; et, pour achever plus rapidement la première^ il s'était associé M. Yalenciennes , à qui la tâche de terminer ce vaste et important travail est aujourd'hui uniquement dévolue. Je puis d'autant mieux faire ressortir maintenant la marche progressive de la pa- léontologie, qu'il s'agit ici d'une espèce et d'un genre dont la connaissance est entiè- rement due aux travaux du grand naturaliste dont l'ichthjologie déplore encore plus particulièrement la perte, La description que donne Cuvier de l'icthyolithe que je désigne maintenant sous le nom de Sargus Cmneri, est si complète, qu'elle m'a sufll pour reconnaître le genre auquel le poisson appartient. L'original de Cuvier, qui avait appartenu à M. de Lamétherie, ne s'étant pas retrouvé au Musée de Paris, non plus que dans les autres collections que j'ai visitées, c'a été pour moi une raison de plus de reproduire pure- ment et simplement la description de Cuvier. Yoici comment il s'exprime au sujet de notre poisson : f< Ce n'est pas ici le moment de donner les caractères ostéologiques applicables )) à la détermination des poissons fossiles. Nous nous occuperons un jour de ce >j beau sujet pour lequel nous avons rassemblé beaucoup de matériaux; mais dans » cette section nous serons obligés de nous borner à quelques indications. «J'ai examiné sept espèces de poissons, venues de nos carrières à plâtre. « La première a été décrite par 31. de Lacépède, Annales du Muséum Tom. X^ » p. 234, et reconnue par ce grand naturaliste comme un abdominal d'un nouveau » genre, assez voisin des Muges (1). (1) C'est mon Nolœus laticaudus. (Oss. foss pi. 7G, fig. 13.) — 170 — « La seconde a été représentée par M. de Lamétherie, Joum. de PJiys., tome 5'], » pag. 320, et annoncée comme appartenant au genre du Brochet (i). « La troisième a été indiquée comme un Spare, par le même savant, d'après un » examen fait par M. Bosc (2). « Enfin, la quatrième et la cinquième n'ont pas encore été mentionnées (3). « Nous parlerons d'abord du Spare, comme le plus nettement déterminé. J'étais » présent quand M. de Lamétherie le reçut à Montmartre, et c'est dans la première » masse qu'il a été trouvé. Le possesseur ayant eu la complaisance de me le confier, je )) donne la figure des deux empreintes, pi. 'j6, fig. 16 et 17 — (reproduites dans ma » pi. 1 8, fig. 1 a, li. Ag.). — La partie dorsale est enlevée dans toutes les deux; mais la ') mâchoire inférieure a est bien conservée dans l'une, la nageoire ventrale b, dans )) l'autre ; et chacune montre assez bien la nageoire anale c et une partie de celle de » la queue d ; on y voit aussi les empreintes des écailles, des côtes et des apophyses >) épineuses inférieures delà queue. « La nageoire ventrale est thoracique par sa position ; un gros aiguillon forme son » premier rayon; il est muni au moins de quatre rayons articulés. « La nageoire anale a d'abord trois aiguillons , dont le premier est le plus court et » le deuxième le plus long et le plus gros. Cinq rayons articulés, au moins, suivent » ces trois premiers. '< On compte neuf rayons, tous articulés, dans ce qui reste de la nageoire de la » queue. « Jusque là, il n'y aurait rien qui distinguât ce poisson d'une foule d'autres thora- )) ciques acanthoptérygiens ; mais ce qui achève de déterminer son genre, ce sont ses )) dents. (( On voit distinctement sur le fond de sa mâchoire inférieure deux dents hémisphé- n riques, comme en ont tous mes Spares proprement dits; et en avant une dent co- » nique, forte et pointue, à laquelle en répond une autre de la mâchoire supérieure; (1) C'est mon Pancilia Lametherii. Oss. foss. pi. 76, fig. 12.) (2) C'est mon Sargus Cuvieri. (Oss. foss. pi. 76, fig. 16 et 17.) (3) Ce quatrième est mon Sphenolepis Cuvieri. (Oss. foss. pi. 76, fig. 11.) — Le 5* est mon Smerdis vcnlralis. (Oss. foss.pl. 76, fig. 14.) — Le 6» est encore mon Sphenolepis Cuvieri. (Oss. foss.pl. 77, fig. 15.) — Le 7= est derechef mon Pœcilia Lamelherii. (Oss. foss. pi, 77, fig. 14.) — Les os détachés, pi. 77, fig. 8,9, 10, 11, 12et 13, appartiennent éga- lement au Sphenolepis Cuvieri. Les poissons fossiles des gypses de Montmartre décrits par Ciivier se réduisent donc à cinq; le petit poisson de tab. 77, fig. 14, fait double emploi avec celui , un peu pliis grand, de tab. 76 , fig. 12; et la tête de tab. 76, fig. 11, provient d'un grand exemplaire de la même espèce qui est figurée tab. 77, fig. 15, mais dont la tête est très-endommagée. On compte donc dans cette localité un Smerdis , un Notœus, un Pacilia et un Sphenolepis, c'est-à-dire , trois espèces de genres éteints et deux de genres qui ont encore des représentans maintenant. — 171 — )) il est aisé d'apercevoir encore quelques restes de dents plus petites et qui ne sont )) point conservées. « Je ne trouve parmi les Spares dont j'ai fait l'ostéologic, que le Spams spinifer n qui offre à-peu-près la même combinaison de dents et d épines aux nageoires. On » trouve bien des dents postérieures rondes dans le Sp. Aiirata, le Sp. Sargus, le Sp. » Pagrus, le Sp. Perroiceps Ag. . » microdon Ag. . » ventralis Ag. . IL Espèces du calcaire grossier et du gypse de Montmartre : Dentex Faujasii Ag. .... Du calcaire grossier de Nanterre. Du gypse de Montmartre. De Monte-Bolca. n » » » » « n )i » » Du Mont Liban. De Monte-Bolca. » « » » » » » » Sargus Ciivieri Ag. Je ne connais pas d'espèce de cette famille appartenant aux terrains tertiaires plus récens; le nombre des espèces vivantes décrites par M. Yalenciennes , dans le sixième volume de l'Histoire naturelle des Poissons^ s'élève à cent cinquante-neuf. — 175 — DE LA FAMILLE DES SGIENOIDES. Ne connaissant jusqu'ici que deux espèces de Sciénoïdes fossiles, je réunis dans un même chapitre tout ce que j'ai à dire sur ces poissons. Il est assez surprenant qu'une famille qui compte un si grand nombre d'espèces vivantes, n'ait pas eu plus de re- présentans dans les époques géologiques qui ont précédé la nôtre. Cependant, lors- qu'on réfléchit que tous les types d'êtres organisés qui se sont succédé sur la terre ont un développement qui leur est propre, lorsqu'il résulte de toutes les recherches que Ton a pu faire , qu'aucun d'eux ne s'est manifesté dans toute sa diversité dès sa pre- mière apparition, l'on conçoit que les Sciénoïdes, qui présentent des genres si variés dans la création actuelle , aient été moins nombreux dans les époques précédentes que les familles qui, après avoir offert antérieurement des modifications très-diver- sifiées, se sont en partie éteintes au commencement de la création dont nous faisons partie. Quoique peu nombreux, les Sciénoïdes fossiles ne sont cependant pas sans intérêt zoologique , alors même que sous le point de vue géologique leur connaissance serait moins importante. En effet, les deux espèces fossiles appartenant toutes deux au terrain de Monte-Bolca, et n'ayant point encore été trouvées ailleurs, elles ne sauraient servir de guide pour la détermination d'aucun terrain , et leur présence parmi les nombreux poissons de cette localité ajoute peu à la vaiiété de la faune du bassin hy- drographique dans lequel elles ont jadis vécu. Mais comme premier jalon de la fa- mille, elles méritent toute l'attention du zoologiste ; car leur apparition à l'époque de la déposition de ces couches montre que le mode d'existence propre aux Sciénoïdes, cette disposition particulière de la vie à laquelle leurs caractères spéciaux sont dûs, la tendance organique enfin qui a prévalu si sensiblement dans notre époque, se faisait déjà jour à une époque plus reculée, mais qu'elle jouait alors un rôle très-secondaire à côté des Sparoïdes, qui étaient plus nombreux, et des Percoïdes, qui remontent à une plus haute antiquité. Il est une autre circonstance qui prête encore quelque intérêt à ces fossiles, c'est que l'un appartient à un genre qui a d'assez nombreux représentans maintenant, savoir au genre Pristipoma; tandis que l'autre forme pour le moment à lui seul un genre ■ ToM. IV. 23 174 ~ complètement éteint, que j'ai appelé Odonteus. Ainsi, dès son apparition, la famille des Sciénoïdes s'est montrée avec des caractères qui lui sont encore propres, en même temps qu'elle a présenté quelques modifications qui paraissent ne pas s'être repro- duites plus tard. Ni l'un ni l'autre de ces poissons n'est figuré dans VJttioIitologia ve roue se. Les caractères distinctifs de la famille des Sciénoïdes, établie par Cuvier dans ses limites actuelles, consistent dans l'absence de dents au vomer et aux palatins; leur tête et surtout leur museau est très-bombé , ce qui résulte du boursoulïlement de la plupart des os du crâne et de la face , qui sont creux et traversés par d'amples canaux muqueux. Les dentelures de leurs écailles sont aussi moins nombreuses et moins saillantes; le plus souvent il n'y a même que celles du bord postérieur de l'écaillé qui fassent saillie ; ce qui les rend moins rudes au toucher que celles des Perches. D'ailleurs on trouve dans la famille des Sciénoïdes à-peu-près tous les caractères ex- térieurs des Percoïdes : un opercule épineux ou dentelé; un préopercule dentelé ou diversement armé; le corps écailleux; une dorsale simple ou double, ou du moins pro- fondément échancrée, c'est-à-dire, que les rayons épineux et les rayons mous sont plus ou moins distincts les uns des autres, de manière à former une ou deux na- geoires. De la combinaison de ces différens caractères il résulte des types nombreux et variés, qui forment une série de genres parallèles, pour ainsi dire, à ceux de la fa- mille des Percoïdes, mais présentant les traits particuliers à la famille des Scié- noïdes. La famille des Cottoïdes ou des Joues cuirassées de Cuvier, à part la disposi- tion de ses sous-orbitaires, qui lui est particulière j établit une sorte de passage des Percoïdes aux Sciénoïdes. Une partie de ses gemmes, les Scorpènes surtout, se lient aux Percoïdes par leurs dents palatines; et les Sébastes ressemblent même tellement aux Serrans, qu'on les a souvent confondues avec eux ; tandis que d'autres Joues cuirassées, les Synancées, par exemple, ont le palais aussi lisse que les Sciénoïdes. Cuvier, qui a si bien établi les caractères de cette famille,, la aussi subdivisée d'une manière très-naturelle , en formant une première série des Sciénoïdes à dorsale divisée et en rangeant dans une seconde grande division les genres dont la dorsale est continue ou du moins peu échancrée. Tous les poissons de la première série ont la tête osseuse, pinson moins relevée départies saillantes, la mâchoire inférieure gé- néralement marquée de pores notables, la dorsale profondément échancrée, ou même deux dorsales entièrement séparées , la partie molle longue à proportion, l'anale, au contraire, fort courte, le préopercule dentelé, au moins dans la jeunesse , l'opercule osseux terminé en une ou deux pointes plates, sept rayons aux branchies 5 ils ressem- bleraient en un mot beaucoup aux Perches , s'ils ne manquaient de dents au vomer et — 17o — aux palatins. Du reste, leurs épines dorsales sont robustes, leurs écailles fortes, comme celle des Perches et des Spares; toutes les parties de la tète sont écailleuses. Je ne connais point encore de fossile appartenant à cette division de la famille des Sciénoïdes; les deux seuls que j'en aie observés jusqu'ici rentrent dans la deuxième série des Sciénoïdes, c'est-à-dire, dan* celle qui embrasse les genres à dorsale conti- nue on peu échancrée. Ces genres présentent une plus grande diversité que ceux de la division précédente, et c'est parmi eux surtout que l'on observe des combinaisons de caractères analogues à celles des Percoïdes. Ainsi l'oii en trouve aussi qui ont sept rayons aux ouïes, comme les Diagrammes, les Pristipomes et les Hémulons, et d'autres qui en ont un moindre nombre. Ces derniers se divisent encore en deux groupes très-distincts: le premier ayant la ligne latérale continue depuis l'épaule jus- qu'à la caudale, le second se composant de genres qui ont une ligne latérale toujours interrompue vis-à-vis la fin de la dorsale, et recommençant quelquefois un peu plus bas, mais toujours vis-à-vis du même point, pour recontinuer sur la queue. L'un de mes fossiles appartient à la section des Sciénoïdes à dorsales continues, qui ont sept rayons branchiostègues; l'autre a également les dorsales continues, mais il paraît avoir moins de sept rayons aux ouïes ; il tient un peu des Héliases. Du genre Pristipoma. Le genre Pristipoma, établi par Cuvier, fait partie de la division des Sciénoïdes à dorsale simple, c'est-à-dire, dont les rayons épineux sont réunis aux rayons mous et qui ont sept rayons branchiostègues. 11 offre d'ailleurs la plupart des caractères que l'on observe dans les autres Sciénoïdes : un préopercule dentelé ; les angles de l'oper- cule émoussés ou disparaissant dans sa membrane ; les dents en velours, dont le rang extérieur est d'ordinaire plus fort 5 des pores sous l'extrémité de la mâchoire inférieure, savoir, deux petits en avant et une fossette sous la symphyse, comme dans les Remuions, dont il se distingue par sa mâchoire moins pendante et surtout par sa dorsale et son anale sans écailles. Les Pristipomes diffèrent encore des Lobotes par ces mêmes pores, par les sept rayons de leurs ouïes, en ce que leur museau n'est pas plus court que leur mâchoire inférieure, et en ce que leur dorsale et leur anale ne se portent pas de même vers la queue. Enfin, ils se distinguent des Diagrammes, en ce que dans ceux-ci c'est de quatre ou six gros pores que la mâchoire inférieure est marquée, et non pas de deux petits pores et d'une fossette. J'ai reproduit, tab. C, fîg. 1 de ce volume, le squelette du Pristipoma Hasta Cuv. et Val., qui habite la mer des Indes, comme terme de comparaison avec mon Pristipoma furcatum, fossile de Monte-Bolca. Le Pristipoma Hasta est un poisson — 176 — ovale, à museau obtus, à bouche peu fendue, armée de petites dents en velours, dont la rangée extérieure est un peu plus grande que les autres. Le sous-orbitaire est grand et sans dentelures ; le premier, qui est le plus large, couvre toute la partie antérieure delà joue; sa face extérieure est l'elevée de six brides osseuses en forme d'arc, soutenant un ample canal muqueux qui communique avec les canaux des os du crâne, à travers les autres sous-orbitaires qui sont également surmontés d'arcs semblables. Les frontaux postérieurs^ les mastoïdiens et les suprascapulaires sont aussi caverneux que chez les Sciènes proprement dites ; une branche de ces canaux s'étend encore le long du préopercule, se dilate vers son angle où il est encore soutenu par de fortes brides osseuses, et se prolonge le long du bord inférieur de la mâchoire inférieure, tou- jours surmonté de semblables brides qui forment comme de larges cellules. La base du crâne est aussi fortement renflée. Le nombre des vertèbres est de vingt-six 5 il y en a dix abdominales et seize caudales; celles de la partie antérieure du tronc ont leurs apophyses épineuses plus courtes et plus épaisses que celles du milieu de la colonne vertébrale ; celles de la partie infé- rieure de la queue sont plus allongées que les supérieures qui leur correspondent. Il y a huit paires de côtes de moyenne grandeur ; les deux premières vertèbres abdominales n'en portent pas; en revanche on y remarque deux arêtes musculaires semblables à celles qui s'attachent aux vertèbres suivantes. Les deux premiers osselets interapo- physaires, qui sont les plus faibles, sont inermes ; les onze suivans, plus forts que les douze derniers, portent les douze gros rayons épineux de la partie antérieure de la dorsale , qui sont plus distans que les treize ou quatorze rayons mous de la partie postérieure de cette nageoire. La caudale est faible, à peine échancrée; ses rayons divisés sont insérés sur les six apophyses de la dernière vertèbre ; les rayons extérieurs simples et les petits rayons de ses bords sont portés sur les apophyses de l'avant- dernière vertèbre et sur celles de l'antépénultième. Les deux premiers inlerapo- physaires de l'anale sont soudés entr'eux et forment un grand os qui ferme la cavité abdominale et s'attache au bord antérieur de l'apophyse épineuse inférieure de la première vertèbre caudale. Cet os porte les deux premiers rayons épineux de l'anale, dont le second est de beaucoup le plus grand ; le troisième épineux est porté sur un interapophysaire distinct. Il y a en outre huit rayons mous à celte nageoire, portés par sept osselets interapophysaires, dont les derniers sont les plus petits. Les pecto- rales et les ventrales sont à-peu-près d'égale longueur ; le premier rayon mou de ces dernières est le plus grand. — 177 — I. Pristipoma furcatum Agass. Vol. 4. Tab. 39, fig. 1. Je ne connais que deux plaques correspondantes de cette espèce, conservées au 3Iuscum d histoire naturelle de Paris et provenant de la collection du comte de Gaz- zola. Il est assez singulier que malgré leur belle apparence, elles n'aient été figurées ni l'une ni l'autre dans VIttiolitologia veronese. Celle que j'ai reproduite dans la planche citée, ne laisse aucun doute sur la position générique qu'il faut assigner à ce fossile. C'est bien certainement un Pristipoma, assez semblable au Pristipoma Hasta par sa forme et par sa taille, mais qui en dilYère par des épineux moins vigoureux à lanale, tandis que celui des ventrales est plus fort, et par une caudale plus fortement échancrée. J'y ai reconnu dix rayons épineux et douze mous à la dorsale ; l'anale a trois épineux et huit rayons mous. La tête est très-obtuse et le museau très-court. Les écailles sont de moyenne grandeur 5 la ligne latérale suit la courbe du dos, au quart supérieur de la largeur du tronc. Le caractère de la caudale, qui est sensiblement échancrée, m'a fait donner à cette espèce \e nom de Pristipoma furcatuiii. Du genre Odoteus. J'ai établi ce nouveau genre pour un poisson fossile assez mal conservé du 3Iusée de Paris, provenant de la collection du comte de Gazzola, mais qui n'est point figuré dansV Ittiolitologiaverojiese. Quoique par sa dentition il se rapprochât beaucoup du genre Sparnodus de la famille des Sparoïdes , j'ai cru devoir l'en séparer pour le ranger dans la famille des Sciénoïdes , à cause des os caverneux qui entourent l'orbite et qui recouvrent la partie postérieure du crâne; caractère essentiellement propre aux Sciénoïdes. La forme de sa dorsale le range dans la série de ceux qui ont les rayons épineux et les rayons mous de cette nageoire réunis, de manière à ne former qu'une nageoire peu échancrée. Je lui trouve six rayons branchiostègues, ce qui place ce genre dans la dernière section que Cuvier a établie dans cette famille. Il me paraît même se rapprocher des Héliases, mais je n'ai pu m'assurer si la ligne latérale était interrompue ou non vis-k-vis la fin de la dorsale. La partie antérieure de cette nageoire est très-haute ^ mais l'extrémité de sa partie molle et toute la partie posté- rieure du tronc sont entièrement enlevées et reconstruites avec des pièces hétérogènes. Le préopercule est très-finement dentelé, autre caractère qui éloigne ce genre des Sparoïdes. — 178 — I. Odonteus sparoïdes Agass. Vol. 4. Tab. 39, fig. 2. II n'existe au Musée de Paris que deux plaques correspondantes de cette espèce, provenant de 3Ionte-Bolca , et qui sont dans un assez mauvais état de conservation. La gueule est peu fendue, les mâchoires sont armées de dents coniques, obtuses et assez distinctes les unes des autres, comme celles du genre Sparnodus; la première en avant de Tintermaxillaire est sensiblement plus grande que les suivantes ; il n'y a pas de grosse dent correspondante à la mâclxoire inférieure ; celles des bords de cette mâchoire sont un peu plus grandes que celles des bords de la mâchoire supérieure. Le profil est très-arrondi et la crête occipitale très-saillante. Un caractère assez frap- pant consiste dans la grandeur presque égale des deux premiers épineux de la dorsale; ils sont presque de moitié plus courts que le troisième, qui est le plus long de la na- geoire, et s'insèrent tous deux sur le premier osselet interapophysaire. Les 4% 5^, 6^ et 7" épineux sont d'égale longueur; à en juger par les osselets interapophysaires , il y avait une dixaine de rayons épineux à la dorsale; le reste de cette nageoire a dis- paru. Il en est de même de la caudale et de l'anale, dont on aperçoit seulement les osselets interapophysaires sur la plaque opposée à celle que j'ai figurée. Les deux pre- miers de ces osselets sont très-longs, mais les suivans diminuent très-rapidement. Les vertèbres sont de moyenne grandeur, et les apophyses épineuses assez faibles; celles du commencement de la queue sont les plus longues. Les rayons des pectorales, dont on aperçoit quelques traces, sont très-grèles; ceux des ventrales sont beaucoup plus forts. Les écailles, quoique mal conservées, paraissent avoir été assez grandes. Il serait fort à désirer que l'on découvrît de meilleurs exemplaires de cette espèce. On a pu voir, par ce qui précède, que les deux Sciénoïdes fossiles connus appar- tiennent à la série des genres de cette famille dont la dorsale est faiblement échan- crée. Pour en faciliter l'étude, j'ai donné la description et la figure du squelette d'une espèce vivante de cette série appartenant au genre Prîstipoma. J'ajoute ici la description du squelette d'une Sciène proprement dite, représentée tab. R de ce vo- lume, afin de faci